Les Parlementaires internationaux pour la Papouasie occidentale (en anglais, International Parliamentarians for West Papua, IPWP) sont un groupe de parlementaires et d'anciens parlementaires de dix-sept pays, unis pour promouvoir et demander la reconnaissance par l'Organisation des Nations unies du droit à l'autodétermination de la population de Papouasie occidentale, territoire sous souveraineté indonésienne.

Contexte historique Ancienne Nouvelle-Guinée néerlandaise, le territoire est cédé à l'Indonésie par les Pays-Bas en 1962, sous la pression des États-Unis et sans consultation de la population autochtone papoue. L'Organisation pour une Papouasie libre conteste ce transfert de souveraineté, mais les mouvements papous de protestation sont brutalement réprimés par le régime militaire indonésien de Soeharto. En 1969, l'Indonésie organise un semblant de consultation populaire, appelé « Acte de libre choix » : L'armée sélectionne 1 026 Papous et les contraint par la force des armes à déclarer leur volonté que la souveraineté indonésienne soit maintenue sur leur territoire, les menaçant d'exécuter leurs familles en cas de décision contraire. Le résultat de ce « vote » est entériné par l'Assemblée générale des Nations unies Thomas Musgrave, "An analysis of the 1969 Act of Free Choice in West Papua", in Christine Chinkin et Freya Baetens, Sovereignty, Statehood and State Responsibility, Cambridge University Press, 2015, pp.209-228 "The West Papuan independence movement - a history", The Guardian, 29 août 2013 "The UN's chequered record in West Papua", Al Jazeera, 21 mars 2012. Au cours des décennies qui suivent, dans le cadre de ce conflit en Papouasie occidentale, les forces armées indonésiennes se livrent en toute impunité à des massacres, des viols et de nombreuses autres atrocités Elizabeth Brundige et al., "Indonesian Human Rights Abuses in West Papua: Application of the Law of Genocide to the History of Indonesian Control", École de droit de Yale, avril 2004 Robert Courts, "West Papua: Human Rights", 8 mai 2019, Hansard "Villages Torched, Villagers Tortured: Extreme human rights violations in West Papua", Special Broadcasting Service, 12 août 2019 "Papua Digest", Amnesty International "'Don't bother, just let him die': Killing with impunity in West Papua", Amnesty International. Le Comité spécial de la décolonisation des Nations unies refuse en 2017 de considérer la Papouasie occidentale comme un territoire non-décolonisé, réaffirmant au contraire la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Indonésie "West Papua independence petition is rebuffed at UN", The Guardian, 30 septembre 2017.

Création

Le groupe IPWP est créé à l'initiative de Benny Wenda, membre prééminent du mouvement indépendantiste papou, ayant obtenu l'asile politique au Royaume-Uni en 2003. Le groupe est inauguré formellement le dans l'enceinte du palais de Westminster, les locaux du Parlement du Royaume-Uni. Il est présidé par les parlementaires britanniques Andrew Smith et Lord Harries. Il définit son objectif comme étant « de développer une prise de conscience et un soutien parlementaire international en faveur du mouvement civique de résistance de Papouasie occidentale, de l'illégalité de l'Acte de libre choix de 1969, et de mettre en avant le droit inaliénable de la population de Papouasie occidentale à décider leur propre avenir au moyen d'un référendum libre et juste » "Background", IPWP. Une branche papou-néo-guinéenne du mouvement est inaugurée le dans les jardins botaniques de l'université de Papouasie-Nouvelle-Guinée, État souverain voisin de la Papouasie occidentale "Int'l Parliamentarians for West Papua: New Chapter", Scoop.co.nz, 9 novembre 2009.

Les parlementaires membres du groupe sont les signataires de la déclaration suivante "Parliamentarians", IPWP : « Nous, soussignés, reconnaissons le droit inaliénable de la population autochtone de Papouasie occidentale à l'autodétermination, qui a été violé par "l'Acte de libre choix" de 1969, et appelons nos gouvernements à mettre en place à travers les Nations unies les modalités pour le libre exercice de ce droit, afin que la population autochtone de Papouasie occidentale puisse décider de manière démocratique de son propre avenir en accord avec les normes internationales des droits de l'homme, les principes du droit international et la Charte des Nations unies ».

Parmi les participants à la réunion de l'IPWP en à Londres se trouvent le Premier ministre des Tonga, ʻAkilisi Pohiva, et Ralph Regenvanu, représentant le gouvernement vanuatais qui est l'un des principaux soutiens du mouvement pour l'autodétermination de la Papouasie occidentale "Tonga’s Prime Minister attended meeting of the International Parliamentarians for West Papua at British Parliament in London, England", gouvernement des Tonga, 6 mai 2016 "Regenvanu attends International Parliamentarians for West Papua meeting", Loop Vanuatu, 29 avril 2016.

L'existence de ce groupe a été vivement critiqué par les autorités indonésiennes. En , le lendemain de l'arrestation de centaines de manifestants papous en Nouvelle-Guinée occidentale et quelques jours après la réunion de l'IPWP à Londres, le Conseil représentatif du peuple, chambre basse du Parlement indonésien, adopte une motion affirmant : « C'est définitif, la Papouasie occidentale fait partie de l'État unitaire de la république d'Indonésie. Cette position a été confirmée par les Nations unies, et l'IPWP est donc un acte hors-la-loi. Cette réunion devrait être condamnée par le monde et par le gouvernement britannique » "Lawmakers Condemn Foreign Interference in Papua", Jakarta Globe, 6 mai 2016.

Membres Les membres sont les suivants :