est un film japonais réalisé par Mikio Naruse, sorti en 1937.
Synopsis Hiroko est vendeuse dans une librairie et vit avec sa mère, veuve, et son jeune frère Masao. Elle accepte un mariage arrangé, le futur mari Shin’ichi semble être une bonne personne et sa famille est aisée. Après le mariage, Hiroko quitte son travail et s’installe auprès de son mari dans la maison de ses beaux-parents où vivent également le petit frère de Shin’ichi et Michiko, l’une de ses deux sœurs.
Cependant, elle ne pas tarde pas à déchanter, elle est traitée comme une domestique par toute sa belle famille : elle est cuisinière, femme de chambre, standardiste, fait les courses, aide son jeune beau-frère à faire ses devoirs, masse son beau-père. Son mari ne s'intéresse pas à elle, il rentre tard de son travail et il la réprimande lorsqu'elle rencontre son confident et ami d'enfance, son cousin Ryōsuke.
Yōko, l’autre sœur de Shin’ichi, s’est installée avec Masuda sans l'approbation de ses parents, mais le quitte ensuite, incapable de s'habituer à un niveau de vie inférieur à celui de sa famille d'origine et lui trouvant un manque de courage. Hiroko, sentant que Masuda ressent un amour sincère pour Yōko, agit en tant qu'intermédiaire entre lui et sa belle-sœur, qui cependant ne veut pas le revoir.
Masuda qui vient de voler de l’argent dans les caisses de son entreprise tombe sur Hiroko au téléphone, il lui demande d’indiquer à Yōko l’adresse de l’hôtel dans lequel il l’attend. Tandis que Yōko part retrouver Masuda, Hiroko refuse de révéler l'emplacement de la cachette de Masuda à Shin’ichi qui veut le dénoncer, et lorsque son mari menace de la chasser de la maison, elle a déjà pris sa propre décision et le quitte, retournant vivre auprès de sa mère.
Hiroko explique à son cousin Ryōsuke qu'elle veut « reconstruire sa vie » et chercher ce qui compte vraiment plutôt que de se remarier aussitôt.
Fiche technique vignette|(g. à d.) Masako Tsutsumi, Hideo Saeki, Namiko Hatsuse et Takako Irie. vignette|Takako Irie et Hyō Kitazawa. vignette|Takako Irie et Chizuko Kanda. vignette|(g. à d.) Masako Tsutsumi, Takako Irie, Hideo Saeki et Kaoru Itō. Titre français : Les Larmes d'une femme Titre alternatif : Chagrins de femme Titre original : Titres anglais : A Woman's Sorrows ; Feminine Melancholy Réalisation : Mikio Naruse Scénario : Mikio Naruse et Photographie : Mitsuo Miura Musique : Chansons thèmes : et , paroles de Yaso Saijō, musique de , chantées par Miss Columbia avec l'orchestre du P.C.L. Son : Yūji Dōgen Décors : Masao Totsuka Montage : Société de production : P.C.L. et Irie ProductionLe film est coproduit par Irie Production, une société de film japonaise créée en 1932, par l'actrice principale du film Takako Irie. Les Larmes d'une femme est un des derniers films produits par cette compagnie dissoute en 1937. Distribution : Tōhō Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc - 1,37:1 - 35 mm - mono Genre : drame Durée : 74 minutes (métrage : 8 bobines - ) Date de sortie : Empire du Japon :
Distribution Takako Irie : Hiroko : Masao, son frère cadet Namiko Hatsuse : sa mère : Ryōsuke Kitamura, son cousin : Yoshiko, sa cousine (sœur cadette de Ryōsuke) : Shin'ichi Horie, son mari : le père de Shin'ichi : la mère de Shin'ichi Ranko Sawa : Yōko, la sœur cadette de Shin'ichi Heihachirō Ōkawa : Masuda, son petit ami Reiko Minakami : Michiko, la sœur cadette de Shin'ichi Chizuko Kanda : Kazuko, la collègue de Hiroko à la librairie
Analyse par Catherine Russell Catherine Russell, dans son essai , présente Les Larmes d'une femme comme un des portraits les plus incisifs de la condition féminine dans le cinéma japonais d'avant-guerre. Hiroko (Takako Irie), mariée par arrangement dans une famille aisée qui la traite en simple servanteD’après les sous titres : « Je peux supporter une vie de servante, mais je ne peux pas supporter une vie de poupée. » dit Hiroko (à 36 min.), incarne un mariage forcé présenté comme une forme déguisée de servitude sociale. Naruse situe ce drame domestique dans une demeure mi-traditionnelle mi-occidentale — tatamis et meubles européens, danses de jazz et cloisons de shōji à travers lesquelles la famille peut sans cesse rappeler Hiroko à l'ordre — faisant de l'architecture même de la maison le miroir d'une harmonie familiale rongée de l'intérieur. La scène de confrontation finale, filmée par des mouvements de caméra qui rapprochent puis élargissent le cadre sur des personnages debout plutôt qu'assis, marque une rupture visible du décorum domestique et révèle le mari comme le véritable antagoniste de l'histoire. Si le critique Seiji Mizumachi reprochait à l'époque au film sa veine mélodramatique de shinpa, la ténacité de Hiroko — qui choisit finalement de quitter mari et famille sans même changer de tenue — préfigure les héroïnes de l'après-guerre chez Naruse, incarnant une « femme nouvelle »D’après les sous titres : « J'ai besoin de plus d'expériences et je veux reconstruire ma vie par moi-même. Je veux savoir quelle est la plus belle chose au monde. Je n'abandonnerai pas. » dit Hiroko (à 1h13) qui n'a pas besoin des signes extérieurs de la modernité pour s'affirmer.
Remarque Dans le film, afin de montrer qu'elle n'est pas si traditionnelle, Hiroko (Takako Irie) danse avec sa cousine Yoshiko (Masako Tsutsumi) sur une version orchestrale de « Blue Moon » (à la 16 minute). Cette musique est chantée par Shirley Ross, dans une version intitulée « The Bad in Every Man », dans le film Manhattan Melodrama, sorti au Japon en 1935 sous le titre , littéralement « le Monde des hommes ».
Notes et références
Liens externes
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