alt=|vignette|Cyclistes à Rotterdam (Schiedamsedijk, angle Schilderstraat), attendant à un feu de circulation dédié, sur une voie vélos dédiée (en rouge). Le vélo est un moyen de transport commun aux Pays-Bas. Il est d'ailleurs devenu un des symboles du pays.

Dans les années 1970, les déplacements étaient majoritairement effectués en voiture, mais plusieurs changements culturels liés à la sécurité des enfants et aux chocs pétroliers ont amené à une politique pro-vélo à l'échelle du pays.

En 2014, en moyenne, 36% des habitants utilisent leur vélo comme moyen de transport habituel, y compris les enfants et les personnes âgées ; ce chiffre est plus important en ville, certaines connaissant des congestions de cyclistes.

Des infrastructures dédiées (ferries, ronds-points, ouvrages d'art, feux de circulation, parkings), bien dessinées (voies rapides pour vélos, larges voies cyclables, grands virages) et confortables (revêtement routier de qualité, signalisation dédiée) facilitent la pratique du vélo. Un quart du réseau cyclable, tant urbain que rural, est physiquement séparé de la circulation automobile.

Dans les campagnes, un nombre croissant d'itinéraires relient les villages et les villes des Pays-Bas. Certains de ces itinéraires font partie du réseau cyclable national néerlandais (LF-routes), un réseau d'itinéraires pour le cyclotourisme qui couvre tout le pays.

Le code de la route est très favorable au vélo, avec de nombreuses priorités sur la route et aux intersections pour ces derniers. La responsabilité des automobilistes est par défaut plus importante dans le cas d'accidents impliquant un cycliste. Les itinéraires cyclables sont plus directs que ceux en voiture.

Les vélos sont conçus pour être facilement utilisés, qu'importe la tenue portée par l'usagère ou l'usager, et pour transporter des passagers ou du fret. Le vélopartage est également courant, notamment pour effectuer les derniers kilomètres à vélo après un déplacement en train.

Part modale En 2014, 36% des habitants listent leur vélo comme étant leur mode de transport par défaut pour une journée typique., par opposition à la voiture particulière (45%) et les transports publics (11%). En 2011, ce chiffre était de 31%...

La bicyclette a une part modale de 27% pour l’ensemble des déplacements (urbains et ruraux) à l'échelle du pays.. Dans les villes, cette part est plus haute : à Amsterdam la part modale du vélo est de 38%. et à Zwolle elle est de 46%..

Plus d'un quart des voyages effectués aux Pays-Bas se font à vélo. Les plus de 65 ans font presque le quart de leurs déplacements à vélo ; pour ce groupe d'âge, les vélos électriques sont très populaires. Dans certaines villes, plus de la moitié de tous les déplacements se font à vélo..

Histoire vignette| Amsterdam, 1982 Le cyclisme est devenu populaire aux Pays-Bas un peu plus tard qu'aux États-Unis et en Grande-Bretagne, qui ont connu leurs boom du vélo dans les années 1880, mais dans les années 1890, les Néerlandais construisaient déjà des sentiers réservés aux cyclistes.. En 1911, les Hollandais possédaient plus de vélos par habitant que tout autre pays d'Europe. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, comme dans les autres pays développés, l'automobile privée est devenue plus abordable et donc plus couramment utilisée ; le vélo est ainsi devenu moins populaire. Malgré cela, le nombre de Néerlandais pratiquant toujours le vélo était très élevé par rapport à d'autres pays européens.

La tendance au re-développement du vélo par rapport au transport motorisé a débuté dans les années 1970, lorsque des Néerlandais sont descendus dans la rue pour protester contre le nombre élevé de décès d'enfants dans les rues : il est arrivé que plus de 500 enfants aient été tués dans des accidents de voiture en une seule année. Ce mouvement de protestation était connu sous le nom de Stop de Kindermoord (littéralement « Arrêtez le meurtre d'enfants » en néerlandais).... Le succès de ce mouvement, ainsi que d'autres facteurs, tels que les pénuries de pétrole de 1973-1974. et la publication du (un manuel d'urbanisation et de planification urbaine autour du cyclisme) ont inversé la politique du gouvernement néerlandais. Le pays commence alors à restreindre les véhicules à moteur dans ses villes et concentrer son attention sur la croissance d'autres formes de transport, le vélo étant perçu comme essentiel pour rendre les rues néerlandaises plus sûres et les villes plus conviviales et habitables.

Aperçu de la pratique du vélo En 2012, le cyclisme a énormément gagné en popularité. Rien qu'à Amsterdam, cyclistes ont pris la route pour parcourir 2 millions de kilomètres par jour, selon les statistiques de la mairie. Cela a causé quelques problèmes car, malgré de pistes cyclables, les 18 millions de vélos du pays (1,3 vélo par citoyen en âge de rouler) obstruent parfois les rues les plus fréquentées des villes néerlandaises. Ce problème est résolu en construisant encore plus de voies cyclables pour faire face à un problème rare ailleurs dans le monde, la congestion du trafic cycliste. La piste cyclable la plus fréquentée des Pays-Bas, la Vredenburg, dans la ville d'Utrecht, accueille quelque cyclistes en moyenne en semaine et jusqu'à les jours de pointe., rivalisant avec les chiffres donnés par Copenhague, au Danemark, pour une de ses pistes cyclables.. En 2011, le défenseur du cyclisme David Hembrow a fait valoir que les Néerlandais effectuaient plus de voyages à vélo entre eux que les Américains, les Britanniques et les Australiens additionnés, et avec une plus grande sécurité pour les cyclistes qu'aucun de ces pays..

Arguments en faveur du vélo vignette|Une piste cyclable hollandaise typique, à Rotterdam. Outre l'histoire et les mouvements sociaux, il n'y a pas qu'une seule raison pour laquelle le vélo reste si populaire aux Pays-Bas. De nombreux facteurs favorables au vélo se renforcent mutuellement :

Infrastructures favorables au vélo Le réseau de pistes cyclables est continu avec une signalétique claire, bien maintenu et bien éclairé, où les croisements entre les véhicules motorisés et les cycles donnent priorité aux vélos. Cela rend le déplacement cycliste pratique, plaisant et sûr.

Un réseau important d'atelier de réparation et de magasins spécialisés dans les cycles existe dans tout le pays.

Politiques publiques, planification et lois favorables aux vélos Les besoins des cyclistes sont pris en compte dans toutes les étapes de l'urbanisme. Les zones urbaines sont souvent organisées en woonerven (zones résidentielles), avec priorité aux piétons et aux cyclistes par rapport au trafic motorisé.

Les Pays-Bas appliquent une approche de la conception des routes fondée sur des normes, selon laquelle les conflits entre les différents modes de transport sont éliminés dans la mesure du possible et leur gravité est réduite autant que possible lorsque leur élimination n'est pas possible. Il en résulte que le cyclisme est rendu à la fois objectivement et subjectivement sûr. Les villes ont été conçues avec un accès limité aux voitures et un stationnement limité (qui diminue avec le temps). La circulation intense et le nombre très limité de places de parking qui en résultent rendent l'utilisation de la voiture peu attrayante dans les villes.

Il existe une forme particulière de responsabilité, inscrite dans la loi depuis le début des années 1990 concernant les accidents entre un vélo et un véhicule automobile.. Dans le cas d'une collision entre un vélo et une voiture, l'assureur du conducteur de la voiture doit payer les dommages à partir du moment où il est prouvé que le cycliste n'a pas créé intentionnellement l'accident et qu'il n'était pas en tort. Si le cycliste est en tort mais que l'accident n'était pas intentionnel, l'assurance du conducteur de la voiture doit payer la moitié des dommages — si le cycliste a moins de 14 ans, l'assurance doit payer l'intégralité des dommages. S'il peut être prouvé que le cycliste est intentionnellement entré en collision avec la voiture, alors le cycliste doit payer l'intégralité des dommages.

Le casque n'est pas obligatoire pour les cyclistes.. Ils sont peu portés, leurs principaux utilisateurs sont les jeunes enfants et les sportifs pratiquant le vélo de route ou le vélo tout terrain. Le Fietsersbond (union des cyclistes) a rassemblé plusieurs études prouvant que pour une pratique quotidienne normale, obliger les cyclistes à porter un casque aurait un effet négatif sur la santé publique..

Développement durable En utilisant davantage le vélo et moins la voiture, les Néerlandais diminuent leur empreinte carbone..

L'usage de la bicyclette diminue la consommation de carburants fossiles et d'énergie par habitant, menant ainsi à une réduction de la pollution et autres dommages environnementaux.

Culture du vélo Le vélo est un des symboles de la culture des Pays-Bas. Il est considéré comme un symbole national depuis 1920 et comme un mode de transport patriotique depuis 1938..

Le cyclisme est présenté dans les qualités et les vertus civiles néerlandaises d'indépendance, de maîtrise de soi, de modestie et de stabilité.

Le cyclisme a eu un effet positif sur le tourisme, les gens visitent les Pays-Bas pour faire l'expérience de sa culture cycliste spécifique.

Géographie, environnement construit et météo Les Pays-Bas sont un pays relativement densément peuplé et très plat, ce qui signifie que les distances à parcourir sont généralement courtes, même entre les villes. Le climat frais des Pays-Bas permet de parcourir de courtes distances à vélo sans transpirer. Cela signifie que les gens peuvent se rendre au travail ou à l'école à vélo sans avoir à prendre une douche ou à se laver directement après, comme ils doivent le plus souvent le faire dans des climats chauds, humides ou ensoleillés.

Effets du vélo sur la santé et l'économie Le cyclisme prévient par an, et les Néerlandais ont une espérance de vie plus longue de six mois grâce au vélo..

Les bénéfices pour la santé correspondent à plus de 3 % du produit intérieur brut néerlandais.

Il est confirmé que les investissements réalisés dans les politiques de promotion de la bicyclette (par exemple, l'amélioration des infrastructures et des équipements cyclables) produiront probablement un rapport coût-bénéfice élevé à long terme.

Vélos et équipements pratiques La présence du vélo dans le pays fait que la majorité des vélos utilisés sont des par opposition aux vélos de sport (bien que l'on trouve toute sorte de vélos : sportifs, couchés, vélomobiles, etc.). Le « vélo hollandais », notamment le Omafiets, combine le fait d'être pratique, peu coûteux en entretien et de permettre de transporter des charges ; il a également des garde-boue et un pare-jupe. Le cycliste est assis en position haute, permettant une meilleure appréhension de l'espace.

Les paniers à vélos, les sacoches et les remorques porteuses sont courants pour transporter des objets ou des achats.

Formation Les Néerlandais forment leurs enfants à la pratique du vélo lorsqu'ils ont environ 12 ans, juste avant d'entrer à l'école secondaire, afin qu'ils puissent rouler en toute confiance sur les routes.. Les enfants réussissant l’examen reçoivent un Verkeersdiploma (certificat de conduite). Cette formation est nécessaire car 75% des élèves du secondaire vont à l'école à vélo, chiffre porté à 84% pour celles et ceux habitant à moins de 5 kilomètres de l'école.. Pour les distances supérieures ou égales à 16 kilomètres, 8% des élèves font le trajet vers et depuis leur école à vélo, principalement dans les zones rurales où l'école est parfois à une plus grande distance. Quelque 49% des élèves en enseignement primaire vont à l’école à vélo, mais les distances sont plus courtes, et des adultes accompagnent les plus jeunes..

Lors de leur formation en auto-école, les automobilistes néerlandais sont spécialement sensibilisés aux interactions avec les cyclistes, avec notamment un contrôle accru des angles morts.