L'artisanat marocain fait référence aux différents produits issus du savoir-faire et de l'héritage culturel marocains. Plus de artisans marocains ont été identifiés par le Ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire., dont près de sont pré-immatriculés avec la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.. Environ artisans sont inscrits au Registre National de l’Artisanat...
Les premiers habitants connus du Maroc, les Berbères, ont été les précurseurs dans le domaine de l'artisanat surtout dans le travail de la laine (tapis), le fer et l'argent (bijoux), les ustensiles divers et l'argile (poterie). Après l'islamisation et la venue des Arabes, d'autres formes d'artisanat se sont développées : travail du cuivre (ustensiles divers, tables), du bois, de l'osier, de l'alfa et de l'argile (poterie).
Cet artisanat couvre pratiquement tout le Maroc et chaque région possède ses propres spécialités, tirées des matières premières qui s'y trouvent en abondance. Mais les villes les plus connues pour leur artisanat sont Fès (cuir, cuivre, argent, or, tissus), Marrakech (cuir, cuivre, tapis), Essaouira (bois, tapis, argent) et Rabat-Salé (poterie). Les régions d'Agadir et du Tafilalet possèdent aussi un artisanat de valeur. Meknès est la seule ville où l'on peut rencontrer des artisans pratiquant la damasquinerie (art de la gravure sur acier qui permet de confectionner vases, bijoux...).
Le secteur de l’artisanat représente 7 % du PIB du Maroc et génère environ 15 milliards de dirhams de recettes en devises au total (incluant l’impact touristique).. Les exportations du secteur de l'artisanat sont passées de 792 millions de dirhams en 2019 à 1,232 milliard en 2025. Les États-Unis constituaient le principal marché importateur avec 49 % des exportations, suivis de la France avec 10,5 %. Le secteur contribuerait également à l’emploi à hauteur de 20 % de la population active, avec une participation féminine estimée à 54 %. Par ailleurs, il représenterait environ 7 % du produit intérieur brut (PIB), 7,6 % des exportations nationales et 10 % des recettes du secteur touristique. Selon la même source, le taux d’insertion professionnelle des diplômés atteindrait 85 %https://lopinion.ma/fr/actu-maroc/baitas--lartisanat-marocain-bat-un-record-avec-123-mmdh-dexportations-en-2025-_a76385?articleId=abb2f934-019b-493b-9628-8ec43e74c3cf.
Domaines
L'artisanat marocain est très diversifié, il fait appel à plusieurs matières premières telles la laine, le cuir, le bois, l'osier, l'alfa, l'argile, la pierre, le marbre, le cuivre, le fer, l'argent, l'or.
Une des grandes spécialités artisanales du Maroc est le travail de la céramique. Les artisans potiers, dont beaucoup produisent dans la région de Safi (ouest marocain), utilisent la technique de la "double cuisson" : l'argile est d'abord modelé puis cuit une première fois. Il est ensuite peint et le "biscuit" passe une seconde fois au four, ce qui donne un aspect verni aux couleurs. Le produit le plus connu et le plus vendu est le tajine. Si la plupart des tajines peints sont vendus aux Occidentaux et sont d'un usage purement décoratif, la quasi-totalité des familles marocaines possède et utilise quotidiennement un tajine "beldi", c'est-à-dire non décoré et à usage alimentaire.
vignette|Récipient zalafa décoré de l'étoile à six branches. Les potiers marocains produisent également cendriers, vases, plats, saladiers... Le travail de l'argile Le travail de l'or La poterie Le travail du bois L'art du tapis Le travail du cuir La production de l'argent Le travail du métal (cuivre, fer et argent surtout) (toreutique.) Le travail de la terre Le travail du textile La vannerie La broderie Soin et beauté
Sculpture sur plâtre
Mahmoud Bayrem Ettounsi dit en parlant du Maroc : . Cette industrie avait disparu en Tunisie, mais le ministre Khayr al-Din l’a ravivée grâce à un artisan marocain expérimenté qui l'a transmise à des Tunisiens jusqu’à ce qu’ils en maîtrisent parfaitement les techniques.
Les produits artisanaux nationaux furent ensuite la principale contribution du Maroc à plusieurs expositions internationales en France, à commencer par la deuxième Exposition de Paris en 1285 H / 1867. Le pavillon marocain présentait toutes sortes d’objets rares propres au pays : selles dorées, ceintures ornées, étoffes raffinées, et bien d’autres choses, du plus précieux au plus simple, y compris les zelliges de Fès et les maîtres artisans qui les incrustaient sur place.
Ces produits exposés allient l’art à l’économie industrielle. Mohamed Bayram al-Tunisi dit :
Tazouaqt
Également connu sous le nom de (Zouaq) désigne la pratique traditionnelle de peinture sur bois au Maroc. Cette technique est particulièrement valorisée dans des villes comme Fès, Marrakech et Chefchaouen, où les ouvrages en bois ne sont considérés comme achevés que lorsqu'ils sont peints. Le Tazouaqt reste l'un des caractères les plus affirmés de l'artisanat architectural au Maroc. vignette|340x340px|Auvent, façades et plafond en bois peint de la fontaine de Sidi Bel Abbas de Marrakech, Maroc vignette|340x340px|Bois peint à l'entrée du mausolée de Moulay Idriss II à Fès, Maroc
Motifs géométriques de tazouaqt gauche|vignette|Motif géométrique marocain d'étoile à 32 branches. Les zawwaqa (en marocain : artisans peintres) réalisent des motifs géométriques ou floraux. Ils suivent la "Ḥasba" et la "Qasma", des règles de tracés géométriques nommées d'une façon générale Tastīr. Certains zouaq ont une composition seulement géométrique qui obéit comme chaque technique aux règles des tracés régulateurs. La Ḥasba et la Qasma construisent des méthodes de construction de motifs géométriques purement marocains. Ces méthodes ne sont pas utilisées seulement pour le Zouaq, mais elles sont utilisées pour tracer des motifs géométriques pour tous les autres arts traditionnels : bois, plâtre, pierre ou marbre sculpté, métal ciselé ou gravé, zellige, etc.
Selon la surface que l'on veut peindre, le type de motif géométrique a un coefficient qui peut être un nombre entier ou un nombre rationnel. Il est déterminé par un calcul propre à ces méthodes.
Nomenclature des motifs géométriques Les méthodes de tracé géométrique permettent la construction des motifs simples ainsi que des motifs complexes. Pour des valeurs élevées des coefficients, les motifs deviennent de plus en plus complexes. Certains motifs géométriques ont une forme de système planétaire; grandes étoiles au centre entourées d'autres petites étoiles. La partie centrale de la grande étoile est nommée " Naa'ora " (ناعورة). Le nom de chaque motif dépend du nombre de branches de chaque étoile. Si, par exemple, l'étoile centrale est à 16 branches, entourée d'étoiles à 8, le motif s'appelle alors «Stachri Bel Mtammen» signifiant «étoile à 16 avec étoiles à 8». centré|vignette|779x779px|Motif géométrique marocain d'étoile à 16 branches entourée d'étoiles à 8, nommé "Stachri Bel Mtamman".
Composants de la peinture du Zouaq : Pigments et liants À l’origine, la peinture minérale en poudre était souvent employée. En la mélangeant avec de la colle de peau et en faisant chauffer le tout sur un brasero. Quelques peintures sont à base de jaune d'œuf, surtout celles qui sont destinées à décorer un fond ocre.
Les origines des pigments différaient d'une ville à l'autre. Dans chacune, le m’allem (artisan) utilisait des matériaux locaux disponibles dans sa ville ou dans ses régions. vignette|407x407px|Pigments et liants utilisés traditionnellement dans Tazouaqt. Dans la figure ci-contre : Laine de mouton carbonisée qui se mélange avec la colle de peau. Substance crayeuse qui ressemble au gypse. Bleu indigo " Nila ". Jaune de curcuma. Henné mélangé avec des pelures de grenade. Paprika. Feuille de grenadier. Poudre de coquelicot " ‘ekar fāssi " mélangée avec des pelures de grenade. Colle de peau utilisée comme liant. Sulfate de cuivre " Ḥedida zarqa ".
La peinture rouge, en bas à droite de la figure, est obtenue par un mélange de paprika, de feuilles de grenadier, de poudre de coquelicot et de pelure de grenade.
La préparation de ces pigments naturels consiste en un broyage, traditionnellement au mortier et pilon.
Quant aux noms de couleurs, les m’allems (artisans) avaient leur propre jargon. Ils ont utilisé pour chaque couleur plusieurs noms en fonction de son degré, par exemple: " qalb lbanana ", qui signifie " cœur de banane ", était utilisé pour désigner le jaune clair, et " zraq Ellīl ", qui signifie " bleu de la nuit ", était utilisé pour désigner le bleu foncé. La couleur obtenue du mélange de deux couleurs était appelée " Mūssekh " qui signifie sale (car il ne s'agit pas d'une seule couleur pure).
Étapes de réalisation vignette|429x429px|Plafond en bois peint portant un motif géométrique à dar Ssi Said à Marrakech La technique du zouaq et ses motifs sont généralement codifiés et les règles d'application sont connues chez les M'allems, cependant, la finesse et la beauté de chaque œuvre réalisée dépend et diffère selon le talent de chaque M'allem. D'ailleurs, si deux artisans travaillent, par exemple, sur le même plafond, distinguer le zouaq exécuté par chaque M'allem n'est pas très difficile si l'on y regarde de près.
D'une façon générale, le menuisier ou le charpentier prépare le bois, puis le Tazouaqt se fait sur les trois étapes suivantes :
Impression du motif L'empreinte du motif sur la surface qui est déjà peinte avec une couleur de fond unie, qui est souvent la couleur ocre rouge. Pour imprimer les traces du motif, l'artisan utilise un tampon de poudre fabriqué à la main.
Ṭriḥ Avec les couleurs déjà sélectionnées et préparées, et à l'aide du pinceau traditionnel, le motif tracé est peint (où la surface est exempte de poudre) avec précision et sans trembler, en posant la main portant le pinceau sur la paume de l'autre.
Tazyīn Une fois la peinture appliquée à l'étape «Ṭriḥ» séchée, la poudre devient inutile, elle est par la suite jetée. Étape suivante, un trait plus petit est tracé sur les bords du motif avec un autre pinceau plus fin, avec la couleur blanche ou noire.
Maroquin Le maroquin (ou cuir marocain) est une peau de chèvre épaisse tannée au ou à la noix de galle, le nom dérive du terme Maroc.... Elle a un grain apparent, large et irrégulier. Elle est utilisée en reliure pour les ouvrages qui ont vocation à être souvent manipulés, car elle est très résistante, à l’inverse de la peau de chagrin, à grain plus petit et fragile ou de la peau d’agneau, fine et facilement déchirable.
Les termes de « chèvre maroquinée » sont couramment utilisés en reliure.
Il existe un maroquin à grain long, qui semble étiré ou strié de petites hachures parallèles. Rare et prisé, il se rencontre surtout au , sur des reliures de grande qualité.
Le cuir de Russie ne doit pas être confondu avec le maroquin. Il s'agit d'un cuir de bovin ou, plus rarement de renne, tanné aux écorces de bouleau et de saule ce qui le rend résistant à la moisissure et aux insectes..
Le maroquin peut également être écrasé par un passage à la calandre. Son grain, moins visible, prend alors un aspect un peu glacé.
Certains meubles de la Renaissance ont été entièrement recouverts de maroquinMusée Renaissance.fr..
Zellige Le zellige, zliz, zellij, zellidj ou encore jellizsuivant les régions, (de l'arabe : , « petite pierre polie ») est un type de mosaïque ornementale dans le domaine de l'architecture islamique. Les éléments unitaires, appelés « tesselles », sont des morceaux de carreaux de faïence colorés monochrome artisanaux. Ces morceaux de terre cuite émaillées sont découpés un à un et assemblés sur un lit de mortier pour former un assemblage géométrique polychrome. Il décore aussi bien les monuments religieux que les palais et certaines habitations privées.