vignette|Mémorial du wagon de la Déportation, gare de Compiègne.

SNCF et la Shoah est le sujet des relations entre la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et les déportations des Juifs de France. S'il y a eu de la résistance par les cheminots français, il n'y a pas eu de tentative de sabotage des convois de la déportation des Juifs de France. Le débat sur la question a impliqué aux États-Unis des conséquences économiques éventuelles.

Histoire

Dès la signature de l'armistice franco-allemand du , en application de l' de la convention d'armisticeTexte de la convention d'armistice - Université de Perpignan, les chemins de fer de la zone occupée (soit les deux tiers du réseau de la SNCF) et le sont mis à la disposition de l'occupant, qui fixe les priorités (ce sera de même pour les routes et voies navigables). En , Goeritz, le colonel commandant de la WVD, adresse une lettre au directeur général de la SNCF rappelant, entre autres, que :

Dès l'été , l'occupant allemand effectue des prélèvements de matériel, le premier ordre portant sur et .

Après la rafle du Vel' d'Hiv le , les Juifs arrêtés sont déportés par les autorités françaises dans des trains de la SNCF vers les camps de Drancy, Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. Il en est de même après la rafle de Marseille des et le transport à partir de la gare d'Arenc de vers le camp de Royallieu à Compiègne le , de à Sobibor et au camp de Sachsenhausen..

Le , un conducteur de locomotive, Léon Bronchart, a refusé de conduire un train de Juifs vers la déportation, c'est le seul cas connu. Des trains de déportés sont partis vers la frontière allemande jusqu'en . Au total, environ , et . ont été envoyés de France vers les camps de la mort..

La Moselle et l'Alsace sont annexées de fait par l'Allemagne à l'été . Le réseau Alsace-Lorraine est donc rattaché à la à partir du . Pour le reste de la France occupée, l'organisationLa Lettre de la Fondation de la Résistance numéro spécial : Les Cheminots dans la Résistance. mise en place laisse toutefois la responsabilité de l'exploitation et du fonctionnement à la SNCF sous la surveillance d'un organisme militaire allemand, le WVD () direction des transports de la , dont le siège est à Paris (sauf pour une partie des réseaux Nord et Est dépendant du WVD de Bruxelles).

En , le WVD devient une autorité civile sous le nom de HVD (), directions principales, divisées en cinq directions régionales (EDB) : Paris-Nord, Paris-Sud, Paris-Ouest, Paris-Est, Bordeaux.

La WVD de Bruxelles contrôle le réseau ferré de la zone du Nord-Est, interdite au retour des réfugiés jusqu'en . Cette « zone interdite » divisée en deux EDB (Lille et Nancy) inclut deux départements dont l'administration tout entière est rattachée au commandement militaire de Bruxelles : le Nord et le Pas-de-Calais. Dans ces régions occupées, le contrôle allemand sur la SNCF est défini par les articles 13 et 15 de la convention d'armistice. Il consiste à faire surveiller par des cheminots allemands l'exploitation du réseau que les agents français continuent à assurer et, en particulier, à faire respecter la priorité absolue donnée à tous les transports demandés par l'occupant.

En zone libre, la surveillance allemande n'existe pas avant l'invasion du , ce qui n'empêche pas le trafic d'être largement affecté par les priorités allemandes à satisfaire.

: Procès pour complicité de crime contre l'humanité vignette|Georges Lipietz à l'époque du procès.

En après la condamnation de l'ancien ministre Maurice Papon, les frères Lipietz, Georges Lipietz (père d'Alain Lipietz) et Guy S. (Guy est le demi-frère de Georges et ne souhaite pas que son nom soit révélé) décident d'attaquer l'État et la SNCF pour complicité de crime contre l'humanité envers la moitié des déportés de France. En le procès, poursuivi par la famille Lipietz après le décès de Georges, arrive en audience. L'État français et la SNCF sont condamnés en première instance le ... , a remarqué Alain Lipietz. Le tribunal ne s'est pas prononcé sur la complicité de crime contre l'humanité..

La SNCF facturait le transport des Juifs, tziganes et homosexuels en wagons couverts au tarif de troisième classe. et d'après Bitton, un des avocats représentant deux cents familles juives françaises, israéliennes, belges, américaines et canadiennes, la direction de la SNCF a aggravé les conditions de transport des Juifs :

La SNCF a fait appel de cette décision. La position de l'entreprise, exprimée par son président, Louis Gallois, dans la presse est que la SNCF a agi sous la contrainte car elle a été réquisitionnée et mise à la disposition des nazis aux termes de la convention d'armistice. Il précise que . Il rappelle que depuis , la SNCF a mis ses archives à la disposition des chercheurs, notamment de l'institut d'histoire du temps présent du CNRS. La SNCF a en effet commandé un rapport au CNRS sur ses activités sous l'Occupation.. Selon son président, Louis Gallois, le devoir de mémoire ne doit pas être un devoir de repentance pour des actions pilotées et commanditées par l'armée d'occupation allemande.. Nombre d'historiens ont condamné cette initiative, affirmant, dans la même veine que Gallois, qu'il ne faut pas confondre « devoir de mémoire » et judiciarisation de l'histoire.. Alain Lipietz s'est défendu des accusations portées contre lui, en affirmant :

: Demande de compte aux États-Unis Une plainte en action collective a été déposée pour des raisons similaires contre la SNCF en aux États-Unis, où elle a été défendue par Arno Klarsfeld. Les ont été déboutés de leur requête par le juge, qui a estimé que la SNCF, du fait de son statut de monopole d'État, bénéficiait de l'immunité réservée aux États étrangers, selon une loi de .. En , une cour d'appel de New York a cassé ce jugement, ouvrant ainsi la voie à un possible procès.

Toujours pour les mêmes raisons, des élus de l'État de Californie, suivi d'élus de l'État de Floride, demandent la mise à l'écart de la SNCF des appels d'offres pour leur équipement en ligne à grande vitesse, élargissant dans le temps et l'espace la sanction morale contre la complicité de génocide. Le Président de la SNCF, Guillaume Pepy s'est alors rendu en personne aux États-Unis pour exprimer des regrets au nom de l'entreprise française..

En la SNCF annonce qu'elle a déposé une copie de la totalité de ses archives numérisées pour la période au mémorial de la Shoah à Paris, au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem et à l' (USHMM) – Musée du Mémorial de l'Holocauste des États-Unis –, afin de , et ainsi ..

Le débat Sarah Federman, professeur assistante à l'université de Baltimore se spécialise sur les relations entre la SNCF et la Shoah. Elle fait le point en sur la question. Elle explique que la SNCF continue d'être dans l'actualité pour 4 raisons : 1) sa force, 2) son abstraction 3) elle représente la nature du crime, et 4) l'opposition qui met l'accent sur son caractère de perpétrateur.

Notes et références

Annexes Bibliographie . .

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Articles connexes Histoire de la SNCF Jean Bichelonne Alain Lipietz Georges Lipietz Convois de déportation au départ de la gare de Compiègne Léon Bronchart, Cheminot, il est le seul conducteur connu de la SNCF ayant refusé de conduire un train de prisonniers - transfert depuis la prison de Eysses - pendant la Seconde Guerre mondiale. Déporté en 1943 pour ses activités de résistance au camp de Dora, il a reçu en 1994 le titre de Juste parmi les nations par le Mémorial de Yad Vashem. Collaboration en France Convois de la déportation des Juifs de France Les Convois de la honte Résistance intérieure française Henri Lang (1895-1942), ingénieur polytechnicien français, directeur à la SNCF et enseignant à l'École des Ponts, avant d'être destitué puis arrêté et déporté. Il meurt à Auschwitz. Rafle du 11 septembre 1942, événement unique en Europe va se produire. Des cheminots de la SNCF - au nombre de 24 - vont décider spontanément d'aider des dizaines de personnes, principalement des enfants, en leur donnant la main et en les entraînant vers l'extérieur.

Liens externes

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