vignette|300x300px|Participants au troisième Forum international intersexes, à Malte, en .

Les droits des personnes intersexes sont l'ensemble des droits spécifiques des personnes intersexes, qui sont souvent victimes de discriminations, voire de violences ou de mutilations, constituant une violation des droits humains. La protection des droits des personnes intersexes varie selon les pays.

Les personnes intersexes naissent avec des caractéristiques sexuelles qui, d'après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, ..

Les personnes intersexes sont confrontées à des stigmatisations et discriminations dès la naissance, en particulier lorsqu'une variation intersexe est directement visible sur leur corps. Dans certains pays, cela peut aller jusqu'à l'infanticide, l'abandon ou la stigmatisation des familles. Les mères en Afrique de l'Est peuvent être accusées de sorcellerie et la naissance d'un enfant intersexué peut être décrite comme une malédiction.... alt=Rectangle jaune/or avec un rond violet au milieu.|vignette|Drapeau de la fierté intersexe, créé en 2013 par Intersex International Australia.. En Occident également, les nourrissons et enfants intersexes, en particulier ceux dont les organes génitaux externes sont ambigus, subissent souvent des traitements chirurgicaux et/ou hormonaux dans le but de faire correspondre leur corps à des caractéristiques sexuelles apparentes jugées socialement plus acceptables. Ces pratiques sont critiquées car sans nécessité médicale et occasionnant des traumatismes pour les enfants.. Ces traitements peuvent impliquer une stérilisation. Les adultes, notamment les athlètes féminines de haut niveau, subissent également des discriminations. Dans les années 2010, ces problèmes sont reconnus comme des violations des droits de l'homme, avec des déclarations des agences des Nations unies.., du Parlement australien., et des institutions d'éthique allemandes et suisses. Des associations de personnes intersexes ont également publié régulièrement des déclarations conjointes, notamment la au troisième .

La mise en œuvre de la protection des droits humains dans la législation et la réglementation progresse cependant lentement. En 2011, Christiane Völling a remporté le premier procès réussi contre un chirurgien pour une intervention chirurgicale non consentie.. En 2015, le Conseil de l'Europe a reconnu pour la première fois le droit des personnes intersexes de ne pas subir de traitements d'assignation sexuelle. La même année, Malte est devenue le premier pays à interdire les interventions médicales non consenties ayant pour but de modifier l'anatomie sexuelle, notamment celle des personnes intersexes..

Les droits des personnes intersexes sont également liés à d'autres droits humains et questions juridiques, notamment le droit à la vie, la protection contre les discriminations, le droit de déposer plainte et de recevoir réparation, l'accès à l'information (dossiers médicaux par exemple) et la reconnaissance juridique. Jusqu'à présent, peu de pays protègent les personnes intersexes contre les discriminations. D'autre part, seuls quelques pays interdisent notamment que les mineurs présentant certaines formes d'intersexuation subissent des chirurgies sans justification médicale, donc des mutilations, destinées à les conformer à une supposée norme dyadique (notamment à rendre leur apparence génitale plus typiquement féminine).

Intersexuation et droits humains vignette|300x300px|Conférence ILGA 2018, photo de groupe pour marquer la Journée de sensibilisation intersexe. La recherche scientifique se dirige vers un consensus sur le fait que diverses variations intersexuées sont des formes normales de biologie humaine et les institutions de défense des droits humains sont de plus en plus attentifs aux pratiques médicales et aux problèmes de discrimination à l'encontre des personnes intersexes. Une première étude pilote internationale en 2013, Human Rights between the Sexes, de Dan Christian Ghattas.., a constaté que les personnes intersexes sont discriminées dans le monde entier :

Le Conseil de l'Europe souligne plusieurs points de préoccupation :

Droit égal à la vie, prévention des traitements médicaux sans consentement éclairé, notamment les traitements jugés inutiles ; Cesser de classer l'intersexuation comme une condition médicale qu'il faudrait soigner, mais la considérer comme une variation pouvant ouvrir droit à des traitements médicaux avec consentement éclairé ; Égalité de traitement devant la loi, notamment avec une couverture légale équivalente aux autres catégories ; Accès à l'information, aux dossiers médicaux, au conseil et au soutien des pairs et autres ; Autodétermination dans la reconnaissance du genre, notamment par la modification simple des documents officiels.

Relations entre intersexuation et organisations LGBT Plusieurs organisations ont souligné les appels à la reconnaissance des droits LGBT ou LGBT+ qui ne tiennent pas compte des intersexes, pas assez spécifiquement, alimentent des confusions, et ne parviennent spécifiquement pas à résoudre le problème des traitements de «normalisation» inutiles sur les enfants intersexes, en utilisant le terme en majuscule « pinkwashing ». En , l' a revendiqué des déclarations contradictoires des gouvernements australiens, suggérant que la dignité et les droits des personnes LGBT, LGBT+ ou même LGBTI (LGBT et en partie intersexes) sont reconnus alors que cela est contredit par les pratiques mutilantes qui demeurent légalement imposées aux individus mineurs présentant une variation visible des organes génitaux..

En , l'association suisse a décrit les actions visant à promouvoir l'égalité ou la législation sur l'état civil y compris pour les personnes intersexes sans interdire les «mutilations génitales intersexes» comme une forme de « blanchiment ».. L'organisation a précédemment mis en évidence des déclarations gouvernementales évasives aux organes de traités des Nations unies qui confondent les questions intersexuées, transgenres et LGBT, au lieu de s'attaquer aux pratiques néfastes sur les nourrissons..

Intégrité physique et autonomie corporelle droite|vignette|452x452px| Les personnes intersexes sont confrontées à la stigmatisation et à la discrimination dès la naissance. Dans certains pays, en particulier en Afrique et en Asie, cela peut inclure l'infanticide, l'abandon et la stigmatisation des familles. Les mères d'Afrique de l'Est peuvent être accusées de sorcellerie et la naissance d'un enfant intersexué peut être décrite comme une malédiction. Des abandons et des infanticides ont été signalés en Ouganda, Kenya, Asie du Sud, et en Chine. En 2015, il a été signalé qu'un adolescent kényan intersexué, Muhadh Ishmael, avait été mutilé puis est décédé. Il avait précédemment été décrit comme une malédiction pour sa famille..

Des interventions médicales non consenties visant à modifier les caractéristiques sexuelles des personnes intersexuées ont lieu dans tous les pays où les droits humains des personnes intersexes ont été étudiés. Ces interventions ont été critiquées par l'Organisation mondiale de la Santé, d'autres organes des Nations unies tels que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et un nombre croissant d'institutions régionales et nationales. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, le coût des soins de santé peut limiter l'accès aux traitements médicaux nécessaires en même temps que d'autres personnes subissent des interventions médicales coercitives.

Plusieurs droits ont été déclarés affectés par la stigmatisation et les interventions médicales coercitives sur les mineurs :

le droit à la vie. le droit à la vie privée, y compris le droit à l'autonomie personnelle ou à l'autodétermination en matière de traitement médical. interdiction de la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants. un droit à l'intégrité physique et/ou à l'autonomie corporelle... en outre, l'intérêt supérieur de l'enfant peut ne pas être servi par des interventions chirurgicales visant à l'intégration familiale et sociale. La plupart des pays, même libéraux sur les droits LGBT+ en général, ne garantissent pas ou que faiblement en fait et en droit les droits intersexes, ne pénalisant notamment pas les interventions sans justification médicale sur les enfants présentant des variations visibles des caractéristiques sexuelles à la naissance. Ces interventions sont illégales dans sept États, en Amérique du Sud et en Europe : le Chili, l'Uruguay, l'Autriche, la Grèce, Malte, l'Espagne et le Portugal. C'est également le cas en Asie d'après un jugement local au Tamil Nadu (Inde). Ailleurs, notamment dans la plupart des pays de l'Union européenne, dont la France, le droit à l'autodétermination n'est pas garanti. Le débat existe de façon relativement confidentielle sur la situation des personnes intersexes en France notamment, et surtout la possibilité de mettre en place des mesures légales pour protéger leurs droits, en particulier d'interdire les mutilations imposées à des enfants pour conformer leur corps à des normes socio-culturelles liées au genre. La remise en question de la binarité des sexes et genres reste un impensé dans de nombreux pays relativement libéraux, ce qui est en lien avec ses vastes implications, que pourrait ouvrir la meilleure reconnaissance des variations.

Rapports sur les droits de l'homme vignette|L'activiste intersexe Small Luk, de Hong Kong. Ces dernières années, les droits intersexes ont fait l'objet de rapports de plusieurs institutions nationales et internationales. Il s'agit notamment de la Commission nationale consultative suisse d'éthique biomédicale (2012) du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (2013) et du Sénat australien (2013). En 2015, le Conseil de l'Europe, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme et l'Organisation mondiale de la santé ont également abordé la question. En , Malte est devenue le premier pays à interdire les interventions médicales coercitives. La même année, le Conseil de l'Europe est devenu la première institution à déclarer que les personnes intersexes ont le droit de ne pas subir d'interventions d'affirmation sexuelle.

Pour la Journée de la visibilité intersexe, le , des experts des Nations unies, dont le Comité contre la torture, le Comité des droits de l'enfant et le Comité des droits des personnes handicapées, ainsi que le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, la Commission interaméricaine des droits de l'homme et les rapporteurs spéciaux des Nations unies ont appelé à une fin urgente des violations des droits humains des personnes intersexes, y compris dans les milieux médicaux. Les experts ont également demandé l'ouverture d'une enquête sur les allégations de violations de droits humains, la possibilité de déposer des demandes d'indemnisation et la mise en œuvre de mesures anti-discrimination :

En 2017, les organisations non gouvernementales de défense des droits humains Amnesty International.. et Human Rights Watch ... ont publié des rapports importants sur les droits des enfants intersexués.

Cour constitutionnelle de Colombie