Les Frexes, Ferices. ou de leur vrai nom Frešiš. (Frechich) en tamazight, alphabet tifinagh :ⵉⴼⵔⵉⵙⵉⵢⴻⵏ, alphabet latin : ifṛišiš au pluriel, afṛišiš au singulier, cette ancienne tribu berbère de l'Antiquité tardive était localisée aux marges du sud-ouest de la Byzacène dans une région montagneuse elle est aujourd'hui dénommée Fraichiche un peuple localisé dans le gouvernorat de Kasserine. Elle est potentiellement associée aux Fraxinenses (Aït Fraoussen) de Numidie et de Maurétanie même si cela n'est qu'un rapprochement dû au nom se rapprochant un peu de celui des Frexes qui dément tout autre rapprochement.. Par son alliance avec une autre tribu, les Naffurs, elle forma une confédération politico-militaire désignée aujourd'hui comme le « Royaume de la Dorsale ». Ce royaume, brièvement indépendant et hostile aux Vandales, fut par la suite confédéré et allié à l'Empire byzantin par un traité de foedus avant de redevenir un ennemi redoutable. Elle devint une entité si puissante qu'elle exerça une autorité morale sur plusieurs tribus à travers toute l'Afrique du Nord.

Ce royaume regroupait des forces tribales et même des déserteurs (Stotzas) depuis la Marmarique, en Égypte, jusqu'à la Maurétanie, située entre l'Algérie et le Maroc, en passant par les peuples de Byzacène dont le peuple qui régna les Frexes. Cette entité contrôla l'ensemble de la Byzacène et établit une suprématie temporaire sur les territoires de l’Afrique romaine, avant de retourner à son statut initial.. La tribu vivait principalement dans les régions montagneuses de l’ouest de la dorsale, au sud-ouest de la Byzacène, entre Thala et Feriana. Elle était entourée des villes romaines d’Ammaedera (Haïdra), Theveste (Tebessa), Thelepte (Fériana), Cilium (Kasserine), Mactar (Makhtar) et Sufetula (Sbeïtla), ce qui délimitait probablement son territoire entre la vallée ou se situent les villes antique de Menegesem (Henchir Bou Rhanem. près de Foussana) et Menegere. (Henchir Bou Taba). et les montagnes environnantes ainsi qu'au sud les territoires des hautes steppes à l'ouest de l'axe routier Thelepte-Capsa sur le même territoire que les Fraichiches considérés pour plusieurs raisons en conjoncture de l'époque moderne et l'époque contemporaine.

Sous le règne d’Antalas, cette confédération s'étendit à toute la Byzacène (Tunisie centrale) et au-delà grâce à des manœuvres politico-militaires, notamment par des alliances avec Guntharic, dux de la Numidie romaine. Ils contrôlèrent même Hadrumète. (Sousse appelé Justianopolis a l'époque d'Antalas.), capitale provinciale de la Byzacène, et menacèrent Carthage, capitale de la préfecture d'Afrique, lors d'une contre-attaque après les batailles de Cillium (Kasserine, 544) et de Marta (547), la dernière résultant à la retraite de Jean Troglita à Laribus forçant celui-ci à chercher le concours d'autres tribus berbères fédérées (Cutzinas, Ifisdaïas et son fils Bitiptès, Iabdas, Bezina et d'autres potentiellement).

Histoire La tribu des Frexes est connue grâce au poète romain Corippe (qui les accuse de tous les malheurs des romano-africains avec Guenfan et Antalas.) dans l’œuvre Johannides où elle est désignée comme de braves guerriers... Quand a Procope et Jordanès ils ne mentionnent leurs nom que comme les tribus de Byzacène liées à Antalas et son commandement. Corippe également ne mentionne pas les Frexes comme une "humilis gens" (nation humble que certains traduisent soumise ou faible) mais bien comme une "fortis gens" (nation forte), d'hommes durs, fiers et courageux ainsi qu'impétueux dans la mêlée des combats, signifiant qu'ils combattent à haute intensité.. Ainsi Corippe entre en contradiction avec les dires de certains historiens, mais aussi sur le plan de l'origine des Frexes décrits mot pour mot par Corippe comme des membres de la famille d'Antalas du même sang que lui, "consanguineis" (terme semblable de consanguinité, personnes de même sang traduit pour une pluralité de termes associés à la famille, aux parents, ou proches) et donc ne sont pas signalés comme des étrangers à Antalas qui a succédé le commandement de son père Guenfan puis il y a un autre point c'est l'association des Frexes et Naffurs par Corippe qui semble convenir aux hypothèses d'association de plusieurs peuples Maures en Byzacène..

Les Frexes se situaient dans les régions montagneuses correspondants aux exploits d'Antalas.. contenant les points culminants de la Dorsale Tunisienne et de la Tunisie tout entière, ils vivaient dans la vallée allant entre le Djebel Bireno dans la région de Foussana et Thala au sud de Haïdra antique Ammaedara (qui fut créé pour surveiller les Musulames et le leader rebelle Tacfarinas dans la région) ainsi que le Djebel Chambi (au centre du pays Fraichiche) et Djebel Semmama dans la région du nord et de l'ouest de la ville de Kasserine antique Cilium d'après la carte n°9. de Charles Monchicourt situe les Frexes précisément dans cette région ainsi que près de Tebessa antique Theveste et rejoint par Yves Modéran qui localise les Frexes entre Gafsa et Tebessa région ayant une ancienne route romaine faisant lien des deux villes puis la route Tebessa-Carthage avait lié la capitale de la préfecture prétorienne d'Afrique et cette route fut empruntée par Solomon pour intercepté les Frexes et Laguatans près de Theveste préparant des forces de leurs tribus et de nombreuses autres affiliés à eux pour des représailles contre les ByzantinsLes Maures et l’Afrique romaine (), Yves Modéran....

Il est également décrit par Philip Von Rummel que beaucoup d'érudits identifient les Frexes dans la région Fraichiche, et personne parmi ceux qui étudient le sujet n'entre en contradiction avec ça, les localisant notamment auprès Thelepte près de Fériana et les territoires montagneux liés au Djebel Chambi sur la route Theveste-Capsa (Tebessa-Gafsa) et l'axe Thelepte-Capsa qui fut une région occupée et gouvernée par les tribus Fraichiches et leurs caïds mais en plus pour la partie algérienne de celle-ci également occupée, gouvernée et puis enfin réclamée quand les Fraichiches qui en furent dépossédés de la liberté de mouvement en tant que tribu semi-nomade par les autorités françaises en Algérie..

Au début du , la tribu est dirigée par Guenfan le roi des Frexes et maître de l'alliance avec les Naffurs fondant vers 510 l'entité appelée "Royaume de la Dorsale" notamment par Christian Courtois positionnant sa capitale à Thala qui deviendra plus tard la capitale du caïdat des Fraichiches, et il est même qualifié de Prince des Maures. prouvant peut-être ainsi pourquoi les Frexes "Ferices" avaient le leadership sur les autres Berbères parmi les récits rapportés des anciens auteurs romains Corippe et Procope. Ils sont considérés comme la tribu berbère la plus importante et l'une des plus anciennes, qui donnera son nom au continent l'Afrique et à son peuple les Africains, aux côtés des Mazices ceux qui donneront leur nom au peuple Amazigh (Berbère, comme eux-mêmes se nomment) ou Imazighen au pluriel.. Plus tard, son fils Antalas lui succède en tant que roi. et deviendra celui dénommé "Princeps Maurorum". ou Prince mais aussi Chef Suprême ou le plus éminent même le "Premier" du peuple des Maures. À l'époque c'était le titre qui servait à désigner même la qualité d'un empereur (tel que Justinien Princeps Civitas Romanum, Prince des civiles ou peuple romain). qui aura l'allégeance de tribus qui le rejoindront en Byzacène à travers toute l'Afrique du Nord durant la guerre mauro-vandale et mauro-byzantine, les plus loin étant de la région de Marmarique jusqu'en Maurétanie tout entière qui se conjura sous ses ordres... en Byzacène dans une "ligue barbare". composée d'une coalition de contingents armés berbères dont il a le commandement suprême. Il sera également parfois nommé "Roi des Maures"...

En 529.. on trouve la mention de ravages causés par les Frexes en lien avec les événements de la conquête des Aurès et de la Tripolitaine par les Berbères dits "Maures". Durant l'année 530, les Frexes et leurs tribus affiliées infligent une défaite décisive aux forces du roi vandale Hildéric commandées par son neveu Hildimer rendu célèbre de base comme étant un chef militaire de qualité, surnommé « Achille des Vandales ». Ce dernier tombera en disgrâce à la suite de sa défaite étant utilisé comme prétexte pour un remplacement de souverains de Hildéric son oncle par Gélimer un cousin éloigné soutenu par l'aristocratie vandale. Cet événement sera grandement en partie responsable de la venue des Byzantins en quête d'anciens territoires romains perdus avec la chute de l'Empire d'Occident mais aussi pour venger l'affront que les Vandales ont fait aux Romains chrétiens de l'Occident et cela mènera à une alliance des Frexes eux aussi en conflit contre les Vandales avec Bélisaire pour détruire les autorités vandales en Afrique du Nord La pacification de l'Afrique byzantine 534 - 546, Philippe Richardot...

En 543, le gouverneur militaire d'Afrique, Solomon successeur de Bélisaire en Afrique, fait exécuter un frère d'Antalas Guarizila. Vers le milieu de 544, les Laguatans, tribu venant de Tripolitaine, se soulèvent. Antalas et sa tribu font jonction avec ces derniers.

En 544, les Frexes et les Laguatans battent les troupes byzantines lors de la bataille de Cillium. Solomon est tué au combat.

En 545, les Frexes d’Antalas, accompagnés de Stotzas revenu de Maurétanie ainsi que des Naffur et des Louata selon Corippe., s’emparèrent d’Hadrumète (Justinianopolis, Sousse), capitale de la Byzacène. Ils capturèrent le dux Himérius grâce à un stratagème : Antalas et Stotzas lui envoyèrent une lettre falsifiée (soit par l'intermède de Stotzas et ses soldats soit Maccus chef de l'ambassade bilingue en latin d'Antalas.), censée provenir de Jean fils de Sisiniolos, l’incitant à se rendre à Ménéphèse en Byzacène, passée sous contrôle rebelle. Himérius y fut arrêté, puis contraint d’ordonner l’ouverture des portes d’Hadrumète à des hommes d’Antalas et aux déserteurs de Stotzas, déguisés pour faire croire à la capture de « Maures ennemis »...

Après la prise de la ville, Antalas et ses alliés marchèrent vers Carthage où Guntharic, dux de Numidie d’origine vandale, attendait leur aide pour renverser Aréobindus. Mais avant d’y parvenir, ils rencontrèrent l’armée byzantine de Jean fils de Sisiniolos près de Thacia. Le combat se solda par une victoire écrasante des Maures, bien que Stotzas y perdit la vie. Antalas fut ensuite rejoint par Cutzinas et Iabdas, qui apportèrent les troupes des tribus de l’Aurès et des monts Nemencha et Antalas fut celui qui réunit la quasi-totalité des Maures sous son commandement d'après Procope..

Cependant, Cutzinas entra à plusieurs reprises dans des intrigues contre Antalas. D’après les sources romaines, il chercha à l’assassiner avec l’appui d’Aréobindus. Guntharic alerta Antalas de ce complot par l’intermédiaire de son fidèle lieutenant Ulithée — le même qu’il avait utilisé auparavant pour négocier un partage de l’Afrique avec Antalas. La montée en puissance d’Antalas, vainqueur de Solomon à Cilium et désormais allié potentiel de Guntharic, attisa la jalousie des chefs numides, particulièrement Cutzinas, qui continua ses machinations jusqu’à la bataille des Champs de Caton, où il aida les Byzantins à remporter la confrontation finale avec Iabdas et Ifisdaïas incluts.