Lydia Thompson, née Eliza Thompson le à Londres (Royaume-Uni) et morte le , est une actrice, danseuse et productrice de théâtre britannique.
Après avoir dansé et joué dans des pantomimes en Grande-Bretagne, puis dans le reste de l'Europe, à l'adolescence, dans les années 1850, elle devient une danseuse et une actrice de premier plan dans le , sur la scène londonienne. Elle introduit le burlesque victorien en Amérique avec sa troupe, les , en 1868, qui connait un grand succès et une grande notoriété, donnant naissance au burlesque américain. Sa carrière commence à décliner dans les années 1890, mais elle continue à se produire dans les premières années du .
Biographie Jeunesse Eliza Thompson naît à , dans le quartier de Covent Garden à Londres. Son père est Philip Thompson (c.1801-1842) et sa mère est Eliza (née Cooper). Son père est propriétaire du pub . Eliza est la seconde de trois enfants, dont l'actrice du cinéma muet . Son père meurt en 1842 et sa mère se remarie avec Edward Hodges. À l'âge de quatorze ans, Thompson quitte la maison et commence sa carrière sur scène en tant que danseuse professionnelle.
En 1852, elle devient membre du corps de ballet du théâtre de Sa Majesté. L'année suivante, elle joue un rôle solo, Little Silverhair, dans la pantomime , ou au Theatre Royal Haymarket.
En 1854, elle danse à l'ancien de , dans la comédie musicale de James Planché, . Plus tard, cette année-là, elle attire l'attention du public au dans , une burletta de Thomas Selby, dans le rôle de la célèbre danseuse Señora Perea Nena. Le quotidien The Times rejette la pièce mais fait l'éloge de sa performance : .
Elle y joue également dans le burlesque et dans le ballet-farce . Ces représentations apportent une période de prospérité à ce qui est considéré comme l'un des théâtres les plus malchanceux de Londres.. Elle apparaît également cette année-là dans de Tom Taylor et Charles Reade (le premier rôle londonien de John Lawrence Toole), , et, toujours au Haymarket, dans le rôle phare de la pantomime de Noël , ou . Elle revient ensuite pour compléter la saison au James's dans et au spectacle de fées, .
Danseuse star vignette|gauche|Lydia Thompson. Encore adolescente, Lydia Thompson fait ensuite une tournée en Europe, pendant plus de trois ans. Elle danse en Russie, en Allemagne, en Autriche, en France, en Scandinavie et ailleurs .. Elle rentre en Angleterre, à l'été 1859, et The Times la décrit alors comme ..
Pendant la saison d'hiver 1859-1860, Lydia Thompson danse au James's, dans plusieurs pièces, dont , ou , le burlesque de Lester Buckingham, Valentine dans , Dolly Mayflower dans et Young Norval dans le ballet-burlesque . En 1860, Thompson se produit au de Dublin. En 1860-1861, au , elle joue à nouveau dans , le rôle de Morgiana dans le burlesque , au , la farce , le rôle de Fanchette dans de et celui de Mephisto dans la féerie . Elle joue également Norah dans la première production de la comédie d', , le rôle de Blondinette dans et a un rôle dans le burlesque de dans , intitulé .
En 1863, Thompson épouse John Christian Tilbury, un maître d'équitation, avec lequel elle a bientôt une fille. Elle retourne sur la scène de l'Alabama au théâtre de Drury Lane. Son mari meurt quinze mois après leur mariage, dans un accident de steeple-chase, en 1864, alors qu'il était sur son cheval.
Dans les années qui suivent, elle alterne les tournées à Londres et en province, alternant la danse et le théâtre. En 1864, à l'ouverture du nouveau Theatre Royal à Birkenhead, dirigé par Alexander Henderson (1828-1886), elle crée le rôle phare dans le burlesque Ixion de Francis Burnand. Elle rejoint la compagnie d'Henderson au Prince of Wales's Theatre, à Liverpool, avec les jeunes acteurs montants , et Henry Irving. Elle y joue dans Ernani de Brough (1865), dans le rôle de Max dans , de Weber (1866), dans le rôle du prince Buttercup dans , dans le rôle de Massaroni dans le burlesque et dans le rôle du prince Florizel dans un autre burlesque, Perdita. Thompson excelle dans le rôle de garçon principal, dans le burlesque : . Parmi les autres succès londoniens, de 1866-1868, on peut citer, au Drury Lane, Sophonisba dans de Delibes et au , (d'après la version de Jacques Offenbach) et Darnley dans .
L'Amérique et les années suivantes vignette|Annonce d'Ixion (1868). vignette|Lydia Thompson (vers 1870). Lydia Thompson épouse Henderson, et tous deux s'embarquent en , pour l'Amérique, à la tête d'une petite troupe théâtrale. Ils adaptent le burlesque anglais populaire au public new-yorkais de la classe moyenne en y ajoutant des références locales et d'actualité et en retravaillant les paroles de chansons populaires, tout en conservant les couplets rimés et les jeux de mots comiques de la forme burlesque. Son burlesque révolutionnaire est très nouveau en Amérique et reçoit d'abord beaucoup d'éloges. Son premier spectacle, Ixion, connait un énorme succès. Leur spectacle comprend de l'humour, de la parodie, de la chanson, de la danse, du spectacle et de la musique..
La troupe de Thompson, appelée les , est le divertissement le plus populaire, à New York, pendant la saison théâtrale de 1868-1869. La tournée prévue pour six mois se transforme en une tournée extrêmement réussie de près de six ans et, au cours des deux tournées suivantes, les attirent des foules énormes dans les principaux théâtres des États-Unis. La troupe lance la carrière de plusieurs actrices, dont Markham, , , Rose Coghlan ainsi que celle du comédien Willie Edouin. Elle suscite également de vives critiques de la part de ceux qui estiment qu'elle transgresse les limites de la bienséance. Les spectacles burlesques, communément appelés , commencent par être très disciplinés, intelligents et sophistiqués, attirant toutes sortes de personnes, en particulier des femmes. Cependant, .
Après cet arrêt prématuré, la haine envers le burlesque américain continue de croître. Les spectacles de Thompson sont décrits comme un .. Le qualifie leurs spectacles de .. Richard Grant White, spécialiste de Shakespeare, qualifie le burlesque de . Le ne cesse d'exprimer son dégoût du burlesque, allant même jusqu'à titrer un article avec le plaidoyer .
Les réflexions sur la vertu de ses danseuses par , le propriétaire du , conduisent Thompson et sa troupe à afficher pour la première fois des avis qualifiant Storey de et appelant à la sympathie de la population.. Puis, le , Thompson, son mari et sa collègue, Pauline Markham, cravachent Storey sous la menace d'un fusil, ce qui leur vaut d'être arrêtés et condamnés à une amende. Thompson déclare à un journaliste que Storey . Il en résulte une plus grande publicité et une plus grande popularité pour la troupe. L'actrice Olive Logan proteste : . Thompson poursuit sa tournée en Californie et au Nevada .. vignette|gauche|Programme du (1878-1879). Thompson, Henderson et sa troupe rentrent finalement en Angleterre, en 1874, et elle reprend ses rôles principaux dans des productions londoniennes et provinciales, notamment les burlesques de Barbe Bleue de , qui avait déjà eu un grand succès en Amérique, Robinson Crusoé, et de , ainsi que Piff-Paff (Le Grand Duc de Matapa), , et d'autres productions burlesques. Dans sa production de Barbe Bleue, elle reçoit une critique dans l affirmant que . L'auteur baptise Thompson la sauveuse du burlesque, une forme d'art autrefois mourante, en disant : .
Henderson achete le , en 1876, qui devient une maison du burlesque, avec Thompson dans les rôles principaux. La première pièce est une production de Bluebeard. Dans les années qui suivent, Thompson retourne plusieurs fois en Amérique, où elle reste populaire. Elle se sépare de Henderson, mais les deux continuent à travailler ensemble jusque dans les années 1880. En 1881, après deux ans de retraite, elle revient sur la scène en tant que Kingfisher dans la farce .
Thompson retourne à New York, après la mort de Henderson en 1886, et de nouveau pendant les saisons d'hiver 1888 et 1891. En 1887, elle fait l'ouverture du de Londres, sous sa propre direction, dans l'opéra-comique d'Alfred Cellier, . Elle joue ensuite dans le vaudeville-opérette français Babette (1888, Antonio), mais sa voix est jugée inadaptée, après quoi sa carrière commence à décliner. Ses dernières prestations américaines ont lieu en 1894 dans dans un rôle secondaire. De retour à Londres, la fait jouer brièvement dans la (1895), mais en 1899, elle a épuisé ses ressources. Le , une soirée de bienfaisance londonienne est organisée pour elle, au Lyceum Theatre, où elle joue dans de William S. Gilbert. Elle récite également un discours d'adieu rimé, écrit pour elle, par Gilbert.. Ses dernières représentations ont lieu en 1904, dans le rôle de la duchesse d'Albuquerque dans ..
Thompson meurt à Londres, à l'âge de 70 ans. Elle est enterrée au cimetière de Kensal Green. Sa fille, Zeffie Agnes Lydia Tilbury, est devenue une actrice connue d'abord sur la scène londonienne et plus tard pour avoir joué des personnages plus âgés, sages ou méchants, dans des films, comme le rôle de « Grandma », dans Les Raisins de la colère (1940) et celui de Mamie Lester dans La Route au tabac (1941).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
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