Le cimetière de Saint-Sulpice, également appelé cimetière de Vaugirard et cimetière de l'Ouest, est un ancien cimetière parisien extra-muros, dépendant de la paroisse de Saint-Sulpice de Paris, ouvert en 1784 et fermé en 1824.

Emplacement Le lycée Buffon et la rue Germaine-de-Staël sont situés, en partie, sur l'emplacement du cimetière de Saint-SulpiceJacques Hillairet Connaissance du vieux Paris ; le village de Vaugirard.Le cimetière parisien de Vaugirard sur tombes-sepultures.com. soit un quadrilatère délimité par le boulevard Pasteur et les rues de Vaugirard, Germaine-de-Staël et Lecourbe et dont l'entrée s'effectuait rue de Sèvres, hors de la ville de ParisCadastre révisé des communes annexées (1830-1850), Vaugirard, plan Section B, 1ère feuille, F/31/102/2..

Historique Ce cimetière de la paroisse de Saint-Sulpice de Paris est ouvert en 1784. Il fait suite à un arrêté du 21 mai 1765 qui interdit, depuis cette date, l'inhumation dans les cimetières de ParisLes cimetières de la paroisse Saint-Sulpice de Paris tombes-sepultures.com. et prescrit le remplacement des cimetières paroissiaux urbains par des cimetières extra-murosEmplacement des huit cimetières. Arrêt du Parlement, 21 mai 1765. Le cimetière de Vaugirard où cimetière de Saint-Sulpice est repéré par le .. Jusqu'en 1803, cet arrêté n'a jamais été réellement observéCimetière sur cosmovisions.com..

Après la fermeture des deux nécropoles que possédait la paroisse de Saint-Sulpice rue des Aveugles et rue de Bagneux, la paroisse fut contrainte d'acquérir un nouveau terrain. Par ses lettres patentes du mois d', le roi autorisait l'hôpital de l'Enfant-Jésus à céder à la fabrique de Saint-Sulpice les terrains nécessaires :

En ce qui concerne l'autre terrain, nous en trouvons la désignation dans un procès-verbal du adressé à :

Il provenait des sieurs Laurent Roussel et Michel Roussel, jardiniers-maraîchers. Le contrat de vente en fût passé devant les conseillers du Roi, notaires au Châtelet, le , au prix de livres. Il y est ainsi désigné :

Il devint un cimetière de la capitale lorsque, à la Révolution, les ex-cimetières paroissiaux furent administrés par les municipalités et destiné à recevoir toutes les personnes qui mourraient dans la capitale sur la rive Gauche de la SeineLe véritable conducteur aux cimetières..

Ce cimetière dit « cimetière de Vaugirard » fut un obstacle au développement du village de Vaugirard en raison de sa position, car situé à l'entrée du village de Vaugirard, à proximité des maisons, de la barrière de Vaugirard et de son odeur céphalagique. Quoique situé à l'extrémité du riche et noble faubourg Saint-Germain ce fut de tout temps plutôt le cimetière des pauvres que des opulents.

En 1794, corps au moins reposaient dans ce terrainL'ami de la religion journal et revue ecclésiastique, politique et litteraire-Réclamation pour le cimetière de Vaugirard, p. 401 et suivantes..

Complet en 1824, il est fermé le M. P. de S.-A., Promenade aux cimetières de Paris avec quarante-huit dessins représentant les principaux monumens qu'on y remarque et particulièrement les tombeaux des personnages les plus célèbres, 2e édition, C.-L.-F. Panckoucke, 1825, p.9 & p.141-171 (sur Gallica). et remplacé par celui du Montparnasse. , environ, y furent inhumés. Celles-ci furent par la suite transportées soit au cimetières du Montparnasse, du Père-Lachaise où aux Catacombes de Paris.

Sous le second Empire lorsque l’on entreprit les travaux de Paris, on fut étonné de l’énorme quantité de sépultures que l’on mettait au jour ; chaque coup de pioche pour ainsi dire faisait jaillir des ossements. On les portait dans l’ancien cimetière de l'Ouest (Vaugirard) (c'est-à-dire dans ce cimetière), fermé depuis 1824 et que l’on avait converti en ossuaire ; on s’aperçut un jour qu’il contenait mètres cubes d’ossements trouvés en fouillant la voie publique ; l’entassement devenait une gêne ; un arrêté préfectoral pris en 1859 fit porter tous ces débris aux catacombesMaxime Du Camp Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitié du XIXe siècle; Les charniers (120 et 135)..

Après avoir servi d’ossuaire et avoir reçu momentanément les ossements mis à découvert par les fouilles de la voie publique, il a été coupé en partie par le prolongement de l'ancien boulevard extérieur ; ce qui en subsistait fit office de dépôt pour les pavés de la ville jusqu'à la construction du lycée Buffon en 1885.

Dans Les Misérables, Victor Hugo y décrit l'enterrement de Jean Valjean, caché dans un cercueil afin de sortir du couvent de la mère CrucifixionPanneau Histoire de Paris sur le cimetière de Vaugirard, 12 boulevard Pasteur.Victor Hugo : Les Misérables, Deuxième partie (Cosette), volume 4, livre VIII (Les cimetières prennent ce qu'on leur donne), chapitre V (Il ne suffit pas d'être ivrogne pour être immortel) p. 246..

vignette|Panneau. Un panneau Histoire de Paris, 12 boulevard Pasteur, devant le lycée Buffon, rappelle l'existence du cimetière.

Personnalités inhumées Marie-Jeanne Aladame (1746-1819), épouse d'Antoine Simon qui fut geôlier de Louis XVII ; Bertrand Andrieu (1761-1822) ; Jean-Louis Anselin (1754-1823) ; Denis Antoine (1733-1801) ; Daniel Hippolyte Ballet (1799-1822), assassiné par le médecin criminel Castaing ; Charles de Paule de Barentin (1738-1819) ; Jean-Louis Baudelocque (1745-1810) ; Sébastien Caldelari (1773-1819)Statuaire. Transféré après la fermeture du cimetière au Père Lachaise. ; Louise Angélique de Caulaincourt (1724-1806), épouse de Joseph Ignace du Blanc de Brantes ; Julie Charles (1784-1817) ; Armand de Chateaubriand (1768-1809) ; Antoine Denis Chaudet (1763-1810) ; Jean-Baptiste Chaussard (1729-1818) ; Claire Josèphe Hippolyte Leris Clairon de Latude (1723-1803) ; Jacques Joseph Coiny (1761-1809)C.-P. Arnaud : Recueil de tombeaux des quatre cimetières de Paris, Volume 1. ; Louis Desjobert (1751-1822) ; Théodore Desoer (1788-1823) ; Jean Joseph Dussault (1769-1824) ; Jean-François de La Harpe (1739-1803) ; Octavie Zélia Lenoir (1795-1813), fille d'Alexandre Lenoir ; Alphonse Leroy (1742-1816) ; Claude-François de Malet et les 10 personnes qui participèrent à la conspirationJacques Hillairet : Connaissance du vieux Paris. ; Jean-Charles comte Monnier (1758-1816) ; Honoré-Auguste Sabatier de Cabre (1737-1802)Ambassadeur de France en Russie, ministre plénipotentiaire du Roi de France près le prince-évêque de Liège, chevalier de l'Ordre de Saint-Hubert de Lorraine et du Barrois.Il était ambassadeur de France à Liège.Bruno Demoulin : Principauté de Liège, Volume 30, page 363 et suivantes. ; Nicolas Séjan (1745-1819)Nicolas Séjan, l'aîné (1745-1819) sur philidor.cmbv.fr. ; Jean-Chrysostôme de Villaret (1739-1824) ; Zamor, ancien page de Madame du Barry (ca 1762-1820) ; les détenus de la prison des Carmes victimes des massacres de Septembre, dont Jean Marie du Lau d'Allemans, François-Joseph de La Rochefoucauld-Bayers et son frère Pierre-Louis de La Rochefoucauld-BayersVoyage religieux et sentimental aux quatre cimetières de Paris, p. 268..

Notes et références

Bibliographie

Joseph Delort, Mes voyages aux environs de Paris. Tome 2 Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris Le véritable conducteur aux cimetières L'ami de la religion journal et revue ecclésiastique, politique et littéraire Antoine Caillot, Voyage religieux et sentimental aux quatre cimetières de Paris Victor Hugo, Les Misérables, Deuxième partie (Cosette), volume 4, livre VIII (Les cimetières prennent ce qu'on leur donne), chapitre V (Il ne suffit pas d'être ivrogne pour être immortel) p. 243

Catégorie:Cimetière à Paris Catégorie:15e arrondissement de Paris