Madrigal () est une pièce de musique vocale en quatre parties de Gabriel Fauré sur un poème d'Armand Silvestre, composée en 1883, à l'occasion du mariage du compositeur et chef d’orchestre André Messager avec sa première épouse.

Composition Fauré aimait les poèmes de Silvestre et en a mis plusieurs en musique. Le poème qui va devenir un madrigal, intitulé Pour un chœur alterné, est issu du recueil de Silvestre de 1878, La chanson des heures. Avec le sujet du poème, de jeunes hommes et femmes s'accusent mutuellement d'égoïsme et de cruauté dans des affaires de cœur, Fauré fait de cette chanson un cadeau de mariage malicieux pour son ami et ex-élève André Messager, qui en est le dédicataireCadeau humeur de mariage, car Fauré donna une composition entièrement différente pour la dernière strophe Un même destin nous poursuit. Avec une beauté exceptionnelle de cette partie, l'œuvre peut être considérée comme épithalame d'humeur, ce qui peut expliquer la circonstance de composition..

Ce madrigal est écrit pour être chanté par un quatuor vocal ou un chœur, avec piano ou un accompagnement orchestral. Il est réutilisé en 1919 dans les Masques et bergamasques du même compositeur.

La particularité de cette pièce est que le début de la mélodie n'est autre que celle de la cantate de Jean Sebastien Bach, Aus tiefer Not schrei ich zu dir, ainsi que sa fugue , ce qui reste unique parmi les compositions de FauréJean-Michel Nectoux, Gabriel Fauré : A Musical Life, p. 108, Cambridge University Press 2004 (partitions). Le pianiste et universitaire Graham Johnson commente que la chanson a « la vivacité et la suggestivité d'un discours du témoin lors d'un mariageJohnson, . ».

L'œuvre a été créée lors d'un concert de la Société nationale de musique le par le chœur de la société. Elle a été publiée chez Hamelle la même année. La première de la version orchestrale a été donnée par le quatuor et l'orchestre de la société le Nectoux, p. 538. Fauré a ensuite incorporé la mélodie sous sa forme orchestrale dans sa musique de scène Masques et bergamasques (1919)Jones, pp. 179–181.

Texte (Les jeunes gens) Inhumaines qui, sans merci, Vous raillez de notre souci, Aimez ! Aimez quand on vous aime !

(Les jeunes filles) Ingrats qui ne vous doutez pas Des rêves éclos sur vos pas, Aimez ! Aimez quand on vous aime !

(Les jeunes gens) Sachez, ô cruelles Beautés, Que les jours d'aimer sont comptés. Aimez ! aimez quand on vous aime !

(Les jeunes filles) Sachez, amoureux inconstants, Que le bien d'aimer n'a qu'un temps. Aimez ! aimez quand on vous aime !

(Ensemble) Un même destin nous poursuit Et notre folie est la même : C'est celle d'aimer qui nous fuit, C'est celle de fuir qui nous aime !

Enregistrement

1992 : album Melodies Vol. 2, par Natalie Dessay, Béatrice Uria-Monzon, François Le Roux, Jean-Paul Fouchecourt

Notes, références et sources

Notes

Références

Sources

Liens externes

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