Jean Eugène Albert Zimmer, né le à La Wantzenau, est un résistant alsacien et un combattant de la DB mort le en participant à la libération de Strasbourg.
Chef de char du M4A3 Sherman « Cherbourg », il est tué sur le coup par un tir antichar à quelques mètres du pont de Kehl et de la frontière allemande qu'il est le premier à atteindre. Il meurt à quelques kilomètres de chez lui sans revoir sa famille qu'il a quittée en en s'évadant d'Alsace annexée.
Biographie Albert Zimmer est le fil d'Émile Joseph Zimmer et de Marie-Georgette Hirsch qui se sont mariés le . Ils sont restaurateurs à La Wantzenau, au nord de Strasbourg.
Il fréquente l'école primaire de La Wantzenau, puis le collège Saint-Pierre-Fourrier à Lunéville où il est un excellent élève. A , il commence un cursus à l'école hôtelière de Strasbourg, puis dans diverses institutions à travers la France (stage à Vittel, Villers-sur-Mer, Bagnoles-de-l'Orne). Pour le , il est engagé au Ritz mais l'entrée en guerre de la France vient contrarier ses projets.
Le début de la Seconde Guerre mondiale voit l'application d'un plan d’évacuation des populations civiles de la « zone rouge » de la ligne Maginot. La famille Zimmer est évacuée et s'installe à Dreux où Albert la rejoint. Il tente de s'engager à Chartres mais il est trop jeune.
Dès , les Alsaciens sont encouragés à rentrer par les nazis. L'Alsace-Moselle est annexée de facto au Troisième Reich le . L'Alsace, rebaptisée « CdZ-Gebiet Elsass », est intégrée au territoire allemand du pays de Bade. La famille Zimmer revient à La Wantzenau qui est maintenant de fait en Allemagne.
Résistance et évasion Refusant le régime nazi et l'annexion de l'Alsace, Albert Zimmer adhère au groupe de résistants strasbourgeois « Meteor » en . Après avoir chanté la Marseillaise, avec des amis, dans les rues de Strasbourg et s'être battu avec un groupe de la Jeunesse hitlérienne alsacienne, il décide de s'évader et de rejoindre la zone libre. Le , il quitte sa famille et passe les Vosges avec l'aide d'une filière utilisant le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines dans lequel circulent encore des trains pour Saint-Dié-des-Vosges. De là, il rejoint Nancy. Il franchit la ligne de démarcation caché dans un wagon de charbon et arrive à Lyon le .
L'engagement alt=Insigne du 12e RCA|vignette|Insigne Régiment de chasseurs d'Afrique. Il rejoint Marseille et s'engage dans l'armée d'armistice. Il souhaite rejoindre une unité en Afrique du Nord (AFN). Le il embarque pour Alger et rejoint son affectation au Groupe Autonome des Chasseurs d'Afrique (GACA) à Thiès au Sénégal en Afrique-Occidentale française (AOF). Il y fait la connaissance du capitaine Marc Rouvillois dont il devient le secrétaire.
Le , les alliés débarquent en Afrique du Nord, c'est l'opération Torch. Le GACA est transféré à Alger le où il devient le régiment de chasseurs d'Afrique ( RCA). Il est équipé par l'armée américaine avec du matériel moderne. A Alger, Albert Zimmer suit de nombreux stages de spécialisation. Il est inscrit au cours d'élèves sous-officiers et en sort major en . Il est nommé maréchal-des-logis.
En septembre de la même année le RCA se dédouble pour reconstituer le régiment de cuirassiers ( RC). Albert Zimmer y est affecté comme sous-officier de liaison à l'état-major. Son régiment fait partie de la division blindée ( DB) qui se reforme près de Rabat dans la forêt de Temara. La division s'embarque le à Casablanca et Mers el-Kébir pour le Royaume-Uni et débarque à Swansea après onze jours de traversée. alt=Insigne 12e RC|vignette|Insigne du Régiment de cuirassier. Avec le RC, Albert Zimmer s'entraine et termine son instruction au camp de West Lutton (Angleterre). Pendant ce séjour il obtient du commandant Rouvillois le poste de tireur sur le char moyen Sherman « Sarreguemines » dans le peloton du lieutenant Besnier.
Retour en France Le , son unité débarque en France et dès le engage ses premiers combats. Albert Zimmer reçoit son baptême du feu le en détruisant un canon allemand placé en embuscade. Il participe le à la libération d'Alençon puis le à celle de Paris.
Le , il devient tireur du char « Saint-Denis II » le propre char du lieutenant Besnier qu'il remplace quand il est absent. Le , après la prise de Baccarat son unité est mise au repos pendant quinze jours à l'arrière du front. Depuis le début des combats, Albert Zimmer s'est distingué à plusieurs reprises. Le il reçoit une citation à l'ordre du régiment.
Avant le départ pour la libération de l'Alsace, il est nommé chef de char du « Cherbourg », un Sherman M4A3, de l'escadron d'état-major du RC, équipé d'un obusier de . Le , il est avec le sous groupement Rouvillois à Dettwiller base de départ de son unité pour la « charge vers Strasbourg » du lendemain. Albert Zimmer fête, avec son équipage, leur première journée en Alsace.
Mort au combat
Le , le lieutenant-colonel Rouvillois (nommé le ), s'appuie sur les conseils judicieux du FFI strasbourgeois Robert Fleig et évite les barrages ennemis. Le sous groupement progresse par Mommenheim et Brumath jusqu'à Strasbourg. Dans la ville, toujours guidé par Robert Fleig dans la jeep en tête de la colonne, le sous-groupement se dirige vers le pont de Kehl, son objectif principal. Pris intact, il permettrait d'établir une tête de pont en Allemagne.
Sur l'ile entre le canal et le petit Rhin, les chars se ravitaillent en essence et en munitions. Albert Zimmer en profite pour essayer de téléphoner à ses parents du bar situé près du pont du canal. Il ne les a plus revus depuis 1941 et ils habitent La Wantzenau à quelques kilomètres au nord de Strasbourg.
A du pont de Kehl, le « Cherbourg » arrête en deux coups de canon un train rentrant en Allemagne. Puis, il prend la tête de la colonne suivie de la jeep du lieutenant Le Quellec et Robert Fleig. La résistance allemande s'intensifie à mesure qu'ils se rapprochent du pont et le « Cherbourg » est atteint de plein fouet par un tir antichar provenant d'une école. Il est immobilisé et prend feu. Le maréchal des logis-chef Albert Zimmer est tué sur le coup à quelques kilomètres de chez lui sans revoir sa famille.
Distinctions Il est reconnu « Mort pour la France ». à titre posthume. ().
Reconnaissance Le , une plaque commémorant l'exploit du maréchal-des-logis Albert Zimmer qui le premier atteignit le Rhin à Strasbourg est inauguré face au pont de Kehl.
Dans le quartier du Port du Rhin, le char Sherman « Cherbourg » de la DB rappelle les violents combats pour la prise du pont de Kehl. Il rend hommage au maréchal des logis chef Albert Zimmer. Son char d'origine avec un canon de trop endommagé n'a pas été utilisé. C'est un char Sherman avec un canon de plus courant qui est exposé. Une rue porte son nom à La Wantzenau.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
DVD pédagogique
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Articles connexes
Libération de Strasbourg M4 Sherman RC régiment de chasseurs d'Afrique DB Bataille d'Alsace Liste de résistants alsaciens Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945
Liens externes
. Cet article raconte la fin du char Cherbourg vu par le chef du char « Sarreguemines » qui le suit.
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