Les controverses sur la représentation des natifs américains dans le sport, correspond à l'utilisation de termes, s, symboles ou toute représentation faisant référence aux peuples autochtones, aux Premières Nations ou leurs cultures, de manière péjorative, et ce, dans le sport professionnel, universitaire ou amateur aux États-Unis et au Canada. Dans les années 1960, avec les premiers mouvements de défense des droits civiques aux États-Unis, des natifs américains dénoncent l'utilisation de leur culture et leur représentation dans les médias, en particulier à travers les sports populaires qui véhiculent des stéréotypes et préjugés. Ainsi, l’utilisation des noms de tribus, ou bien de personnages historiques de la culture amérindienne, est perçue comme une forme d'appropriation culturelle.
Les défenseurs de cet usage, soulignent souvent leur intention d'honorer les Amérindiens et leur culture en se référant à des valeurs comme la force et le courage. Ils dénoncent le caractère « politiquement correct » de cette polémique. Le président américain Donald Trump lui-même, déclare sur son compte Twitter le : « Ils donnent le nom aux équipes pour leur force, non pour leur faiblesse, mais maintenant les Redskins de Washington et les Indians de Cleveland, deux franchises légendaires du sport (...) vont changer leur nom afin d'être politiquement correct » . Leurs opposants y voient les traits du stéréotype de l'Amérindien sauvage des westerns et insistent sur le fait que les stéréotypes, qu'ils soient positifs ou négatifs, sont nocifs car ils favorisent des associations fausses ou trompeuses entre un groupe et un trait.
vignette|droite|200px|Logo de la mascotte Chief Wahoo de l'équipe de baseball des Indians de Cleveland, période 1946-1950.
Sports professionnels Dans la culture sportive nord-américaine, il est très commun de donner des surnoms aux franchises professionnelles, ceux-ci évoquant une particularité, le folklore ou une tradition locale. Les équipes associent donc leur image et nom à un animal par exemple, mais parfois également aux natifs américains. Cependant, les organisations sportives ont progressivement limité ou supprimé ce type de référence. Aujourd'hui, il en reste peu dans le monde du sport professionnel. Baseball
Braves d'Atlanta
De 1945 à 1955, les Braves sont encore à Milwaukee, et ont pour logo principal un guerrier amérindien. De 1956 à 1965, le logo évolue pour représenter le visage d'un amérindien riant, coiffé d'une plume dans les cheveux. Avec la re-localisation de la franchise à Atlanta en 1966, le visuel ne change que légèrement, avec l'ajout de « Braves » sous le logo. À partir de 1987, la figure de l'amérindien disparaît pour être remplacée par un tomahawk et du nom des « Braves ».
Atlanta use également d’autres symboles amérindiens avec ses mascottes. D’abord avec la mascotte principale le « Chef Noc-A-Homa » (1966-1985), qui est incarné essentiellement par l'acteur Levi Walker, qui interprète alors un chef amérindien en tenue traditionnelle. Puis, avec le personnage féminin « Princess Win-A-Lotta » (1983-1984) qui l’accompagne, pendant une courte période. L’arrêt, consécutif à un accident de la route, de l’actrice Kim Calos qui incarne « Princess Win-A-Lotta », entraîne la disparition du personnage. Puis, après un désaccord financier, Levi Walker n’incarne plus le « Chef Noc-A-Homa » et n’est pas remplacé.
Aujourd'hui, la franchise défend son utilisation du nom des « Braves » en soulignant qu'ils respectent et honorent les valeurs de la culture des natifs américains en plus des relations étroites qu’ils entretiennent avec ses représentants. La question de la permanence du « Tomahawk chop » est cependant à l'étude.
Indians de Cleveland vignette|droite|200px|Chief Wahoo, sur la manche de l'uniforme d'un joueur des Indians, dans les années 1950 vignette|droite|200px|Chief Wahoo Le logo des Indians de Cleveland de la MLB est une véritable caricature d'un amérindien. Cette mascotte, baptisée Chief Wahoo, ainsi que le nom « Indians » sont fréquemment dénoncés comme racistes pour leur représentation stéréotypée des peuples autochtones Chief Wahoo protests grows, Associated Press, 6 mai 1995. Protest staged over Chief Wahoo, , 7 octobre 1999.
Chief Wahoo est représenté sur le logo des Indians de Cleveland depuis 1946. Son design est modifié en 1950 et le nouveau Chief Wahoo apparaît sur les tenues des joueurs au début de la saison 1951.
Les manifestations sont fréquentes depuis le milieu des années 1990 Cleveland Indians' Chief Wahoo target of Opening Day protests again - and it's time to finally take notice: Mark Naymik, Cleveland.com, 2 avril 2015. Ainsi, au match d'ouverture de la saison 1998, des manifestants brûlent une effigie de Chief Wahoo et sont arrêtés High court refuses to hear Chief Wahoo protesters' appeal, Associated Press, 17 mai 2005.. Ils répliquent en justice, arguant que leur liberté d'expression a été brimée, mais la Cour suprême de l'Ohio leur donne tort en 2004Attendus de la Cour suprême de l'Ohio dans le procès Belcourt contre Ville de Cleveland, sur le site de l'État de l'Ohio. Consulté le 20 janvier 2009.
En 2014, la remise en cause de ce logo se renforce avec le Plain Dealer, (quotidien de Cleveland qui avait en 1915 inventé le personnage Chief Wahoo inspirant la mascotte des Indians) qui le qualifie de « raciste » et soutient alors dans un éditorial son retrait The Tribe should retire Chief Wahoo once and for all: editorial, The Plain Dealer, 28 février 2014. The Newspaper that Invented the Cleveland Indians' Name Comes Out Against the Logo, Eric Levenson, The Wire, 28 février 2014.. La même année, en guise de protestation, certains supporteurs de l'équipe retirent Chief Wahoo de leur équipement des Indians, ne laissant que la silhouette du personnage Hail To De-Chiefing, Paul Lukas, ESPN, 2 avril 2014 Certains médias vont jusqu’à ne plus imprimer le visage de Chief Wahoo Terry Collins' future with NY Mets has become tough to read; no more Chief Wahoo in the Daily News; news on Matt Harvey, Andy Martino, New York Daily News, 4 septembre 2014. Le , les Indians relèguent officiellement Wahoo au rang de logo secondaire, remplaçant leur logo principal par une lettre « C » rouge qu'ils utilisaient déjà depuis plusieurs années Indians officially delegate Chief Wahoo logo to secondary status, ESPN, 2 avril 2016..
Le , les Indians de Cleveland annoncent que Chief Wahoo n'apparaîtra plus sur les uniformes ou les casquettes de l'équipe à partir de 2019 Cleveland Indians dropping Chief Wahoo logo from uniforms, Tom Withers, Associated Press, 30 janvier 2018.. Le club de Cleveland conserve cependant le droit de vendre la marchandise à son effigie et en tirer un profit financier, puisqu'il en possède les droits Indians removing Chief Wahoo logo from uniforms in 2019, Associated Press, 29 janvier 2018.
Lors du match d’ouverture de la saison 2020 de la MLB, Cleveland utilise alors son maillot extérieur pour un match dans leur propre stade, et ainsi ne pas afficher leur surnom. Ce geste symbolique est décidé en accord avec les joueurs et le propriétaire de la franchise, et ce, uniquement pour le match d'ouverture.
Le , la franchise de Cleveland annonce leur nouveau nom, troquant « Indians » par « Guardians ». Le changement est effectif à partir de la saison 2022.
Basketball Warriors de Golden State Un « warrior » ou guerrier en français, fait référence à la combativité des Amérindiens durant les guerres indiennes. Le « warrior » est surtout dans les cultures amérindiennes celui qui se sacrifie pour protéger les siens. Aujourd'hui, le lien avec les Warriors de Golden State n'est plus évident. Mais à l'origine, leur logo représentait un amérindien, notamment quand la franchise était encore basée dans la ville de Philadelphie. Une fois la franchise de la NBA installée en Californie, le logo devient une coiffe amérindienne typique, enfin la lettre « i » de Warriors est stylisée en pointe de flèche. À partir de 1969, toute référence à la culture amérindienne est définitivement abandonnée tout en gardant le nom des Warriors.
Football américain Chiefs de Kansas City Les « Chiefs » sont la dernière franchise professionnelle à avoir adopté un surnom faisant référence à la culture amérindienne. Cependant, cette référence est une allusion directe à Harold Roe Bartle, le maire de la ville de Kansas City entre 1955 et 1963. En effet, il fut un acteur majeur de la relocalisation de la franchise alors qu'elle était encore basée à Dallas au Texas. Bartle avait pour surnom « Chief Lone Bear », au sein d'un groupe de boy scout dont il était un membre fondateur. Ainsi, lors de l'installation de la franchise dans le Missouri en 1963, elle prend alors le nom des « Chiefs » en l'honneur de Harold Roe Bartle.
Comme les « Redskins » et les « Indians », les communautés amérindiennes protestent face à l'utilisation de ce surnom, en plus de la mascotte et des chants ayant lieu dans le stade. Cependant, l'organisation n'a jamais remis en cause le nom de l'équipe. En , les « Chiefs » annoncent que les coiffes amérindiennes et les peintures amérindiennes du visage seront désormais interdites dans leur stade.
Redskins de Washington vignette|droite|150px|Le logo des Redskins affiché sur l'écran géant de leur stade, en 2018 En anglais, signifie « Peaux Rouges ». Il s'agit d'un terme utilisé pour désigner les Amérindiens de façon péjorative. La franchise de la capitale fédérale américaine, utilise le terme « Redskins » depuis 1933, à la fois dans le nom et les surnoms dans une époque où l'équipe est encore les « Redskins » de Boston. Ce nom est conservé en 1937, après la relocalisation de la franchise dans la région métropolitaine de Washington. Il est également question de la mascotte, des différents logos et donc de manière globale, de toute l'image et représentation de la franchise.
Les communautés natives américaines demandant des changements de surnom, nom ou toute référence, qu'elles considèrent être insultant depuis des décennies. En 1992, l'activiste des droits des Amérindiens, Suzan Shown Harjo, fut à l'origine de la première action en justice contre les « Redskins ». La plainte contestant que le nom des « Redskins » puisse être une marque déposée. En effet, une loi interdit tout copyright sur les mots injurieux. Le Bureau américain des brevets et des marques de commerce (USPTO) donne raison aux plaignants en 1999. Mais l'organisation des « Redskins » fit appel, puis va s'ensuivre une série de décisions de justices contradictoires, avant que la Cour suprême des États-Unis se déclare incompétente à trancher le litige.
En 2013, la question du nom de la franchise refait surface. Cependant, la NFL et Daniel Snyder (propriétaire de Redskins de Washington au moment des faits) réfutent le caractère offensant du nom de la franchise. Ils soulignent le caractère traditionnel de cette appellation et s’appuient sur des sondages auprès des communautés natives mettant en avant que le nom des Redskins n’était pas perçu comme péjoratif. Daniel Snyder déclare ainsi en 2013 dans la presse, qu'il ne changerait « jamais » le surnom de l'équipe.
En 2020, à la suite de la mort de George Floyd, un important mouvement en faveur des minorités met à nouveau en avant la question de la représentation de la minorité amérindienne. À cela s’ajoute la pression d'importants sponsors dont FedEx ou encore Nike. La franchise accepte finalement de changer de nom. Ainsi, le , la franchise annonce officiellement l'abandon du nom « Redskins » et des logos associés. Quelques jours plus tard, le , un nouveau nom provisoire, « Washington Football Team » est adopté pour la saison 2020. Le , la franchise est officiellement rebaptisée « Commanders de Washington »..
Football canadien Eskimos d'Edmonton