Le monument au Général Storms est un monument commémorant Émile Storms. Il était situé à Bruxelles en Belgique, dans la commune d'Ixelles, avant son retrait le dans le cadre du processus de dé-commémoration qui cherche à décoloniser l'espace public.

Localisation Le monument se dressait à la frontière du quartier africain de Matonge et du quartier européen., dans la partie sud du square de Meeûs, situé dans le quartier Léopold, entre la petite ceinture et le complexe de bâtiments du Parlement européen de l'espace Léopold.

Après démontage, la statue a été confiée au musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren.

Statut patrimonial Le monument fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le Le Monument au Général Storms sur le site de l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.

Historique

Édification Le monument initial a été réalisé en bronze par le sculpteur Marnix D'Haveloose (1885-1973) en 1906Parcs et jardins de la Ville de Bruxelles : squares de Bruxelles.. Il a été dérobé durant la deuxième occupation du territoire et remplacé en 1948 par une copie en marbre à l'initiative de l'Association des Anciens Coloniaux.

Il représente Émile Pierre Joseph Storms, connu comme le « Général Storms » (1846-1918), l'un des Belges chargés par le roi Léopold II de coloniser le Congo au .., surnommé « Bwana Boma » (« Monsieur Forteresse ») lors de son séjour au village de Lubanda Allen F. Roberts, A Dance of Assassins: Performing Early Colonial Hegemony in the Congo, Indiana University Press, 2013, ..

Sur son socle est gravée la mention .

Contexte historique

Exactions du traficant d'esclaves Lusinga Dans les années 1870 et 1880, des territoires de l'est du Congo sont l'objet des exactions de Lusinga lwa Ng'ombe, un chef actif dans le commerce d'esclaves et décrit par l'explorateur écossais Joseph Thomson comme un qui n'hésite pas à décapiter ses ennemis (comme le chef Ukala), à faire empaler leur tête et à raser leurs villages (comme ceux du chef Manda) Donald Crummey, Banditry, Rebellion and Social Protest in Africa, éditeur James Currey, 1986, ..

Dans les années 1870, Lusinga s'installe dans les montagnes à l'ouest de Mpala : , selon les mots de Joseph Thomson durant sa visite dans la région en .

Quatrième expédition de l'Association internationale africaine Les exactions de Lusinga servent de prétexte à l'intervention de Storms qui, en , monte une expédition punitive dont le but était de réduire les positions tenues par Lusinga dans la montagne. Selon Allen F. Roberts, , qui avait bien sûr d'autres motivations.

En effet, Storms commande : .

Durant son expédition punitive contre Lusinga, Storms fait 60 morts et 125 prisonniers, décapite le chef Lusinga et note dans son journal à la date du : « J'ai pris la tête de Lusinga pour la mettre dans ma collection. ». Un an plus tôt, Storms écrivait à son supérieur : « Au Marungu, j'ai eu une petite difficulté avec le fameux Lusinga. Le fond de l'affaire est que je lui ai refusé de la poudre. Il a dit qu'il couperait la tête au premier homme de ma station qu'il rencontrerait. S'il a le malheur de mettre son projet à exécution, la sienne, pourrait bien, un jour arriver à Bruxelles avec une étiquette, elle ferait fort bonne figure au musée. ».

À son retour en Europe, Storms confie le crâne à l'anthropologue racialiste Émile Houzé, qui écrit un traité sur le sujet dans lequel il affirme y avoir vu la « dégénérescence »..

Controverse au

Remous en 2018 En , le magazine Paris Match rappelle que ce crâne repose toujours dans une boîte à l'Institut royal des sciences naturelles à Bruxelles, ainsi que celui de deux autres chefs insoumis, dont l'un a toutefois disparu des collections.

Dès son arrivée à la maison communale d'Ixelles à la fin de l'année 2018, le bourgmestre écologiste Christos Doulkeridis travaille sur le dossier Storms, dont le buste se dresse au milieu du square de Meeûs : .

Prises de position des autorités et vandalisme militant en 2020 Dans la foulée des manifestations contre le racisme et les violences policières qui font suite à la mort de George Floyd, tué par la police le à Minneapolis aux États-Unis, Doulkeridis répète son intention de procéder à l'enlèvement de la statue à la fin du mois de ainsi que le , date du soixantième anniversaire de l'indépendance du Congo.

Le , la télévision belge annonce un accord de principe pour déplacer la statue de Storms vers le musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren.

Mais le directeur du Musée Gido Gryssels apporte quelques précisions : .

Le , le buste du général Storms est aspergé de peinture rouge...

Retrait par la commune en 2022 En , la commune d'Ixelles introduit une demande de permis d'urbanisme en vue de retirer le buste du square de Meeus mais, le square étant un site classé, une décision de la Commission royale des monuments et sites est nécessaire..

Le monument est retiré le par la commune sans permis d'urbanisme..., et mis en dépôt par la commune en attendant de connaître le musée qui va la récupérer.. Selon Aliou Baldé du collectif Mémoire coloniale : .

Le permis est toutefois accordé ultérieurement dans une décision qui mentionne ..

Articles connexes Émile Pierre Joseph Storms Décolonisation de l'espace public Dé-commémoration Monument au Général Thys

Liens externes Le Monument au Général Storms sur le site de l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale

Références

Catégorie:Patrimoine du XXe siècle Catégorie:Œuvre d'art à Ixelles Catégorie:Œuvre vandalisée