Auguste de Toulgoët, né le à Quimper et mort le à Paris, est un militaire, puis journaliste et haut fonctionnaire français.
Biographie Origine, formation et carrière militaire Né à Quimper le , Augustin-Charles-Marie Le Goazre de Toulgoët, dit Auguste de Toulgoët, est le fils de Thérèse-Jeanne-François Duhaffont (ou du Haffont) et d'Augustin-Joseph-Marie Le Goazre de Toulgoët (1785-1841)Archives départementales du Bas-Rhin, état civil de Strasbourg, registre des mariages de 1845, acte (vue 41 sur 55)., officier de gendarmerie, ancien maire de Gouesnach, et fils d'un cousin de l'ancien député du Finistère Augustin Le Goazre de Kervélégan. Auguste est le frère aîné d'Eugène de Toulgoët et le cousin d'Émile de Toulgoët-TréannaAndré Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 20 année, Paris, 1863, ..
Le , Auguste est admis à Saint-CyrLe Moniteur universel, 4 novembre 1835, .. Il aurait servi en AlgérieProcès des accusés de Strasbourg, et 80.. Le , il est nommé lieutenant au sein du régiment d'infanterie de ligne, stationné à CourbevoieAnnuaire de l'état militaire de France pour l'année 1844, Paris, Levrault, 1844, .. C'est dans cette ville que sa compagne, Adèle-Félicité Pillafort (1818-1885), donne naissance à son fils, Augustin-Joseph-Louis-MarieArchives départemantales des Hauts-de-Seine, état civil de Courbevoie, registre des naissances de 1843, acte (vue 20 sur 30)..
Affecté vers 1844 au régiment d'infanterie de ligne à Strasbourg, il est promu au grade de capitaine. Il démissionne cependant de l'armée très peu de temps après, en Paul Muller, La Révolution de 1848 en Alsace, Paris, Fischbacher, 1912, ..
Vie à Strasbourg Le second fils d'Auguste, Augustin-Louis-Marie, naît à Strasbourg le Archives départementales du Bas-Rhin, état civil de Strasbourg, registre des naissances de 1845, acte (vue 4 sur 85). mais meurt deux jours plus tardArchives départementales du Bas-Rhin, état civil de Strasbourg, registre des décès de 1845, acte (5 sur 70).. Le , Auguste épouse sa compagne, Adèle-Félicité Pillafort, fille d'un sous-chef de division à la préfecture du Bas-Rhin. Selon Paul Muller, Auguste aurait été employé par la même institution jusqu'en , mais il est simplement mentionné en tant que « propriétaire » dans les actes d'état civil rédigés à Strasbourg.
Auguste et son épouse ont la douleur de perdre deux autres enfants, Jeanne-Marie, morte avant son premier anniversaire en 1848Archives départementales du Bas-Rhin, état civil de Strasbourg, registre des naissances de 1848, acte (1 sur 88)., et Julien-Joseph-Louis-Marie, mort dans sa troisième année en 1849Archives départementales du Bas-Rhin, état civil de Strasbourg, registre des décès de 1849, acte (17 sur 124)..
Activités militantes et journalistiques sous la Deuxième République Après la Révolution de 1848, Auguste Toulgoët, adjudant-major de la garde nationale, se mêle aux éléments les plus avancés du parti républicain de Strasbourg et délaisse sa particuleLa Démocratie pacifique, septembre 1849, ..
Inspiré par le socialisme fouriériste, il publie une brochure politique (Masques et visages, ou les socialistes et leurs adversaires en face de la Constitution, 1848)La Démocratie pacifique, 12 décembre 1848, ., fréquente un club phalanstérienH. Schaeffer, « L'élection d’Émile de Girardin, député du Bas-Rhin », Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. XII, Paris, Alcan, 1937, . et rédige, plusieurs articles, qualifiés de « tartines » par Émile ErckmannRevue de Paris, 15 mai 1922, ., pour Le Démocrate du Rhin, organe des democrates-socialistes bas-rhinois.
Aux côtés de ces derniers, menés par Émile Küss, le citoyen Toulgoët prend part à l'agitation d'extrême gauche qui secoue la capitale alsacienne au lendemain de la Journée révolutionnaire du 13 juin 1849. Arrêté dans les jours suivants et incarcéré à la maison d'arrêt de Strasbourg, il est jugé le à Metz, par la cour d'assises de la Moselle, qui acquitte l'ensemble des accusésProcès des accusés de Strasbourg, .
Le , Toulgoët joue un rôle important lors du « conclave » socialiste réuni à Strasbourg pour désigner un candidat en vue de l'élection législative partielle provoquée par la démission du député Goldenberg. Il y prend longuement la parole en faveur d'Émile de Girardin, directeur du journal La Presse, qui est ainsi investi candidat par 45 voix sur 80 votants. Après avoir pris une part active à la campagne électorale victorieuse de Girardin, il suit ce dernier à Paris et rejoint la rédaction de La Presse. Son nom, à nouveau doté de sa particule, est imprimé dans le bandeau du quotidien dès le .
Haut fonctionnaire du Second Empire Auguste de Toulgoët, qui démissionne de la Presse le , dix jours après le coup d’État bonapartisteLa Presse, 13 décembre 1851, ., arrive à se frayer un chemin au sein des relations complexes et ambivalentes qui existent entre Girardin et Louis-Napoléon Bonaparte.
Il est ainsi nommé sous-préfet de l'arrondissement de Marmande dès le suivantLe Moniteur universel, 10 mai 1852, .. Il reste à ce poste jusqu'au , date à laquelle il est muté à la sous-préfecture de Villefranche-de-RouergueLe Moniteur universel, 19 décembre 1856, ..
Le , il est nommé préfet du département de Constantine, en AlgérieLa Presse, 29 octobre 1858, .. À l'occasion de la visite de l'empereur, en 1860, il est nommé chevalier de la Légion d'honneurLa Presse, 25 septembre 1860, .. Ses fonctions prennent fin le suivant, peu de temps après la suppression du ministère de l'Algérie et des Colonies : il est alors mis en non-activitéLe Moniteur universel, 13 décembre 1860, ..
Dernières années vignette|Portrait d'Auguste de Toulgoët par Jean-Marie Bérot (1865) À partir de la fin de l'année 1862, au moment où Girardin reprend la direction de La Presse, Auguste de Toulgoët reprend sa collaboration à son ancien journal et y entreprend une série d'articles sur la colonisation de l'AlgérieLa Presse, 31 décembre 1862, .. Dans son papier du , il considère que l'Algérie, trop coûteuse pour la France en moyens financiers et humains, devrait devenir autonome voire indépendante, sous la direction d'AbdelkaderLa Presse, 31 mars 1863, .. Cette conclusion, qui développe et dépasse les projets impériaux d'un royaume arabe, est combattue dans La France par Joseph CohenLa France, avril 1863, ..
Le , il démissionne une seconde et dernière fois de La Presse, jugeant que cette feuille s'engage « dans une voie où [son] expérience administrative et [ses] convictions [...] ne [lui] permettent pas de la suivre »La Presse, 21 novembre 1865, .. Il rejoint ensuite la rédaction de L’ÉtendardLa Liberté, 7 septembre 1866, ., un nouveau journal officieux du régime, fondé par Auguste Vitu en et qui cesse de paraître en 1869.
Toulgoët se consacre ensuite aux affaires, en intégrant le conseil d’administration de l'Union métallurgique de FranceLa Presse, 24 avril 1870, . et celui de l'Omnibus du travailleurJournal des débats, 24 juin 1870, ..
Au début de la Troisième République, Auguste de Toulgoët collabore encore à un journal bonapartiste, L'OrdreLe Constitutionnel, 9 août 1879, ..
Hospitalisé à la maison de santé Dubois (actuel hôpital Fernand-Widal), il y meurt le Archives de Paris, état civil du , registre des décès de 1879, acte (vue 2 sur 31)..
Références
Voir aussi Bibliographie Procès des accusés de Strasbourg (supplément au du Républicain de la Moselle), Metz, 1849, sqq. (consultable en ligne sur Gallica).
Liens externes
Notes sur Auguste de Toulgoët par Christian Scherer sur le site christian.scherer.fr (consulté le ).
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