Le Groupe Pompidou (officiellement : Groupe de coopération internationale du Conseil de l'Europe sur les drogues et les addictions ; auparavant : Groupe de Coopération en matière de lutte contre l'abus et le trafic illicite de stupéfiants) est un organe intergouvernemental du Conseil de l'Europe qui a comme activité principale la coopération en matière de lutte contre l'abus et le trafic illicite de stupéfiants et psychotropes.

Créé en 1971 à l'initiative du Président français Georges Pompidou., le groupe incorpore désormais les valeurs fondamentales du Conseil de l'Europe : droits de l'homme, démocratie et état de droit - et encourage une approche équilibrée dans la réponse à la consommation de drogue et au trafic illicite de drogues, en soutenant la réduction de la demande et de l'offre.

Le Groupe est constitué de membres, mais coopère avec d'autres pays au delà du continent européen.

Historique Le Groupe de coopération en matière de lutte contre l’abus et le trafic illicite des stupéfiants a été créé en 1971 à l'initiative de Georges Pompidou, alors Président de la République française.

Dans sa lettre du adressée aux Premiers ministres des cinq autres pays de la Communauté économique européenne (Allemagne, Belgique, Italie, Luxembourg, Pays-Bas) ainsi qu'au Premier ministre du Royaume-Uni, Georges Pompidou s'alarmait du « développement spectaculaire de la toxicomanie », en particulier chez les jeunes, et proposait de mener une lutte coordonnée au niveau européen contre le trafic de stupéfiants. Le président français s'est montré conscient de la nécessité d'une action inscrite dans la durée ainsi que de la nature multidisciplinaire du défi à relever sur un « organisme permanent regroupant des experts de la répression judiciaire, de la lutte contre la toxicomanie, de la santé publique et de l'éducation ».

Le Groupe s'est développé comme une entité sui generis tout au long des , et trois autres pays (le Danemark, l'Irlande et la Suède) l'ont rejoint au cours de cette décennie.

En , la décision a été prise de s'inscrire dans le cadre politique et juridique du Conseil de l'Europe au moyen de la Résolution (80) 2 du Comité des Ministres, qui a mis en place un « Groupe de Coopération en matière de lutte contre l'abus et le trafic illicite de stupéfiants », tout en conservant le nom de son initiateur (Groupe Pompidou).. La Résolution a été adoptée par les 10 pays participant au Groupe à l'époque, auxquels s'est joint la Turquie. Elle a conféré au Groupe Pompidou le statut d'accord élargi du Conseil de l'Europe. Cette résolution a confié au Groupe Pompidou la mission d'« examiner d'un point de vue pluridisciplinaire, les problèmes de l'abus et du trafic des stupéfiants », tout en fixant ses règles de fonctionnement. Elle a été complétée quelques mois plus tard, en , pour régler un problème spécifique : la prise en charge des frais d'interprétation. Les statuts du Groupe sont restés inchangés depuis cette date, alors que ses objectifs et ses activités ont sensiblement évolués au gré des développements survenus en Europe et dans le monde.

Après son intégration au sein du Conseil de l'Europe, le Groupe a poursuivi son développement jusqu'à atteindre 35 États membres dans les . À partir de 2010 il a traversé une période de fortes turbulences, sur fond de crise financière et de tensions politiques : cinq pays membres ont décidé de se retirer (Allemagne, Danemark, Espagne, Pays-Bas et Royaume-Uni) ; 6 autres pays ont en parallèle adhéré au Groupe, dont pour la première fois des États non européens (Maroc, Israël, Mexique).

Le programme de travail adopté fin 2014 sous présidence française a recentré l'action du Groupe sur un certain nombre d'activités permanentes à forte valeur ajoutée ou n'étant pas ou peu traitées dans d'autres cénacles : Son rôle d'aide à l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques des drogues nationales, et d'échanges d'expériences et de bonnes pratiques ; Son groupe de coopération dans le domaine des aéroports et son réseau international sur le contrôle des précurseurs, auxquels participent de nombreux experts bien au-delà du cercle des États membres du Groupe ; Son prix européen de la prévention des drogues, qui vise spécifiquement les jeunes, et ses activités de formation des cadres nationaux sur la politique antidrogue ; Ses réseaux régionaux qui recouvrent le Bassin méditerranéen (avec là aussi la participation de plusieurs États non-membres) et l'Europe du Sud-Est.

Sous l'impulsion de la présidence norvégienne sortante (2015-2018), un accent particulier a été mis sur l'importance de garantir le plein respect des droits de l'homme dans l'adoption et la mise en œuvre des politiques en la matière, conformément à la mission fondamentale du Conseil de l'Europe. Le Groupe a également pris l'initiative d'introduire une dimension de genre dans son action, et a développé des activités de coopération en Moldavie et en Ukraine. Ce recentrage et ces efforts ont contribué à redonner au Groupe sa pertinence et son activité, comme en témoignent les adhésions successives de la Bosnie-Herzégovine, de Monaco et du Mexique.

La Conférence ministérielle des - qui s'est tenue à Stavanger, a été l'occasion de faire un bilan des activités pendant la période 2015-2018, d'élire une nouvelle présidence (le Portugal), d'adopter un programme de travail pour la période 2019-2022 et une déclaration politique (la « déclaration de Stavanger »), marquant le lancement d’un processus visant à réviser le mandat, le fonctionnement et les méthodes de travail du Groupe Pompidou. Une Résolution Statutaire révisée devrait être adoptée par le Comité des Ministres à l'occasion du du Groupe, qui sera célébré en 2021.

Le processus d'élargissement du Groupe s'est poursuivi avec l'adhésion de l'Arménie et la Géorgie en 2020. Aujourd'hui il réunit membres.

États Membres Le Groupe Pompidou est formellement un accord partial élargi du Conseil de l'Europe., permettant l'adhésion de pays n'étant pas membres du Conseil et situés hors du continent européen. En 2022, le Groupe Pompidou était composé de membres : centré|vignette|upright=3.5|États membres du Groupe Pompidou. Liste des États membres du Groupe Pompidou et leur année d'adhésion :

Le Groupe de Coopération en matière de lutte contre l'abus et le trafic illicite de stupéfiants mène des projets de coopération avec d'autres États également, qui ne sont pas membres du groupe, ex. : le Canada, l'Ukraine, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les Pays-Bas. En 2019 le Groupe Pompidou a lancé un projet de coopération avec la Biélorussie sur la lutte contre l’abus et le trafic de drogues, mis en œuvre dans le cadre du Plan d'action 2019-2021 du Conseil de l'Europe..

Anciens États Membres Furent un temps membres du Groupe Pompidou : Allemagne (1971-2011) ; Pays-Bas (1971-2011) ; Royaume-Uni (1971-2011) ; Danemark (1973-2011) ; Espagne (1984-2011) ; Russie (1999-2022).

Observateurs permanents Au sein du Groupe Pompidou, il existe 6 membres qui ont le statut d'observateur permanent : Commission européenne ; Observatoire européen des drogues et des toxicomanies ; Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ; Conférence des ONGI du Conseil de l'Europe ; Commission interaméricaine de lutte contre l'abus des drogues (CICAD/OAS) ; Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les observateurs permanents ont le droit d’assister à la plupart des réunions et d’en consulter la documentation.

Ce statut est aussi ouvert aux États non-membres du Groupe Pompidou, en particulier ceux qui sont déjà observateurs auprès du Conseil de l'Europe.

Organisation Le Groupe de coopération en matière de lutte contre l’abus et le trafic illicite des stupéfiants offre la possibilité aux responsables politiques, aux professionnels et aux chercheurs d’échanger des informations et des expériences sur les sujets liés au trafic illicite des stupéfiants par le biais d’un forum, visant à créer un pont entre la politique, la pratique et la recherche.

Financement Les États membres supportent les frais du Groupe Pompidou à travers une contribution au budget général. Les pays membres peuvent également participer au financement supplémentaire d'objectifs spécifiques.

En 2020, le budget général du Groupe Pompidou s'élevait à , et le budget incluant les projets supplémentaires s'élevait à d'euros..

Structure du Groupe Pompidou Présidence La présidence et la vice-présidence du Groupe Pompidou sont désignées par la Conférence ministérielle pour une période de quatre ans. Les deux doivent assurer en collaboration étroite, la représentation politique du Groupe auprès des gouvernements des États membres et non-membres ainsi qu’auprès des organisations internationales. Depuis 2018, le Portugal a la présidence du Groupe, et la Pologne la vice-présidence..

Conférence ministérielle La Conférence ministérielle est la plus haute autorité politique du Groupe Pompidou, et réunit tous les quatre ans les ministres responsables des politiques des drogues dans leurs pays. La Conférence établit des lignes générales pour l'activité du Groupe ainsi que ses priorités.. La Conférence ministérielle désigne également la présidence pour un mandat de quatre ans.

Correspondants permanents Les Correspondants permanents sont désignés par le gouvernement ou le ministre responsable de chaque État membre, et se réunissent deux fois par an en assemblée plénière pour un échange d’informations et d’expériences. Lors de ces réunions, les Correspondants permanents discutent sur les activités du Groupe et préparent le programme de travail qui est adopté par la Conférence ministérielle.

Le bureau des Correspondants permanents est chargé de prendre les décisions ordinaires entre deux sessions des Correspondants permanents. Cet organe réunit le Président, le Vice-président et les coordinateurs des différentes activités. En principe, il se réunit deux fois par an..

Secrétariat vignette|upright=1.3|Agora - Conseil de l'Europe, Strasbourg, France Le Secrétariat siège à Strasbourg, et est chargé d'élaborer et d'exécuter les activités du Groupe Pompidou.

Les membres du Secrétariat sont responsables de chaque secteur d’activité. La Présidence du Groupe Pompidou donne des orientations de travail au Secrétariat, celui-ci pouvant faire appel ultérieurement à des experts extérieurs lorsque des compétences spécifiques sont nécessaires. En vue d’assurer une meilleure cohérence, le Secrétariat exécute les activités en coordination avec les travaux effectués par le Conseil de l’Europe.

Le Secrétariat gère également un site internet accessible au public, plusieurs plateformes de médias sociaux et des sites restreints thématiques accessibles aux experts participant aux activités concernées.. Il est administré par un Secrétaire Exécutif et un Secrétaire Exécutif Adjoint. Le Secrétaire Exécutif est chargé de la gestion des ressources humaines et budgétaire, des relations avec la Présidence et les États membres, des relations avec les organisations internationales et d’assurer la liaison avec le Comité des Ministres et les autres entités du Conseil de l’Europe.

Objectifs et réalisations Les objectifs du Groupe Pompidou sont fixés par les Correspondants permanents et ensuite énoncés dans le programme de travail approuvé par les ministres lors de la Conférence ministérielle. Ce programme fixe les activités qui seront menées pendant une période de quatre ans, le but des activités, leur forme, le groupe cible, la durée et les aspects financiers y sont également présentés.

Réalisations Le Groupe Pompidou, grâce à son espace unique de dialogue ouvert, a élaboré des outils qui ont permis aux responsables politiques de mettre en œuvre des politiques efficaces de lutte contre l’abus et le trafic de drogues et contre les effets négatifs qui en découlent pour la société.