Étienne Bacrot est un joueur d'échecs français né le à Lille.
Jeune prodige des échecs, il devient grand maître international en 1997 à l'âge de , un record à l'époque. Il a été champion du monde et d'Europe des moins de , puis des moins de et a remporté neuf titres de champion de France, de 1999 à 2026.
Vainqueur du tournoi de Poïkovski (en 2005 et 2011) et de l'Open Aeroflot à Moscou en 2008, il finit troisième de la coupe du monde d'échecs 2005 à Khanty-Mansiïsk. En 2005, il atteint la neuvième place mondiale au classement de la FIDE, ce qui constitue son record.
Au , il est le joueur mondial et le français derrière Alireza Firouzja et Maxime Vachier-Lagrave avec un classement Elo de .
Le 18 octobre 2023, il ouvre une chaîne Youtube sur laquelle il analyse ses propres parties.
Biographie et carrière Années de formation Champion du monde des moins de à Bratislava en 1993, Étienne Bacrot obtient à nouveau ce titre deux ans plus tard en « moins de » à São Lourenço (Brésil) ainsi qu'en parties rapides à Disneyland Paris en 1995. Cette même année, en , il se distingue en annulant une partie face au futur champion du monde « classique », Vladimir Kramnik, en de finale du tournoi Intel de Paris (0,5 – 1,5).
En , à douze ans, il finit deuxième ex æquo du Masters d'échecs d'Enghien et est le deuxième plus jeune joueur (après Judit Polgar) à réaliser les trois normes nécessaires pour le titre de maître internationalTwic 61, décembre 1995..
En mars 1997, il devient à 14 ans et deux mois le plus jeune GMI de l'histoire du jeu (record battu depuis).
Après avoir eu comme mentor Éric Prié (champion de France 1995), il commence — à partir de 1993 — à s'entraîner avec le grand maître ukrainien Iossif Dorfman (naturalisé français depuis) connu pour avoir été l’entraîneur de Garry Kasparov de 1984 à 1988. Celui-ci ne tarissait pas d'éloges sur son jeune élève : . Il est le meilleur espoir français et devance de loin ses homologues nationaux.
En 1998, lors des rencontres du CCAS au Cap d'Agde, il dispute un match en deux parties rapides de 25 minutes plus 10 secondes par coup contre le programme d'échecs Virtua Chess 2, mais s'incline sur le score de 0,5 à 1,5 point.
Matches à Albert, Bastia et Cannes (1995 à 2004) vignette|Étienne Bacrot en 1999.
Jouant aussi bien en tournoi qu'en compétition par équipes dès son jeune âge, Bacrot disputait chaque année (sauf en 2003), de 1995 jusqu’à 2004, un match en six parties contre un joueur de classe mondiale dans sa ville d'Albert dans la Somme.
Lors de ces matchs, il bat en 1995 Levon Aronian (3,5-2,5), puis en 1996 l'ancien champion du monde Vassily Smyslov, sur le score de 5-1. En 1997, il perd son duel contre Viktor Kortchnoï, l'ancien candidat au titre mondial contre Anatoli Karpov, 4-2. En 1998, il bat Robert Hübner 3,5-2,5. En 1999, il perd contre Aleksandr Beliavski 2,5-3,5, mais bat Judit Polgar, la meilleure joueuse du monde, dans un match en quatre parties disputé à Bastia dans le cadre du Circuit corse (en semi-rapide).
En 2000, il fait jeu égal avec Anatoli Karpov à Cannes (1-1 en parties classiques, 2-2 en parties rapides et blitz), puis perd 2 à 4 son match face à Nigel Short, le challenger de Garry Kasparov pour le titre mondial en 1993. En 2001, il fait match nul 3-3 contre Emil Sutovsky, l'un des meilleurs joueurs israéliens. En 2002, il bat Boris Guelfand 3,5-2,5. Enfin, en 2004, il gagne contre Ivan Sokolov 2,5-3,5.
Multiple champion de France Étienne Bacrot remporte le championnat de France individuel à neuf reprises. Après cinq titres consécutifs de 1999 à 2003, il ne participe pas aux éditions des années suivantes. En 2004, il réalise un score parfait de 11 points sur 11 au championnat de France par équipes avec le NAO Chess Club, ce qui lui permet de devenir le premier Français à passer la barre des points Elo.
En août 2008, après cinq années de non-participation, son retour au championnat de France, qui se déroule à Pau cette année-là, donne un nouveau suspens au tournoi, puisque Bacrot doit faire face au prodige — alors âgé de 17 ans — Maxime Vachier-Lagrave, champion de France en titre, qu'il réussit tout de même à battre aux blitz de départage pour se procurer son sixième titre national.
Il remporte le championnat de France d'échecs des clubs 2011 avec l'équipe première de son club, Marseille-Échecs.
En 2012, il remporte son septième titre de champion de France (partagé avec Édouard, Bauer et Vachier-Lagrave), puis en 2017, un huitième titre remporté au départage contre Laurent Fressinet.
Il remporte son neuvième titre de champion de France en 2026 , battant Maxime Lagarde en finale.
Carrière internationale Championnats du monde FIDE (1997, 2000 et 2004) En 1998, Bacrot est éliminé dès le premier tour du championnat du monde de la Fédération internationale des échecs 1997-1998 par Gueorgui Guéorgadzé. En 2000, il est battu au deuxième tour du championnat du monde de la Fédération internationale des échecs 2000 par Peter Svidler. En 2004, il est éliminé (1,5-2,5) par Teimour Radjabov au troisième tour du championnat du monde de la Fédération internationale des échecs 2004 à Tripoli.
Vainqueur du tournoi de Poïkovski et neuvième joueur mondial (2005) Depuis son entrée dans le club des super grands maîtres, Bacrot est invité dans les plus grands tournois internationaux. En 2005 et 2011, il gagne le tournoi d'échecs de Poïkovski. En avril 2005, il obtient son meilleur classement mondial, en devenant le mondial et atteint un meilleur classement Elo de en Classements mondiaux de Bacrot sur le site de la FIDE.. En juillet 2005, à Dortmund, il se classe en battant notamment Vladimir Kramnik (champion du monde Braingames).
vignette|droite|upright=1|Étienne Bacrot lors du tournoi de Wijk aan Zee 2006.
L'année 2006 fut plus difficile pour Étienne. Invité pour la première fois dans trois des plus forts tournois fermés réservés à l'élite, les tournois de Wijk aan Zee, Linares et Sofia, il déçoit lors de l'ensemble de ces tournois en terminant régulièrement dans les dernières places.
Lors du Chess Classic Mainz 2006, Bacrot se qualifie pour le Championnat du monde 2007 d'échecs aléatoires Fischer qui l'oppose à Levon Aronian en remportant un tournoi de qualification avec la participation de joueurs comme Aleksandr Morozevitch, Aleksandr Grichtchouk ou encore Rustam Qosimjonov. Lors du championnat du monde 2007, Bacrot finit troisième derrière Anand et Aronian.
Coupe du monde 2005 et 2007, tournoi des candidats 2007 Fin 2005, Bacrot atteint les demi-finales de la coupe du monde d'échecs 2005 (victoires sur Chemfwa, Kempiński, Sutovsky, Lautier, Roublevski et Grichtchouk, défaite contre Aronian en demi-finale) et se classe troisième, se qualifiant ainsi pour le prochain cycle des candidats au titre mondial.
Il se fait éliminer en juin 2007 du cycle du championnat du monde 2007 au des matches des candidats par l'Américain Gata Kamsky (sur le score de 0,5-3,5 au bout de 4 parties, le match étant arrêté à ce stade du fait de l'écart de 3 points impossible à rattraper lors des deux dernières parties prévues).
En raison notamment de cette contre-performance, il repasse brièvement sous la barre des au classement Elo pour la retrouver au janvier 2008.
Lors de la Coupe du monde d'échecs 2007, Étienne Bacrot, après avoir éliminé le Philippin Darwin Laylo, puis l'Israélien Michael Roiz, se fait éliminer au troisième tour par l'Ukrainien Sergueï Kariakine.
Dans une interview au magazine Europe Échecs ( - avril 2008), Étienne Bacrot fait part de son ambition de retrouver le top 10 mondial, qu'il n'a pas revu depuis l'année 2005, déclarant tout de même que le temps n'était pas illimité face à la montée de la nouvelle génération, représentée notamment par Magnus Carlsen et Sergueï Kariakine.
En novembre 2007, il se qualifie pour la finale du championnat du monde de blitz (parties de 5 minutes) à Moscou. Lors de la finale, il finit à l'avant-dernière place (sur vingt joueurs).
Vainqueur de l'open Aeroflot (2009) et du tournoi de Poïkovski (2011) En 2009, Bacrot remporte l'Open Aeroflot à Moscou, considéré par beaucoup comme le plus fort open du monde, ce qui le qualifie pour le tournoi d'échecs de Dortmund, un des trois tournois majeurs de l'année, où il finit sur 6 en juillet 2009. En 2011, il remporte pour la deuxième fois le tournoi d'échecs de Poïkovski devant Sergueï Kariakine, battu au départage.
Coupes du monde 2009, 2011 et 2013 vignette|redresse|Étienne Bacrot en 2013.
Lors de la coupe du monde d'échecs 2009, Bacrot est éliminé au quatrième tour (en huitième de finale) après avoir battu Friso Nijboer, Krishnan Sasikiran et Wang Yue.
En octobre 2010, il finit troisième du tournoi d'échecs de Nankin en battant, entre autres, le champion du monde Viswanathan Anand. Lors de la coupe du monde d'échecs 2011, il bat Ray Robson au premier tour, puis Anton Filippov avant d'être éliminé au troisième tour par Radjabov. Lors de la coupe du monde d'échecs 2013, il est battu au deuxième tour par Aleksandr Moiseenko.
Meilleur classement Elo (2013) Son meilleur classement Elo est de points (quinzième joueur mondialClassement FIDE novembre 2013 sur ratings.fide.com.), obtenu en novembre 2013 après des troisièmes places réalisées aux tournois de Bienne en et au Grand Prix FIDE de Paris en septembre-.
En 2015, il termine cinquième ex æquo du super-tournoi Grenke de Baden-Baden.
Coupes du monde 2017 et 2021 En , Bacrot finit dix-huitième (sur 395 joueurs) du championnat d'Europe d'échecs individuel et se qualifie pour la coupe du monde d'échecs 2017 (les 23 premiers sont qualifiés)Championnat d'Europe 2017, grille américaine, sur chess-results.com..
À Tbilissi, lors de la coupe du monde, il est éliminé au deuxième tour (après départage) par le Chinois Bu Xiangzhi, qui élimine également le champion du monde Magnus Carlsen lors du troisième tour.
En 2021, il se qualifie pour le quart de finale de la Coupe du monde disputée à Sotchi. Il perd le match contre le Champion du monde Magnus Carlsen. Ce résultat le qualifie pour le Grand Prix FIDE 2022.
Compétitions par équipes Vainqueur de la coupe d'Europe des clubs (2003-2004) Bacrot remporte à deux reprises la prestigieuse Coupe d’Europe des clubs en 2003 et 2004 avec l'équipe du NAO.
Après une saison passée au club du Paris Chess 15, il rejoint par la suite Marseille Échecs jusqu'en 2013. Il est ensuite licencié à Bischwiller.
Avec l'équipe de France En novembre 2006, Étienne Bacrot termine invaincu au premier échiquier lors de l'Olympiade d'échecs de 2006 à Turin. Avec six points sur huit (+4, =4), il réalise la troisième meilleure performance de l'olympiade, à plus de en annulant contre les joueurs de l'élite mondiale Vladimir Kramnik et Levon Aronian, et en battant notamment Gata Kamsky et Ivan Sokolov. Il décroche ainsi une médaille de bronze individuelle. Il devance au classement général Magnus Carlsen (quatrième) et Sergueï Kariakine (cinquième).
En 2013, il fait partie, au premier échiquier, de l'équipe de France qui termine vice-championne d'Europe d'échecs par équipes au Championnat d'Europe d'échecs des nations à Varsovie..
Vie privée Étienne Bacrot est marié à Nathalie Bacrot (née Bonnafous), elle-même joueuse d'échecs de haut niveau, ancienne championne de France jeunes, dont le Elo a atteint en 2011. Parmi les enfants de Etienne Bacrot, Alexandre Bacrot est également joueur d'échecs, licencié au club de La Tour Hyéroise avec un classement Elo de .
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