thumb|300px|right|La synagogue libérale de Darmstadt vers 1900. La synagogue libérale de Darmstadt, inaugurée en 1876, a été détruite par les nazis en 1938 lors de la nuit de Cristal, comme la synagogue de la communauté orthodoxe de Darmstadt et comme la majorité des lieux de culte juif en Allemagne.
Une communauté juive existe à Darmstadt du jusqu'à sa destruction par les nazis. Parfois deux communautés, une libérale et une orthodoxe ont coexisté. Après 1945, une petite communauté comparée à la période d'avant-guerre s'est de nouveau reformée.
Histoire de la communauté juive Les débuts de la communauté: du Dès le , des Juifs se sont installés à Darmstadt et dans ses environs. La première mention d'un Juif habitant Darmstadt date de 1529. Il faut attendre 1570 pour avoir confirmation de l'existence de familles juives dans les villages environnants d'Arheilgen, Bessungen, Eberstadt, etc.
Aux , le nombre de familles / habitants juifs évolue comme suit: en 1623 on compte sept familles; puis en 1713 30 familles; en 1770 39 familles et en 1784 48 familles. Depuis le milieu du , certains résidents juifs travaillent pour la cour, comme Wolf Koppel, venu de Trebur à Darmstadt en 1749 et qui est nommé brodeur à l'or de la cour, mais sans salaire jusqu'en 1764.
La communauté juive possède sa synagogue, son cimetière et un mikvé (bain rituel). Depuis 1770, Darmstadt est le siège d'un rabbinat.
Aux avant l'avènement du nazisme Aux , le nombre d'habitants juifs croit fortement: en 1825, on compte 532 habitants juifs soit 2,3% d'un total de ); en 1861, ils sont 641 sur un total de ; Puis leur nombre va progresser rapidement avec l'afflux des petites communautés avoisinantes. En 1880, le nombre de Juifs à Darmstadt est de pour un total de soit 3,1%; en 1890, on recense Juifs soit 2,6% de ; en 1900: soit 2,3% de ; en 1910, on culmine à de confession juive soit 2,3% de ; puis on constate une légère diminution et en 1925, on ne compte plus que Juifs pour une population totale de soit environ 2,0%.
En 1809, toutes les familles juives doivent adopter un nom de famille, mais certaines en avaient déjà pris un quelque temps auparavant, entre 1752 et 1772. Certaines prennent le nom de leur ville d'origine. On trouve donc à Darmstadt des Trier (Trèves); des Hachenburg; des Bessunger (de Bessungen, village rattaché à Darmstadt en 1888); des Wolfskehl (originaire de Wolfskehlen) et après 1800 des Ettling (d'Ettling ou d'Ettlingen); des Messel; des ; des ; des Fuld (de Fulda); mais aussi des Callmann; des Bermann; des Sander etc.. Vers 1820, les Juifs sont généralement reconnus comme des citoyens, et après les mouvements révolutionnaires de 1848, ils obtiennent l'égalité civile et politique. Pendant la Première Guerre mondiale, la communauté juive perd au front 34 de ses membres.
En 1924-1925, le conseil de la communauté se compose du conseiller juridique Bender, responsable de l'école religieuse, des finances et des relations avec les petites communautés rurales, de Leopold Hachenburger, de Karl Benjamin, de Jakob Dernburg, responsable de la cacherout, de la shehita (abattage rituel) et des bâtiments, du conseiller commercial Ludwig Joseph et de Theodor Meyer, de Sigmund Salomon, responsable du culte, de P. Salomon, responsable du cimetière et du secours aux pauvres, et d'Hermann Simon. Bruno Italiener est le rabbin et Elias Hauser le Hazzan (chantre) et sho'het (abatteur rituel). L'école religieuse qui accueille alors 82 enfants, est dirigé par le rabbin Italiener avec pour professeurs Freitag et Elias Hauser. En 1932, elle accueillera 139 enfants.
Dans les années 1920 et jusqu'à 1933, la communauté possède de nombreuses associations caritatives regroupées dans le Zentralstelle der vereinigten israelitischen Wohltätigkeitsanstalten (Bureau central des organisations caritatives israélites unies) présidé en 1924 par Max Simon Meyer. Ce bureau rassemble en 1932 la Israelitische Religionsgemeinde (Communauté religieuse israélite); la Israelitische Religionsgesellschaft (Société religieuse israélite); la Israelitische Nothilfe (Aide d'urgence israélite) sous la direction de Lehmann en 1932, dont le but est l'approvisionnement des classes moyennes appauvries en chauffage et en nourriture; la Verein Samech Nauflim (Association Épauler ceux qui tombent); la Starkenburg-Loge (Loge de Starkenbourg) sous la direction de Karl Lehmann en 1924; la Kohlenkasse (Caisse du charbon); la Hilfsverein (Association d'aide); la Verein zur Bekämpfung des Wanderbettels (Association pour combattre la mendicité itinérante) dirigée en 1924 par Theodor Mayer, avec 200 membres.
D'autres associations indépendantes sont aussi très actives à Darmstadt: la Wohltätigkeits- und Bestattungsverein Chewra Kadischa (Association caritative et funéraire Chewra Kadischa), dirigée en 1924 par le Ludwig Meyer avec 50 membres; la Verein Chewra Gemilus Chessed (Association Acte de bonté), fondée en 1922, sous la direction en 1932 de Siegfried Stern avec 54 membres, dont le but est entre autres l'aide aux malades et les services funéraires; la jüdische Frauenbund (Union des femmes juives), dirigée par Brill avec 250 membres; la Minjanverein (Association du minian), dirigé en 1924 par Sigmund Salomon avec 45 membres et en 1932 par Siegfried Stern; la Reichsbund jüdischer Frontsoldaten (Union du Reich des soldats juifs du front), présidé par Emil Blum.
La plupart des familles juives établies de longue date à Darmstadt ont pris une part active à la fois à la vie communautaire juive et à la vie publique. Mais dès la fin du , la montée de l'antisémitisme se fait sentir. En 1930, Richard Kahn est abattu à l'arme à feu par un nazi : Article dans le magazine Der Israelit du 16 janvier 1930.
Jusqu'en 1933 environ, les Juifs possèdent de nombreux commerces dans la ville, dont des grands magasins comme le grand magasin Rothschild, propriété de Sigmund Rothschild, le magasin et l'usine de meubles Trier, propriétés de Louis et Eugen Trier. Les Juifs occupent aussi une place importante parmi les professions libérales telles que médecins ou avocats. On compte aussi l'imprimerie Simon dans la Grafenstrasse, et sur le plan de la cacherout, plusieurs boucheries cachères dont la boucherie Hausmann, la boulangerie Freudenberger et le restaurant cacher "" propriété de F Dreyfus, au 22 Bleichstrasse juste en face de la synagogue orthodoxe.
Le nazisme et la fin de la communauté juive En 1933, on dénombre juifs à Darmstadt, soit 1,5% de la population totale de . Au cours des années suivantes, de nombreuses familles décident d'émigrer principalement aux États-Unis ou en Palestine mandataire, en raison du boycott économique, de la perte de leurs droits civiques et de la répression, de sorte qu'au , leur nombre a été réduit à 666.
Lors de la nuit de Cristal, du 9 au , la synagogue libérale et la synagogue orthodoxe sont incendiées. De nombreux commerces et maisons appartenant à des Juifs sont pillés et saccagés.
En , il ne reste plus que 258 Juifs adultes en ville. En 1942-1943, la presque totalité des Juifs restés en ville et dans ses environs sont déportés. Les principales déportations ont lieu vers le camp de concentration de Theresienstadt en , et .
Le mémorial Yad Vashem : Base de données des victimes de la Shoah ; Mémorial de Yad Vashem. de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945: Recherche de noms de victimes dans le Gedenbuch; Archives fédérales allemandes. (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient 651 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Darmstadt parmi les victimes juives du nazisme.
En 2005, sont scellées sur les trottoirs de Darmstadt les premières Stolpersteine à la mémoire des victimes principalement juives du nazisme. Placées devant le dernier domicile connu de la victime, elle porte gravée sur une plaque de laiton, son nom, sa date de naissance et si connus le lieu et la date de sa mort. D'autres pierres seront déposées au cours des années suivantes: Liste von Stolpersteinen in Darmstadt, Arheilgen und Eberstadt; liste des Stolpersteine installés à Darmstadt.
Histoire de la synagogue libérale L'ancienne synagogue thumb|200px|right|Le rabbin Benjamin Hirsch Auerbach. En 1695, le Landgrave Ernest-Louis de Hesse-Darmstadt donne aux Juifs de Darmstadt la permission d'ouvrir une salle de prière et d'organiser des offices. Cette salle est située chez Hirtz jusqu'en 1705 et chez le juge juif Benedikt Löw jusqu'en 1714. En 1735, la communauté juive achète la maison au 14 Kleine Ochsengasse (petite ruelle des Bœufs) et la transforme en synagogue. Celle-ci est inaugurée en 1737 et largement rénovée et agrandie en 1842. Après sa rénovation et son agrandissement, elle est inaugurée par le rabbin Benjamin Hirsch Auerbach. Le magazine Der Israelit des 19. Jahrhunderts décrit la cérémonie :
On peut lire ce qui suit dans une feuille officielle de Darmstadt: La dédicace de la maison de Dieu de la communauté israélite locale a été célébrée solennellement cet après-midi, après sa reconstruction intérieure et extérieure ainsi que son agrandissement approprié d'un côté. Ce fut un office important et exaltant par la manière dont il s'est déroulé, et significatif par les circonstances qui l'ont suscité et amené.
Le rabbin Auerbach a prononcé un discours puissant et méthodique dans lequel il a examiné le judaïsme et son destin d'un point de vue religieux, historique et politique, en développant l'essence de la religion israélite basée sur Dieu, la vertu et l'immortalité d'une part, puis il a décrit également les changements que la religion israélite et ses fidèles, l'État et les autres confessions religieuses, ont subis au cours des derniers siècles. En tant que l'un des plus beaux triomphes de la civilisation chrétienne moderne, il a souligné la liberté religieuse qui a également été accordée aux Israélites et les droits civils qui leur ont été attribués, bien qu'il n'ait pas manqué de reconnaître au vu d'un État voisin étroitement fraternel, qu'à cet égard, il y a encore beaucoup à espérer et à souhaiter. Mais surtout, il a brillamment souligné les excellents services que le noble grand-duc Louis et son gouvernement ont rendus à la situation religieuse et civile des Israélites, et comment le grand-duc qui règne actuellement continue, non seulement à préserver les droits acquis, mais aussi à les consolider...Il est probable que M. Auerbach avait surtout compté sur un cercle d'auditeurs nombreux et instruits, et cette hypothèse s'est avérée tout à fait justifiée. Le conseiller de district grand-ducal, le baron von Stark, le conseiller privé Mr. von Kuder, le bourgmestre et le conseil municipal, le prélat évangélique Köhler, le prédicateur de la Cour Zimmermann, plusieurs autres membres du clergé, le directeur de la Chambre des comptes, Ludwig, le directeur du Tribunal administratif et judiciaire, Goldmann, et de nombreuses autres personnes ont assisté à l'émouvant service religieux qui, avec l'éclairage festif de la nouvelle maison de Dieu, a laissé une impression durable sur les participants, d'autant plus que les beaux chants accompagnés d'une musique tout à fait séduisante étaient parfaitement appropriés au but de la journée: Article dans le magazine Der Israelit des 19. Jahrhunderts du 2 octobre 1842... thumb|300px|right|La nouvelle synagogue libérale vers 1910.
La construction de la synagogue libérale