vignette|L'intérieur du Grand Chaitya de Karli. Les grottes de Kārlī ou de Kārlā (marathi : कार्ला लेणी, IAST : « Kārlā lēṇī ») ou encore de KārlēLa terminaison du nom de lieu varie. À titre d'exemples, on trouve Kārlī chez et , Kārlā chez et Kārlē chez (ou encore

Karle (sans macron) chez ). Par ailleurs, selon James Burgess, le nom vient de celui d'un village avoisinant, Kārlā ou Kārlēṅ. sont un complexe d'anciennes grottes indiennes bouddhiques excavées à Karli, localité à une dizaine de kilomètres au nord-est de Lonavla, dans le Maharashtra. D'autres grottes se trouvent dans cette région : les grottes de Bhaja, les grottes bouddhiques de Patan, les grottes de Bedsa et celles de Nasik. Les sanctuaires ont été développés entre le avant notre ère et le de notre ère. On pense que le plus ancien sanctuaire de cette série de grottes remonte à 160 avant notre ère, et il serait apparu près d'une ancienne route commerciale majeure reliant la mer d'Arabie (à l'est) et le Deccan au sud.

Le groupe de Karli est l'un des plus anciens et des plus petits des nombreux sites bouddhiques taillés dans la roche au Maharashtra, mais il est l'un des plus connus en raison du célèbre « Grand Chaitya » (grotte 8), qui est George Michell, Southern India: A Guide to Monuments Sites & Museums, by Michell, Roli Books Private Limited, 2013, p. 374. On trouve à côté plusieurs vihara, dont certains fort ruinés.

De nombreux commerçants, des satrapes occidentaux d'origine indo-scythes ainsi que des souverains Satavahana ont subventionné et soutenu la construction et l'entretien de ces grottes. La situation de Karli dans le Maharashtra place cette localité dans une région qui marque la division entre l'Inde du Nord et l'Inde du Sud. S'étant identifiés au commerce et à la manufacture grâce à leur association précoce avec les commerçants, les bouddhistes avaient tendance à fonder leurs établissements monastiques dans des formations géographiques naturelles proches des principales routes commerciales afin de fournir des hébergement aux commerçants itinérants. Aujourd'hui, le complexe de grottes est un monument protégé dans le cadre de l'Archaeological Survey of India.

Affiliation Les grottes sont historiquement associées à la secte bouddhiste Mahāsāṃghika, qui jouissait d'une grande popularité dans cette région de l'Inde, et bénéficiait d'un riche mécénat , Buddhist Sects in India, 1998, p. 62 Jayant Gadkari. Society and Religion: From Rigveda to Puranas, 1996, p. 198. Les grottes abritent un monastère bouddhiste datant du , qui abritait autrefois deux grands piliers de 15 mètres de haut à l'extérieur du chaitya. Aujourd'hui, il n'en reste qu'un, et l'espace restant est occupé par un temple dédié à la déesse , vénérée notamment par les communautés Aagri et Kulî de Mumbai.

Architecture vignette| Sentier menant aux grottes de Karli. Le complexe de grottes de Karli est construit sur un coteau rocheux à environ 60 km de Pune, avec de grandes fenêtres taillées dans la roche pour éclairer l'intérieur des grottes. Les grottes font partie d'un grand nombre de grottes similaires creusées dans les collines Sahyadri au début du Ier millénaire de notre ère. Il y a au total seize grottes dans le groupe, dont trois qui sont, elles, liées au courant du bouddhisme mahâyâna. La plupart des grottes sont des lena (en marathi) la principale exception étant le grand chaitya, la grotte n° 8.

Grand Chaitya La grotte principale, qui porte le n° 8 et date de l'an 120, est un vaste chaitya, ou salle de réunion comportant un stûpa. Il s'agit du , mesurant de long pour une hauteur au plafond de haut. La salle présente des sculptures d'hommes et de femmes, ainsi que d'animaux tels que des lions et des éléphants. Ce Grand Chaitya, le plus grand d'Asie du Sud, a été construit et dédié en 120 par le souverain des Satrapes occidentaux ʻAlī JĀVID, World Heritage Monuments and Related Edifices in India, Algora Publishing, Vol. 1, 2008, 310 p.

p. 42. George Michell, Southern India: A Guide to Monuments Sites & Museums, Roli Books, 2013, 580 p.

, p. 72 « This hall is assigned to the brief period of Kshatrapas rule in the western Deccan during the 1st century. »" in George Michell, Philip H. Davies, Guide to Monuments of India 1: Buddhist, Jain, Hindu, Viking, 1989. p. 374.

Chronologie vignette| L'entrée du grand chaitya, partiellement masquée, en 1862. Le chaitya de Karli suit, en les améliorant, plusieurs autres chaitya excavés qui avaient été construits dans l'ouest de l'Inde sous parrainage royal. Dans la chronologie de ces premières grottes chaitya, il se peut que la première construction soit la grotte 9 de l'ensemble des , puis la n° 12 des grottes de Bhaja et n° 10 des grottes d'Ajanta, vers le . Ensuite, par ordre chronologique : la grotte 3 à , la grotte de Kondane n° 1, la n° 9 à Ajanta — qui, avec ses motifs plus ornés, pourrait avoir été construite environ un siècle plus tard — la grotte 18 de l'ensemble de Nasik et la grotte de Bedsa n° 7, pour finalement culminer dans la « perfection finale » du Grand Chaitya de Karli.

Caractéristiques

Le chaitya n° 8 suit le modèle habituel pour la période, mais ses dimensions sont exceptionnelles. En outre, le bâtiment est aussi exceptionnel dans la mesure où il a conservé les éléments d'origine en bois : les nervures de la voûte, proéminentes, ainsi que autres éléments en bois du toit, et l'ombrelle qui couronne le stupa-dagoba. Si le modèle du chaitya n'a survécu que dans des exemples d'architecture rupestre, ceux-ci reproduisent dans la pierre les formes venant d'exemples en bois et en chaume. Dans la plupart des chaityas taillés dans la roche, les bois de la voûte sont reproduits en pierre, avec un effet visuel considérable ; toutefois, dans d'autres cas, on a recouru à du bois véritable, pour des raisons purement esthétiques et non pas vraiment structurelles. Dans la plupart de ces cas, le bois s'est depuis longtemps décomposé, comme dans la chaitya de la grotte n° 3 des grottes de Kanheri. Ici, bien que certaines aient été remplacés sous Lord Curzon au , la plupart sont d'origineMichell, p. 374; .

Citant James Fergusson, R.C. Majumdar explique que Ramesh Chandra Majumdar, Ancient India, Delhi, Motilal Banarsidass, 1977 p.225. LE GRAND CHAITYASauf mention contraire, les informations de cette partie proviennent de Fergusson & Burgess, 1880, p. 232-242 (v. Bibliographie)Caractères généraux200x200pxGrand Chaitya à l'extrême droite (derrière la tente orange),C'est certainement le chaitya le plus grand et le mieux réussi de son genre et il a été excavé à une époque où le style était dans sa plus grande puretéBurgess in . Tous les défauts architecturaux des exemples précédents en sont supprimés, et les piliers de la nef sont assez perpendiculaires. La façade est ornée de sculptures — apparemment pour la première fois dans une telle mesure — et le style a atteint une perfection qui n'a jamais été dépassée par la suite. Les dimensions générales de l'intérieur sont de de l'entrée au mur du fond, par de largeur. Les bas-côtés, cependant, sont assez étroits, la nef centrale faisant de large, de sorte que chacun des couloirs latéraux ne fait que de large, épaisseur des piliers comprise. La hauteur sous v0ûte du chaitya est de .

Devant le chaitya se dresse un colonne imposante au fût cannelé avec seize faces, surmontée d'un chapiteau avec quatre lions, qui rappellent ceux du pilier d'Ashoka à Sarnath. Une inscription sur le fût indique que la colonne a été réalisée par un Mahârathi. Les lions soutenaient probablement une roue du dharma (dhammachakra). Un pilier devait répondre à celui-là sur l'autre côté, mais il s'est effondré ou a été enlevé pour laisser place au petit temple hindou qui s'élève maintenant à cet endroit.Véranda267x267pxPanneau latéral gauche de la véranda et partie de l'entrée.Le porche extérieur, ou véranda, est considérablement plus large que le corps du bâtiment, puisqu'il mesure 16 m de large sur 4,5 m de profondeur, et il est fermé devant par un écran composé de deux forts piliers octogonaux, sans base ni chapiteau, soutenant ce qui est maintenant une simple masse de roche, mais qui était autrefois ornée d'une galerie en bois formant l'ornement principal de la façade. Au-dessus, une petite colonnade ou un grenier de quatre colonnes entre pilastres amenait la lumière à la grande fenêtre, et celle-ci était à nouveau surmontée d'une corniche en bois ou d'un ornement quelconque.Entrée200x200pxVue de l'entrée. Aquatinte de Thomas Daniell, d'après James Wales. 1803.L'entrée se compose de trois portes coiffées par un arc en fer à cheval et surmontées par un linteau à motifs géométriques. La porte du milieu ouvre sur la nef centrale, les deux autres sur les bas-côtés. Au-dessus du linteau, s'élève le vaste espace supérieur de la nef, qui n'est pas fermée par un mur. Comme dans toutes les salles de chaitya, cette ouverture forme une vaste fenêtre, seule source d'éclairage de l'intérieur. Cette grande fenêtre est à son tour encadrée par un arc outrepassé, motif que l'on retrouve comme ornement sur les façades latérales de la véranda qui précède la salle du chaitya, et que l'on rencontre fréquemment à cette époque, comme à Bhaja, Bedsa et Nasik. À l'intérieur de la voûte se trouve un cadre ou un cintrage en bois, indépendant. Il est, comme les nervures de l'intérieur, contemporain du bâtiment. Les sculptures sur les murs entre les portes sont pour la plupart beaucoup plus récentes que la grotte elle-même. Toutes les figures de Bouddha qui y sont représentées sont de date tardive et appartiennent à l'école Mahayana. Cependant, les plus grandes paires de figures sont plus anciennes et pourraient être originales. Les inscriptions ultérieures les datent du temps du roi Satavahana (r. vers 85-125 de notre ère).Intérieur267x267pxIntérieur du Grand Chaitya de Karli (vers 120).L'intérieur est solennel et grandiose. un volume de lumière indivis traversant une seule ouverture en hauteur, tombe, grâce à un angle très favorable, directement sur le dagoba (ou stûpa) — qui est la partie principale de l'édifice —. laissant le reste dans une obscurité relative. L'effet est considérablement renforcé par les colonnes épaisses et rapprochées qui séparent les bas-côtés de la nef, car elles suffisent à empêcher que l'on voie les murs d'enceinte et, comme il n'y a pas d'ouverture dans les murs, la vue entre les piliers est pratiquement indéfinie.Placé sous la voûte en cul-de-four de l'abside, plus ou moins à l'endroit où se trouve l'autel dans les églises chrétiennes, on trouve un dagoba (stupa construit à l'intérieur), en l'occurrence un dôme simple sur un tambour circulaire à deux niveaux, les bords supérieurs de chaque niveau présentant un ornement en forme de balustrade. Juste en dessous des ornements de la rangée inférieure se trouvent des trous ou des mortaises pour la charpenterie, qui peuvent avoir été ornés de tentures, qui ont pu être un ornement habituel de ces monuments, selon ce que suggèrent certaines représentations sculptées. Le dôme est surmonté d'un chapiteau ou d'une sorte pyramide à degrés inversée, et au-dessus de celui-ci se dresse encore une ombrelle en bois, un peu pourrie et déformée par le temps. Cette ombrelle était initialement circulaire et minutieusement sculptée sur la surface inférieure.