Jean d'Hers (Toulon, - mort pour la France à Ngã Năm le ), est un militaire français, compagnon de la Libération à titre posthume par décret du . Officier de gendarmerie en poste en Indochine et empêché par sa hiérarchie d'aller combattre contre l'Allemagne en 1940, il entre en résistance contre les troupes japonaises occupant la colonie française et est tué lors d'un combat contre une unité supérieure en nombre.
Biographie
Jeunesse et engagement
Jean d'Hers naît le à Toulon, dans le Var. Son père, engagé en 1914 malgré une réforme avant-guerre, est tué le à Malancourt lors de la bataille de Champagne. Jean devient pupille de la Nation le . Sa mère meurt à son tour en 1920 et, seul avec une grand-mère, il est élevé au lycée de Toulon. En , il entre à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr où il intègre la promotion, général Mangin. Sa scolarité terminée, il est affecté au régiment d'infanterie alpine. Il choisit cependant de s'orienter vers la gendarmerie et entre en école d'officiers de gendarmerie en 1935. À sa sortie, il est muté en Cochinchine où il commande la brigade mobile de la garde civile du quartier de Gia-Dinh à Saïgon.
Seconde Guerre mondiale
Toujours en poste en Extrême-Orient lorsqu'il apprend la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il demande à partir combattre en métropole, ce qui lui est refusé par sa hiérarchie. Promu capitaine en , il voit à l'automne les troupes japonaises envahir l'Indochine et décide de s'investir localement dans la lutte contre les occupants. En , parallèlement à son métier de gendarme et à sa vie de père de famille, il entre dans le réseau Graille qui fournit des renseignements aux troupes britanniques basées à Singapour. Opérant aussi bien en Cochinchine qu'au Cambodge, il réalise des relevés sur les terrains d'aviation et rédige des rapports sur le trafic fluvial japonais du Mékong et du Bassac. Ses activités clandestines étant repérées par les autorités vichystes, il est muté disciplinairement au début de l'année 1942 à Cần Thơ, au centre de la Cochinchine. Il poursuit cependant son activité au sein du réseau Graille et recrute de nombreux résistants, notamment les gendarmes qu'il a sous ses ordres.
Le , lorsqu'a lieu le coup de force des troupes japonaises qui prennent le contrôle total de l'Indochine et éliminent l'administration française, Jean d'Hers passe du renseignement à la résistance armée. Il réalise, avec ses hommes, de nombreux sabotages qui entravent l'avancée de l'armée nippone. Les 13 et , il fait sauter les ponts de Gò Quao et de Phụng Hiệp. Le , en compagnie d'une quinzaine de ses hommes à bord d'une vedette naviguant sur le canal de Tran Bang près de Ngã Năm, il s'attaque à massés sur les deux rives. Bien qu'infligeant de lourdes pertes à l'ennemi, les Français sont décimés et Jean d'Hers est tué par une rafale de mitrailleuse.
D'abord enterrés sur place, les corps de Jean d'Hers et de ses camarades sont ramenés à Saïgon en , puis rapatriés en France et inhumés à Toulon en .
Plus tard, une seconde inhumation aura lieu ; ainsi le corps du capitaine Jean D'Hers rejoindra la sépulture du carré militaire des officiers coloniaux. vignette
Décorations
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Chevalier de la Légion d'honneurCompagnon de la LibérationCroix de guerre 1939-1945Médaille colonialeAvec agrafes "Indochine" et "Extrême-Orient"Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Hommages
La promotion de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale (1946-1947) a été baptisée en son honneur. À La Valette-du-Var, une rue porte son nom. Il figure également sur le monument aux morts de la commune. À Toulon et à Savigny-sur-Orge, son nom a été donné à des squares. La caserne de la compagnie de gendarmerie de Hyères a été baptisée en son honneur. Une vedette de la gendarmerie maritime porte son nom.
Références
Bibliographie
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Voir aussi
Articles connexes
Ordre de la Libération Libération de la France
Liens externes
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