Les Alpes maritimes (en latin classique : Alpes Maritimæ) étaient une province de l’Empire romain. Elles englobaient les vallées de la Vésubie, la Tinée, le Var jusqu'à la mer, et la partie haute du Verdon, comprenant une partie des trois départements actuels des Alpes-Maritimes, des Alpes-de-Haute-Provence et, plus tard, des Hautes-Alpes.

Elles font partie des quatre provinces alpines, à cheval sur les crêtes et, pour leur partie non littorale, soumises tardivement, bien après les Alpes Cisalpines et les territoires des Voconces et des Allobroges.

Histoire Les peuples du littoral mais aussi de l’arrière-pays ont été soumis en plusieurs étapes à partir du afin de faciliter le passage vers la péninsule ibérique.

Vers 154 av. J.-C., le consul Quintus Opimius intervient dans la région pour secourir les comptoirs grecs d'Antipolis (Antibes) et Nikaia (Nice) sous la pression de peuples ligures : les Déciates et les Oxybiens.

Dans les années 120 av. J.-C., les Ligures ainsi que les Salyens sont vaincus, octroyant à Rome un passage de 12 stades le long du littoral.

Haut-Empire Sous le principat d'Auguste, les Romains conquièrent les territoires des en une seule saison de combats, au cours de l'été 14 av. J.-C.. La rapidité de la conquête laisse douter de la volonté de résister des tribus locales, lesquelles étaient probablement déjà sensibles au style de vie romain de par les échanges commerciaux avec Grecs et Romains. Les territoires conquis sont constitués en () placée sous la responsabilité d'un () de l'ordre équestre et dont relèvent des cohortes auxiliaires stationnées à (). Ce statut est souvent utilisé dans les zones alpines ou les peuples soumis peuvent être difficiles à contrôler. Le seul préfet connu est C. Baebius Atticus. Il portait le titre de , laissant entendre que le district était doté de plusieurs , au plus tard sous Tibère ou Caligula .

Sous le règne de Claude (), est la seule communauté à obtenir le droit latin, témoignage d'une intégration rapide au monde romain.

En , sous Néron (), la préfecture est élevée au rang de province impériale (en latin classique : provincia Alpium Maritimarum) et obtient le droit latin. Elles est gouvernée par un procurateur choisi dans l’ordre équestre par l’empereur. Sa capitale était Cemenelum (aujourd’hui Cimiez, un quartier de Nice). Le littoral ne faisait partie de cette province. Il est probable que la Via Julia Augusta en soit la limite sud.

Conséquence de la mort de Cottius II cette même année, les Alpes cottiennes perdent les peuples au sud de la Durance. Les territoires des Vesubiani, des Veamini et des Ecdinii sont intégrés dans les Alpes Maritimes.

À sa création, la province se compose de six () : Cemenelum (Cimiez), (Vence), ( Glandèves, près d'Entrevaux), (Briançonnet), (Castellane) et (Senez). Nice, qui relevait jusque là de Marseille, a été rattachée au à la province des Alpes MaritimæJean-Loup Fontana, "Nice et le comté, une histoire multimillénaire", éditions "Mémoires millénaires", 2018, .

Lors de troubles de , qui accompagnent la guerre civile entre les partisans de Vitellius et de l'empereur Othon, la province fut le théâtre de combats qui nous sont connus par Tacite et dont il a peut-être été retrouvé certaines traces archéologiquesPascal Arnaud, « Événement et fait archéologique : les événements de 69 et leur impact sur les Alpes-Maritimes », Cahiers de la Méditerranée, 62, 2001, Lire en ligne. Le procurateur Marius Maturus se distingue en barrant la route aux troupes d'Othon. Il resta longtemps fidèle à Vitellius avant de se ranger derrière Vespasien. Digne et les Bodiontici sont intégrés à la Narbonnaise. Ils réintègrent les Alpes Maritimes probablement sous le règne d'Hadrien ().

Vers la fin du règne de Trajan (), les Alpes Maritimes perdent leur dernière cohorte militaire, signe de romanisation des peuples indigènes et de stabilité.

Avant la fin de , le territoire des Alpes maritimes est accru, en direction du nord, par l'intégration, dans la province, d'une part, de () qui relevait antérieurement de la province de Narbonnaise et, d'autre part, de (), d () et de () qui relevaient antérieurement de province des Alpes cottiennes.

Bas-Empire Sous Septime Sévère (), les Alpes Maritimes et les Alpes Cottiennes sont gouvernées par un même « praeses » : procurator Augustorum nostrorum item praeses Alpium Cottiarum et Maritimarum. Cette décision permet à l'empereur de sécuriser le passage des Alpes, mettant un homme de confiance aux commandes.

Vers , ces deux provinces sont de nouveau séparées. Le procurateur Iulius Honoratus gouverne les Alpes Maritimæ.

Sous Dioclétien (), les Alpes Maritimæ s’agrandissent vers le nord jusqu’à la Durance et le col de Montgenèvre. Elles intègrent le diocèse de Vienne (diœcesis Viennensis), partie de la préfecture des Gaules et prennent Eburodunum (Embrun) comme capitale. (Chorges) perd son rang de cité et son territoire est intégré dans celui d'.

Au plus tard au début du , Embrun est élevé au rang de métropole la province.

Dans la première moitié , (Thorame-Haute) obtient le statut de cité et le rang d'évêché.

Géographie Au Haut-Empire, les quatre provinces romaines des Alpes correspondent aux voies d'accès à la Gaule:

Alpes Poenines pour l'Alpis Pœnina par le col du Grand-Saint-Bernard, Alpes Grées pour l'Alpis Graia par le col du Petit-Saint-Bernard, Alpes Cottiennes pour la Via Domitia par le col de Montgenèvre, Alpes Maritimes pour la Via Julia Augusta.

Les agglomérations Les oppida des Alpes occidentales, de taille moyenne avec des remparts simples, ne constituent pas de véritable oppidum celtique comme on en trouve en Gaule centrale. Ainsi, les municipes romaines ne sont pas construites sur un oppidum. Alors que l'''oppidum se situe en hauteur, lorsqu'une ville romaine s'implante dans le même secteur, elle est construite dans une zone plate, en plaine ou fond de vallée.

En effet, les cités romaines des vallées alpines sont souvent construites dans les cônes de déjection de fleuves et rivières, les exposant aux caprices de celles-ci. La répétition de crues abondantes jusqu'au milieu du apr. J.C. détruisit les bâtiments publics (temples, thermes...).

Bien que l'on compte un grand nombre de sites thermaux dans les Alpes occidentales, les constructions forment plutôt un agrégat d'édifices balnéaires dédiés à l'exploitation des eaux minérales qu'une ville romaine, même de taille modeste (uicus). Les villes principales sont généralement situées le long des voies romaines traversant les Alpes.

Des Alpes Maritimes, seuls les emplacements de Cemenelum (Cimiez) et Salinae (Castellane) sont connus. Il existe peu de traces sur les autres localités.

Cemenelum (Cimiez) Chef-lieu du peuple gaulois Vediantii, elle fut la capitale de la province jusqu'au avant qu'Embrun ne la remplace. Développée autour d'un oppidum sur environ , elle était alimentée par deux aqueducs. Elle possédait trois thermes publics, un amphithéâtre, un temple impérial. En périphérie se trouvaient des camps auxiliaires servant de quartier d'hiver pour plusieurs cohortes militaires.

Nikaïa (Nice) Voisine de Cimiez, cette petite localité dépendait de Marseille. Elle était probablement située sur la rive droite du Paillon. Son développement de cité portuaire est dû à l'importance de Cimiez.

Vintium (Vence) Rattachée à la cité dAntipolis, elle accède au droit latin et devient une municipe probablement sous Nerva ou Trajan. L'existence d'un aqueduc laisse supposer que des thermes publics y furent construits.

Brigantio (Briançonnet) La cité reçut le statut de municipe au plus tard fin du . Le site exact n'est pas connu ; trois emplacements de 1 à 7 ha sont possibles.

Salinae (Castellane) Ce chef-lieu possédait un théâtre (ou amphithéâtre) et des thermes. L'existence de sites luxueux conforte le rôle de cette cité de .

Dinia (Digne-les-Bains) Elle devient une municipe avant la fin du et devait avoir une superficie de .

Les voies romaines La Via Julia Augusta relie la Via Aurelia à la Via Domitia, permettant de rejoindre l'Hispanie par le sud de la Gaule. Son point culminant est l'emplacement du Trophée des Alpes en limite de la province.

Après sa conquête des Alpes Occidentales, l'empereur Auguste fait aménager cette voie sur le passage d'une voie indigène, sans toutefois la suivre exactement afin de la faire passer par les centres importants comme Cemenelum.

Liste des villes antiques de la province romaine des Alpes maritimes Cemenelum (en grec ancien : Κεμενέλιον ; aujourd’hui : Cimiez) (en grec ancien : Νίκαια ; aujourd’hui : Nice) Antipolis (en grec ancien : Ἀντίπολις ; aujourd’hui : Antibes) Portus Herculis Monoeci (Monaco) Salinae (aujourd’hui : Castellane) Sanitium (en grec ancien : ΣανίτιονPtolémée, 3.1.43. ; aujourd’hui : Senez) Vintium (en grec ancien : Οὐίντιον ; aujourd’hui : Vence)

À partir de 297 : (aujourd'hui : Briançonnet ; antérieurement, jusqu'au : Briançon) (aujourd'hui : Chorges) (aujourd'hui, Digne-les-Bains ; antérieurement, jusqu'en : Digne) (en grec ancien : ; aujourd'hui : Embrun) (aujourd'hui : Faucon-de-Barcelonnette)

À partir de la première moitié du : '' (aujourd'hui : Thorame-Haute) : localité secondaire de la haute vallée du Verdon qui obtient, dans la première moitié du , le statut de cité et le rang d'évêché.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

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Articles connexes Notitia dignitatum, Liste des diocèses de l'Empire romain tardif, Liste des provinces du Bas-Empire Cemenelum, Cimiez (quartier de Nice) Via Julia Augusta Gouverneur romain Histoire des Alpes-Maritimes Alpes cottiennes (province romaine) Alpes grées (province romaine) Alpes poenines (province romaine)

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