Le Douglas AD Skyraider, devenu A-1 Skyraider après la mise en place du système Tri-service en 1962, est un bombardier d'appui tactique monomoteur à pistons, l'un des derniers utilisés par des armées de l'air. En effet, il est sorti lorsque les premiers avions de combat à réaction entraient eux aussi en service. Il restait néanmoins très efficace..

L'avion d'attaque léger Skyraider II est ainsi nommé en son hommage en 2024.

Conception Le Skyraider fut conçu pour remplacer le SBD Dauntless à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais il arriva trop tard pour y participer. Le projet fut imaginé en 1944 mais ce ne fut qu'en 1945 que l'appareil vit le jour. À l'origine, il devait se nommer Dauntless II, mais en , il prit la dénomination de Skyraider. L'appellation AD-1 vient du fait que c'était le premier avion d'attaque de Douglas. L'AD-2 sort en 1948 portant des modifications sur le train d'atterrissage, dans le cockpit et dans le renforcement des ailes. En 1950 apparaît l'AD-3 avec de nouvelles modifications, notamment sur les hélices et dans le cockpit. Puis sort la version AD-4, qui est la version la plus élaborée. Les versions AD-5 en 1951, avec un fuselage élargi et allongé permettaient de porter l'équipage à 4 personnes. Vint ensuite l'AD-6 une version améliorée du précédent modèle, puis l'AD-7 qui fut construit jusqu'en 1958. ont été construits.

Variantes AD-1 : première version de production en série ( construits). AD1Q : version biplace du AD-1, équipée pour les contremesures électroniques (ECM). rétractée AD-2 : version qui se différencie de l'AD-1 par le renforcement de l'aile et l'augmentation de la capacité du réservoir de . Le logement de train est aussi modifié et devient rectangulaire. À la suite de plaintes venant des pilotes, le cockpit est remanié. Tous ces changements entraînent un surcroît de masse de si bien que le rayon d'action est réduit malgré les supplémentaires. AD-2D : version du AD-2 servant de drone. AD-2Q : version équipée de contremesures électroniques. AD-2QU : variante avec ECM et équipement de remorquage de cibles (). AD-3 : version bénéficiant d'un fuselage renforcé, d'une nouvelle hélice et d'un nouveau train d'atterrissage. Le cockpit est encore remanié. Tous ces changements rajoutent encore à l'avion. AD-3N : version d'attaque de nuit du AD-3. AD-3Q : version équipée de contremesures électroniques du AD-3. AD-3QU : version remorqueur de cibles du AD-3. AD-3W : version radar (airborne early warning = AEW) du AD-3 (). XAD-3E : version de lutte anti-sous-marine du AD-3W. AD-4 : C'est la version qui sera produite en plus grand nombre (). Équipée du nouveau moteur Wright, le R3350-26WA, plus fiable et moins gourmand, l'AD-4 reçoit un nouveau pare-brise blindé et la crosse d'appontage est renforcée. De même que pour l'AD-3, plusieurs variantes virent le jour. AD-4B : version capable de larguer un armement nucléaire. AD-4L : AD-4 équipés du système de dégivrage. AD-4N : version d'attaque de nuit avec un équipage composé d'un pilote et deux opérateurs radar. Pour cette variante, le compartiment radar remplace les aérofreins, l'accès se fait par une porte vitrée de chaque côté du fuselage et une écope située sur le dos de l'appareil assure la ventilation de l'équipement. AD-4NA : durant la guerre de Corée, la Navy demanda à Douglas de retirer l'équipement radar de 100 de ses AD-4N afin d'augmenter la charge offensive et l'addition de deux canons de calibre dans les ailes. AD-4NL : AD-4N encore modifié avec l'adjonction de système de dégivrage. furent ainsi modifiés. AD-4Q : version équipée de contremesures électroniques du AD-4.

vignette|droite|Un AD-4W AEW apponte sur le USS Leyte en 1952 AD-4W : version radar (AEW) triplace (, dont 50 pour la Royal Navy - voir ci-après). AD-5 : La réponse de Douglas à la demande de la Navy pour un avion de lutte sous-marine évolué donna naissance à l'AD-5. Bien que basé sur le même appareil, l'AD-5 est très différent. En premier lieu, le fuselage est élargi pour pouvoir asseoir deux pilotes côte à côte, et est allongé de . La dérive est agrandie de 50 %, par contre les ailes restent inchangées. Derrière les pilotes prennent place un compartiment de radar et les deux opérateurs. Le premier vol de l'AD-5 eut lieu le . La Navy voyant toutes les possibilités qu'offre le compartiment arrière, du transport de troupes jusqu'au transport de blessés, en commande tout de suite . AD-5N : version d'attaque de nuit du AD-5. Elle est quadriplace : Un pilote et un navigateur assis l'un derrière l'autre, deux radaristes assis l'un à côté de l'autre dans le compartiment arrière. AD-5Q : version équipée de contremesures électroniques du AD-5. AD-5W : version radar (AEW) triplace (218 ex.). AD-6 : mélange entre l'AD4-B et l'AD-5. Les renforcements faits sur l'AD-4 des ailes et du train d'atterrissage ainsi que les pylônes pour les bombes et les réservoirs supplémentaires, une canopée largable, le relevage hydraulique de la crosse d'appontage et les améliorations du cockpit de l'AD-5 se retrouvent sur l'AD-6. Cette version du Skyraider avait aussi une capacité nucléaire. Plus tard, lors de la guerre du Viêt Nam, l'AD-6 fut équipé d'une nacelle de contremesures électroniques contre les SAM nord-vietnamiens et de plaques de blindage additionnelles autour du cockpit. Aucune variante n'a été développée. AD-7 : toute dernière version du Skyraider, elle est équipée du R3350-26WB et le train d'atterrissage est encore renforcé. L'installation de canons de calibre dans la partie relevable de l'aile ayant créé une fatigue prématurée de l'aile, celle-ci fut renforcée. L'AD-7, tout comme l'AD-6, pouvait délivrer une arme nucléaire. Skyraider AEW Mk 1 : AD-4W utilisé par la Royal Navy ( sur les 168). A-1D : nouveau nom des AD-4NA en 1962. Version utilisée par l'Armée de l'air en Algérie. Il pouvait emporter une grande quantité d'armement (). A-1E : nouveau nom des AD-5 en 1962. Version multiplex, à l'origine avion d'attaque biplace mais rapidement transformable pour l'attaque de nuit. Il peut également être transformé en transport à , en ambulance à quatre civières, en cargo emportant de fret, en avion de reconnaissance photographique ou encore utilisé à la localisation d'objectifs. A-1G : nouveau nom des AD-5N en 1962. A-1H : nouveau nom des AD-6 en 1962. Bombardier monoplace de jour. A-1J : nouveau nom des AD-7 en 1962. Version équipée d'un moteur plus puissant et une structure renforcée pour les attaques à basse altitude. Il emportait une variété surprenante de charges. Au Viêt Nam, ces charges extérieures allaient jusqu'à . EA-1E : nouveau nom des AD-5W en 1962. EA-1F : nouveau nom des AD-5Q en 1962. UE-1E : nouveau nom des AD-5 en 1962 transformé en appareil de servitude. XBT2D-1 (-/N/P/Q) : désignation des prototypes. Six exemplaires construits : 1 XBT2D-1 ; 3 XBT2D-1N ; 1 XBT2D-1P ; 1 XBT2D-1Q.

Moteurs

Wright R-3350-24W Cyclone : AD-1(XBT2D-1), AD-1N(XBT2D-1N), AD1Q(XBT2D-1Q), XAD-1W. Wright R-3350 Cyclone : AD-2, AD-2Q, AD-3, AD-3E, AD-3N, AD-3Q(AD-3QU), AD-3QU(AD-3Q), AD-3W, AD-5(A-1E), AD-5N(A-1G), AD-5Q(EA-1F), AD-5W(EA-1E), AD-6(A-1H). Wright R-3350-26WA Cyclone : AD-4, AD-4B, AD-4L, AD-4N, AD-4NA(A-1D), AD-4NL, AD-4Q, AD-4W. Wright R-3350-26WB Cyclone : AD-7(A-1J).

Le nom entre parenthèses est le changement de nom de certaines variantes.

Armement Le Skyraider est parfois qualifié de « véritable camion à bombes » tant il peut emporter d'armes. Son armement principal composé de quatre canons de calibre et d'une charge offensive de , soit plus importante que celle du Boeing B-17 Flying Fortress, allant jusqu'à au Viêt Nam lui conférait une large panoplie d'armes. Une rafale de trois secondes, avec l'ensemble de ses canons représente près de tirés. Par ailleurs, cet armement s'est montré très efficace, très précis et très fiable.

Ses quinze points d'attache permettaient d'y installer : réservoirs largables de . réservoirs largables de . SUU-11 minigun de calibre avec . bidons de napalm. paquets avec CBU-25. bombes au phosphore AN-M47. bombes de . bombe de . bombe Mk-82. tube lance-roquettes . nacelle de lance-roquettes LAU-59/68 pour au phosphore. nacelle de roquettes . fusées fumigènes CBU-22.

Engagements Initialement conçu pour voler pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que chasseur-bombardier embarqué, il arriva trop tard pour y participer. Conçu pour attaquer les porte-avions japonais, il prit du service pendant la guerre de Corée en tant que chasseur de trains.

Le , alors qu'ils étaient en mission de secours à la suite de , deux AD, accompagnés d'un Corsair, provenant du porte-avions abattent deux Lavotchkine La-7 de la force aérienne chinoise au large d'Hainan.

En 1959, l’Armée de l'Air française, à la suite d'une mission menée par Pierre Delachenal, en commanda 113 pour remplacer ses P-47 dans les opérations de la guerre d'Algérie. Après des transformations faites par Sferma, ils commencèrent leur service opérationnel le avec l’arrivé du premier à la base aérienne 142 Boufarik en Algérie française, 36 en dans la 20e escadre de chasse, trois escadrons en seront doté au total. Au , 51 sont en ligne, et trois hors service. Le et dernier est livré le .

Ensuite, ils furent affectés à Madagascar et Djibouti. Un certain nombre furent donnés à des pays alliés de la France : Cambodge, Gabon, Tchad, Centrafrique..

Ils furent parmi les premiers avions américains à attaquer les côtes du Nord-Viêt-Nam à la suite des incidents du golfe du Tonkin en 1964, en décollant du porte-avions USS Ticonderoga stationné au large du Viêt Nam.

vignette|Des A-1H transférés par l'US Navy à l'aviation sud-vietnamienne. Le premier sera abattu le et le second sera perdu le .

Une de ses missions durant la guerre du Vietnam était d'escorter les H-3 Jolly Green Giant puis leurs successeurs HH-53 Super Jolly Green Giant pour le sauvetage des pilotes tombés derrière les lignes ennemies. Surnommés Sandy ou Zorro, les A-1 (généralement, Sandy 01 et Sandy 02) avaient pour rôle d'attirer le feu de la DCA ennemie contre eux. Une fois localisée, celle-ci était prise pour cible à l'aide de roquettes et d'obus. Ensuite, Sandy 03 et Sandy 04 guidaient les hélicoptères vers la position de l'équipage abattu. Pendant la récupération, les Skyraider couvraient les hélicoptères. Quand cela s'avérait nécessaire, notamment quand le feu adverse était intense, les A-1 tiraient des roquettes qui, à l'explosion, créaient un écran de fumée pour masquer les hélicoptères. Une fois l'équipage récupéré, les hélicoptères rentraient à la base, suivis par les Skyraider. Durant la guerre du Viêtnam, les unités Sandy ont réalisé . Leur devise est "Pour que les autres vivent".

On l'utilisa massivement pour « nettoyer » une zone, repérer puis anéantir l'ennemi avec toutes les armes disponibles. Sa relative lenteur en faisait une proie facile pour l'ennemi, mais elle était un atout pour attaquer des cibles au sol avec précision. Il fut apprécié pour sa robustesse et sa résistance aux attaques ennemies. Néanmoins, de nombreux A-1 furent abattus par la DCA et les missiles sol-air. De fait, au fur et à mesure de l'avancée du conflit, il fut cantonné au Sud-Viêt-Nam dans des missions d'attaque car les défenses antiaériennes du Nord-Viêt-Nam étaient trop puissantes (à l'exception notable des missions de sauvetage de pilotes américains tombés en territoire hostile). Il fut utilisé jusqu'à la fin de la guerre du Viêt-Nam par les États-Unis puis par l'aviation sud-vietnamienne.

Pays utilisateurs

Marine des États-Unis Corps des Marines des États-Unis Force aérienne des États-Unis

Aviation nationale khmère - En 1965, le royaume du Cambodge reçoit quinze Skyraider en provenance de l'aviation française. Les appareils sont employés contre les Khmers rouges durant la guerre civile cambodgienne par le Royaume de Cambodge puis par la République khmère à partir de 1970.

Force aérienne centrafricaine