D'après le Trésor de la langue française informatisé, la stratégie est un . Son but est d'atteindre le ou les objectifs fixés par la politique (l'idée générale) en utilisant au mieux les moyens à disposition..

Initiée par l'art militaire, la stratégie se décline dans de nombreux domaines d'affrontement ou de compétition tels que les entreprises en management et en marketing,la psychologie (notamment la manipulation mentale ou la séduction), l’économie, la diplomatie, l'écologie, les jeux de stratégie comme les échecs, le go ou le poker

Elle se distingue de la tactique, en ce sens qu'elle concerne des objectifs à moyen ou à long terme tels que la victoire d'une guerre ou une politique diplomatique particulière, alors que la tactique concerne des objectifs à court terme tels que la victoire dans une bataille.

Dans son approche économique, elle est l'ensemble des méthodes qui maximisent dans un univers conflictuel ou concurrentielSinon, il s'agit d'un « plan ». les chances d'atteindre un objectif donné malgré les actions de l'autreVoir : André Beaufre, Carl von Clausewitz, Bruce Henderson, fondateur du BCG, Michael Porter, John von Neumann, Thomas Schelling, etc..

Étymologie et utilisation du mot Le mot stratégie dérive du grec (stratos signifie « armée », ageîn signifie « conduire »).

Le mot « stratégie » et le qualificatif « stratégique » sont parfois appliqués de façon abusive à différents domaines ou notions. Ils sont ainsi souvent utilisés dans des situations où d'autres termes tels que « politique », « idée », « concept », « plan », « alliance » ou « tactique » seraient plus appropriés. L'élaboration d'une action, notamment dans les activités économiques (d'entreprise, commerciales, industrielles, ou financières) ne relève pas systématiquement et forcément d'un niveau de réflexion ou d'une démarche « stratégiques ». Aux échecs, on ne peut minimiser l'importance et le rôle spécifiques de la composante tactique dans la stratégie échiquéenne. Il est également parfois fait état de « stratégies d'apprentissage » (en didactique) ou de « stratégies de communication » alors qu'il serait plus judicieux et plus exact de parler de « méthodes » ou de « techniques » d'apprentissage et de communication.

Parallèle entre les stratégies militaire et d'entreprise Le parallèle entre la stratégie militaire et la stratégie d'entreprise — initié conceptuellement par Carl von Clausewitz dans De la guerre et par Théodule-Armand Ribot dans Essai sur l'imagination créatrice — a été repris de façon méthodique en 1969 par Fernand BoucquerelProfesseur au Centre de perfectionnement aux affaires devenu HEC Executive Education. dans son livre Management. Politique-Stratégie-Technique« Peut-on appliquer les arts politiques et militaires au gouvernement et à la conduite des entreprises, cellules économiques de combat ? », pp. 38-53, et « De la stratégie » et « De la tactique », pp. 142-202..

La transposition est difficile pour plusieurs raisons : La « guerre » entre les entreprises est médiatisée par les consommateurs ou les clients (le marché). Ce sont eux qui, in fine, décident et non pas le sort des armesRaymond Aron, « Le Marketing de combat », Forum IFG, 1980.. La « guerre » entre les entreprises se déroule sur plusieurs niveaux (corporate, business, produit). La guerre terrestre entre belligérants aussi, mais ce ne sont pas les mêmesOperation, FM-105, College of Defence. Les démarches stratégiques d'entreprises ne sont pas toujours concurrentielles (c'est-à-dire qu'elles ne tiennent pas forcément compte des stratégies potentielles futures des concurrents), alors que les démarches stratégiques militaires le sont toujours. MilitaireNiveauNiveau EntrepriseRépartition et déploiement des forces arméesStratégieStratégiePortefeuille géostratégiqued'activitésThéâtre d'opération Campagne ManœuvreArt opératifTactiquegrande tactique Champ de bataille BatailleTactiqueOpérationnelSegment de marchéStratégie produit

Enjeux Stratégie et anticipation Horizons et scénarios L'établissement d'une stratégie exige : d'une part, d'évaluer la probabilité de réalisation des choix susceptibles d'être faits ; d'autre part, d'adopter une règle ou un indicateur de préférence pour classer les résultats escomptés de différents scénarios.

Notions d'importance et d'urgence Les responsables dans les organisations sont toujours confrontés à un certain nombre de tâches à accomplir. Ces tâches sont plus ou moins urgentes ou importantes. Les responsables commenceront toujours par les tâches urgentes et importantes, et délaisseront presque toujours les tâches qui ne sont ni urgentes, ni importantes. Les tâches urgentes et non importantes doivent faire l'objet d'une délégation de pouvoirs. Les tâches importantes et non urgentes sont le domaine de la réflexion stratégique : on n'est pas à une journée près pour s'y attaquer, et il y a toujours de bonnes raisons pour les repousserFrançois Collé, le guide stratégique du responsable d'entreprise, réaffirmer les priorités, faire évoluer le management des hommes, maîtriser les techniques financières, L. du Mesnil éditeur. Stratégie et la théorie des jeux

Dans la théorie des jeux, une stratégie désigne un processus de conduite de la décision. Choix et tactique thumb|right|200px|1855. La charge de la Brigade légère à Balaclava illustrant le niveau tactique. Par héritage de la terminologie militaire (qui fait la différence entre « gagner la guerre », « remporter une campagne » et « gagner une bataille ») et par extension, les termes ont une portée distincte : la stratégie vise un objectif global et à plus long terme (équivalent civil de gagner la « guerre ») ; l'art opératif et les opérations visent à aborder la bataille en position favorable ; la tactique vise un enjeu plus local et limité dans le temps (équivalent civil de gagner une « bataille »). Ainsi, l'art de combiner les moyens et les ressources en fonction des contingences, relève de trois niveaux de responsabilité distincts avec une terminologie différente en stratégie militaire et en stratégie d'entreprise. Stratégie militaire Stratégie d'entreprise Le niveau stratégique (chef d'État et Chef d'état-major des armées) Le niveau stratégique, soit le plus haut niveau de l'organisation (par exemple : conseil d'administration ou direction générale) Le niveau opératif (commandant d'une opération) Le niveau tactique, décliné et porté par l'encadrement supérieur de l'organisation (par exemple : comité de direction) Le niveau tactique (commandants des composantes terrestres, maritimes, aériennes, ...) Le niveau opérationnel, qui est celui de l'entité ou du service local, engagé dans une action particulière (par exemple : atelier de production)

Stratégie, programmation et planification

La stratégie consiste en la définition d'actions cohérentes intervenant selon une logique séquentielle pour réaliser ou pour atteindre un ou des objectifs. Elle se traduit ensuite, au niveau opérationnel en plans d'actions par domaines et par périodes, y compris éventuellement des plans alternatifs utilisables en cas d'évènements changeant fortement la situation.

Le plan est un programme de mise en œuvre d'une stratégie (plan stratégique) ou d'une tactique (budget fonctionnel). Il permet de passer du niveau conceptuel à celui de l'action. Il précise son horizon temporel et est assorti d'un budget.

Le raisonnement stratégique est de nature plus complexe : il intègre les ressources dans les données du problème car le fait de disposer ou non des ressources suffisantes peut conditionner fortement la définition des objectifs. La « bonne » stratégie ne peut évacuer a priori la question des ressources : elle peut conduire en effet à renoncer à des objectifs pressentis comme « irréalistes » ou du moins à les reformuler.

Une réflexion pertinente sur les ressources porte sur les vertus de ce qui existe et sur les moyens d'en tirer parti. Elle consiste en la valorisation et la mobilisation des ressources humaines, la fertilisation des réussites et des innovations, l'optimisation de l'emploi des capacités financières et des moyens matériels, la saisie de toutes les occasions et de toute conjoncture favorable, avec la minimisation des coûts et l'économie des énergies. Quant aux contraintes et aux obstacles, on essaye de les aménager, de les contourner, et mieux encore, de les transformer en ressources.

Domaines d'application

Diplomatie En diplomatie, les termes de plan, de doctrine, de principes, de charte, d'engagement, de protocole ou de sont souvent préférés pour désigner les lignes directrices des relations internationales, dans un domaine donné ou le cadre plus général d'une politique internationale.

Développement durable

La politique économique se réfère au concept de stratégie de développement. Si une telle stratégie veut englober toutes les dimensions de la société civile (exigences des parties prenantes, analyse du contexte de l'entreprise, prise de responsabilité, perception précoce et conscience face aux risques…), elle ne peut se limiter aux aspects strictement économiques de la stratégie, mais doit au contraire intégrer les aspects environnementaux et sociaux dans une vision globale de la gouvernance de type développement durable.

Domaine militaire

Terrain ancien et privilégié de la réflexion et de l'application stratégique.

La stratégie militaire est dans une acception restrictive la . Il est dans une perception moins dévoyée, la combinaison planifiée et anticipée de forces militaires qu'elles soient terrestres, navales et aériennes, de renseignement ou de maîtrise des espaces stratosphériques ou cybernétiques en vue de l'obtention d'un effet tactique propre à soumettre l'adversaire à une volonté. Elle pense donc l'usage de la force militaire.

Management d'entreprise

La stratégie est généralement appréhendée comme la manière dont une organisation investit des ressources pour en obtenir un avantage compétitif et atteindre ses objectifs, en tenant compte des changements attendus dans son environnement. En tant qu'approche globale, cette responsabilité et cette tâche sont attribuées à la direction générale.

Divers auteurs présentent une définition de la stratégie d'entreprise : Pour Alfred Chandler (1960), elle consistait à déterminer les objectifs et les buts fondamentaux à long terme d’une organisation puis à choisir les modes d’action et d’allocation des ressources qui permettront d’atteindre ces buts et objectifs. En d’autres termes, c’est mettre en place les actions et allouer les ressources nécessaires pour atteindre lesdites finalités. Elle comporte de ce fait deux phases à savoir premièrement la fixation d’objectifsA. Chandler, Stratégies et structures de L'entreprise, Paris, Organisation, 1964.. La seconde phase est donc la détermination des ressources et des moyens. Elle est donc un concept qui fait partie du quotidien du manager et qui induit une action permanente. Pour Tregoe & Zimmerman (1980), la stratégie d'une entreprise est ce qu'elle veut être afin de survivre et comment elle va faire pour y arriverBenjamin Tregoe, John Zimmerman, Top Management Strategy. What It Is and How to Make It Work, Simon & Schuster, 1980, .. Henry Mintzberg (1999), quant à lui l'a appréhendée comme un plan, un modèle, une position, une perspective et un stratagèmeMintzberg, The strategy process, Harlow : Pearson Education Limited, 1999.. La stratégie est traduite par les questions suivantes. Que produire ? Comment réaliser cette production ? Avec quels moyens le faire ? A. Derray, A. Lusseault (2001), y voient l’art d'organiser et de coordonner un ensemble d'opérations pour parvenir à un butAnalyse stratégique, éd. Ellipses, mai 2001..