Jean-Marie Léon Soutou, né le à Bruges (aujourd'hui Bruges-Capbis-Mifaget) dans les Pyrénées-Atlantiques (anciennement Basses-Pyrénées) et mort le au Port-MarlyRelevé des fichiers de l'Insee, est un résistant français, membre fondateur de Amitié chrétienne avec l'abbé Alexandre Glasberg. Il est un diplomate et haut fonctionnaire, ambassadeur de France en Algérie, président et inspecteur général des postes diplomatiques et consulaires (1966–1971), président de la Société des amis de Raymond Aron, président de la Croix-Rouge française. Il est reconnu comme Juste parmi les nations.

Biographie Jean-Marie Soutou.. est né le dans le village béarnais de Bruges dans les Basses-Pyrénées aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques..

Il est le fils d'Antoine Soutou, le cordonnier du village, et de Marie Matocq-Massey.. Études La famille Soutou habite en face de l'école communale du village de plus de . Il fait ses études au collège de Bétharram à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), jusqu'à l'âge de 15 ansPaul Thibaud. L'esprit de Jean-Marie Soutou. la-croix.com. octobre 2013.. Il reçoit une formation d’électricien, métier qu’il n'exerce que peu de temps..

La Revue Esprit À Pau, à partir de 1934, il fréquente l’abbé Plaquevent et ses quelques proches qui ont constitué un groupe Esprit. Il fait connaissance de Bertrand d'Astorg, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, qui viennent de Bordeaux.

En , Emmanuel Mounier le recrute comme secrétaire de rédaction de la Revue Esprit.

Seconde Guerre mondiale En , Jean-Marie Soutou est mobilisé. Il est démobilisé en à Cheylard-l'Évêque en Ardèche.

Résistance Il reste quelques mois en Ardèche puis rejoint en 1941 Emmanuel Mounier à Lyon. Il fait partie des fondateurs de l'Amitié chrétienne, établie à Lyon en 1941, dans le but d'aider les juifs et autres victimes soumis aux décrets de Vichy et de l'occupant, associant des catholiques et des protestants..

Il se charge de fournir de faux papiers d'identité. Il participe à l’organisation de passages clandestins en Suisse. Il trouve des cachettes pour des enfants.

Camp de Vénissieux Le camp de Vénissieux (ou camp de Vénissieux-Saint-Fons), situé 25-27 avenue de la République"Plaques Commémoratives des Camps de Vénissieux", monweekendalyon.com à Vénissieux (Métropole de Lyon), fut utilisé notamment pour l'internement des juifs apatrides lors des rafles de l'été 1942.

Dans le cadre de la grande rafle du 26 août 1942, 1016 juifs considérés comme apatrides sont arrêtés puis internés dans le camp de Vénissieux. 546 partiront de Lyon pour le camp de Drancy.

Une nouvelle circulaire des autorités de Vichy venant de paraître stipulait que les orphelins ne feraient pas partie des personnes déportées. Flouant les autorités, des œuvres charitables vont s'introduire dans le camp et faire signer à des détenus en partance des actes de délégation de paternité. En les reniant, ces femmes et ces hommes sont allés au-delà d’eux-mêmes pour laisser à leurs enfants une chance de survie.

108 enfants sont ainsi exfiltrés durant la nuit du 28 au (quatre seront repris et assassinés, 9 enfants retrouveront leurs parents). À l'extérieur du camp de nombreux relais seront nécessaires pour les cacher jusqu'à la fin de la guerre.

Ce sauvetage est un des plus spectaculaires de la Seconde Guerre mondiale. Citons le cardinal Gerlier (Primat des Gaules, Archevêque de Lyon) qui couvre de son autorité morale les actions illégales du groupe de Résistance l’Amitié Chrétienne (l’abbé Glasberg, le Révérend Père Chaillet et Jean-Marie Soutou) mais aussi le Pasteur Boegner, Madeleine Barot et la Cimade, le docteur Joseph Weill, Charles Lederman, Elisabeth Hirsch, Hélène Levy, Claude Gutmann ainsi que l’OSE (Œuvre de secours aux enfants), Gilbert Lesage et le Service Social des Etrangers.

Arrestation Le la Gestapo arrête dans les bureaux de l'"Amitié chrétienne" le père Pierre Chaillet et Jean-Marie Soutou, au motif qu'ils auraient donné asile à des Juifs recherchés par les autorités.

Le père Pierre Chaillet est remis en liberté quelques heures après. Jean-Marie Soutou reste en prison trois semaines à la prison Montluc. Il doit sa libération au cardinal Gerlier.

Jean-Marie Soutou passe clandestinement en Suisse avec l'aide de la Résistance.

La Suisse En , il est délégué en Suisse du commissariat de l’Information.

Après la Guerre Le diplomate En 1945, il devient secrétaire d’ambassade (cadre complémentaire) en Yougoslavie.

En 1950, il devient administrateur au ministère des Affaires étrangères (affaires économiques) et en 1951, secrétaire des Affaires étrangères.

De à , il devient Directeur adjoint de cabinet de Pierre Mendès France (ministre des Affaires étrangères et président du Conseil).

Il est Ministre plénipotentiaire en 1954 et devient en 1955-1956 Sous-directeur d’Europe (Europe orientale) au ministère des Affaires étrangères.

En 1956, il est Ministre-conseiller d’ambassade en URSS.

En 1958, il est Consul général à Milan en Italie.

Il devient de 1961 à 1962 Directeur des affaires d’Europe au ministère des Affaires étrangères, Directeur des affaires africaines et malgaches, puis de 1962 à 1965, Chargé des affaires d’Afrique-Levant.

De 1966 à 1971, il est Inspecteur général des postes diplomatiques et consulaires.

De 1971 à 1975, Jean-Marie Soutou est ambassadeur de France en Algérie..

En 1975, il est représentant de la France auprès des Communautés européennes. En 1976, il devient Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Il participe cette année là aux négociations pour endiguer la crise monétaire européenne de l'année 1976 Jean-Marie Soutou. Un diplomate engagé Mémoires 1939-1979. Éditions de Fallois. 2011 (Ouvrage publié par son fils, Georges-Henri Soutou, de l’Académie des sciences morales et politiques.

La Croix-Rouge française Il est président de la Croix-Rouge française de 1978 à 1983. Famille Il épouse le Maria Isabel (Maribel) de Semprun y Maura (1921-2011), une sœur de Jorge Semprún. Ils ont un fils, l'historien Georges-Henri Soutou, né à Genève le .

Honneurs

Juste parmi les nations, dossier Yad Vashem : 5890. Remise de la médaille de Juste le . Bibliographie Jean-Marie Soutou. L’abbé Glasberg, Esprit, mai 1981, p. 116Madeleine Comte. L’abbé Glasberg au secours des Juifs. Note 4. Jean-Marie Soutou. Un diplomate engagé Mémoires 1939-1979. Éditions de Fallois. 2011 (Ouvrage publié par son fils, Georges-Henri Soutou, de l’Académie des sciences morales et politiquesJean-Marie Soutou, Un diplomate engagé Mémoires 1939-1979, 2011. canalacademie.com.)

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Hôtel Pax Les Amours de Don Perlimplín avec Belise en son jardin Jean Rosay Lestelle-Bétharram Réseau Garel

Liens externes

Autour de Jean-Marie Soutou. Les lundis de l'histoire. franceculture.fr. 14 novembre 2011. Il y a 71 ans, L'amitié chrétienne camouflait, dans le Cantal, à Vic-sur-Cère, des enfants juifs

Catégorie:Naissance en septembre 1912 Catégorie:Naissance dans les Basses-Pyrénées dans les années 1910 Catégorie:Élève de l'institution Notre-Dame de Bétharram Catégorie:Personnalité française de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Église catholique sous le régime de Vichy Catégorie:Résistant français Catégorie:Membre du mouvement Combat Catégorie:Personne détenue à la prison Montluc Catégorie:Diplomate français du XXe siècle Catégorie:Ambassadeur de France en Algérie Catégorie:Représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne Catégorie:Personnalité liée aux relations entre juifs et chrétiens Catégorie:Juste parmi les nations français Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Grand-croix de l'ordre national du Mérite Catégorie:Décès en septembre 2003 Catégorie:Décès au Port-Marly Catégorie:Décès à 90 ans