de Barcelone, surnommé le Grand (Rodez, - Barcelone, ), est comte de Barcelone, de Gérone et d'Ausona dès 1082 (conjointement avec son oncle tout d'abord, puis seul à partir de 1097), de Besalù en 1111, de Cerdagne en 1117, de Provence en 1112, et ce jusqu'à sa mort en 1131.
Biographie
Jeunesse
Raimond-Bérenger est le fils unique de , comte de Barcelone conjointement au frère jumeau de celui-ci, . Sa mère, Mahaut de Pouille, est la fille aînée du Normand Robert Guiscard, duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile, et de sa seconde épouse, la princesse lombarde Sykelgaite de Salerne. Quand il naît, le , sa mère se trouve à Rodez, en visite chez sa cousine Mathilde, fille de et épouse de Raymond de Saint Gilles, alors comte de Rouergue.
Né le , il succède à son père quinze jours après son assassinat. Ce meurtre est rapidement imputé à l'oncle de , . , mais un parti de seigneurs s'oppose à lui : en 1083, le parti « antifratricide », mené par et Bernard Guillaume de Queralt, avec le soutien de l'évêque de Vic, Bérenger Sunifred de Lluçà, décide de confier la tutelle de l'enfant au comte de Cerdagne, Guillaume-Raymond. En 1086, le parti antifratricide se brise et un nouveau parti, mené par de Cervelló et Bérenger Sunifred de Lluçà, et les familles Montcada et Cabrera, trouve un accord avec : celui-ci conserve la tutelle de , à la condition qu'il accepte de lui céder le pouvoir à sa majorité, en 1093. Veuve, sa mère se remarie avec le vicomte de Narbonne .
commence à assumer la réalité du pouvoir, avec son oncle, vers 1090. En 1091, le pape , lorsqu'il rétablit nommément l'archevêché de Tarragone en faveur de Bérenger Sunifred de Lluça, l'évêque de Vic, adresse une lettre conjointement à et Raimond-Bérenger. En 1095, mène une première guerre contre la ville de Tortose. Il semble cependant que , sous l'influence du parti antifratricide, s'éloigne de son oncle. Vers la fin de l'année 1096 ou le début de l'année 1097 a lieu, à la cour du roi de León , un combat judiciaire auquel participe et qu'il perd. Une fois celui-ci mort, certainement à Jérusalem, en 1097, reste seul pour assumer le pouvoir.
Règne
thumb|400px|Les domaines de à sa mort (1131).
La lutte contre les Almoravides
En 1097, avec l'aide de son oncle , le comte de Pallars, attaque Amposta. L'année suivante, il assiège et s'empare d'Orpesa, place forte du Cid. Celui-ci se retourne alors contre le roi taïfa de Valence, allié de , et attaque Morvedre. Le comte de Barcelone et le Cid se réconcilient pourtant, et le mariage entre et la fille du Cid, Maria Rodriguez de Vivar, est célébré en 1098. C'est d'ailleurs à l'occasion de la visite du jeune couple au monastère de Ripoll qu'est composé le Carmen Campidoctoris. Elle meurt cependant en , et épouse en 1106 Almodis, certainement une fille du comte de Mortain, mais elle meurt sans doute cette année même.
L'avancée des Almoravides dans la péninsule Ibérique va complètement bouleverser les rapports de force dans la région. À partir de 1102, ils envahissent la région de Valence. En 1107, mène une expédition contre Balaguer, mais les Almoravides contre-attaquent dans le Penedès, détruisent Olèrdola et mettent le siège devant le château de Gelida. arrive à les contenir, mais se voit obligé de demander l'aide du roi de France, , sans rien obtenir. Une fois l'offensive almoravide repoussée, engage le repeuplement d'Olèrdola.
L'expansion vers le nord
L'attaque des Almoravides a cependant empêché de profiter d'un moment propice pour reprendre en main les comtés de Carcassonne et de Razès. En 1112, il passe finalement un accord avec le vicomte Bernard Aton : celui-ci reconnaît être le vassal du Barcelonais et tenir Carcassonne et le Razès en fief du comte de Barcelone, qui reçoit également sous melgoriens.
cherche aussi à renforcer son influence sur les comtés catalans. En 1107, il donne sa fille, Chimène, en mariage au comte de Besalu, , avec le comté d'Osona en dot. et se sont accordés pour établir la succession mutuelle de leurs comtés au cas où l'un d'eux mourrait sans descendance. En 1111, à la mort de , sans enfant, tous les domaines passent à . Comme le comte de Cerdagne, Bernard Guillaume, vassal du comte de Besalú, réclame la reconnaissance de ses droits sur le comté, lui rachète ses droits. Enfin, afin de s'attacher son demi-frère, le vicomte de Narbonne , dans son combat contre le vicomte de Carcassonne , lui cède le Fenouillèdes et le Peyrepertusès. Le reste du comté de Besalú est alors définitivement uni au comté de Barcelone.
En 1112, épouse Douce de Gévaudan, fille de , comte de Gévaudan, et de Gerberge d'Arles, comtesse de Provence. Gerberge a cédé, deux jours avant le mariage, le comté de Provence à sa fille, qui le cède elle-même à le jour du mariage. L'année suivante, il reçoit de Douce l'ensemble des droits comtaux. Il entre cependant en conflit avec le comte de Toulouse, Alphonse Jourdain : celui-ci est l'arrière-petit-fils d'Emma de Provence, épouse du comte de Toulouse .
L'expédition des Baléares
En 1114, mène une expédition contre le royaume taïfa des Baléares, à l'initiative des Pisans, mais placée sous son commandement. Il reçoit le soutien de seigneurs du Languedoc et de Provence. En 1114, il s'empare de la ville de Majorque, puis d'Ibiza. fait un important butin et libère un grand nombre de captifs chrétiens. Mais les Almoravides attaquent le comté de Barcelone par l'ouest à la fin de l'année 1114 et par le sud au début de l'année 1115. La deuxième fois, est poussé à revenir pour combattre les Almoravides. Il se retire de Majorque et d'Ibiza qui tombent aux mains des Almoravides.
thumb| fixant le drapeau de Barcelone sur le château de Fos-sur-Mer, par Marià Fortuny (1857), Reial Acadèmia Catalana de Belles Arts de Sant Jordi (en dépôt au Palais de la Généralité de Catalogne).
espère monter une nouvelle expédition et souhaite recevoir le soutien du pape. Il s'embarque pour Rome, mais la mort du pape , qui lui était favorable, et les opérations d', qui mène la guerre contre le royaume taïfa de Saragosse et reçoit toute l'attention papale, ne permettent pas la réalisation du plan de . De retour d'Italie, il doit mater une rébellion en Provence et s'empare du château de Fos-sur-Mer. vignette|Le comté de Barcelone de 1085 à 1115.
L'expansion en Catalogne
En 1117, incorpore le comté de Cerdagne, à la suite de l'extinction de la dynastie comtale. En 1118, il donne à l'évêque Oldegar la ville de Tarragone et sa région, afin qu'il la repeuple. Il obtient également pour lui l'érection de Tarragone au rang d'archevêché, détaché de l'archevêché de Narbonne, et avec l'autorité sur les évêchés catalans. En 1119, il engage le repeuplement des Garrigues. Il favorise les ordres militaires dans ses domaines, et autorise l'arrivée des Hospitaliers en 1109, puis des Templiers en 1123 ou 1126.
Mais entre en rivalité avec le roi d'Aragon, , pour la conquête de Lérida, Tortose et Valence. Il passe un accord avec le gouverneur almoravide de Lérida, Abdallah ibn Iyad, qui lui cède Corbins, contre son soutien contre les Aragonais. , cependant, s'empare de Saragosse en 1118. multiplie alors les contacts avec les Almoravides et s'associe au gouverneur de Tortose.
Entre 1120 et 1124, il doit s'intéresser également à ses relations avec Carcassonne. veut aussi résoudre la question provençale. Un traité est conclu, en 1125, avec Alphonse Jourdain : celui-ci reçoit la partie du comté de Provence au nord de la Durance, qui devient marquisat. Le reste du comté, au sud, reste aux mains de .
En 1126, Abdallah ibn Iyad se retourne contre et envahit la vallée du Sègre, menaçant Albesa et les terres du comte d'Urgell, et reprenant Lérida, tout juste conquise par le roi d'Aragon. Le comte de Barcelone est lui mis en déroute à Corbins, tandis que son allié, le comte de Pallars Jussà Bernard Raimond, est tué.
Enfin, en 1128, combat le comte d'Ampurias, , et le fait prisonnier. Il obtient que celui-ci abandonne la région de Peralada, qui passe à Barcelone.
Décès
semble avoir pris l'habit de chevalier du Temple le , certainement de façon symbolique.
Il meurt quelques jours plus tard, le . Il lègue le comté de Barcelone à son fils aîné, Raimond-Bérenger, avec les comtés de Carcassonne et de Razès. Son fils cadet, Bérenger-Raimond, reçoit le comté de Provence.
Économie
L'arrêt du versement des tributs par les musulmans oblige à engager une réforme économique radicale à partir de 1113. Il lève plusieurs impôts nouveaux, tels que le bovatge (un impôt en argent prélevé sur les paires de bœufs), des taxes sur les marchés de vivres à Barcelone et du quint (une taxe sur les navires qui entrent dans le port qui dépendent de la juridiction comtale). Il décide également d'abandonner les pièces de mancus au profit des maravédis entre 1097 et 1098.
Mariage et enfants
En février 1099, épouse Marie Rodriguez de Vivar, fille du Cid, roi de Valence. Ils ont ensemble deux filles : Marie (née avant 1105) ; Chimène (née en 1105), qui épouse en 1107 le comte de Besalu, , puis en 1117 le comte de Foix, .
À la suite de la mort de Marie de Vivar en 1105, il aurait épousé en 1106 Almodis de Mortain, fille du comte de Mortain, Guillaume, un des barons les plus puissants d'Angleterre et de Normandie, et d'une certaine Adelise. La jeune fille meurt vers 1110 et cette union reste sans enfant. Cela semble non confirmé car Almodis serait la seconde épouse de Robert, père de Guillaume.
Il se remarie le avec Douce de Provence, comtesse de Provence, et devient comte de Provence sous le nom de . Ils ont sept enfants : Bérengère (1108 - 1149), mariée en 1128 à , roi de Castille et de Léon ; (1113 - 1162), comte de Barcelone et prince d'Aragon, à la suite de son mariage avec Pétronille d'Aragon ; Bérenger-Raimond (1114 - 1144), comte de Provence ; Bernard (1117) ; Étiennette (1118 - après 1131), mariée en 1128 à , comte de Bigorre, puis vers 1130 à (mort en 1167), vicomte de Dax ; Mathilde (vers 1120 - après 1157), mariée à Jaspert, vicomte de Castelnou, puis à , seigneur de Castellvell ; Almodis (1126 - après 1164), mariée en 1148 à Pons de Cervera, vicomte de Bas ; Douce de Barcelone (née en 1125), mariée avec Guy de Sévérac.
Ascendance
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Le grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l'histoire sacrée, Nouvelle et dernière édition - tome second - B-C , par Louis Moréri. L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur, tome 2, par Maur-François Dantine, Ursin Durand, Charles Clémencet, Simon Pierre Ernst. Normandy, Nobility.
Articles connexes
Liste des comtes de Barcelone
Liens externes
« de Barcelona », Gran Enciclopèdia Catalana, consulté le .
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