L' (en occitan : alèa de Brienne) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description L'allée de Brienne est une voie publique. Elle borde au nord le quartier des Amidonniers. Elle longe au sud sur toute longueur, de 1540 mètres, le canal de Brienne – comme l'allée de Barcelone, qui le longe au nord.
Elle correspond à une partie de l'ancienne route départementale 7Salies 1989, , ., classée en 1813 entre Lectoure et Toulouse. En 1938, elle devient la route départementale 1 qui va de Séguenville à Toulouse, et de là à Revel. En 2017, la partie de la route sur le territoire de Toulouse Métropole lui est transférée et elle devient la route métropolitaine 1.
La chaussée compte une voie de circulation en sens unique, du port de l'Embouchure vers le quai Saint-Pierre. Entre le port de l'Embouchure et l'avenue Paul-Séjourné, elle est longée par une voie de circulation réservée aux transports en commun et une bande cyclable. Une contre-allée, continue jusqu'à la rue Edmond-de-Planet, est dévolue au stationnement automobile. Elle est considérée comme une zone 30 où la circulation est limitée à 30 km/h, et mise en double-sens cyclable.
Enfin, entre la rue de l'Abreuvoir-Saint-Pierre et le quai Saint-Pierre, la chaussée compte une seule voie de circulation en sens unique, toujours longée par une bande cyclable. Elle est par ailleurs définie comme une zone de rencontre et la circulation est limitée à 20 km/h.
Voies rencontrées L'allée de Brienne rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Quai Saint-Pierre Rue de l'Abreuvoir-Saint-Pierre (g) Pont de Brienne (d) Avenue Paul-Séjourné (g) Pont Paul-Séjourné (d) Rue Maurice-Fort (g) Rue de Plaisance (g) Rue Edmond-de-Planet (g) Rue Chateaubriand (g) Rue Émile-Duployé (g) Rue Saint-Bruno (g) Rue Loménie-de-Brienne (g) Rue Averseng-Delorme (g) Rue Auguste-Granier (g) Rue Jean-Baptiste-Pigalle (g) Avenue Édouard-Debat-Ponsan (g) Avenue Octave-Léry (g) Port de l'Embouchure
Transports vignette|gauche|La station VélôToulouse . L'allée de Brienne est parcourue et desservie dans sa première partie, entre le quai Saint-Pierre et la rue de l'Abreuvoir-Saint-Pierre, par la navette . Au carrefour de l'avenue Paul-Séjourné se trouvent les arrêts des lignes de Linéo et de bus . Le reste de l'allée de Brienne, jusqu'au port de l'Embouchure, est parcouru et desservi par les lignes de Linéo et de bus .
Plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse se trouvent sur l'allée de Brienne ou dans les rues voisines : les stations (1 avenue Paul-Séjourné), (2 avenue Paul-Séjourné), (19 ter allée de Brienne), (2 boulevard du Maréchal-Leclerc), (23 rue du Béarnais), (99 allée de Brienne) et (129 allée de Brienne).
Odonymie vignette|gauche|Le cardinal Loménie de Brienne, vers 1770 (école française, Institut de France). L'allée de Brienne est nommée d'après Étienne-Charles Loménie de Brienne (1727-1794). Figure du prélat d'Ancien Régime, gagné par les idées des Lumières, il fut archevêque de Toulouse de 1762 à 1788 et vice-président des États de Languedoc. Il appuya l'achèvement des travaux engagés par son prédécesseur, Arthur Dillon : creusement du canal de Brienne entre 1765 et 1776, construction des quais le long de la Garonne (actuels quais de la Daurade, Lucien-Lombard et Saint-Pierre) entre 1766 et 1780Salies 1989, vol. 1, .. Plusieurs voies de Toulouse ont par ailleurs porté le nom de Brienne : la rue Loménie-de-Brienne, rue perpendiculaire à l'allée de Brienne et nommée en 1866, le quai de Brienne, aménagé en 1780, qui a pris le nom de Lucien-Lombard en 1947, ou encore la place de Brienne (ou Loménie-de-Brienne), devenue Saint-Cyprien en 1931Salies 1989, vol. 1, ..
Lorsque le canal de Brienne fut aménagé, les allées qui le bordaient prirent naturellement le nom d'allées du Canal-de-Brienne qui devint, plus simplement allées de Brienne. En 1907, l'allée du côté nord prit le nom de Barcelone, en souvenir de la visite du maire de cette ville, , le – le pont des Amidonniers étant, dans le même temps, baptisé pont des CatalansSalies 1989, vol. 1, . – et seule l'allée du côté sud conserva celui de Brienne.
Histoire Moyen Âge
Période moderne Au milieu du , les projets urbains se multiplient dans les villes européennes. Ces projets ont pour objectif de favoriser le commerce – par l'aménagement de nouvelles routes, de nouveaux canaux –, d'embellir la ville – par la construction de bâtiments prestigieux, dans le goût néo-classique –, et de l'assainir. En 1762, les États du Languedoc se préoccupent de l'état du Pont-Neuf et proposent de le consolider par la construction d'un quai entre le pont et le port de la Daurade – l'actuel quai de la Daurade. Le chantier, confié à Joseph-Marie de Saget, ingénieur de la sénéchaussée de Toulouse depuis 1752, commence en 1764. Rapidement, le projet prend une nouvelle ampleur et on décide de prolonger les quais jusqu'au Bazacle – les actuels quais Lucien-Lombard et Saint-Pierre –, de creuser un nouveau canal pour relier le canal du Midi au cœur de la ville, en amont de la chaussée du Bazacle – le canal de Brienne –, et d'aménager deux nouveaux ports – le port Saint-Pierre et le port de la Daurade.
Les travaux du canal de Brienne commencent donc en 1765, sous la direction de Joseph-Marie de Saget. Il est relié au canal du Midi et au port de l'Embouchure, à l'ouest, par l'écluse de l'Embouchure, et à la Garonne et au port Saint-Pierre, à l'est, par l'écluse Saint-Pierre. Joseph-Marie de Saget s'occupe également de la construction du quai Saint-Pierre et des maisons qui bordent le canal du côté du Bazacle pour abriter les services des fermes générales (actuel ) et de l'écluse Saint-Pierre (actuels ). Elles forment un ensemble monumental et homogène avec plusieurs maisons, le long du canal, habitées par divers particuliers, généralement des pariers des moulins du Bazacle (actuels à ). Le canal est finalement inauguré le Salies 1989, vol. 1, ..
Époque contemporaine vignette|Le canal de Brienne et les allées, vus de l'écluse des Ponts-Jumeaux, en 1915 (carte postale). En 1898, on construit des arènes en bois de (emplacement de l'actuel ), pour remplacer les arènes qui se trouvaient au quartier du Busca, rue Georges-Picot. On y donne aussi des courses de taureaux : 600 taureaux y auraient été tués entre 1898 et 1914. Elles accueillent également divers spectacles, comme les fêtes des Jeux floraux en 1898, des pièces de théâtre ou des opéras – Guillaume Tell en 1906, les Huguenots de Giacomo Meyerbeer en 1908. La dernière corrida, où officie le jeune torero madrilène Gabriel Hernández y García, « el Posadero », a lieu le et les arènes sont détruites après la Première Guerre mondiale, remplacées par des arènes en maçonnerie de brique, inaugurées en 1921, mais abandonnées rapidement à cause de la mauvaise construction et démolies en 1925Salies 1989, vol. 1, ..
Plusieurs rues sont tracées entre l'allée de Brienne et la rue des Amidonniers : la rue Saint-BrunoSalies 1989, vol. 2, ., la rue Sainte-Thérèse en 1878Salies 1989, vol. 2, .. Progressivement, le quartier se peuple et, dans ce quartier qui reste industriel, plusieurs maisons bourgeoises sont élevées le long de l'allée de Brienne, profitant de la promenade qu'elle forme le long du canal de Brienne. Les propriétaires font ainsi appel à des architectes toulousains réputés, tels Marius Pujol (actuels et 127), Étienne Gogé et les frères Pierre et Antoine Thuriès (actuels et 121).
Dans le contexte des Trente Glorieuses, les municipalités de Louis Bazerque et de Raymond Badiou lancent de vastes programmes de modernisation de la ville qui se caractérisent particulièrement, dans l'architecture, par la construction d'immeubles de grande hauteur. Le long de l'allée de Brienne sont ainsi construits plusieurs immeubles dont le style moderne et la hauteur tranchent avec les maisons voisines, telles la résidence des Églantines en 1968 (actuel )Salies 1989, vol. 1, . et la résidence Saint-Bruno (actuel ).
C'est en que la production cesse définitivement à la manufacture des tabacs, pour être déplacée dans la nouvelle usine construite dans la zone industrielle d'En Jacca, à ColomiersSalies 1989, vol. 2, ..
Patrimoine et lieux d'intérêt Canal de Brienne .
3-5 : maison éclusière de Saint-Pierre. Une maison éclusière, située sur la rive gauche du canal de Brienne, est construite vers 1776-1777 sur les plans de l'architecte Joseph-Marie de Saget, pour loger l'éclusier, chargé de garder l'écluse Saint-Pierre, et le garde chargé de la police du canal. Le bâtiment, de style néo-classique, est d'une grande simplicité. Les travées sont séparées par des pilastres qui embrassent les deux niveaux – rez-de-chaussée et entresol – et soutiennent un entablement. Les ouvertures des portes et des fenêtres, largement modifiées aux siècles suivants, sont rectangulaires..
133-135 : bassins des filtres du canal latéral à la Garonne. Les bassins des filtres sont aménagés en 1842 lors de la construction du canal latéral à la Garonne. Le canal étant alimenté par les eaux de la Garonne grâce à une prise au niveau du canal de Brienne, les bassins permettent d'éviter que les alluvions et les limons du fleuve ne viennent l'engraver. L'eau est introduite dans le premier bassin de décantation, qui s'étend entre l'allée de Brienne et la rue des Amidonniers, fermé par un barrage dont les portes métalliques sont manœuvrées par des crémaillères de la Société alsacienne de constructions mécaniques, à Graffenstaden, pour retenir les eaux chargées de sédiments ou faire passer les eaux claires dans le second bassin. Au bout de ce dernier, un aqueduc passant en souterrain sous le port de l'Embouchure conduit l'eau directement dans le canal latéral à la Garonne. Les bassins des filtres ont les bords maçonnés en brique avec une margelle en pierre de taille..
135 : maison éclusière des Ponts-Jumeaux. Une maison éclusière est construite, probablement en 1842, pour loger l'éclusier, chargé de la maintenance de l'écluse des Ponts-Jumeaux. Le bâtiment abritait également les bureaux de l'administration gérant le canal latéral de la Garonne. Il se développe sur un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de combles. La maçonnerie alterne les assises de brique et de galets. Les élévations latérales sont couronnées par un fronton percé d'un demi oculus qui permet l'aération du comble..
Manufacture des tabacs vignette| : la manufacture des tabacs vue de l'allée de Barcelone. vignette| : la cour intérieure. 21 : Manufacture des tabacs ; université Toulouse-I-Capitole. .. En 1821, l'administration des Tabacs achète la filature de coton de François-Bernard Boyer-Fonfrède, aménagée pour sa nouvelle fonction par l'architecte Rivet. L'usine est progressivement agrandie, par l'achat de deux terrains en 1842, puis la construction d'un nouveau bâtiment en bord de canal, entre 1859 et 1863. À l'exception de ce dernier, les anciens bâtiments sont détruits, tandis qu'une nouvelle manufacture est édifiée entre 1888 et 1893. Au début du , plusieurs bâtiments sont ajoutés, tels un réfectoire en 1903 et une cheminée pour les torréfacteurs en 1906. L'usine arrête son activité en 1979, ne conservant plus qu'une activité administrative avant de fermer définitivement en 1987. La ville de Toulouse cède les bâtiments au ministère des universités qui les affecte à l'université Toulouse-I. Les travaux de restauration et d'aménagement sont entrepris sous la direction de l'architecte Gabriel Hyöm de Marien..