Christian de La Motte Rouge alias Christian Marie Élie Georges Joseph de La Motte de La Motte Rouge alias Lapereau alias Mehari, né le à Pommerit-le-Vicomte (Côtes-du-Nord) et mort en déportation le au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, est un officier et résistant français.

Biographie Famille et formation Christian de La Motte Rouge naît au château de Kerbic, fils d'Alain de La Motte-Rouge, alors maire de Pommerit-le-Vicomte et de Zoé de Launay. Son frère, Alain, ancien élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr et lieutenant d'infanterie, est mort pour la France le 4 mai 1917.

Le , à Benon en Charente-Maritime, il épouse Marie-Thérèse Godet (1897-1983), alliée à la famille des Cognac Godet, fille de Louis Godet (1863-1935) - propriétaire de l'abbaye de La Grâce-Dieu et maire de Benon - et de Marie-Thérèse Maubaillarcq (1862-1964)Le Figaro, édition du , , rubrique « DEUIL »..

Carrière militaire Engagé en 1916 lors de la Première Guerre mondiale, il est élève-aspirant à l'école d'artillerie de Fontainebleau et devient sous-lieutenant en . En participant à la fin de la guerre, il est blessé par un éclat d'obus et reçoit la croix de guerre et la Médaille militaire. Démobilisé en septembre 1919, Christian de La Motte Rouge se réengage dès mars 1920 dans l'Artillerie où il est promu lieutenant en 1922 puis capitaine en 1930.

Capitaine-instructeur à l'école militaire de Saint-Maixent, il passe au centre de mobilisation d'artillerie à Vannes en 1938.

Il prend part à la bataille de France au début de la Seconde Guerre mondiale en tant que chef d'escadron du d’artillerie et combat en juin 1940 à Dunkerque et dans les Flandres. Après avoir vainement tenté de passer en Angleterre, il est nommé commandant du centre de démobilisation de La Rochelle à la suite de l'arrestation, le 17 juillet 1941, du commandant Pierre Fillol (1889-1942).

En novembre 1942, Christian de La Motte Rouge démissionne de ses fonctions militaires pour s'engager dans la Résistance et rejoint - sous le pseudonyme de « Mehari » - le cousin germain de son épouse, Jean Godet (1899-1983). Alors capitaine de réserve, prisonnier libéré et responsable du réseau Alliance à la Rochelle, Godet, alias « Antilope », nomme La Motte Rouge responsable des renseignements pour les zones nord et nord-est de la ville à partir de décembre 1942. Il devait s'intéresser dans un premier temps aux forces militaires stationnées dans la région, aux repérages des ouvrages défensifs que les Allemands avaient entrepris de faire construire le long du littoral charentais et plus particulièrement à la surveillance du trafic de l'importante base sous-marine de la Rochelle.

En décembre 1943, les arrestations de l'état-major bordelais le contraignent à fuir après avoir eu juste le temps de confier la relève à Robert Fortunet. Quelques jours plus tard, rassuré par un calme apparent, il revient à La Rochelle pour lui transmettre informations et consignes mais une dénonciation par un agent double au service de la police de sûreté allemande provoque l'arrestation de Christian de La Motte Rouge le 7 janvier 1944 à 4 heures du matin (rue Réaumur, devant sa famille) en même temps que Franck Gardes (1920-1944). Conduit à la prison Pierre-Levée de Poitiers où il est torturé puis transféré à Strasbourg, il est l'un des dix premiers membres du réseau Alliance arrivés le 17 mars 1944 au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck dans le Bas-Rhin où il meurt, le , des suites de privations et d'épuisement. Le Block 10 de 20 mètres sur 10 pour soixante douze détenus était une baraque disciplinaire, étiquetée terroristes, où en fait, l'enfermement était total : secret collectif, les lettres, les colis, les communications avec les autres détenus non tolérés; la moindre infraction à ces règles valaient des punitions épouvantables comme l'obligation de marcher accroupi, des coups de ceinturons, de poing, de pied et envoi au cachot.

La nouvelle de la disparition de ce père de six enfants ne parviendra à la Rochelle que vers la mi-janvier 1945. Un service religieux est alors célébré le 25 janvier en sa mémoire en la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle.

Décorations et reconnaissance Christian de La Motte-Rouge est récipiendaire des décorations suivantes :

(décret du ) de sa fiche dans la base Léonore.

avec quatre étoiles bronze et une étoile vermeil (décret du 31 mars 1947) (une blessure de guerre par éclat d'obus le 28 avril 1918) Par arrêté du 10 août 1992, il est déclaré mort en déportationJORF du 29 septembre 1992 Arrêté du 10 août 1992 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes de décès.

Hommages Le conseil municipal de La Rochelle lui rend hommage le 11 mars 1949 en donnant son nom à une place de la commune : place du Commandant-de-La-Motte-RougeSite de la mairie de La Rochelle..

Son nom figure sur le monument aux morts de Benon.

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie Ouvrages

Joseph Darsel, La Bretagne au combat, 1975 Annick Notter (dir.), La Rochelle 1939 -1945 ouvrage accompagnant l’exposition du musée des Beaux-Arts de La Rochelle en 2015, Geste Ed. 2015 Michel Reynaud, Livre-mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution, 1940-1945, Volume 4 , éditions Tirésias, 2004.

Notices Notice sur le site de la Fondation pour la mémoire de la déportation Notice sur la Base Léonore Notice dans le dictionnare Le Maitron Notice sur le site Musée de la Résistance en ligne

Liens externes

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