Les « Claudettes », en référence à Claude, ou « Clodettes » en référence à « Cloclo », sont les danseuses de Claude François, pionnières en France pour leurs chorégraphies, leurs prestations scéniques et leurs styles vestimentaires.
Origines
En dessinant les différents mouvements des danses créées par Claude, Michel Bourdais lui suggère de monter un show avec des danseusesRichard Anthony, Quand on choisit la liberté…, éditions Florent Massot, octobre 2010, : . À Las Vegas, cette idée s’ancre dans l’esprit de Claude François, ébloui par les shows américains Magazine Salut Les Copains, 33, avril 1965 : Témoignage de Jean-Marie Périer : , Claude François à la recherche de son image ou l’histoire d’un dessin, éditions Fan de toi, 2008, , . et, en 1966, il la met en pratique en intégrant des danseuses à ses spectaclesJacques Pessis, Chronique de la chanson française, Éditions Chronique, Dargaud s.a. , 2003, , : .
Débuts et carrière Au début de l’été, Solange Fitoussi est la première engagéeClaude François magazine, numéro 74, juin 2018, interview de Solange Fitoussi : et dès le mois d’août, sur quelques chansons de son répertoire, Claude se produit sur scène avec Solange et sa sœur SiskaOlivier Delavault, Claude François l’intelligence populaire en chansons, éditions du Rocher, , janvier 2023, , interview de Solange Fitoussi : .
Le , Claude François regarde la première prestation d'Otis Redding sur la chaîne de télévision britannique ITV. Les trois danseuses qui évoluent sur certaines des chansons de l'artiste américain lui donnent l’idée d’adjoindre, pour la beauté visuelle, deux danseuses noires aux danseuses blanches Solange et SiskaOlivier Delavault, Claude François l’intelligence populaire en chansons, éditions du Rocher, , janvier 2023, , interview de Michel Bourdais : Interview de Claude François, 19 mars 1976, Europe 1 : . Sont alors engagées quelques jours plus tard : Cynthia (alias Cindy) Rhodes Pettitgraw-Siméon et Pat Kerr Milicent.
vignette|upright=1.5|centre|Pour un reportage photo à Milan en 1969, Claude François avec : Maddly Bamy, Lydia Baronian, Nelly Bamy et assise, Peggy Thi-Kim-Lan Nguyen.
La dernière danseuse embauchée par Claude François, l'a été trois jours avant sa mort. On dénombre une trentaine de danseuses Claudettes, entre les années 1966 et 1978.
À partir de 1976 et sur l'idée de Nadine Ligeron surnommée « Prisca », est organisé dans toute la France un concours de mini-Claudettes appelées les Clodinettes, lesquelles montent également sur scène lors de quelques concerts du chanteur.
Mise en scène
Lorsque Claude François se produit sur la scène de l'Olympia du 8 au les quatre jeunes femmes, Cynthia Rhodes, Pat Kerr Milicent, Siska et Solange Fitoussi, l'accompagnent dans certaines de ses chorégraphies.
Pour ces chorégraphies, il s'est directement inspiré de celles d'Ike and Tina Turner et de leur formation de danseuses, « The Ikettes »..
Tina Turner a une façon de danser extrêmement énergique, laquelle ressemble à celle dont Claude François a fait preuve depuis ses débuts ; plusieurs éléments qu'il va reprendre en les améliorant sont inspirés du groupe : tenues sexy, danseuses à l'unisson, certains des pas sont également dansés par la chanteuse, orchestre en arrière-plan. « The Ikettes » de Ike and Tina Turner ont un nom qui s'inspire des choristes de Ray Charles depuis 1958 (« The Raelettes », précédemment « The Cookies »). Des Ikettes ont donc dérivé les Claudettes, l'autre point commun étant que l'orchestre se situe dans les deux cas à l'arrière-plan et sur toute la largeur de la scène, afin que chaque musicien puisse être bien identifié du public. Les améliorations imaginées par Claude François pour les Claudettes consistent à leur donner un rôle beaucoup plus visible que celui des Ikettes, un rôle de premier plan.
Un soin particulier est apporté par Claude François à la conception et à la réalisation des tenues de scène des Claudettes. Lors d'un gala, elles pouvaient changer de tenue plus de dix fois. Le changement de tenue est censé être particulièrement rapide, en mettant à profit une chanson interprétée par le chanteur seul sur scène, ce qui ne leur laisse qu'environ trois minutes à chaque fois. Au fil des années, de nouvelles tenues apparaissent afin d'assurer un renouvellement constant. En règle générale, celles-ci sont esquissées par Claude FrançoisSylvie Mathurin, Le temps passe...le cœur reste, Éditions Fixot, 1990 . et réalisées par des couturiers de renom, comme Gérard Vicaire — la grande maison spécialiste des costumes de cirque et de music hall, du strass et des paillettes, dans son atelier du à Paris —, Reinhard Luthier ou Loris Azzaro., et avec le plus grand soin. Par exemple, les bikinis de style brésilien argentés en strass., utilisés de 1977 à 1978, avaient coûté pièce, ce qui équivaut à de 2012Julie/Pierrette Lacroix/Calvet dans une émission de télévision de mars 2012..
Membres Plus de trente Claudettes se succèdent en douze années ; la durée de l'engagement d'une danseuse varie de quelques jours seulement jusqu'à plusieurs années, par exemple, huit ans pour Peggy, sur décision de Claude François.
Les premières années, les Claudettes sont au nombre de quatre. Par la suite, en fonction des spectacles, leur nombre est passé à cinq ou six.
Leur âge s'échelonne approximativement de dix-sept à vingt-sept ans. Certaines, comme Peggy. , ont commencé très jeunes, à seize ans et demi. Dans une interview de 1986 et ., Julie Lacroix déclare qu'à vingt-sept ans, elle se trouve déjà trop âgée pour continuer à figurer au sein des Claudettes et elle fait part à Claude, peu avant son décès, de son intention de cesser son activité de Claudette.
Les Claudettes« Claude François et ses Claudettes 1978 », PurePeople, le 11 mars 2008. :
Au cinéma Certaines des Claudettes apparaissent lors de scènes en concert et dans les coulisses, dans le film humoristique Drôles de zèbres, sorti en 1977, seul film auquel Claude François apporte sa participation, réalisé par Guy Lux dont il s'agit de l'unique film, en tant que réalisateur. On retrouve les Claudettes quelques années plus tard, dans le film de Jean Yanne, Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, sorti en 1979, où elles incarnent des pom-pom girls de l'émission qui affiche le même titre que ce film.
Les Claudettes en solo Outre son activité de chanteur, Claude François est producteur d'autres artistes, parmi lesquels Alain Chamfort ou Patrick Topaloff. Les Claudettes participent à des émissions de télévision ; elles enregistrent un certain nombre de titres, sans Claude François : Chinese Kung-Fu en 1974, vendu à ., Viva America en 1976, vendu à (ces deux titres sont interprétés par le groupe Banzaï). En 1977, les Claudettes dansent et chantent sur L'Amour toujours l'amour et Miss Disco.
À la suite de la mort de Claude François, elles interprètent Hey, Marry Me, sous le label Polydor (Philips). Toutefois, la tentative de relancer les Claudettes comme groupe indépendant de Claude François, en les rebaptisant « Miss Disco » en 1977, ne trouve pas son public.
Impact dans le monde du spectacle Dans les années 1990, pour son sketch caricatural Mongola, l'humoriste Élie Kakou raconte le témoignage (fictif) d'une ancienne Claudette.
Plusieurs animateurs TV des années 1990 se sont inspirés des Claudettes pour constituer leurs propres « groupies », ayant pour l'essentiel un rôle de faire-valoir pour l'animateur. Ainsi Nagui crée les « Naguettes » pour l'émission N'oubliez pas votre brosse à dents et Vincent Lagaf' présente ses « Gafettes » dans le jeu Le Bigdil.
Les Claudettes sont aussi caricaturées par Yann Moix dans le film Podium sous le nom de « Bernadettes ».
Notes et références
Articles connexes Les Fléchettes Michel Bourdais
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