Le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) est un organisme interministériel français qui anime des politiques publiques transversales de prévention et de lutte face à des phénomènes de rupture avec l’ordre social. 

Le CIPDR travaille à la prévention de la délinquance, la prévention de la radicalisation, la lutte contre le séparatisme et les actions préventive et répressive à l’encontre des dérives sectaires.

Le gouvernement projette de remplacer le CIPDR par une Délégation interministérielle de prévention de la délinquance et de la radicalisationThomas Rabino, Une dissolution qui ne dit pas son nom ? Après l’affaire du fonds Marianne, le CIPDR devient… la DIPDR !, marianne.net, 28 mai 2024..

Historique

En , un Comité interministériel de prévention de la délinquance a été institué par décret du Premier ministre..

En , le Gouvernement lance un site Internet « Stop Djihadisme » pour prévenir la radicalisation. Le discours de l’État vise à distinguer une pratique de radicalisation menant à la violence d’une pratique rigoriste de la religion. Un document rédigé par le secrétariat général du CIPDR est diffusé à l’occasion des sessions de formation à destination des professionnels de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale mais également des travailleurs sociaux ou des élus locauxJulien Fragnon, La radicalisation sous emprise ? Le processus de radicalisation au prisme de Stop Djihadisme, Quaderni, 95, hiver 2017-2018, Logiques numériques des radicalisationsp. 13-38, doi.org/10.4000/quaderni.1135..

Lutte contre la radicalisation et le séparatisme En , la lutte contre la radicalisation est ajoutée aux missions de cet organisme, qui devient alors le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation..

À la suite de la décision prise le par le Comité interministériel de la transformation publique., la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a été rattachée au ministère de l'Intérieur sous la présidence du secrétaire général du CIPDR le ...

De plus, depuis début 2020, le secrétariat général du CIPDR travaille à l’animation, à la coordination et au soutien financier de la réponse publique de la lutte contre le séparatisme, notamment au travers de l'unité de contre-discours républicain (UCDR). Le travail, la méthode et l'efficacité de cette unité sont contestés.

En , une note du CIPDR « évoque une offensive menée sur le Web visant à déstabiliser l'institution scolaire »Amandine Hirou, Ecole : une note confidentielle révèle une offensive islamiste qui "rappelle" l'affaire Paty, lexpress.fr, 22 septembre 2022..

Fonds Marianne

En , l'hebdomadaire Marianne et la cellule investigations de France 2 pointent du doigt l’utilisation des fonds alloués à plusieurs associations dont l’Union des sociétés d’éducation physique et de préparation au service militaire (USEPPM) ayant reçu euros de dotation. L'enquête des journalistes révèle que les comptes de l'association montrent un travail rémunéré de deux personnes chargées de produire le contenu, mais surtout, y apparaissent des versements en tant que salaires à deux dirigeants de l'association, Cyril Karunagaran et Mohammed Sifaoui, pour plus de euros, en infraction avec les statuts de l'association. À la suite de ces révélations, le secrétariat d'État à la citoyenneté, dirigé par Sonia Backès et rattaché au ministère de l'Intérieur, annonce diligenter une enquête.

En , le parquet national financier décide d'ouvrir une information judiciaire dans cette affaire du Fonds Marianne pour « détournement de fonds publics par négligence », « abus de confiance », et « prise illégale d'intérêts ». Au même moment, la Commission des Finances du Sénat demande à l'unanimité une commission d'enquête sur l'utilisation de ce fonds, validée le par la Conférence des présidents du Sénat.

Le , l'Inspection générale de l'administration (IGA) a remis un premier rapport d'inspection relatif à la subvention versée en 2021 à l'USEPPM. Il conclut qu'il y a eu des « défaillances » et un « traitement privilégié » en faveur de cette association de la part du secrétariat du CIPDR. En conséquence, le préfet Christian Gravel a remis sa démission, qui a été acceptée par le ministère de l'Intérieur. Le rapport de la commission d'enquête sénatoriale souligne la responsabilité du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, et propose d’interdire toute interférence du cabinet du ministre dans les décisions de subvention du CIPDR. Le second rapport de l'IGA pointe, quant à lui, des décisions discrétionnaires et les carences du contrôle opéré par le CIPDR.

Rapport de la Cour des comptes En , la Cour des comptes pointe d'importants dysfonctionnements dans la gestion des crédits confiés au CIPDR. La Cour reproche également au comité son manque d’activité.

Composition Ministres Conformément au décret du , le comité interministériel comprend les ministres suivants : ministre de l'Intérieur, garde des sceaux, ministre de la Justice, ministre des Affaires étrangères, ministre de l'Éducation nationale, ministre chargé de l'Enseignement supérieur, ministre chargé de la Recherche, ministre de la Défense, ministre chargé de la Santé, ministre chargé de la Famille, ministre chargé des Droits des femmes, ministre chargé de la Cohésion sociale, ministre chargé du Travail, ministre chargé du Logement, ministre chargé des Transports, ministre chargé de la Ville, ministre chargé de la Jeunesse, ministre chargé des Sports, ministre chargé de l'Outre-mer.

Secrétaires généraux

Notes et références

Liens externes

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