Robert Purvis, né le à Charleston dans l'État de la Caroline du Sud et mort le à Philadelphie dans l'État de la Pennsylvanie est un Américain connu pour son activité politique d'abolitionniste et qui a lié l'émancipation des Afro-Américains à celle des femmes.

Biographie

Jeunesse et formation Robert Purvis est le deuxième des trois fils de William Purvis, un marchand de coton britannique, et d'Harriet Judah, une Afro-Américaine libre, fille de Dido Badaraka et d'Aaaron Judah de confession juive d’origine marocaine. Le couple donne naissance à trois fils William en 1806, Robert en 1810 et Joseph en 1812.

William Purvis enseigne à ses enfants une culture abolitionniste, notamment en donnant des livres traitant de cette question

Installation à Philadelphie En 1819, alors que Robert Purvis a neuf ans, son père emménage avec sa famille à Philadelphie.

Scolarité Robert Purvis suit sa scolarité à la fondée par la Pennsylvania Abolition Society. Après ses études secondaires, il est accepté en 1826 au Amherst College de Amherst, dans le Massachusetts mais il est renvoyé au bout d'un semestre, à la suite d'une plaisanterie de mauvais goût faite avec Samuel Colt lors de la fête nationale du 4 juillet, il doit finir des études au Berkshire Gymnasium de Pittsfield ville du Massachusetts.

Héritages En 1826, William Purvis atteint par le typhus, décède laissant un héritage d'un montant de à ses fils. En 1828, William le frère aîné de Robert Purvis décède des suites de la tuberculose, son héritage revient à ses deux frères survivants Joseph et Robert, ce dernier va savoir faire fructifier son argent et va consacrer sa fortune à la cause abolitionniste.

Carrière vignette|James Forten.|alt=

L’alliance avec la famille de James Forten gauche|vignette|Portrait de Benjamin Lundy. En 1830, lors d'une convention abolitionniste, Robert Purvis fait la connaissance de Benjamin Lundy, personnage qu'il vénérera durant toute sa vie, personnage qui l'a convaincu de vouer sa vie à des réformes sociales.

Alors qu'il aurait pu très facilement, grâce à sa couleur de peau se faire passer pour un blanc, Robert Purvis est toujours fier de citer en toutes circonstances son ascendance africaine.

Robert Purvis épouse les positions de James Forten, une des figures majeures de la communauté afro-américaine de Philadelphie et pionnier des droits civiques.

En 1831, éclate l'insurrection sanglante d'esclaves menée par Nat Turner, elle-même suivie par une répression tout aussi sanglante, à la suite de quoi des lois vont durcir le contrôle des Afro-américains qu'ils soient esclaves ou libres.. C'est dans ce contexte que des notables blancs de Philadelphie proposent que le Congrès vote une loi pour donner une prime de départ pour inciter les Afro-Américains à s'implanter au Liberia. Retour initié par lAmerican Colonization Society (ACS) qui sous des couverts abolitionnistes était une entreprise de gestion sécuritaire de la population afro-américaine, l'hypocrisie fut dénoncée dès 1817 par James Forten et d'autres leaders de la communauté afro-américaine de Philadelphie comme Richard Allen et Absalom Jones... Cette proposition renforçant l'action de l'ACS, est fustigée par qui lance une pétition, que signe et soutient Robert Purvis..

Les liens avec la famille Forten seront soudés lorsque Robert et son frère Joseph épouseront chacun une des filles de James Forten (. et Sarah Louisa Forten).

Les premiers engagements gauche|vignette|William Lloyd Garrison. Robert Purvis soutient son épouse lorsqu'elle participe à la fondation de la en 1833. vignette|William Whipper. Le couple Purvis achète une maison sise dans la Lombard Street de Philadelphie. Leur maison est ouverte à tous les militants abolitionnistes et ils y aménagent une cave pour cacher les esclaves fugitifs dans le cadre du réseau de l'Underground Railroad (chemin de fer clandestin). toujours dans ce cadre, ils achètent également deux fermes l'une à Bensalem Township et l'autre à qui serviront également de cache pour les esclaves fugitifs...

La même année, lui et James Forten rencontrent William Lloyd Garrison et Theodore Dwight Weld qui viennent de fonder en 1833 lAmerican Anti-Slavery Society. James Forten et Robert Purvis décident de financer The Liberator (newspaper), hebdomadaire fondé en 1831 qui devient le journal de l'American Anti-Slavery Society..

Un voyage en Angleterre En 1834, Robert Purvis désire se rendre en Angleterre pour présenter ses arguments contre l'implantation d'Afro-Américains en Afrique. Il fait valoir que n'étant pas citoyen américain il n'a pas de passeport pour s'y rendre en tant qu'Américain. Sa notoriété est telle que le président Andrew Jackson intervient, faisant de Robert Purvis, probablement le premier Afro-Américain à obtenir un passeport. Son voyage qui devait se faire sur un navire de la fut annulé car un passager du nom de Bernard Carter refusait de voyager aux côtés d'un Noir. Robert Purvis prend un autre bateau ;, sur le retour il prend le même bateau que Bernard Carter, ce dernier prend Robert Purvis pour un Blanc, l'invite à entrer dans son cercle de sudistes et à danser avec leurs femmes, arrivé au port de New York, Robert Purvis révèle qu'il est un Afro-Américain ridiculisant ainsi Bernard Carter devant les passagers. Durant son séjour en Angleterre, Robert Purvis visite différentes villes, Manchester, Oxford et Londres, où il rencontre des leaders de la cause abolitionniste tels , George Thompson, Daniel O'Connell, Thomas Foxwell Buxton, et d'autres. En visite en Écosse, il se rend à Glasgow où il tient une conférence à la et profite de l'occasion pour rencontrer des descendants de ses ancêtres.

Retour à Philadelphie, la confrontation au racisme gauche|vignette|Lucretia Mott. En , il fonde la qui a pour but de collecter des fonds pour venir en aide aux esclaves fugitifs, qui fera de Philadelphie une étape importante de l'Underground Railroad...

En 1838, avec , Lucretia Mott, et , Robert Purvis fonde la , organisation mixte comprenant des Blancs et des Noirs.

La même année, la Pennsylvanie décide de réviser sa constitution, notamment en restreignant le droit de vote aux seuls Blancs, ce qui était une retour en arrière puisque sous la pression des Quakers, la Pennsylvanie était passée d'un vote censitaire à un vote universel pour les hommes qu'ils soient de couleur ou Blancs. Robert Purvis lance une pétition connue sous le nom de (Appel des quarante mille citoyens, menacés de privation du droit de vote, aux habitants de Philadelphie) ou plus simplement l'Appel des quarante mille citoyens. Par cet appel, Robert Purvis dénonce cette privation du droit de vote en faisant références aux valeurs fondatrices des États-Unis, qu'elle est contraire aux valeurs chrétiennes, Il rappelle également que la Pennsylvanie est la terre ou fut créée la première société antiesclavagiste du monde, la Pennsylvania Abolition Society à Philadelphie le 14 avril 1775, puis il montre, sources à l'appui, les contributions des Afro-Américains aux développement économique et culturel de la Pennsylvanie, il souligne la soumission de la Pennsylvanie aux États esclavagistes pour obtenir on ne sait quelles faveurs, enfin il leur abjure de renoncer à ce projet car ne pouvant que durcir les tensions raciales.

Rien n'y fait le , la réforme passe à une faible majorité de contre . Des Afro-Américains manifestent alors pour obtenir l'annulation de cet article, cela déclenche des émeutes de Blancs qui incendient le , lieu de réunions et de conférences des abolitionnistes. Régulièrement des Blancs font le siège de la maison de Robert Purvis, menaçant d'incendier sa maison et ses occupants, tant et si bien qu'en 1842, il doit emménager à Byberry dans les environs de Philadelphie pour se mettre à l'abri lui et sa famille. Il y fera construire une ferme en 1846...

Si Robert Purvis a échappé à la fureur des voyous blancs, en revanche, il n'échappa pas au racisme, les écoles locales obligent ses enfants à se mettre à part et sont plus punis que les autres, au point que Robert Purvis déposera en 1848, une plainte auprès des services chargés de la scolarité. Son action aboutit, les services communaux autorisent les enfants de couleur à fréquenter les écoles de façon normale, Robert Purvis a réussi la déségrégation scolaire. En tant que fermier, il élève entre autres des poulets, et a même remporté des prix sur la qualité de son élevage, et pourtant la refuse d'acheter ses poulets. Un de ses fils se voit refuser l'entrée d'un musée au prétexte de sa couleur.

Le est promulgué par le Congrès le Fugitive Slave Act qui autorise les agents des propriétaires d'esclaves et tous les officiels à arrêter toute personne suspectée d’être un esclave fugitif, sans que son propriétaire n’ait à prouver sa possession. Loi qui punit toute personne aidant un fugitif en lui fournissant des soins ou même de la nourriture d'une peine de six mois d’emprisonnement et d’une amende pouvant aller jusqu’à ... immédiatement Robert Purvis va détruire les registres de la Vigilant Association of Philadelphia, pour qu'on ne retrouve ni le nom des passeurs, ni le nom des endroits de refuge. Le , lors d'une réunion de la Pennsylvania Abolition Society, où il fustige cette loi inique, que c'est la plus grande douleur qu'il ait pu ressentir.

Par delà la couleur Robert Purvis va s'opposer à toute ligne d'action fondée sur la couleur de la peau. Invité en 1840 avec William Whipper à participer à une réunion ayant pour thème la Réforme sociale des citoyens de couleur, ils s'opposent à créer des sociétés exclusivement Afro-Américaines, au contraire Robert Purvis affirme que c'est en ralliant le plus de Blancs possible que la cause de l'émancipation des Afro-Américains et l'obtention de l'égalité des droits civiques pourra se faire. Ce à quoi lui rétorque que les opprimés doivent trouver par eux-mêmes les moyens de leur liberté. Les oppositions entre ces deux positions vont se durcir. En 1853, Frederick Douglass se sépare de lAmerican Anti-Slavery Society, quitte la rédaction du Liberator pour créer en 1847 un nouveau journal The North Star.. Leur brouille quant à la coopération avec les Blancs va atteindre un sommet lorsque Frederick Douglass lors d'un meeting va qualifier Robert Purvis d'être un ennemi des gens de couleur.

L'amertume En , la Cour suprême des États-Unis rend un arrêt historique concernant l'affaire Scott v. Sandford, qui déclare qu'un Noir, dont les ancêtres ont été amenés aux États-Unis et vendus comme esclaves, qu'il soit réduit en esclavage ou libre, ne pouvait être un citoyen américain et ne pouvait pas exercer une action en justice devant les tribunaux fédéraux, et que le gouvernement fédéral n'avait pas le pouvoir de réglementer l'esclavage dans les territoires fédéraux acquis après la création des États-Unis.... C'est un coup de tonnerre dans les milieux abolitionnistes, il en réclament à la Constitution, Robert Purvis déclare lors d'une réunion publique : . En 1860, à la réunion annuelle de la , il dit : . Il refuse un poste au Tribunal de Philadelphie, où il paie régulièrement des cautions pour gens qui ont sacrifié leur vie pour la liberté des fugitifs. Il ne pardonne plus rien aux abolitionnistes blancs qui présentent Thomas Jefferson comme un anti-esclavagiste il leur rappelle que lui, tout comme George Washington possédaient des esclaves.

La guerre de Sécession, l'espoir