Dans la mythologie grecque, Thalie ou Thalia (en grec ancien ) est une Néréide, fille de Nérée et de Doris, citée par HésiodeHésiode, Théogonie (vers 240 à 264), HomèreHomère, Iliade (chant XVIII, vers 38 et suivants) et HyginHygin, préface des Fabulae dans leurs listes de Néréides.
Étymologie Thalie est une francisation du nom grec Thalia () qui dérive du grec , « fleurir, verdoyer ».. Il signifie donc « la Joyeuse », « la Florissante » ou « celle qui verdoie », en lien ici avec la végétation aquatiqueAlbin Lesky, Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft (dite Pauly-Wissowa), article Thaleia 3, volume V A,1, colonne 1207 (paru en 1934)..
Description Peu de détails sont donnés sur elle. Hésiode la décrit cependant comme l’agréable Thalie (Thaleia t' erateinê) dans sa Théogonie.
Famille Ses parents sont le dieu marin primitif Nérée, surnommé le vieillard de la mer, et l'océanide Doris. Elle est l'une de leur multiples filles, les Néréides, généralement au nombre de cinquante, et a un unique frère, Néritès. Pontos (le Flot) et Gaïa (la Terre) sont ses grands-parents paternels, Océan et Téthys ses grands-parents maternels.
Mythologie Thalie est mentionnée comme l'une des 32 Néréides qui se rassemblent sur la côte de Troie, remontant des profondeurs de la mer pour pleurer avec Thétis la mort future de son fils Achille dans l'Iliade d'Homère.
D'après Virgile, elle fait aussi partie du cortège de Poséidon : Glisse légèrement le char bleu foncé [de Poséidon] sur la surface de la mer: (...) Puis viennent ses serviteurs (...) À gauche se trouvent Thétis et Mélite et la jeune fille Panope, Nesée aussi, et Spéio, Thalie et Cymodocée. Virgile, Énéide 5.825
Elle fait aussi partie des nymphes marines réunies auprès de Cyrène lorsque son fils Aristée se lamente de la perte de ses abeillesVirgile, Géorgiques 4.338.
Représentations
La Néréide Thalie apparait à de nombreuses reprises dans l'archéologie et l'iconographie des céramiques de la Grèce antique, identifiée sans ambiguïté par rapport à la Muse ou à la Grâce du même nom. Ces pièces sont cruciales pour les chercheurs, car elles prouvent que les peintres de vases du Vᵉ siècle av. J.-C. ne considéraient pas les Néréides comme un groupe anonyme mais s'inspiraient bien des poèmes d'Homère et d'Hésiode pour individualiser chaque nymphe marine avec sa propre identité visuelleH.A. Shapiro, Personifications in Greek Art, 1993Guy Hedreen, Capturing Troy: The Narrative Language of Classical Myth, 2001, Chapitre 6: The Cult of Achilles in the Euxine Sea and the Iconography of the Nereids, pages 226 à 233.
La représentation la plus célèbre la concernant se trouve sur un pyxide attique à figures rouges à présent au British Museum. Le vase, attribué au Peintre d'Érétrie, dépeint l'intimité des Néréides dans leur demeure aquatique, la scène d'intérieur simulant les préparatifs d'un mariage. Le décor circulaire continu se compose de huit Néréides et d'une petite servante, toutes identifiées individuellement par des inscriptions peintes au-dessus d'elles. Thalie apparait avec les cheveux détachés, entre ses sœurs Cymothoé et Glaucé. Juste à côté d'elle, une inscription peinte en grec ancien indique explicitement son nomBritish Museum, numéro d'inventaire 1895,1029.2 voir en ligneCorpus vasorum antiquorum (CVA) : Great Britain Fascicule 3, British Museum Fascicule 2. Planche 18, Numéro 4 (ou Planche 82 dans la numérotation continue de la Grande-Bretagne).
Thalie apparait aussi sur les fragments d'un grand cratère en calice à figures rouges du Vᵉ siècle av. J.-C., attribué à l'entourage du Peintre de la Gigantomachie et conservé au Musée national archéologique d'Athènes. Ce vase a été retrouvé brisé : de nombreuses parties manquent et seules quatre Néréides disposent encore de leur inscription nominative lisible. Il illustre l'arrivée des Néréides apportant à Achille les armes divines forgées par Héphaïstos. Thalie est représentée chevauchant un hippocampe, les cheveux attachés en chignon, et tient délicatement le casque d'Achille doté d'un grand cimier. Son nom est inscrit juste au-dessus de sa chevelure pour la distinguer de ses sœurs qui l'escortent, Glaucé se situant à sa gauche et une autre Néréide dont le nom n'a pas été préservé à sa droite (Cymodocée et Cymothoé sont les deux autres Néréides dont nous avons le nom)Musée national archéologique d'Athènes - Numéro d'inventaire : National Museum 14502 (abrégé en Athens NM 14502).Corpus vasorum antiquorum (CVA) : Greece Fascicule 1, Athens National Museum Fascicule 1. Planches 8 et 9, Numéro 4 (qui montrent les fragments réassemblés du cortège des Néréides apportant les armes d'Achille).
Une autre représentation plus tardive (IVᵉ siècle av. J.-C.) se trouve sur un fragment de céramique de style apulien dit de GnathiaCéramique d'Italie du Sud illustrant un groupe de divinités marines féminines voguant sur les flots. Bien que le vase soit incomplet, trois figures féminines conservent leurs inscriptions peintes. Thalie y apparaît vêtue d'un chiton léger qui ondule, évoquant le mouvement de l'eau, aux côtés de ses sœurs Clymène et NéséeCollection des Antiquités de l'Université de Lund (Lunds universitets historiska museum) en Suède - Numéro d'inventaire : Lund, Université LU 66British Museum, numéro d'inventaire 1895,1029.2Corpus vasorum antiquorum (CVA) : Sweden Fascicule 4, Lund University Historical Museum Fascicule 1. - Planche 26, Numéro 3 (consacrée aux céramiques italiotes d'Apulie à décors surpeints).
Annexes Articles connexes
Néréides
Sources Corpus vasorum antiquorum (CVA)
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Néréide