thumb|300px|right|Synagogue d'Olmütz vue de la place Marie-Thérèse La synagogue d'Olmütz ou synagogue d'Olomouc a été inaugurée en 1897 et détruite en par des nazis locaux, le soir même de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes allemandes.
Olmütz fait partie jusqu'en 1918 de la monarchie autrichienne puis de l'Autriche-Hongrie et devient tchécoslovaque après la Première Guerre mondiale sous le nom tchèque d'Olomouc. Le , la Wehrmacht occupe la ville, qui reprend son nom d'Olmütz et est intégrée au protectorat de Bohême-Moravie. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville est rendue à la Tchécoslovaquie et reprend le nom d'Olomouc. Actuellement Olomouc est une capitale régionale de au centre de la Moravie, en Tchéquie.
Histoire de la communauté juive Au Moyen Âge jusqu'à l'expulsion de 1454 La présence de marchands et négociants juifs est attestée au moins depuis le . Le marchand juif Yitzhak Dorbelo fait référence dans ses écrits de voyage à l'existence d'un quartier juif vers 1140 dans une ville qu'il dénomme Almiz ou Olmiz. Dans les années 1239-1246, Olmütz devient une ville royale. Une charte, signée par l'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg le , indique clairement que les dépenses municipales, y compris le coût des fortifications doivent être supportées par tous les citoyens y compris les Juifs résidant dans la ville. Le Registre juif, écrit en latin et consignant tous les prêts effectués par les Juifs a été conservé pour la période 1413-1420Archives d'État du district d'Olomouc; Archives de la ville d'Olomouc; collection des livres et manuscrits; inventaire: no. 1822, signet: 36. On y trouve la liste des créditeurs, avec entre autres les noms juifs suivants: Isra, Lazar, Abraham, Jordan, Salomon, Beneš, Munka, Merkel, Šefrelin, Gail, Liczko, Mušlin, Jekl, Smoyel, Tyczko. En 1445, un document mentionne un Vogt (préfet) juif du nom de Nicolas l'Apothicaire et un autre daté de 1434 indique qu'Augustinian, fuyant la ville de Proßnitz, a acheté à la juive Gail Aronova, une maison située dans la Judengasse, en face de la Judenschul (synagogue).
C'est la fin de la période faste pour la communauté juive. Entrainé par les sermons du moine franciscain Jean de Capistran, le roi Ladislas promulgue le , un décret expulsant les Juifs d'OlmützArchives d'État du district d'Olomouc; Archives de la ville d'Olomouc; collection des livres et manuscrits; signet: 206 de Mährisch Neustadt (actuellement Uničov) et de la plupart des autres villes royales de Moravie et donnant leurs maisons, synagogues et cimetières à la municipalité. Les Juifs doivent avoir quitté la ville au plus tard le , en laissant leurs biens, en contrepartie de quoi, les autres citoyens se voient obligés de payer au roi la taxe annuelle juive de 40 fois 60 groschens, due pour les fêtes de la Saint-Georges et de la Saint-Gall. Les Juifs expulsés trouvent refuge dans les villes féodales avoisinantes de Proßnitz (Prostějov), Tobitschau (Tovačov), Prerau (Přerov), Leipnik (Lipník nad Bečvou) et de Mährisch Aussee (Úsov), où se créent des communautés juives. Pendant quatre siècles, les Juifs ne pourront s'installer dans aucune ville royale, et plus tard dans aucun bourg fortifié. Exceptionnellement, la société juive Witte obtient en 1622, un bail de l'empereur Ferdinand II pour battre monnaie à l'hôtel de la Monnaie d'Olmütz.
En 1745, l'impératrice Marie-Thérèse réaffirme l'interdiction aux Juifs de résider à Olmütz. Des taxes importantes, le Leibmaut, sont perçues sur les Juifs désirant obtenir l'autorisation d'entrer en la ville pour participer à des marchés. Les Juifs ont l'autorisation certains jours de mener leurs affaires mais uniquement dans les faubourgs de la ville, principalement à Bělidla, où des documents prouvent l'existence entre 1792 et 1861, d'une auberge publique juive, louée par Lazar Flamm et d'une salle de prière privée au début du siècle. L'interdiction stricte est occasionnellement levée à cette époque, mais contre paiement d'une redevance spéciale très élevée. Aux jusqu'à la Seconde Guerre mondiale Ce n'est qu'à partir de 1848, que la population juive obtient ses pleins droits civils, avec une liberté totale de résidence. Rapidement de nombreuses familles juives des petites villes et villages alentour s'installent dans les grandes villes, maintenant accessibles, à la recherche de meilleurs conditions économiques.
En 1865, est fondée à Olmütz la Izraelitische Cultusverein (Association cultuelle israélite), et en 1892, celle-ci acquiert le statut de communauté religieuse indépendante. D'autres sociétés religieuses existent aussi à la fin du et au début du siècle dans le faubourg Paulowitz (Pavlovičky) et dans les villes voisines de Sternberg (Šternberk), Mährisch Neustadt (Uničov) et Littau (Litovel).
En 1897, Olmütz accueille le premier congrès sioniste qui se tient dans l'Empire autrichien et reçoit Theodor Herzl. La communauté possède de nombreuses associations caritatives, culturelles et sportives: une Hevra Kaddisha (Société du dernier devoir), l'Association caritative féminine fondée en 1893, une association d'éducation physique et sportive créée en 1901 et renommée Club sportif TJ Makkabi en 1927. En 1906, la communauté possède 46 associations charitables avec des ressources totales de couronnes. Pendant la Première Guerre mondiale, celles-ci doivent faire face à un afflux de réfugiés juifs en provenance de Galicie.
En 1869, il y a 747 Juifs vivant à Olmütz, en 1880 on en compte déjà , et en 1900 . Lors du recensement de 1921, il y a citoyens de confession juive. Enfin en 1930 leur nombre atteint : Pavel Frýda: Olomouc-synagoga (Olmütz-Synagoge) - Stručně k historii olomoucké synagogy a zdejších židovských obyvatel (Olomouc-synagoga (Olmütz-Synagoge) - Bref sur l'histoire de la synagogue d'Olomouc et de la population juive locale).
La Seconde Guerre mondiale et la Shoah Après l'entrée des troupes allemandes en Tchécoslovaquie le , et sa transformation en protectorat de Bohême-Moravie, les citoyens d'origine juive sont graduellement privés de leurs droits civils puis de leurs biens. Lors de cinq convois, le (nom de code: Aaf): Convoi Aaf; le (Aag): Convoi Aag; le (Aam): Convoi Aam; le (Aao): Convoi Aao et le (AE7): Convoi AE7, Juifs d'Olmütz et des alentours sont déportés au camp de concentration de Theresienstadt et de là vers les camps d'extermination de l'Est.
Le petit nombre de Juifs survivants, revenus à Olomouc, rétablissent rapidement une nouvelle communauté religieuse. Leur nombre va s'amenuiser en raison d'une émigration vers Israël, et en 1962, la communauté d'Olomouc est rattachée à celle d'Ostrava, ville située à une centaine de kilomètres. Les transformations démocratiques en République tchèque à partir de 1989, entraine un renouveau des pratiques et cérémonies religieuses à Olomouc, et le , une communauté religieuse autonome est rétablie, couvrant les districts d'Olomouc, de Šumperk, de Jeseník, de Bruntál et de Přerov.
Le , l'ambassadeur d'Israël en République tchèque dévoile une plaque, œuvre du sculpteur Miloš Brückner, à la mémoire des victimes juives du nazisme. Cette plaque est fixée sur le mur de l'école élémentaire de la rue Hálek, où les Juifs d'Olomouc avaient été regroupés avant d'être déportés en 1942.
Histoire de la synagogue Les premières salles de prière Dès le début du siècle, une salle de prière orthodoxe existe dans le faubourg de Bělidla dans la maison privée de la famille Fischel (actuellement au 9/44 rue Libušina) et celle-ci reste en activité jusque dans les années 1930. Mais dès la seconde moitié du siècle, en raison de la croissance de la population juive, une seconde salle de prière s'avère nécessaire dans la ville elle-même. Entre 1859 et 1862, une salle existe au 406 rue Litovel (actuellement 1 rue Riegrova), grâce aux efforts de Hermann Zweig et du savant et physicien juif Adolf Crusher, puis en 1862-1863 dans une maison au 447 rue Česká (actuellement 2 rue 8. května) et en 1863, le premier étage d'une maison au 586 à Bělidla (actuellement 7 rue Sokolská) est acquis et transformé en salle de prière.
En 1867, la communauté achète l'ensemble du bâtiment et le convertit en centre communautaire. On suppose que sa transformation est l'œuvre de Jakob Gartner, architecte autrichien spécialisé dans la construction de synagogues. Bien que le bâtiment soit vendu en 1900 au club sportif Sokol local, l'aspect extérieur de ce bâtiment de deux étages est resté intact avec sa façade dominée par un portique classique et six bas-reliefs sur des thèmes bibliques en dessous des fenêtres. thumb|200px|right|Extérieur de la synagogue
La construction de la synagogue Le besoin d'une synagogue digne de la communauté juive en pleine expansion se fait sentir au début des années 1890. La décision de construire une synagogue est prise le . Un comité de construction est tout d'abord fondé dont les membres sont Eduard Hamburger, Hermann Brach, Josef Groak, Bernhard Kaufmann, Jacob Kirschner, Josef Löw et Sigmund Zweig. Un terrain est acheté sur la nouvelle place Marie-Thérèse, située à l'emplacement des anciennes fortifications de la ville. On fait de nouveau appel à l'architecte Jakob Gartner qui dessine les plans. Le , Gartner présente son concept pour la synagogue et le bâtiment annexe du rabbin, ainsi qu'une estimation approximative du cout. Chaque plan est alors signé par l'architecte, le président de la communauté cultuelle israélite Eduard Hamburger et le bourgmestre d'Olmütz Karl Brandhuber. Ceux-ci sont approuvés officiellement le . La réalisation des plans détaillés et la gestion de la construction sont également confiées à Gartner.
La synagogue est construite de 1895 à 1897. Gartner sélectionne de préférence des sociétés de construction locales. Robert Kazimierz Wieczorek pour sa thèse de diplôme d'ingénieur de l'université technique de Vienne a retrouvé la liste des sociétés engagées dans la construction de la synagogue: Robert Kazimierz Wieczorek: Virtuelle Rekonstruktion der Synagoge in Olmütz (Olomouc); diplôme d'ingénieur; Université technique de Vienne; Faculté d'aménagement du territoire et d'architecture; professeur de thèse: professeur Bob Martens; Vienne; novembre 2011:
Les travaux sont réalisés par les entreprises suivantes : l'entrepreneur Aulegk & Beplatal d'Olmütz pour les travaux de maçonnerie et de menuiserie; Döptauer et Stefanauer Eisenhütten-Gewerkschaft pour les travaux de construction métallique; Adolf Mather d'Olmütz pour les travaux de serrurerie; Johann Krodl de Markt Hengasse pour les travaux de menuiserie; Albert Körfterale de Badmantel und Hawk d'Olmütz pour le travail de la pierre; Gustav Eckhardt de Vienne pour les sculptures ; Emil Sonnek de Vienne pour le travail du marbre; A. Detowa de Vienne pour le travail du stuc ; Les entreprises Bereinigte Kalk- und Biegelwerke M. Fischer d'Olmütz et Lederer & Hessen de Vienne pour la mosaïque; Carl Schuhmann de Vienne pour les travaux de ferblanterie ; Josef Kradschimer d'Olmütz et Alois Möller d'Olmütz pour les travaux de vitrage ; Julius Schmelz de Mährisch-Ostrau pour les travaux de pavage en terre cuite ; E. Wanke d'Olmütz pour les travaux de peinture ; Eduard Kordian de Brünn pour la fourniture des plaques de frise ; J. Ottokal d'Olmütz pour la fourniture de quincaillerie; Johann Meerkaß de Vienne pour la fourniture des grilles de clôture ; Franz Enhnanek d'Olmütz pour la fourniture des piliers métalliques et des plaques de recouvrement. thumb|150px|left|Le rabbin Berthold Oppenheim