Les fortifications de Chartres sont un ensemble d'ouvrages défensifs construits de l'époque gallo-romaine à l'époque moderne pour protéger la ville de Chartres.
Fossé et enceinte gallo-romains
Fossé à talus massif du Haut-Empire , la ville de Chartres sous sa forme antique, est enclose par un fossé de forme circulaire et dont le centre se situe approximativement au niveau de la cathédrale. Ce fossé est doublé d'un talus massif. La construction du dispositif encerclant Chartres pourrait dater de La Tène D , mais beaucoup plus probablement au tout début du , et antérieur aux règnes de Tibère et de Claude.... Les investigations menées en 2017 ont permis de corroborer le tracé du fossé dans sa partie nord-est proposé établi par Pierre Lebrun en 1857.. Le dispositif fossoyé fait l'objet d'un comblement à la fin du Haut-Empire.
Le fossé se développe sur environ de long pour de large. Il est formé de huit segments de de long chacun. Creusé jusqu'à de profondeur, le fossé présente un profil en de forme de « V » dont l'angle mesure près de ... À l'époque de son utilisation, ce fossé enserre la ville d' sur une superficie dépassant les . et avoisinant les .
Le talus, ou rempart, massif est composé d'argile jaune associée à du silex. Il se développe sur de long et son tracé est en forme de « C » allongé. Le tracé du rempart, de type circulaire, épouse celui dessiné par le cours de l'Eure.. Il est constitué de plusieurs segments parallèles au fossé. Une distance de plus de sépare le fossé du rempart en argile. Le talus, à l'époque de son utilisation, atteint une hauteur de . Des vestiges du talus, de de haut, sont encore visibles dans la seconde moitié du et au niveau du quartier de la citadelle, au .
Le fossé à talus massif, d'abord interprété comme étant les vestiges d'une enceinte de camp romain vers le milieu du .. est improprement désigné sous le terme de circonvallationbilan archéo 2017 . D'autre part, pour Dominique Joly et Hervé Sellès, le fossé ne doit pas être appréhendé comme un ouvrage défensif mais plutôt comme la limite, ou la frontière, du d'Autricum.
Une enceinte du Bas-Empire probable mais non attestée Une enceinte, dont la construction daterait de la fin du aurait probablement défendue . Toutefois, aucune trace de cette enceinte entourant Autricum n'a véritablement pu être attestée pour la période du Bas-Empire.. Dans l'œuvre , rédigée par Paulin de Périgueux aux environs de , un passage peut évoquer l'existence d'une enceinte gallo-romaine. Cependant, cette hypothèse est à nuancer : la mention latine de l'hagiographe de Saint-Martin décrirait plus vraisemblablement les structures monumentales de la ville Carnute.
Pour autant, des vestiges de maçonneries gallo-romaines, mises en évidence dans plusieurs lieux et secteurs de Chartres, . C'est le cas de sections de mur maçonné remployés dans la crypte de l'église Saint-Aignan, ainsi que dans le centre de la crypte de Saint-Lubin .. D'autres vestiges pouvant faire partie d'une muraille gallo-romaine ont été également mis au jour et/ou signalés dans la ville haute : dans le tertre de Saint-Éman, dans l'enceinte du Lycée Marceau , dans un mur situé dans ensemble d'habitations encadré par la rue des Changes et la place de la Poissonnerie et dans un îlot d'habitations situé entre la rue Serpente et la rue du Soleil d'Or... Pour François Carré et Marie-Florence Legland, le tracé d'une enceinte gallo-romaine englobant l'ensemble de ces fragments peut difficilement s'accorder avec la topographie de Chartres.
Pour Adrien Blanchet et René Merlet, cette muraille gallo-romaine, de forme rectangulaire, se serait déployée sur de long pour de large, couvrant un périmètre total de . Pour Carré et Legland, en suivant le tracé proposé par Jean-Louis Vatinel, le périmètre de l'enceinte du Bas-Empire, de taille crédible pour une agglomération moyenne à cette époque, se serait étendu sur de long pour de large.
Enceintes médiévales Enceinte dite du L'enceinte gallo-romaine aurait été utilisée jusqu'au . Pour Louis Bonnard, il faut écarter la proposition de Buisson et Boisvillette mettant en perspective la construction d'une nouvelle muraille au cours du , après un siège mené par Hunald , en 753. Il est probable que la muraille gallo-romaine ait défendu la ville haute-moyenâgeuse lors du siège de 858 par Hasting. L'érection de l' aurait été consécutive à la destruction de la muraille antique par les troupes de Hasting, tout en restant antérieure au siège de 911..
Les murs de cette enceinte sont appareillés de pierres et de cailloutis scellés dans du mortier. Ils s'élèvent jusqu'à une hauteur de , dont formés par les substructions et présentent un épaisseur de . Le périmètre de l'enceinte alte-moyennâgeuse se développe sur environ .
Cette muraille, discontinue du côté de la basse ville, est aménagée de quelques portes de ville : celle de Nivelon ou Nouvelon, construite au niveau de l'abside de l'église Saint-Aignan ; une porte édifiée à l'extrémité de la rue Cendreuse ; la porte Évière, construite au niveau du tertre Saint-Éman, au voisinage de l'église Saint-Michel ; une porte érigée sur le haut de la rue du Muret et protégée par une bretèche ; problement une porte construite dans la rue Saint-Jean ; une porte probablement établie dans la rue du Cheval-Blanc, suivie de la porte de Percheronne et de la porte Saint-Michel. Ces portes sont complétées par la rue et le pont Bouju (anciennement rue et pont du Bourg), qui permet d'accéder à la ville du côté de la vallée de l'Eure. Une tour, érigée à l'emplacement de la porte Guillaume, aurait probablement défendu la partie méridionale de la muraille du .
Plusieurs tracés de la muraille du ont été proposés, mais aucun d'entre eux, selon Dominique Joly et Hervé Sellès, n'est suffisamment admissible et acceptable en l'état des connaissances et au regard du mobilier archéologique mis au jour.
Enceinte du Les travaux de fortifications du , exécutés par les sujets de la paroisse de Sainte-Foy, débutent en 1180-1181, sous l'impulsion conjointe de Pierre de Celle et du comte Thibaut V. Thibaut fait exécuter la construction de murs d'enceinte de la porte Saint-Michel jusqu'à la porte des Épars, tandis que Pierre de Celle fait exécuter la construction de murs d'enceinte de la porte Saint-Michel jusqu'à la porte des Épars. Les fortifications de l'abbaye de Saint-Père-en-Vallée sont intégrées à l'enceinte urbaine en 1185.. Bien que pour Louis Bonnard cette date puisse être sujette à caution, en raison du document de Dom Bernard Aubert qui établit la date de réunion des dispositifs défensifs vers 1165., celle-ci reste plausible au regard de l'archéologue. La même année, le pourtour de l'enceinte est finalisé avec la construction de remparts allant de la porte Morard jusqu'à la porte Drouaise. Durant les travaux de 1181, l'église Sainte-Foy est intégrée au dispositif défensif et une poterne est érigée devant l'édifice religieux.
vignette|gauche|Vestiges de la tour semi-circulaire construite à la fin du défendant la porte Saint-Michel, ici encastrés et contigus à des bâtiments modernes). vignette|Idem. À partir des années 1180, sept des onze paroisses chartraines sont encloses dans le périmètre de l'enceinte . La paroisse de Saint-Saturnin, démembrée en 1359, est, après transfert, à son tour incluse dans les murs d'enceinte en 1408..
Les travaux de fortifications commencés au début des années 1180 sont parachevés au tout début du . À cette époque, Chartres est alors entièrement enclose dans une muraille maçonnée percée de . Ces portes fortifiées présentent un massif à plan carré percé par une ouverture en arc en tiers-point. Les portes sont alors encadrées par de des tours à plan carré et sont protégées par une herse. Un assommoir est pratiqué dans le couronnement des portes. Dans la haute ville, l'enceinte est doublée par des fossés. Plusieurs sections de l'enceinte dite du sont encore utilisées.
Au niveau de la porte Saint-Michel, la muraille présente une épaisseur de . Son assise évolue sur une hauteur de ..
Fortifications du Vers le milieu du , la guerre de Cent Ans et le mercenariat contraignent les chartrains à renforcer le système défensif de leur cité.
Entre 1354 et 1360, des tours maçonnées, dont celle de Courte-Pinte défendant notamment les portes, sont construites et viennent flanquer le mur d'enceinte. En 1358, un budget est alloué au renforcement des fortifications. Les travaux comprennent le creusement d'un fossé d'enceinte et la consolidation ou la mise en appareil l'appareillage de la portion du mur d'enceinte situé entre la porte des Épars et la bretèche de l'église Sainte-Foy, ainsi que le pont de la Léthinière, plusieurs portes de ville, dont la porte Drouaise.
La ligne des fortifications du correspond à celle existante à la veille de la Révolution et concorde avec la promenade de la fin du appelée Tour de Ville..
Les murs d'enceinte atteignent environ de haut et se développent sur d'épaisseur. Ils sont, en majeure partie, conçus en silex liés dans du mortier, à l'instar des tours et tourelles. En quelques endroits, ils présentent un appareillage de gros blocs de roche non taillés, intercalés au moyen de pierres de petite taille, de brique, ou encore d'autres éléments de construction de , l'ensemble lié dans du ciment jaune. La plupart des murs défensifs reposent sur des fondations conçues au moyen de blocs de grès blanc. La construction du monument aux morts a permis de mettre en évidence que la section de rempart située au niveau de la butte des Charbonniers, où s'élève la tour de la Prêcherie , le mur défensif prend appui sur des fondations de de haut sur d'épaisseur et construites en blocs de pierre hourdées maçonnées en .
Un chemin de ronde, protégé par un parapet probablement crénelé sur certaines sections et pratiqué à l'intérieur du massif maçonné, vient couronner le sommet des remparts. Des postes d'observation (guérites et échauguettes) surmontent les murs d'enceinte à intervalle régulier. Aménagée entre le périmètre du mur d'enceinte et le pourtour des habitations et jardins chartrains, une voie de de large permettait la circulation du personnel attaché au service des fortifications.
La tour, ou tourelle de Courte-Pinte, vient flanquer le mur d'enceinte entre les portes des Épars et du Châtelet. Elle s'élève à de hauteur et mesure d'épaisseur à la base, d'épaisseur dans sa partie sommitale. Un moulin à vent a été construit sur la tour en 1553. La tour de Courtepinte est démantelée en 1824, lors des travaux d'aménagement des jardins de la préfecture. Établi à proximité, un cavalier bastionné, une sorte de fortin conçu en terre pourvu d' et appelé , défendait également la portion d'enceinte comprise entre la porte des Épars et celle du Châtelet.
La tour qui défend la porte de Saint-Michel, présente un plan circulaire. Elle est couronnée par une toiture conique et est aménagée d'une salle en silex maçonné.
Fortifications de l'époque moderne Travaux de la fin du et de la première moitié du vignette|upright=1.2|Fortifications de Chartres en 1500. 1 - porte des Épars ; 2 - porte Châtelet ; 3 - porte Saint-Jean ; 4 - porte Drouaise ; 5 - porte Imboust ; 6 - porte aux Corneurs ; 7 - porte Guillaume ; 8 - porte Morard ; 9 - porte Saint-Michel.
À partir de 1492, les fossés qui doublent le rempart allant de la porte Saint-Michel jusqu'à la porte Drouaise font l'objet d'une rénovation.