Les élections législatives françaises de 2022 ont lieu les et afin d'élire les de la de la Cinquième République.

Ces élections législatives font suite à l'élection présidentielle organisée au mois d', dont le second tour a vu le président sortant Emmanuel Macron (La République en marche - LREM) être élu pour un second mandat face à Marine Le Pen du Rassemblement national (RN), tandis que Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise (LFI), a terminé à la troisième place.

Jean-Luc Mélenchon, durant l'entre-deux-tours, appelle les Français à « l'élire Premier ministre ». Dans les semaines qui suivent, il est à l'origine de la création de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) regroupant LFI et les autres partis de gauche : le Parti socialiste (PS), Europe Écologie Les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF). Les différents partis de la majorité se regroupent aussi au sein d'une coalition nommée Ensemble.

Le premier tour est marqué par une abstention record de 52,5 %, et par une quasi-égalité entre la NUPES et Ensemble. D'après le ministère de l'Intérieur, touché par une polémique sur la manière dont il a attribué les nuances politiques, la coalition gouvernementale arrive en tête, tandis que d'après le journal Le Monde, qui effectue un recomptage, c'est la NUPES qui est en tête.

Le second tour est marqué par une abstention de 53,8 %, cependant moindre que celle de 2017 et aboutit à un parlement minoritaire. Ensemble reste la principale force de l'Assemblée nationale avec 245 sièges, mais perd largement sa majorité absolue. Les partis de la NUPES obtiennent en cumulé 151 sièges, doublant la représentation des partis de gauche par rapport à 2017, notamment en raison des résultats obtenus dans les métropoles, un résultat néanmoins moindre que ce que les projections annonçaient dans l'entre-deux tours.

Le RN surprend les pronostics des sondages en effectuant, malgré un mode de scrutin historiquement défavorable à l'extrême droite, une percée électorale avec grâce à de bons résultats dans les départements ruraux. Il soutire ainsi la place du principal parti d'opposition que détenaient Les Républicains (LR) lors la législature sortante, qui perdent la moitié de leur représentation tandis que l'Union des démocrates et indépendants (UDI) disparaît presque totalement de l'hémicycle. Leur positionnement leur permet néanmoins d'obtenir un statut d'arbitre lors des travaux parlementaires.

Pour la première fois depuis les législatives de 1988 et l'instauration du quinquennat en 2000, le président élu ne dispose que d'une majorité relative dans la foulée de l'élection présidentielle. La nouvelle législature est ainsi l'une des plus fragmentées de la République et inaugure une période de tripartisme entre la gauche, les libéraux et l'extrême droite, situation perçue par les commentateurs comme un désaveu pour le président Macron et un risque de grande instabilité politique et de blocages institutionnels en raison des faibles possibilités d'accords. Le taux de participation enregistre en revanche une nouvelle chute, en légère baisse par rapport au précédent record de 2017.

Contexte

Contexte institutionnel Depuis les débuts de la Cinquième République, les élections législatives organisées dans la foulée de l'investiture d'un président élu ont toujours permis à ce dernier de disposer à l'Assemblée nationale d'une majorité absolue ou relative. Cette caractéristique, connue sous le nom de « fait majoritaire », est renforcée par le mode de scrutin majoritaire uninominal. Depuis le passage au quinquennat présidentiel en 2000 et le report des élections législatives après l'élection présidentielle, la coïncidence des scrutins est devenue systématique. Ce changement a contribué à présidentialiser le régime au détriment du pouvoir législatif.. En outre, la cohabitation est rendue plus improbable puisqu'elle implique qu'une partie des électeurs reviennent sur leur choix dans la foulée de l'élection présidentielle.

En 2022, l'écart entre la présidentielle et les législatives est de cinquante jours, soit quatorze jours de plus que lors des quatre précédents mandats, un écart jugé susceptible d'accroître l'indécision du scrutin.

Assemblée sortante et élection présidentielle de 2022 À l'issue des élections législatives de 2017, le parti du président Emmanuel Macron, La République en marche et ses alliés remportent la majorité à l'Assemblée nationale, avec les groupes La République en marche (), Mouvement démocrate et apparentés () et Agir ensemble, créé en (neuf députés), soit un total de . En 2022 cependant, ce total ne s'élève plus qu'à 346, à la suite des exclusions et sorties volontaires de plusieurs députés...

Emmanuel Macron est reconduit pour un deuxième mandat au terme de l'élection présidentielle d'avril 2022. Le président sortant remporte au second tour 58,54 % des suffrages exprimés face à Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national (RN). Arrivé en troisième place au premier tour avec 21,95 % des suffrages, Jean-Luc Mélenchon confirme son mouvement La France insoumise comme la première force à gauche. Pour beaucoup d'observateurs, la vie politique française est recomposée en trois blocs de votants : une gauche radicale, un centre libéral et l'extrême droite....

Comme pour le scrutin présidentiel de 2017, les partis politiques traditionnels échouent à se qualifier pour le second tour. Leurs résultats sont plus bas que ceux obtenus cinq ans plus tôt. Le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), représentés respectivement par Anne Hidalgo et Valérie Pécresse, s'effondrent avec des scores historiquement faibles : moins de 5 %..

À la tête de son parti nouvellement créé, Reconquête (REC), le candidat d'extrême droite Éric Zemmour totalise 7 % des voix et termine quatrième. Éliminé au premier tour, il appelle son électorat à voter pour Marine Le Pen qu'il a critiquée tout au long de la campagne électorale...

Enjeux financiers

Depuis 1988, le financement public des partis politiques est prévu par la loi, le montant total des aides publiques pour 2022 est de soixante six millions d’euros. Les montants alloués à chaque parti sont fonction de leurs résultats en voix et du nombre de parlementaires élus aux élections législatives de 2022Article 8 de la .

Ainsi, la NUPES et Ensemble bénéficieront chacune de dix millions d'euros d'aide publique par an au titre de leurs résultats en voix, à répartir pour chaque coalition entre leurs partis. Le RN touchera sept millions d'euros, et le Parti animaliste , du fait d'avoir recueilli ..

En ajoutant les accordés pour chaque député élu, la coalition Ensemble touchera un total de presque 95 millions d'euros en cinq ans. La NUPES percevra quant à elle 72 millions d'euros, tandis que les Républicains, n'ayant pas respecté la parité femmes hommes, verront leurs subventions amoindries de 42% à 24 millions d'euros.. Le RN peut compter sur le double, à savoir un total de 50 millions d'euros de financement public en cinq ans..

Perception du scrutin Les élections législatives suivent l'élection présidentielle où la presse estime que l'absence de débat télévisé au premier tour a fait baisser l'intérêt.. Les opposants à Emmanuel Macron jugent que sa réélection découle une nouvelle fois d'un important vote de rejet de l'extrême droite et d'un nouveau barrage républicain.

Les deux tiers des français se disent favorable à une cohabitation dans les jours qui suivent sa réélection. mais Jean-Luc Mélenchon est dans le même temps loin de faire l'unanimité pour prendre la tête du gouvernement si la situation se produit, près de la moitié des français estimant qu'il Analyse et réactions au sondage Opinion Way auprès de 1028 personnes, les 15 et 16 juin 2022 .

Parallèlement, seulement , ce qui a pour effet de , selon Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos"Législatives 2022 : « L’Assemblée connaîtra un retour en force de la gauche », interview au quotidien Le Parisien de Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos le 11 juin 2022 , qui a identifié « 127 circonscriptions où le résultat se jouera à un ou deux points près » contre seulement 77 aussi serrées en 2017"Législatives, J-1 : abstention, dernières tendances... pourquoi rien n’est joué", article d'analyse par Henri Vernet dans Le Parisien le 11 juin 2022 .

Situation des partis Majorité présidentielle Le parti du président, La République en marche, qui dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale depuis 2017, forme dans la foulée de l'élection présidentielle une confédération du centre et du centre droit baptisée Ensemble avec le parti centriste MoDem de François Bayrou et les partis de centre-droit Agir et Horizons, ce dernier étant dirigé par l'ex-Premier ministre Édouard Philippe.

Union de la gauche La France insoumise, à la faveur de la troisième place obtenue par Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle, devient le principal parti de gauche. Il fédère autour de lui Europe Écologie Les Verts, le Parti communiste français et le Parti socialiste au sein d'une large coalition nommée la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. Pour la première fois depuis la gauche plurielle en 1997, les partis de gauche se présentent rassemblés aux élections législatives, à l'exception du Nouveau Parti anticapitaliste, avec lequel les négociations échouent. Lutte ouvrière et le Parti ouvrier indépendant démocratique décident chacun de se présenter seuls.

Absence d'accord à l'extrême droite Le Rassemblement national, parvenu au second tour de l'élection présidentielle, ne souhaite conclure aucune alliance avec les autres formations de la droite ou de l'extrême droite, notamment le parti Reconquête d'Éric Zemmour. Ce dernier présente sous son étiquette des candidats de trois petits partis de la droite conservatrice : le Mouvement conservateur, Via et le CNIP. De leur côté, le parti Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan et le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot se présentent ensemble sous les couleurs de l'Union pour la France.

Reconduction de l'alliance des partis de la droite traditionnelle Le parti Les Républicains subit la défection de quelques députés sortants, à la suite du faible score obtenu par Valérie Pécresse à l'élection présidentielle, mais l'Union de la droite et du centre (UDC), formée avec l'UDI et Les Centristes lors des précédents scrutins locaux, est reconduite pour ces élections législatives.

Système électoral

vignette|Logo des élections. L'Assemblée nationale est composée de pourvus pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans autant de circonscriptions.

Est élu au premier tour le candidat qui réunit la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits dans la circonscription. Si aucun des candidats ne satisfait ces conditions, un second tour est organisé entre les candidats ayant réuni un nombre de voix au moins égal à un huitième des inscrits (12,5 %) ; les deux candidats arrivés en tête du se maintiennent néanmoins par défaut si un seul ou aucun d'entre eux n'a atteint ce seuil. Au second tour, le candidat arrivé en tête est déclaré éluArticles et du code électoral..

Le seuil de qualification, basé sur un pourcentage du total des inscrits et non des suffrages exprimés, rend plus difficile l'accès au second tour lorsque l'abstention est élevée. Le système permet en revanche l'accès au second tour de plus de deux candidats si plusieurs d'entre eux franchissent le seuil de 12,5 % des inscrits. Les candidats en lice au second tour peuvent ainsi être trois, un cas de figure appelé . Les seconds tours où s'affrontent quatre candidats, appelés sont également possibles, mais beaucoup plus rares.

Dates