Luisa Piccarreta, née le et morte le , est une mystique italienne auteure de nombreux écrits centrés sur l'union avec ce qu'elle appelle « la Divine Volonté ». Trois de ses écrits ont été mis à l'Index en 1938 par le Saint-Office. Un procès en béatification a été ouvert en 1994, qui a été arrêté en raison des problèmes doctrinaux soulevés par ses écrits.
Biographie Luisa Piccarreta est née le à Corato dans la province de Bari en Italie. Elle y séjournera toute sa vie.. Elle est la quatrième des cinq filles de Vito Nicola et Rosa Tarantino Piccarreta..
Elle fait sa première communion et reçoit en même temps la confirmation à l'âge de neuf ans. À onze ans, elle devient membre de l'association des Enfants de Marie Immaculée.
Vers l'âge de treize ans elle aurait eu une vision de Jésus portant sa croix et lui disant . Depuis lors, elle a le désir de souffrir avec Jésus pour le salut des âmes. À seize ans, elle fait vœu de s'offrir en sacrifice d'expiation. Elle aurait alors vécu des souffrances physiques, dont la plus marquante serait la rigidité cadavérique. Luisa fut considérée, y compris par des prêtres, comme une jeune fille .
À l'âge de , elle devient membre du Tiers-Ordre dominicain.. Elle exerce le métier de dentellière.
Le , à vingt-trois ans, elle aurait vécu un mariage mystique, renouvelé le . « La Sainte Trinité prit possession de mon cœur » : ainsi résume-t-elle son expérience, par laquelle elle se sent appelée à « vivre dans la Divine Volonté » et à s’en faire la messagère.
L'archevêque de Trani, Giuseppe Bianche Dottula, lui attribue un confesseur particulier, Michele De Benedictis. Ce dernier fixe des limites à ses mortifications en lui imposant de manger au moins une fois par jour. Jusqu'à sa mort, elle a pour confesseurs ceux qui lui sont attribués par les archevêques successifs de Trani.
À partir du , à la demande de son deuxième directeur spirituel, Gennaro de Gennaro, elle commence à rédiger un journal de ses expériences mystiques dont elle poursuit la rédaction jusqu'au . Elle produit ainsi trente-six cahiers manuscrits, totalisant environ , dans lesquels sont consignées les locutions intérieures qu'elle dit recevoir du Christ.
En 1910, le père Hannibal Marie Di Francia la rencontre et devient son confesseur extraordinaire et son directeur spirituel pendant . Il la considère comme appelée à être Elle rédige à sa demande des méditations sur la Passion du Christ qui sont publiées en 1914 sous le titre L'Orologio della Passione. Le livre est réédité à plusieurs reprises.
Le premier volume de son journal, Nel Regno dellà Divina Volontà, ainsi qu'un autre recueil de ses méditations, La Regina del Cielo nel regno della Divina Volontà, sont publiés en 1930.
Le , ces trois publications sont mises à lIndex par le Saint-Office.. Elle se soumet à ce jugement en cessant complètement d'écrire à compter du . Elle remet tous ses manuscrits aux autorités ecclésiastiques.
Le , Luisa Piccarreta meurt à Corato d'une pneumonie à l'âge de . En 1993, sa dépouille est transférée au sanctuaire de la Madonna Greca à Corato..
Popularité des écrits de Luisa Piccarreta L'Associazione Luisa Piccarreta-Piccoli Figli della Divina VolontàSite officiel de l'association : . (Association Luisa Piccarreta - Petits Enfants de la Divine Volonté) est créée en 1981 pour diffuser les écrits de la mystique. Elle a son siège à Corato dans la maison où est morte Luisa Piccarreta. Elle est canoniquement reconnue le comme association privée de fidèles par , archevêque de Trani-Barletta-Bisceglie où a vécu la mystique. Son successeur, , a accédé le à la demande de l’association d’engager la cause de béatification de Luisa Piccarreta..
L’ouverture de sa cause en béatification donne lieu dans les années 1990 à un regain d'intérêt pour ses écrits, qui sont réédités, malgré leur mise à l'Index. Le journal, qu’elle a tenu de 1899 à 1938, est publié sous le titre Libro di cielo (Le Livre du Ciel) et traduit dans différents pays. En France, Le Livre du Ciel commence à être publié en 2016 aux éditions Résiac. Le et dernier tome paraît en 2023.. Deux autres traductions du livre sont disponibles sur Internet, mises en ligne respectivement en 2018, l'autre en 2021.
Un article de La Vie de rapporte que depuis quelques années la popularité de Luisa Piccarreta s'accroît grâce à Internet, et qu'autour des écrits de la mystique se développent de nombreux groupes de fidèles catholiques, accompagnés par des prêtres dont certains se réclament de l'héritage. laissé par les pères Thomas et Marie-Dominique Philippe..
L'historien Yves Chiron, dans sa lettre d'informations religieuse d', qualifie de « piccarretamania » cet engouement observé en Italie, en France et dans d'autres pays. À l'image du "lobby" Valtorta, un lobby Luisa Piccarreta s'est constitué, lié au premier à travers l'association « Marie de Nazareth » fondée en 2001 par Olivier Bonnassies, ancien polytechnicien, converti à l'âge de , cofondateur de la version française du site web Aleteia. et co-auteur avec , frère de Vincent Bolloré, du livre Dieu, la science, les preuves paru en .. Yves Chiron estime que .
Jugement de l’Église catholique sur ses écrits Une lettre confidentielle est adressée en par le préfet du Dicastère pour la Cause des Saints, le cardinal Marcello Semeraro, à Benoît Bertrand, évêque de Mende, président de la Commission doctrinale de l'épiscopat françaisLa lettre est reproduite dans : .. Elle semble destinée, selon Yves Chiron, à l'information des évêques confrontés dans leur diocèse au cas de fidèles et de prêtres qui donnent foi aux écrits de Luisa Piccarreta. La lettre indique trois raisons qui ont amené le Dicastère, à l'issue d'un , à suspendre sa cause de béatification :
La lettre appelle
En , Benoît Bertrand rend publique cette lettre du Dicastère sous la forme d'une mise en garde aux évêques de France...
Le même mois, Peter Chung Soon-taick, évêque de Séoul, interdit à un groupe de fidèles constitué autour des écrits de Luisa Piccarreta de poursuivre ses activités. L'''imprimatur accordé localement aux livres de la mystique est révoqué en raison d'. Cette décision fait suite à une note détaillée de la commission doctrinale de l'épiscopat sud-coréen en 2023.. En , Jean-Philippe Nault, évêque de Nice, invite à la vigilance sur les écrits de Luisa Piccarreta, en raison de l'existence de différents groupes dans son diocèse..
Ouverture d'une cause en béatification Le , une cause en béatification est ouverte par l'archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie à la demande de lAssociazione Luisa Piccarreta. L'enquête diocésaine débute le . est la postulatrice de la cause. Cette phase diocésaine est achevée le 29 octobre 2005 et le dossier est transmis à la Congrégation pour les causes des saints.. En 2007, un examen approfondi des écrits de Luisa Piccarreta est engagé pour .. Le , l’Associazione Luisa Piccarretta est reconnue canoniquement comme association publique de fidèles.
Le Dicastère pour la Cause des Saints a par deux fois, dont la dernière en , refusé d’accorder son nihil obstat'' à la poursuite de la cause en béatification en raison de problèmes doctrinaux soulevés par les théologiens et consulteurs attachés au dicastère..
Références
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