Située dans la vallée de Munster, la localité de Wihr-au-Val a connu une histoire mouvementée, témoin de l'histoire de sa région et des temps qu'elle a traversés. Simple ferme sur des terres octroyées à l'abbaye de Munster par les rois francs, elle devient témoin et enjeu des multiples luttes d'influence féodales au . C'est dans ce contexte qu'elle sera fortifiée à la fin du et deviendra chef-lieu d'un bailliage appartenant aux Ribeaupierre (ou Rappoltstein) jusqu'à la Révolution.

La cité a été trois fois détruite au cours de son histoire, en , et .

Présence humaine antérieure Des haches polies néolithiques datant d'environ ont été retrouvées au sommet du Staufen..

Origines Vers fondation de l'abbaye de Munster par Boniface, duc d'Alsace. Il se serait fait construire un pavillon de chasse à l'emplacement de Wihr-au-Val.

En , roi des Francs, donne l'ensemble du val Saint Grégoire à l'abbaye de Munster.

En , Wihr-au-Val est citée pour la première fois sous le nom , ferme de Boniface.

En l'abbaye de Munster, ses biens et ses terres, sont intégrés à l'évêché de Bâle. Le pape confirme cette cession par une bulle de .

En , l'évêque de Bâle octroie une seigneurie à la famille Rappoltstein. Le château et la ville de Wihr-au-Val leur sont octroyés en fief avec .

Lutte entre les Girsberg et les Rappoltstein Un palais seigneurial (Dinghof ou cour colongère) existe à Wihr-au-Val, attaché au château du Girsberg. La famille Butenheim a été en possession de ce fief et a soutenu certains droits contre les habitants de Wihr-au-Val. Les Butenheim ont vendu ces droits à la famille Girsberg, qui a probablement construit le château à son nom. La date exacte n'est pas connue, mais les Girsberg apparaissent pour la première fois en dans les annales colmariennes.

Vers , Andreas von Girsberg construit une chapelle sur le Sonnenberg, peut-être la chapelle Sainte Barbe, ou à l'emplacement de l'actuelle chapelle de la Sainte Croix.

En , la famille Girsberg offre la chapelle du Sonnenberg aux chevaliers de Saint Jean de Colmar.

En , Conrad, barbier de Wilre, Wihr-au-Val, se voit conférer par Frédéric, abbé de Munster, deux parcelles de vignes à côté de l'église de Wihr-au-Val. Il s'agit de la première mention du vignoble de Wihr : .

En , un acte de vente est scellé ente et Dietrich de Girsberg.. L'objet de la vente n'est pas précisé. Il est à noter que dans l'acte, Rappoltstein et Girsberg traitent en égaux.

En , , dont l'élection à la tête du Saint Empire met fin au Grand Interrègne, en conflit avec l'évêque de Bâle, dévaste la vallée.

En , nouvelle mention du vignoble de Wihr dans les annales de l'abbaye de Munster : .

Wihr-au-Val est incendiée et entièrement détruite par les Girsberg Le , Wihr-au-Val est assiégée et incendiée par les Girsberg. Les Girsberg, détenant la cour seigneuriale de Wihr-au-Val, mais ni la ville, ni son château, considèrent avoir des droits sur la ville. Ils se sentent probablement acculés face à la progression dans la vallée des Rappoltstein et des Hattstatt, qui se fait au détriment de leurs propres possessions, et mènent pendant quelques années une politique agressive vis à vis de leurs voisins. Le château de Wihr, le Sonnenbourg, relié aux remparts de la ville, ainsi que la ville elle-même sont détruits. .

La localité est protégée par un rempart à la suite de cet événement. Il est probable que le château du Sonnenbourg a été construit au même moment.

En , les Girsberg construisent un petit château au sommet du Staufen, nommé Staufenberg, ou parfois Girsberg-Staufen, probablement pour tenter de bloquer à la famille Hattstatt l'accès à la vallée de Munster, sur laquelle cette dernière a des visées. Ce château est immédiatement détruit par les habitants du Haut-Mundat, vassaux de l'évêque de Strasbourg. Les Hattstatt construisent dès le château de Haut-Hattstatt pour protéger la route Hattstatt-Soultzbach.

En , les Girsberg reconstruisent le château du Staufenberg. Celui-ci est détruit, disent les chroniques, la même année par Conrad-Werner de Hattstatt.

Long siège du Château du Girsberg En , les seigneurs de Girsberg assassinent Sigfrid de Gundolsheim, Schultheiss impérial et seigneur du Holandsbourg. L'empereur est en colère et ordonne en aux troupes de la ville impériale de Colmar d'assiéger le château du Girsberg. Un camp est installé à du château, plus haut, depuis lequel est installé un trébuchet afin de bombarder le château. Le siège s'éternise et les colmariens sont épuisés. En , envoie des hommes, des vivres et de l'argent aux assiégeants et leur ordonne de mener des travaux de mines afin de faire tomber les murailles. Une galerie est creusée dans le roc afin d'atteindre les fondations des murailles. Deux galerie de diversion sont creusées. Après un long siège de , qui en fait le siège le plus long de l'histoire des châteaux d'Alsace, les Girsberg se rendent aux troupes colmariennes commandées par le bailli impérial Conrad-Werner de Hattstatt, lui donnant toutes leurs possessions. Les Girsberg sont restés emprisonnés ensuite deux années dans leur château et n'ont pu le quitter qu'à la condition que le château soit démoli..

Wihr-au-Val est assiégée et à nouveau détruite En , Colmar, soutenu par Anselme de Rappoltstein, se révolte contre Adolphe de Nassau. Afin de s'attacher la population de Colmar, Anselme de Rappoltstein autorise le pillage de Turckheim. L'ensemble du bétail pris est amené à Wihr, possession des Rappoltstein. Adolphe de Nassau réagit et assiège Colmar le . Des habitants de Munster, fidèles à l'empereur Adolphe de Nassau, partent l'appuyer contre Colmar. En chemin, ils s'arrêtent pour piller le vignoble de Wihr, bailliage des Rappoltstein, emportant les raisins mûrs en représailles et s'attardant à piller les caves. Pendant ce temps, une troupe colmarienne de vient au secours des habitants de Wihr qui, avec leur appui, tuent une partie des assaillants, et font prisonnière une autre. Adolphe de Nassau ne peut tolérer cela. Il envoie le seigneur Cuno de Berckheim avec un détachement de et des machines de guerre pour assiéger Wihr. Il fait construire deux grandes machines qui lancent des pierres et un bélier pour enfoncer les murailles. Il se rend maître en peu de jours de la ville ainsi que du château, qu'il rase.

En , l'empereur étant décédé, les Girsberg reviennent sur leur promesse et reconstruisent leur château du Girsberg.

En , la charte de partage de la seigneurie de Rappoltstein mentionne Wihr-au-Val. La cité est donc reconstruite à cette date.

En , les Rappoltstein reconstruisent le château du Sonnenbourg.. Une charte de la même année qualifie les seigneurs Johan et Otto, frères von Girsberg, de vassaux du sire de Rappoltstein. Turbulents, ils chercheront à remettre cette vassalité en cause.

Une querelle met aux prises les seigneurs de Giersberg, branches aînées et cadettes. Les premiers, victorieux, s'emparent du château du Giersbourg, mais peu après Henri-le-Jeune de Rappoltstein l'assiège. Comprenant la situation dangereuse, les assiégés capitulent.

En , les seigneurs Johannes et Otto von Girsberg font la paix avec Henri-le-Jeune de Rappoltstein, et ils lui remettent, en présence du Landvogt Jean de Lichtenberg et de Jean, landgrave de l'Alsace inférieure, le château et la ville de Wilre (Wihr-au-Val), sis en face du château de Girsberg, en tant qu'ils leur appartient à eux et aux Butenheim.

Conformément à l'accord de , ils cèdent le château patrimonial à Henri de Ribeaupierre en , recevant en compensation et en fief le château de Stein près de Ribeauvillé, appelé plus tard château du Girsberg. Le château du Girsberg situé en-face de Wihr-au-Val n'est pas utilisé par les Rappoltstein et tombe peu à peu en ruine.

En , le traité de Marquard entre l'abbaye de Munster et la communauté des habitants de la vallée énumère dans les détails tous les droits de l’abbé et par conséquent toutes les servitudes auxquelles sont assujettis les habitants du Val Saint-Grégoire. Il prévoit dans son article 67b que « Chaque boucher, cordonnier ou tanneur de Walbach ou de Wihr qui vient dans notre ban paye au tonloyer une taxe de 1 et 2 deniers... ». Par ailleurs, son article 107 prévoit que « Les manses de Mulhbach, de Dieffenbach, de Fronezelle, d’Eschbach, du petit manse de devant, de Wihr, [...]: toutes les tenures susdites produisent [au Dinghof de l'abbaye de Munster, chaque année à titre de dîme] chacune vingt et une émines d’avoine mesurée à ras bord, et un fuder de bois et un poulet ».

Luttes entre les Rappoltstein et les Hattstatt En , les seigneurs de Ribeaupierre cèdent en arrière-fief la ville et le château aux seigneurs de Hattstatt, après en avoir reçu l'autorisation de l'évêque de Bâle.

En , la peste noire emporte la moitié de la population de la vallée.

En , des moulins seigneuriaux sont construits sur la Fecht, à hauteur de Wihr.

En , le comte de Rappoltstein songe à réhabiliter le château du Girsberg, à l'abandon. Le projet sera finalement abandonné.

En , Johannes Wilhelmus de Girsperg, écuyer, engage à Schmasmann, sire de Ribeaupierre, pour , tous ses biens, à savoir le château de Stein, qu'on appele alors Girsperg, les villages de Walbach et de Zimmerbach, Dürre Logelheim, les cours domaniales de Wiler [Wihr-au-Val] et d'Eguisheim. Il semble bien que les Girsberg conservent des droits seigneuriaux à Wihr-au-Val.

Le , Maximin de Ribeaupierre et le comte Jean de Lupfen déclarèrent la guerre à Hans Wilhelm de Girsperg sur l’ordre du duc . Hans Wilhelm est tué d’un coup d’arquebuse le , probablement lors du siège du château de Ribeauvillé. Les domaines engagés en restent aux mains des Ribeaupierre..

En , les Rappoltstein récupèrent Wihr-au-Val et son château.

Vers , la guerre éclate entre les Rappoltstein et les Hattstatt.

En , la chapelle-ossuaire Saint Michel est construite.

En , les Rappoltstein cèdent la ruine du Girsberg ainsi que le domaine attenant à l'abbaye de Murbach.

En , les troubles de la guerre des paysans touchent la vallée. L'abbaye de Munster est occupée et un nommé Beck de Munster monte une bande d'habitants de la vallée, qui prend part à la bataille de Scherwiller.

En , Eberhardt de Ribeaupierre reconnaît avoir donné à l'abbaye de Munster le droit de faire flotter du bois sur la Fecht (le bois est coupé en fond de vallée et vendu en plaine), en échange d'un droit de chasse sur les terres abbatiales de Turckheim.

En , Cenophée Hamer est jugée pour sorcellerie. Elle est acquittée.

Guerre de Trente ans En , une scierie seigneuriale située au bord de la Fecht est attestée.

Le , Catherine Huger, de Gunsbach, est soupçonnée de sorcellerie. Emprisonnée à la prison seigneuriale de Wihr, située dans la tour dite "Girsberg", l'une des quatre tours d'enceinte de la ville, elle est interrogée pendant une semaine et torturée par le bourreau Arnold, avant d'être condamnée pour adultère et sorcellerie. Condamnée à être déchirée avec des pinces rougies puis brûlée vive, elle sera seulement décapitée et brûlée à Gunsbach le , la peine ayant été allégée, au grand dam du public nombreux venu des villages voisins assister au supplice.

En les Suédois s'installent dans la vallée. La même année le colmarien Zacharie Buob est nommé receveur du bailliage de Wihr par le comte de Ribeaupierre..

Le , Wihr est pillée par les troupes lorraines et impériales.

En , les Français sont dans la vallée.

En et une épidémie de peste sévit dans la vallée

En , la ville est pillée par les troupes impériales, le receveur du bailliage, Zacharie Buob, accusé d'avoir favorisé la prise du château du Hohnack par les Français est arrêté et torturé.

En , les traités de Westphalie rattachent les possessions alsaciennes des Habsbourg, ainsi que les seigneuries rattachées, au royaume de France. Les seigneuries des Rappoltstein, comprenant Wihr-au-Val, deviennent françaises. Les Rappoltstein deviennent les Ribeaupierre.

Période française