Dans la mythologie grecque, Cymothoé (en grec ancien ) est une Néréide, fille de Nérée et de Doris, citée par ApollodoreApollodore, Bibliothèque (livre I, chapitre 2, paragraphe 7), HésiodeHésiode, Théogonie (vers 240 à 264), HomèreHomère, Iliade (chant XVIII, vers 38 et suivants) et HyginHygin, préface des Fabulae dans leurs listes de Néréides. Elle est une des douze Néréides à apparaître sur les quatre listes.
Fonctions Cymothoé est la Néréide des vagues courantesSur Theoi.com.
Famille Ses parents sont le dieu marin primitif Nérée, surnommé le vieillard de la mer, et l'océanide Doris. Elle est l'une de leur multiples filles, les Néréides, généralement au nombre de cinquante, et a un unique frère, Néritès. Pontos (le Flot) et Gaïa (la Terre) sont ses grands-parents paternels, Océan et Téthys ses grands-parents maternels.
Mythologie Cymothoé est référencée dans les quatre principales listes ou inventaires antiques, que ce soit par Hésiode dans sa Théogonie (vers 240 à 264), par Homère dans son Iliade, par Apollodore dans sa Bibliothèque (livre I, chapitre 2, paragraphe 7) ou par Hygin dans la préface de ses Fables. Elle est une des douze Néréides à apparaître sur les quatre listes.
Littérature et mythologie grecque Cymothoé est mentionnée comme l'une des 32 Néréides qui se rassemblent sur la côte de Troie, remontant des profondeurs de la mer pour pleurer avec Thétis la mort future de son fils Achille dans l'Iliade d'HomèreHomère, Iliade 18.39-51.
Elle apparaît également dans la Posthomerica de Quintus de SmyrneQuintus de Smyrne, Posthomerica 5.394 ff. :
"Contre le sage Prométhée, les femmes de la mer étaient amèrement en colère, se souvenant que Zeus, inquiet par ses prophéties, à Pélée avait donné Thétis comme femme, une épouse très peu disposée. Alors avait crié de rage à ces actions Cymothoé : "O que le prophète pestiféré a enduré toutes les peines qu’il méritait, quand, creusant profondément, l’aigle a arraché son foie toujours renouvelé !"
Littérature et mythologie romaine Selon Virgile, lorsque Neptune veut apaiser la tempête que Junon, pleine de rage, a excitée contre Énée et les troyens survivants, il est assisté par son fils Triton et par la Néréide Cymothoé qui déploient leurs efforts pour sauver les vaisseaux échouésVirgile, Énéide, Chant I.
Pour Valerius Flaccus, c'est Cymothoé et le dieu marin Glaucus qui sauvèrent Hellé lorsqu’elle tomba du bélier volant à la toison d'or, ChrysomallosValerius Flaccus, Argonautiques, 2.605.
Cymothoé est évoquée par Properce dans ses Élégies :
Représentations La Néréide Cymothoé apparait à de nombreuses reprises dans l'archéologie et l'iconographie des céramiques de la Grèce antique. Ces pièces sont cruciales pour les chercheurs, car elles prouvent que les peintres de vases du Vᵉ siècle av. J.-C. ne considéraient pas les Néréides comme un groupe anonyme mais s'inspiraient bien des poèmes d'Homère et d'Hésiode pour individualiser chaque nymphe marine avec sa propre identité visuelleH.A. Shapiro, Personifications in Greek Art, 1993Guy Hedreen, Capturing Troy: The Narrative Language of Classical Myth, 2001, Chapitre 6: The Cult of Achilles in the Euxine Sea and the Iconography of the Nereids, pages 226 à 233.
La représentation la plus célèbre la concernant se trouve sur un pyxide attique à figures rouges à présent au British Museum. Le vase, attribué au Peintre d'Érétrie, dépeint l'intimité des Néréides dans leur demeure aquatique, la scène d'intérieur simulant les préparatifs d'un mariage. Le décor circulaire continu se compose de huit Néréides et d'une petite servante, toutes identifiées individuellement par des inscriptions peintes au-dessus d'elles. Cymothoé est représentée assise sur un siège (diphros) tourné vers la gauche, adoptant une pose pensive ou mélancolique. Ses jambes sont croisées, sa tête est inclinée vers l'avant et repose sur sa main droite, son coude s'appuyant sur ses genoux, entre ses sœurs Galéné (à sa gauche) et Glaucé (à sa droite). À ses pieds, la petite servante noue ses sandalesBritish Museum, numéro d'inventaire 1895,1029.2 voir en ligneCorpus vasorum antiquorum (CVA) : Great Britain Fascicule 3, British Museum Fascicule 2. Planche 18, Numéro 4 (ou Planche 82 dans la numérotation continue de la Grande-Bretagne).
Cymothoé apparait aussi sur les fragments d'un grand cratère en calice à figures rouges du Vᵉ siècle av. J.-C., attribué à l'entourage du Peintre de la Gigantomachie et conservé au Musée national archéologique d'Athènes. Ce vase a été retrouvé brisé : de nombreuses parties manquent et seules quatre Néréides disposent encore de leur inscription nominative lisible. Il illustre l'arrivée des Néréides apportant à Achille les armes divines forgées par Héphaïstos. Cymothoé est isolée sur un groupe de fragments disjoints situés plus loin à droite dans le cortège (ses voisines immédiates sont devenues anonymes à cause des cassures du vase). Elle avance sur le dos d'un grand triton ou d'un grand poisson. Elle est tournée vers l'avant, le haut de son corps légèrement dénudé (le chiton ayant glissé à cause du vent marin), elle transporte la lourde cuirasse divineMusée national archéologique d'Athènes - Numéro d'inventaire : National Museum 14502 (abrégé en Athens NM 14502).Corpus vasorum antiquorum (CVA) : Greece Fascicule 1, Athens National Museum Fascicule 1. Planches 8 et 9, Numéro 4 (qui montrent les fragments réassemblés du cortège des Néréides apportant les armes d'Achille).
Évocation moderne Zoologie Le genre de lépidoptères Cymothoe tient son nom de la Néréide.
Littérature Cymothoé est citée parmi d'autres Néréides par le poète symboliste Jean Moréas (1856-1910) dans un de ces poèmes.
Annexes Articles connexes
Néréides
Notes et références
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