Les patrouilleurs hauturiers, ou PH (anciennement patrouilleurs océaniques ou PO), sont un programme de patrouilleurs de la Marine nationale, qui seront basés sur les trois façades maritimes métropolitaines de la France. Ils remplaceront les Patrouilleurs de Haute-Mer (PHM) arrivés en fin de vie, avec toutefois un tonnage et des capacités étendues. Les sept premiers exemplaires ont été commandés fin 2023 et doivent être livrés à la Marine entre 2027 et 2030, conformément à la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. Il était prévu de livrer les trois derniers exemplaires à l’horizon 2035, mais la cible de dix navires est ramenée à neuf avec toutefois un calendrier accéléré, la neuvième unité devant être livrée en . La Marine souhaitait que les derniers exemplaires soient livrés dans la foulée afin de remplir ses missions, particulièrement dans le domaine ASM, quitte à décaler le renouvellement des frégates de surveillance de la classe Floréal.
Historique Genèse Les travaux liés au programme BATSIMAR et à la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017 ont établi que la protection des approches maritimes et des intérêts en mer des départements, régions et collectivités d'outre-mer nécessitaient des moyens aptes à s'opposer aux actions terroristes et aux menaces d'incursion. Ils ont défini deux familles de navires de patrouille : les patrouilleurs hauturiers (PH) et les patrouilleurs outre-mer (POM). Les patrouilleurs hauturiers sont appelés à remplacer les patrouilleurs de la classe d'Estienne d'Orves, ex-avisos A69, basés en Métropole, dont huit auront été désarmés sur les neuf lorsque le premier PH entrera en flotte d'ici .
Développement Après le lancement du programme de patrouilleur outre-mer en aout 2018, le programme de patrouilleur hauturier est annoncé le par le ministère des Armées, à l'issue du Comité ministériel d’investissement du . Les patrouilleurs hauturiers auront pour missions le soutien à la dissuasion, la présence dans les zones de souveraineté et d’intérêt économique, l'évacuation, la protection, l'escorte et l'intervention dans le cadre de l’action de l’État en mer. La Marine nationale obtient en 2021 que ces navires soient dotés d'une capacité militaire un peu plus étendue qu'envisagée au départ, ce qui nécessite une extension de budget.
Le , la Direction générale de l'Armement (DGA) notifie à Naval Group le contrat de conception détaillée des navires.
Commande La DGA commande le une première tranche de sept patrouilleurs hauturiers, livrables de 2027 à 2030. Cette commande fait l’objet de trois marchés, pour un montant total d'environ d’euros (non détaillé par la DGA) : La construction sera réalisée par le groupement momentané d’entreprises composé de CMN, Piriou et Socarenam. L'assistance à la maitrise d’ouvrage et la réalisation du système de combat ont été attribuées à Naval Group. Thalès équipera les navires de la dernière génération d’équipements de surveillance maritime (sonar de coque Bluewatcher, radar de surveillance compact multimission, et IFF - système d’identification ami-ennemi).
Construction Ce programme voit l'alliance inédite de trois chantiers français habituellement concurrents : Piriou à Concarneau, CMN à Cherbourg, et Socarenam basé à Calais, Saint-Malo et Boulogne-sur-Mer. Ils construiront sous une direction commune les sept unités à partir de 2024 avec le soutien de l'architecte industriel Naval Group.
La mise sur cale du premier bloc du premier exemplaire a eu lieu le au chantier naval Piriou à Concarneau. Il est mis à l'eau le .
Caractéristiques Ces navires seront longs de et présenteront un tonnage en ordre de combat d'environ . Ils auront une distance franchissable de (11 100 km) et pourront accueillir à bord (équipage plus passagers). Avec leurs deux niches de ils pourront embarquer deux semi-rigides comme les EDO NG et ETRACO NG de la Marine. Le hangar arrière permet de loger un hélicoptère Guépard Marine de ou un hélidrone de type VSR700 ou Aliaca et la plage arrière est dimensionnée pour accueillir un hélicoptère de classe type NH90.
Les patrouilleurs seront équipés d'un lanceur double téléopéré SIMBAD-RC pour missiles MISTRAL antiaériens (portée 8 km), mais aussi capables d'intercepter une embarcation rapide, d'un système d'armes pour combat rapproché RapidFire Naval, conçu par Nexter et Thales autour de son canon à munition télescopée de calibre 40 CTC, muni d’un système de conduite de tir optronique, d’une portée de , et d’une cadence de tir de .
En matière de surveillances, ils seront équipés pour la veille surface et aérienne du radar tridimensionnel multifonction NS50 de Thales et dans le domaine sous-marin du sonar de coque Bluewatcher de Thales lui aussi dans le cadre de leur mission de soutien à la dissuasion nucléaire.
Utilisateur Marine nationale Neuf patrouilleurs sont prévus pour équiper la Marine nationale, dont sept sont livrables entre et , et deux supplémentaires qui doivent faire l'objet d'une nouvelle commande seront livrables en et . La cible initialement consitutée de dix navires est ramenée à neuf compensant ainsi nombre pour nombre les anciens PHM. La récupération du patrouilleur côtier de nouvelle génération initialement prévu pour la Gendarmerie maritime le Beuzeval basé à Cherbourg permet toutefois de maintenir le format à dix patrouilleurs sur les façades métropolitaines.
Dans la continuité des patrouilleurs outre-mer qui portent les noms de compagnons de la Libération ultramarins, les futurs patrouilleurs hauturiers porteront le nom de personnes s'étant illustrées lors de la Seconde Guerre mondiale contre l'occupation allemande, sauf un qui portera le nom de l'île de Sein, commune française la plus décorée au titre de cette guerre (compagnon de la Libération, croix de guerre 1939-1945, et médaille de la Résistance). Trois de ces noms ont déjà été ceux d'avisos de type A69 que les patrouilleurs vont remplacer mais les autres sont nouveaux. Sont ainsi honorés l'amiral et résistant Trolley de Prévaux et le 1er maître fusilier marin Yves Nonen, tous deux compagnons de la Libération, les résistantes Émilienne Moreau, compagnon de la Libération, Andrée Borrel et Jeanne Bohec et l'enseigne de vaisseau et infirmière Jacqueline Carsignol. C'est la première fois, en dehors de celui de Jeanne d'Arc, que des navires de combat de la Marine nationale porteront le nom d'une femme.
indicatif visuel Nom Chantier Première découpe Mise sur cale Mise à l'eau Essais en mer Livraison Service actif Base navale P...Trolley de PrévauxPiriou20 mai 2024mai 20255 février 20262027Brest P...D’Estienne d’Orves CMNfévrier 202520262028Brest P...Jeanne BohecSocarenamjuin 202520262028Brest P...Premier maître Yves Nonenfin 20252029Toulon P...Commandant Ducuing20262029Toulon P...Quartier-maître Anquetil20262030Cherbourg P...Émilienne Moreau2030Cherbourg P...Jacqueline Carsignol2031Cherbourg P...Île de Sein2032Brest
Notes et références
Annexes Articles connexes Liste des patrouilleurs français Liste des navires de la Marine nationale (France)
Liens externes
Catégorie:Classe de patrouilleur de la Marine française