Cet article recense les bombardements aériens (avion, zeppelins) et d'artillerie lourde à grande puissance (Grosse Bertha) sur Paris et sa banlieue durant la Première Guerre mondiale.
Historique Bombardements par aéroplanes 1914 Lorsque les premiers « Taube » (où tauben également appelés « pigeons »)La guerre à Paris (1914-1918) dans les dossiers de la Commission du Vieux Paris survolèrent Paris, l'ambassadeur des États-Unis, Myron Timothy Herrick, protesta. Il s'éleva contre des attentats dont étaient victimes de paisibles promeneurs : un passant inoffensif et une innocente fillette. L'ambassadeur d'Espagne alla, lui aussi, en personne, se rendre compte des dégâts.
En 1914 on dénombre 34 raids exécutés par des avionsLa Guerre mondiale : bulletin quotidien illustré du 9 septembre 1914..
Il est à remarquer, en règle générale, que la plupart des incursions ennemies, dans un but essentiellement psychologique, précédèrent toujours le déclenchement d'une offensive1918-2018, épisode 4/8; A l’arrière, Paris sous les bombes.
Raid du Les Allemands, dans le but de terroriser les Parisiens, lancèrent leurs avions à la fin du mois d' pour bombarder la capitale.La première incursion des aviateurs ennemis sur Paris eut lieu le dimanche . Ce jour-là, à midi quarante, une violente explosion retentissait au de la rue des Marais, puis au rue des Vinaigriers, au coin de la rue Albouy, à côté d'une boulangerie dont la vitrine volait en éclats, tandis qu'une épaisse fumée se répandait dans la rue.Presque en même temps deux autres bombes tombaient dans le même quartier, aux numéros 5 à 7 de la rue des Récollets et au numéro 127 du quai de Valmy. Deux femmes furent blessées par les explosions et transportées à l'hôpital Saint-Louis.
Les aviateurs allemands, aux commandes d'un Taube, avaient lancé, en même temps que leurs bombes de 2 kilos, des tracts et une oriflamme aux couleurs allemandes de deux mètres cinquante à laquelle était cousue une pochette de caoutchouc renfermant du sable destiné à entraîner une lettre du lieutenant qui disait : L'aviation allemande bombarde Paris, en août et septembre 1914..
vignette|Camille Mortenol, officier supérieur guadeloupéen, défenseur de Paris et capitaine de vaisseau, 1917. Raid du Le raid du fera les premières victimes.
À la suite de ces raids, une escadrille d’aéroplanes blindés et armés de mitrailleuses est montée à partir du pour donner la chasse aux avions allemands qui tentent de survoler Paris.
Chez les Parisiens, le survol des avions allemands suscitait plutôt la curiosité que la frayeur. Le mercredi , sur le seuil des maisons, dans les squares, sur les boulevards et dans les avenues, où tous les bancs avaient été pris d'assaut, ils attendaient munis de leurs jumelles, longues-vues et télescopes l'apparition des aéroplanes ennemis. Les points élevés de Paris étaient bondés, et sur la butte Montmartre on louait des chaises et des lorgnettes.
L’attente des curieux ne fut pas déçue. Un premier avion allemand apparut du côté de Neuilly vers cinq heures du soir ; il dépassa la Tour Eiffel, fit un crochet au-dessus de la place Denfert-Rochereau et, après Notre-Dame, s’éloigna vers l'est. Un second fut aperçu un peu avant six heures à droite de Saint-Denis ; il survola Paris dans le voisinage de la porte de la Chapelle, prit la direction de la rue des Poissonniers, passa tout près du Sacré-Cœur, puis au-dessus du Louvre, avant de revenir vers la Chapelle puis de s’éloigner en survolant les Abattoirs. Un troisième, venu de l'est, se tint entre la butte Montmartre et Belleville à une très grande hauteur ; il ne dépassa pas les anciens boulevards extérieurs ; il paraissait observer les évolutions du second avion.
Raid du Le mardi au soir, vers cinq heures, plusieurs taubes ne firent qu'une courte apparition au-dessus de Paris. L'un d'eux survola le Raincy à une hauteur de deux cents mètres. Lorsqu'il arriva en vue du fort de Chelles, l'aviateur allemand s'éleva à quinze cents mètres. Un régiment breton de service autour du fort ouvrit un feu de salve, et plusieurs projectiles atteignirent l'appareil. L'un d'eux creva le réservoir à essence. L'avion descendit en vol plané entre le fort de Chelles et le village de Brou-sur-Chantereine. Les ouvriers se trouvant en contrebas n'aperçurent l'aéroplane qu'au moment où il dévalait de la colline droit sur eux, en plein chantier. Stupéfaits, les terrassiers n'avaient pas eu le temps de faire un mouvement que, déjà, l'officier allemand déchargeait dans leur direction les dix balles de son mauser sans causer de blessures graves. L'agresseur fut liquidé sur le champ à coups de pioches.
De 1915 à la fin de la guerre, la responsabilité de défendre la capitale contre les attaques de l'aviation allemande était assurée par le colonel Camille Mortenol.
1915 Le , quatre zeppelins lâchent des bombes sur Neuilly-sur-Seine, Saint-Germain-en-Laye, Colombes, Courbevoie et Asnières-sur-Seine...
1917 Année 1917 Paris et sa banlieue n'eurent à subir des Allemands, au cours de l'année 1917, que deux tentatives de raids aériens sans importance : dans la nuit du , un avion vint survoler Paris et le lendemain plusieurs appareils furent arrêtés en banlieue.
1918 Raid des Gothas du vignette|Traces d'impact et pavé commémoratif sur le mur du siège central du Crédit lyonnais, rue de Choiseul. Dans la nuit du 30 au éclairée par la pleine lune eut lieu le raid de 30 avions allemands basés dans le département de l'Aisne. Les escadrilles comptaient 16 Gotha G, bombardiers lourds bimoteurs qui remplaçaient les Zeppelins dans leur rôle de bombardement stratégique.
Autour de minuit 11 appareils atteignent Paris qui reçoit 93 bombes et des projectiles incendiaires et alors. La banlieue est frappée par 167 bombes. La DCA française est inefficace et l'aviation n'abat qu'un appareil.
Le bilan du raid est très lourd : 61 tués et 198 blessésBombardements aériens sur Paris, février 1918 . Le Petit Parisien du donne à chaud d'autres chiffres : 45 morts, 207 blessés (31 morts et 131 blessés à Paris et 14 morts et 76 blessés en banlieue).
On relève les dégâts les plus importants au 15 rue de Choiseul en plein cœur de Paris, entre la Bourse et l'Opéra, dans le , rue Réaumur et rue Saint-Sauveur dans le même quartier, avenue de la Grande-Armée près de l'Arc de Triomphe qui était sans doute visé ou encore dans le , rue du Rendez-Vous ou cours de Vincennes.
En banlieue, les magasins généraux d’Aubervilliers sont frappés, ainsi que des usines de Nanterre et Saint-Denis et une maison à Fontenay-sous-Bois, où deux jeunes enfants meurent alors que leur mère est gravement blesséeVille de Fontenay .
Cette attaque que l'on a appelée « le raid des Gothas » est la première d'une trentaine qui sont menées tout au long de 1918 jusqu’au . La ville de Paris sera aussi en même temps la cible régulière de canons meurtriers tels que la Grosse Bertha. Ces bombardements visaient essentiellement à démobiliser la population de l'arrière. La prise de conscience de l'impréparation de la ville et de sa population entraînera la mise en place de mesures de sécurité, par exemple la détermination d'abris.
Attaque aérienne du Cette attaque aérienne allemande fut menée avec des forces considérables. Dix à douze escadrilles d'avions de bombardement se succédèrent, suivant dans leur marche vers Paris les vallées de l'Oise et de la Marne, ainsi que la ligne de chemin-de-fer de Creil à Paris.Soixante et un avions du dispositif de défense prirent l'air. La défense aérienne repoussa un nombre important d'appareils allemands avant qu'ils aient pu atteindre Paris, et une certaine quantité de bombes furent larguées sur des terrains inhabités de la banlieue. Le nombre exact des victimes du bombardement du s'éleva pour Paris à 7 tués, dont 3 hommes et 4 femmes, et à 26 blessés, dont 16 hommes, 7 femmes et 3 enfants. En banlieue, il fut de 4 tués, dont 3 hommes et 1 enfant, et 15 blessés, dont 7 hommes, 7 femmes et 1 enfant.Un certain nombre de bombes tombèrent sur le département de Seine-et-Oise, où il y eut 2 morts et 9 blessés.L'un des appareils qui se dirigeaient sur Paris fut abattu.
Bombardements par dirigeables Il n'y eut que deux raids de dirigeables (ou Zeppelins également appelés « saucisses ») sur Paris. Au cours du premier, effectué, de nuit, le sept projectiles furent jetés, et lors du second, le , les aviateurs lancèrent dix-sept bombes. Celui de mars fut le moins meurtrier. Il n'y eut que neuf blessés. Le second fit beaucoup plus de victimes : on compta vingt-quatre tués et trente-deux blessés. Une incursion eut lieu en 1917.
1915 Bombardement du Excelsior du 22 mars 1915 : La visite des zeppelins sur Paris. Le à 1 heure du matin, l'alarme était donné d'Amiens puis de Compiègne. Ce sont des territoriaux de garde en gare de Compiègne qui les premiers aperçurent des Zeppelins qui se dirigeaient à allure rapide vers la capitale , en suivant la vallée de l'Oise. Deux d'entre eux sont contraints de faire demi-tour ; l'un au-dessus d'Écouen, l'autre à Mantes, tandis que les deux autres parviennent au-dessus de Paris en prenant l'itinéraire suivant : Mont-Valérien, Saint-Cloud, Neuilly-sur-Seine, les Batignolles, Clichy, puis après avoir largué 7 bombes sur les et de Paris avant d'être pris à partie par la DCA.Ils décident alors de rebrousser chemin et se délestent de 58 bombes sur la banlieue ouest (Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Asnières-sur-Seine, Gennevilliers, Courbevoie, La Garenne-Colombes, Saint-Gratien, Colombes, Bois-Colombes, Enghien-les-Bains, Argenteuil et Saint-Germain-en-Laye) dont la moitié n'exploseront pas1914-1918, Paris bombardée… par les zeppelins (2/3)..
Un second, et dernier, bombardement effectué par un raid d'un seul zeppelin, fut effectué le largua 27 bombes ou torpilles sur le tuant 23 personnes et en blessant 31 autres. Lors de son retour, il se déleste de 30 bombes au-dessus des communes de La Courneuve, Stains, Pierrefitte, Villetaneuse, Deuil et Montmorency, sans grands dégâts.
1916 Bombardement du
thumb|Le dernier raid des zeppelins, la nuit du 29 au 30 janvier 1916 par Maurice-Jean Bourguignon en 1916, musée Carnavalet.
Dans la nuit du au , 10 mois et demi après leur première attaque, deux dirigeables militaires partent pour un second raid sur Paris. L'un d'eux, victime d’une avarie est contraint de faire demi tour. Le second, le LZ 79, signalé à son passage au-dessus de La Ferté-Milon, arrive au-dessus du vers 1916 – Le Bombardement de Ménilmontant.. Celui-ci lâche 17 engins explosifs dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant provoquant la mort de 26 personnes et faisant 38 blessésLe Petit Parisien du 31 janvier 1916 : Vingt-six morts. victimes des bombardements du 29 janvier 1916..
1917 Incursion du L'incursion du (tentative d'incursion plutôt) fut moins heureuse pour les Allemands que la précédente. Voici la note officielle qui fut communiquée aux journaux dans la soirée :