L'article Religion en Suède recense l'histoire et l'actualité de la religion en Suède.
Histoire Préhistoire et protohistoire L' ne permet guère de reconstituer un quelconque paysage mental de la Scandinavie de l'âge de pierre.
De l'âge du bronze danois (1800 AEC - 500 AEC) datent la plupart des gravures rupestres de Suède, dont les gravures rupestres de Tanum, la tombe royale de Kivik, des bateaux de pierre, et toute une série de sites mégalithiques, dont les mégalithes de Ale. Les funérailles semblent une préoccupation importante.
Par les textes, les inscriptions, les sépultures, l'artisanat, on connaît relativement la (âge du fer germanique), de l'Âge de Vendel (550-792). Les pierres runiques semblent être de cette époque.
Les Goths de Scandinavie (Götaland, Gothie, ou simplement Scanie) seraient les Suiones, les Gaets et les Guts. Le terme de Guts désignerait seulement les tribus de l'île de Gotland. LHistoire des Goths (Getica, 551, en latin) de Jordanès (de l'époque de Cassiodore), ostrogoth romanisé et converti au christianisme, est un des rares textes à fournir des informations cohérentes sur les populations de l'époque, en Scandza, pour Théodoric le Grand.
Les régions historiques de Suède les plus peuplées sont la Scanie, ou plus largement Götaland, l'Uppland ou Svealand (pays des Svear, tribu des Suiones, autour de (Gamla Uppsala, Vieil Uppsal) et le Västergötland (Gothie occidentale) autour de Göteborg.
La religion nordique ancienne s'ordonne autour de la mythologie nordique, assez proche de la mythologie germanique, avec culte des ancêtres. Le peuple de Suède possède une religion polythéiste aux très nombreux dieux et mythes dont les plus connus sont Odin (Óðinn), Thor (Þórr) ou Frey (Freyr). La vie spirituelle repose principalement sur le culte des ancêtres, dont témoignent les nombreux tumulus que l'on retrouve sur tout le territoire suédois.
Ces mythes, légendes et pratiques sont connues surtout par des textes, comme la Geste des Danois (vers 1200) de Saxo Grammaticus (vers 1150-vers 1220), et les sagas royales et les sagas légendaires. Un néo-paganisme contemporain cherche à revivifier et réinventer ces traditions.
La (ou christianisation des peuples scandinaves), en raison de sa situation géographique dans l'Europe la plus septentrionale, est tardive. Les premières missions d'évangélisation de moines irlandais aux s restent sans lendemain, c'est-à-dire sans laisser de communautés chrétiennes durables en Suède.
L'ère viking (vers 800-1050) L'âge des Vikings (793-1066, approximativement) est mieux connu, beaucoup par les drakkars, un peu par l'art viking, et parce qu'à la fin ce monde se christianise.
Les peuples germaniques, dès l'âge du fer romain (), commercent avec leurs voisins ouest-européens, et éventuellement les attaquent. Puis, ils se christianisent, migrent, s'intègrent davantage : dès la fin du . La route de l'ambre, entre mer Baltique et Méditerranée, est au moins partiellement maîtrisée par les habitants de Gotland.
Les Germains septentrionaux ou Scandinaves (de Scanie) ou Nordiques, habitués à commercer depuis très longtemps en Europe à l'époque païenne, avec leur production de cuivre et de fer, entrent en contact avec la religion chrétienne avec les premières missions d'évangélisation dans la première moitié du , avant l'expansion viking.
Vers 822-825, la Scandinavie est déclarée terre de mission, dans la mesure où l'Occident chrétien réagit contre ce prédateur. L'Âge des Vikings (793-1066, pour l'essentiel) se manifeste par le commerce, l'exploration, la suprématie maritime, le pillage, la colonisation. Il prend fin lorsque la Scandinavie se dote de pouvoirs monarchiques centralisateurs et que les Vikings et les Varègues se convertissent au christianisme désormais dominant. Les Scandinaves qui acceptent la prima signatiohttps://www.oxfordreference.com/view/10.1093/oi/authority.20110803100345515 (petit baptême chrétien, profession de foi (façon kérygme), avant toute confirmation) sont autorisés à commercer. Les Vikings sont de fait aussi des artisans de la deuxième mondialisation, autant que du système féodal.
Les prémices de la christianisation de la Suède remontent au , lorsque le roi Björn at Hauge invite le missionnaire franc Anschaire (Vita Anskarii) à Birka en 829. Il y retourne par la suite sous le règne d'Olof, en 850-852. Olof Skötkonung (980-1022) est considéré comme le premier roi chrétien de Suède.
L'église chrétienne de Scandinavie est à l'origine régie par l'archevêché de Brême. Adam de Brême (vers 1015-vers 1085) évoque la région dans son Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum (1075-1080).
Le christianisme s'implante réellement en Suède vers la fin du , sur les bords du lac Mälar et dans la région d'Uppsala. En 1104, un archevêque pour toute la Scandinavie est installé à Lund. Les premières églises sont construites au début du , notamment à Sigtuna ou Linköping. Uppsala devient l'archevêché de Suède en 1164, et l'est toujours aujourd'hui.
Les coutumes religieuses pré-chrétiennes survivent à cette conversion. Ainsi, par exemple, l'important centre religieux païen connu sous le nom de Temple d'Uppsala à Gamla Uppsala est encore en usage à la fin du . Pierre runique, pierres runiques vikings, pierres runiques de Lingsberg, divination des runes, (Frösön) (Skaramissalet, 1150-1270) Borgholm (île d'Öland, comté de Kalmar) : chemin de croix en pierre de Föra du , et croix de pierre () Funérailles vikings, bateau-tombe
Thrall, Aett
1050-1520 L'unification de la Suède progresse, vers la création d'un royaume unissant l'ensemble des clans et tribus. Sverker de Suède et Éric IX de Suède, et leurs descendants, dirigent un territoire stabilisé. Dès 1150, est lancée la première croisade suédoise d'évangélisation et de colonisation de ce qui va devenir les provinces finlandaises du royaume de Suède-Finlande.
Sous le règne de Magnus III de Suède (1240-1290), la Suède s'ouvre, entre autres à la Hanse. Le règne de Magnus est dans les domaines culturels et économiques une période d’intense développement. Le commerce est florissant et des accords sont signés avec les marchands de Riga, Gotland et sans doute Lübeck, l’industrie minière se développe et la vie municipale progresse. Les relations intellectuelles avec le royaume de France sont maintenues. En 1285, le chapitre d’Upsal fonde à Paris un « collegium upsaliense » destiné à douze étudiants en théologie de son diocèse. L’archevêque de Suède recrute deux ans plus tard un tailleur de pierre français, Étienne de Bonneuil, de l’école de Notre-Dame de Paris, avec pour mission de bâtir à Upsal une cathédrale qui serait la plus vaste de Scandinavie. La Suède reçoit également des missionnaires religieux dominicains et franciscains porteurs de la civilisation française. En 1282, un couvent de dominicaines sera ainsi fondé par le roi à la pointe de Skänninge sous l'influence de Pierre de Dacie (mort en 1289)Corinne Péneau, op. cit., 138 note : à la fin du , on compte 9 couvents dominicains et 10 couvents franciscains en Suède..
Un personnage remarquable et connu de l'époque est Brigitte de Suède (1303-1373), canonisée en 1391, et proclamée par Jean-Paul II co-patronne de l'Europe avec sainte Catherine de Sienne et la philosophe Edith Stein, canonisée sous le nom de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix.
L'union de Kalmar (1397-1523) réunit sous un seul monarque les trois royaumes de Danemark, Norvège et Suède, dans une sorte de confédération scandinave, soutenue par une économie dynamique (avec la Hanse), mais évidemment perturbée par des rivalités de suprématie politique. Commerce des esclaves en Suède
1520-1593 La Réforme en Suède est particulièrement brusque et violente.
Christian II (roi de Danemark) (1481-1559) reconquiert la Suède, contre le parti patriotique mené par Sten Sture le Jeune (1492-1520), mais le bain de sang de Stockholm () exacerbe les tensions. La guerre suédoise de libération (1521-1523), et l'expulsion des Danois de Stockholm, entraînent la dissolution de l'union de Kalmar (1397-1523). Gustave Vasa est nommé régent de Suède en 1521, puis, après abjuration de la foi catholique et adoption du luthéranisme, élu roi de Suède en 1523 par le Riksdag de Strängnäs.
Gustave Vasa déconstruit l'organisation de l'Église catholique suédoise : querelles d'investitures, interdiction de rites et de pèlerinages, confiscation de biens, fiscalisation, réquisitions, fermeture de monastères et de diocèses. Des révoltes catholiques, populaires, éclatent : révolte des cloches, (1524-1533 d'abord), (1529), révolte de Nils Dacke (1542-1543)...
La Hanse, réseau de marchands de plusieurs villes du Nord de l’Allemagne, coopérante pendant le Moyen Âge pour contrôler le commerce maritime sur la mer du Nord et la mer Baltique, un espace commercial commun nord-européen, de 1250 environ jusqu'en 1500 au moins. La croissance de la ligue hanséatique a lieu dans un monde où colonisation et évangélisation vont de pair. Elle est particulièrement liée à la montée de l'ordre des chevaliers Teutoniques, au prosélytisme catholique servant de façade aux jeux de pouvoir mondiaux de l'époque (dont la puissance économique et militaire des Varègues passés à la république de Novgorod et disposant de routes commerciales intéressantes vers la Mer Noire et la Mer Caspienne). Les croisades baltes durent de 1180 à 1380, se détournent de leur but originel et s'achèvent par la territorialisation des ordres militaires qui les ont conduites : État monastique des chevaliers Teutoniques (1226-1525), Terra Mariana (Livonie, 1207-1561) pour les chevaliers Porte-Glaive. En complément, la Suède participe aux guerres novgorodo-suédoises, pour contrer la puissance de la république de Novgorod (1136-1478), et elle convertit au christianisme catholique la Finlande : première croisade suédoise (1157, 1191, 1202), deuxième croisade suédoise (Birger Jarl, 1239-1250), troisième croisade suédoise (1293), . Le royaume de Suède se dénomme Suède-Finlande aux s.
Avec la Réforme protestante, la Livonie et la Prusse passent au luthéranisme 1525-1560. Gustave Vasa a des dettes envers les marchands de Lübeck, et donc de la Hanse, acquise au luthéranisme. L'attitude de la Russie orientale, avec laquelle le roi suédois tient tout particulièrement à rester en bons termes, est également offensante. Gustave attribue à Ivan IV, dont les ressources sont magnifiées, le dessein d'établir une monarchie universelle autour de la mer Baltique, et mène une guerre contre lui en 1554-1557.
La guerre nordique de Sept Ans (1563-1570) puis la guerre de Livonie (1558-1583), et les alliances qu'elles sont obligées d'établir, sont à replacer dans ce cadre. La Suède est contrainte de poursuivre sa politique de combat et d'agrandissement. Une retraite signifierait la ruine de son commerce baltique. En 1570, la population recensée se compose de .
Les divers intérêts en place (en Suède, en Scandinavie, en Europe) sont divergents. Des tentatives de réconciliation ou d'accommodements en Suède entre catholiques et protestants ont lieu. Une longue (1574-1593) oppose les tenants du catholicisme et les adeptes du luthéranisme.
En 1593, le duc Charles rassemble quatre évêques luthériens et trois cents pasteurs au synode d'Uppsala : la liturgie de 1571 (:en:Swedish Church Ordinance 1571) est maintenue sans la Nova Ordinantia ni le Röda boken. Les Saintes Écritures et les trois croyances primitives sont déclarées comme étant les véritables fondements de la foi chrétienne, la confession d'Augsbourg est adoptée. Seule l'Église luthérienne est autorisée comme religion d'État de la Suède : aucun Suédois n'a le droit de quitter l'Église luthérienne. Le catholicisme, le calvinisme et le zwinglianisme sont officiellement interdits. Tout Suédois qui souhaite devenir fonctionnaire (militaire, police, éducation, etc.) doit être luthérien. L'université d'Uppsala est rouverte et le séminaire catholique est fermé.
1593-1781 Le suédois est impérial.