Amira Bouraoui, (en ), née entre 1976 et 1977 à Annaba., est une ancienne gynécologue, devenue journaliste et militante politique franco-algérienne.

En 2014, elle anime en Algérie le mouvement Barakat (« Ça suffit !» ) d'opposition à un quatrième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Elle est ensuite une figure du mouvement Hirak, et est brièvement emprisonnée en 2020, avant de faire l'objet d'une libération provisoire. À partir de , elle anime sur Radio M l'émission hebdomadaire Café presse politique (CPP). En 2023, sous le coup d'une condamnation en Algérie, elle fuit le pays en se rendant illégalement en Tunisie, puis, avec l'aide des autorités françaises et des organisations Amnesty International et Human Rights Watch, en France.

Biographie Elle est la fille d’un haut gradé de l’armée algérienne, un colonel (également médecin cardiologue). Quant à elle, elle devient une gynécologue, travaillant pour l'hôpital public.

Ayant été mariée un temps à un franco-algérien., elle obtient ainsi la nationalité française en 2008..

En 2011, elle participe aux manifestations réclamant le changement de système, et se fait arrêter à plusieurs reprises. Elle se fait encore davantage connaître en 2014, en étant une des principales animatrices du mouvement Barakat (« ça suffit ! »), qui mobilise l'opinion algérienne contre un quatrième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. affirme-t-elle, et de préciser :.

Elle dit connaître tous les commissariats d'Alger, à la suite des différentes interpellations dont elle a fait l'objet. Pour le quotidien algérien Liberté, elle personnifie l’engagement pour les libertés et contre Bouteflika. Participant à nouveau au mouvement Hirak en 2019 et 2020, elle est arrêtée en par le nouveau pouvoir algérien et placée en garde à vue. Elle est condamnée pour « offense à l’islam », « offense » au président de la République Abdelmadjid Tebboune et « incitation à violer le confinement » en « exposant directement la vie d’autrui ou son intégrité physique à un danger » pendant la crise sanitaire. Elle est également accusée de « publication [sur les réseaux sociaux] pouvant porter atteinte à l’unité nationale » et d’« informations ou nouvelles, fausses ou calomnieuses, susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public ». Sa condamnation à un an de prison ferme et son emprisonnement suscitent une vive émotion. Elle est incarcérée dans la prison de Koléa.. Elle est finalement mise en liberté provisoire dans l’attente d’un nouveau jugement, prévu le . Le , elle est condamnée à trois ans de prison pour Atteinte au prophète de l’islam en Algérie: Une activiste politique condamnée à 3 ans de prison, site observalgerie.com, 10 novembre 2020.. En appel, elle est condamnée le à deux ans de prison pour , , et , puis, le même jour, elle est condamnée à deux ans de prison pour Amira Bouraoui condamnée à la prison ferme et une forte amende, site tsa-algerie.com, 4 mai 2021.. Non accompagnée d'un mandat de dépôt, cette condamnation établit que la peine doit être purgée à partir de ..

Depuis , elle anime une émission politique hebdomadaire, « Le Café presse politique » (ou CPP), diffusée sur un média privé, Radio M.

Sous le coup d'une interdiction de sortie du territoire national (ISTN), elle se réfugie début en Tunisie. Munie de son passeport français, elle est interpellée pour entrée illégale sur le territoire tunisien, alors qu'elle tente de prendre un vol pour la France. Elle est placée en garde à vue par la police de l’air et des frontières tunisienne, puis libérée sous conditions par une magistrate tunisienne qui fixe une audience pour le et arrêtée de nouveau par deux agents de la police judiciaire tunisienne qui la présentent à la direction générale des frontières et des étrangers en vue de l'extrader vers l'Algérie.. Bénéficiant de la nationalité française, elle obtient la protection du consulat général de France à Tunis, qui lui permet de rejoindre la France : elle arrive à Lyon dans la nuit du 6 au . Alger dénonce une « exfiltration clandestine et illégale d’une ressortissante algérienne » et rappelle son ambassadeur en France. L'enquête menée par les gendarmes algériens n'a toutefois pas établi de rôle joué par la France. Le ministre de la Communication algérien, Mohamed Bouslimani, affirme qu'elle n'est pas journalistePrésenter la dénommée Amira Bouraoui comme "journaliste" est une fausse allégation, site aps.dz, 8 février 2023.. La presse algérienne se déchaîne, dénonçant une opération « barbouzarde », certains titres avançant que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) aurait pu jouer un rôle dans cette « exfiltration »..

Le au soir, sa mère, sa sœur l'influenceuse Wafa Bouraoui et un cousin sont arrêtésLa mère et la sœur de la militante Amira Bouraoui arrêtées en Algérie, site lemonde.fr, 13 février 2023.. La sœur d'Amira Bouraoui est relâchée dès le lendemain matin mais Khadidja Bouraoui, la mère, est transférée à Annaba où elle doit être présentée devant un procureur. Le cousin est aussi gardé en détention.

Le , elle est condamnée en Tunisie à trois mois de prison pour entrée illégale dans le pays..

En , l’Algérie, agissant en rétorsion à l’affaire Amira Bouraoui, décide de ne plus délivrer aucun laissez-passer consulaire à la France, documents qui sont indispensables à l’expulsion de « clandestins indésirables », ce qui provoque de vives tensions entre les deux pays.

En , le tribunal de Constantine la condamne par contumace à une peine de dix ans de prison, pour « usurpation d'identité et sortie clandestine du territoire ». Cette peine est conforme à la réquisition du parquet.. Sa mère, son cousin et deux autres personnes ont été condamnées dans ce dossier pour complicité et « trafic illicite de migrants ».

Références

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