Niger (né en 1869 au haras des Rouges-Terres, chez Constant Forcinal) est un cheval trotteur à l'origine d'une lignée de la race du Trotteur français, désormais éteinte. Fils de The Norfolk Phœnomenon, il est par lui un petit-fils ou arrière-petit-fils de l'étalon anglais The Norfolk Phenomenon. Sa mère, Miss Bell, est une jument demi-sang d'origine anglaise ou américaine, réputée pour avoir servi .
Fortement marqué par l'influence du Trotteur Norfolk, Niger, petit étalon noir au corps musclé et arrondi, est décrit comme d'apparence commune, avec une grosse tête busquée. Il lègue ses allures brillantes à ses descendants, en particulier au trot, mais aussi une affection respiratoire héréditaire, le cornage. À ce titre, bien qu'il soit reconnu comme l'un des chefs de race du Trotteur français, Niger devient un étalon controversé. Sa lignée mâle disparaît au début du , mais Niger reste l'ancêtre des étalons Narquois et Juvigny, dans les lignées maternelles.
Histoire
vignette|gauche|Niger, présenté en main au Haras national du Pin.|alt=Photo noir et blanc de présentation d'un cheval par un homme.
Niger naît en 1869. à l'élevage de Constant Forcinal, le fameux haras des Rouges-Terres situé à Saint-Léonard-des-Parcs, dans l'Orne. Ce dernier a récupéré le vieil étalon The Norfolk Phœnomenon, que l'administration des Haras nationaux voulait faire abattre du fait de son grand âge, soit 22, 23 ou . Niger est l'un des derniers descendants de cet étalon. Sa mère, Miss Bell, d'origine inconnue mais vraisemblablement anglaise ou américaine, était probablement elle aussi âgée lors du poulinage. Son histoire veut qu'elle provienne des écuries personnelles de , où elle aurait été affectée à la traction du phaéton impérial.
Niger reçoit son nom en raison de sa couleur de robe noire. Il commence la compétition en trot monté en 1872, âgé de trois ans, sous les couleurs de son naisseur. Son plus grand rival est l'étalon Normand. Le , il termine de la première épreuve d'étalons en trot monté à Caen, sur , en , derrière Normand et Mont-Joie. Il est de nouveau battu par Normand le , lors du Prix international sur , toujours à Caen : la course est menée par Mont-Joie jusqu'à de l'arrivée, Niger et Normand finissant par le dépasser, avec une avance de deux secondes de Normand, en .
Niger prend sa revanche sur Normand lors de la première course de l'épreuve d'étalons du Haras du Pin, le , en .. Il est battu par Mont-Joie lors de la troisième course, le même jour, en contre .
En 1873, Niger figure en seconde place du tableau des meilleures vitesses sur et plus, en à Caen..
Le jeune étalon court en Normandie, mais aussi à Toulouse et à Tarbes, ce qui implique de difficiles déplacements dans les conditions de son époque. Il remporte en tout neuf courses, avec un record personnel en réduction kilométrique de , établi sur à Caen. Niger remporte de gains durant la saison de courses 1872, puis la saison suivante.
Il est acheté en fin de saison 1873 par les Haras nationaux, à , pour un montant de , puis placé au Haras national du Pin pour la saison de reproduction de l'année suivante. Il fait la monte à la station du Merlerault en 1878.. En 1885, l'éleveur Charles Du Haÿs le décrit comme ..
Il est abattu précocement pour cornage chronique, de même que son rival historique, l'étalon Normand. L'ouvrage de Paul Guillerot indique une fin de reproduction en 1891Annotation au stylo dans l'une des éditions, consultable sur Gallica..
Description
vignette|Niger, photographié par le studio Delton.|alt=Photo noir et blanc de présentation d'un cheval par un homme.
Niger est un étalon de robe noire, mesurant d'après Guillerot (1896), ou d'après Edmond Gast (1889)Les photos d'archive disponibles le montrent toutes de petite taille par comparaison aux hommes qui le tiennent en main, ce qui fait pencher pour une taille de .. ., de modèle, il se révèle beaucoup plus proche de son père, et donc du Trotteur Norfolk, que de sa mère, qui semble n'avoir eu aucune influence sur son apparence. Jean-Pierre Reynaldo le décrit comme , et accrédite la thèse d'une taille de . Très musculeux, Niger possède une tête commune rattachée à une encolure courte, une puissante croupe, et des membres secs et courts.
Dans ses Études hippiques (1879), L. Herbin le décrit comme , en livrant l'analyse morphologique suivante : ..
Le comte Marie-Aimery de Comminges le décrit comme commun, mais ..
Origines Les origines de Niger ne sont que très partiellement connues. Sa mère Miss Bell est une jument américaine ou anglaise récupérée par les Forcinal, de robe alezane, réputée très belle. Côté paternel, si The Norfolk Phœnomenon, importé en France en 1851, est assurément son père, il y a controverse quant à savoir si Niger est le petit-fils de The Norfolk Phenomenon (né en 1824) ou de Old Phœnomenon, fils du précédent.
Descendance
vignette|alt=Photo d'un cheval vu sur son profil gauche|Narquois, un petit-fils de Niger né en 1891.
Niger engendre une descendance nombreuse dans le département de l'Orne : il est le père de homologués, dont une vingtaine deviennent à leur tour des étalons, les meilleurs étant Valencourt (premier prix à l'exposition internationale des trotteurs de 1889) et Bayard IV. Il est le père de nombreux autres étalons, dont Acquila et Fier-à-Bras (né en 1883). Niger figure parmi les origines maternelles des étalons Juvigny et Narquois (ainsi que d'autres moins connus, tels que Novice, Mahomet, et Malaga). Les filles de Niger ont donné de bons chevaux par croisement avec l'étalon Cherbourg, dont Juvigny, Jolibois et Nostradamus, et avec les étalons chef de race Fuschia (donnant notamment Mahomet, Narquois et Novice) et Phaéton. Le record de vitesse au trot a été amélioré par des trotteurs issus de Niger et de mères Pur-sang. Des filles de Niger sont aussi croisées avec les étalons Harley, Hippomène, Uriel, Rivoli, Serpolet-Bai, Qui-Vive !, Élan, Étendart, Écho et Édimbourg.
Niger entre directement à la seconde place de la tête de liste des étalons trotteurs des étalons nationaux (ceux dont les poulains ont remporté plus de de gains) en 1879, derrière Conquérant, puis il descend en quatrième place l'année suivante, son rival Normand prenant la tête de ce classement. Il est le étalon trotteur en 1882, derrière Conquérant, Normand et Lavater. Il n'est plus mentionné dans ce classement (qui prend désormais en compte les étalons sont les poulains ont cumulé plus de de gains) les années suivantes.
Influence sur la race du Trotteur français Niger est à l'origine d'une lignée du Trotteur français, mais sa lignée mâle disparaît au cours du . En 1902, comme le note l'inspecteur général des Haras A. Ollivier, la lignée mâle de The Norfolk Phœnomenon tend déjà à disparaître. En effet, aucun des fils de Niger ne devient un grand étalon trotteur, ni ne lui est comparable. Cette lignée survit en revanche parmi les souches maternelles.
L'éleveur Maurice de Gasté cite, en 1908, Niger parmi les .. D'après Albert Viel, Niger lègue à ses descendants une conformation compacte et harmonieuse, dans un modèle près de terre, avec des allures très brillantes. Il est aussi connu pour avoir transmis le cornage à environ un tiers de ses poulains. Le vétérinaire Paul François Charon cite un éleveur qui a perdu beaucoup d'argent avec deux poulains de Niger atteints de cornage, dont l'un dut être castré puis vendu dans le commerce. L'influence de Niger sur le trotteur français est discutée à la fin du , notamment par l'élu et éleveur Edmond Gast, qui déclare en 1889 :
Au contraire, Édouard Nicard estime que le croisement avec le trotteur Norfolk a donné quelques-uns des meilleurs trotteurs de France, postulant que l'irrégularité des filles de Niger en course témoigne de ce que le Trotteur Norfolk a apporté l'aptitude à trotter, mais pas la vitesse, laquelle est apportée par le Pur-sang aux filles de Niger. D'après lui, Niger est le meilleur étalon de la lignée Norfolk en France.
Placement dans la lignée de The Norfolk Phœnomenon Lorsqu'il établit les pedigree des trotteurs français pour son étude L'élevage du trotteur en France, parue en 1896, Paul Guillerot classe Niger parmi la « famille anglaise », avec d'autres chevaux issus d'un père Trotteur Norfolk. En 1902, lorsque A. Ollivier établit ses Généalogies chevalines anglo-normandes en ligne mâle, il place Niger parmi la ligne de l'étalon anglais The Norfolk Phœnomenon. D'après lui, la lignée mâle de The Norfolk Phœnomenon est alors en voie d'extinction, n'étant plus représentée que par les fils de l'étalon Valencourt. Selon Louis Baume, en 1913, il reste de cette lignée issue du Trotteur Norfolk, sinon parmi les souches maternelles..
Notes et références Note
Références
Annexes Articles connexes The Norfolk Phœnomenon Fuschia Narquois
Bibliographie
Catégorie:Animal né en 1869 Catégorie:Animal né dans l'Orne Catégorie:Trotteur français Catégorie:Cheval mort par euthanasie Catégorie:Cheval de robe noire