Amar Benmohamed, né en 1972 en France, est un policier francais, brigadier-chef, officier de police judiciaire, ainsi qu'un lanceur d'alerte.
Biographie Amar Benmohamed naît en 1972 en France. et grandit dans le département de la Seine-Saint-Denis (93).
Son père, d’abord militaire dans la marine nationale, devient ensuite gardien de la paix au sein de la Préfecture de Police de Paris qu’il quitte en 1979 pour prendre sa retraite..
La mère d'Amar, fonctionnaire, reste en France pour élever ses enfants. Amar obtient un baccalauréat B puis suit des études de chinois mandarin. En parallèle, il travaille de nuit dans le domaine de la sécurité privée.
Suivant les conseils d'un ancien collègue de son père, il effectue en 1997 son service militaire en tant que policier auxiliaire puis en 1999, il effectue sa scolarité dans une école de police, après avoir passé les épreuves du concours de gardien de la paix.
Alerte Premières dénonciations Dès le printemps 2017, il dénonce à sa hiérarchie des « propos racistes » tenus de façon régulière ainsi que des mauvais traitements (privations d’eau, privations de nourriture, privations de couverture, privations de médecin, crachats dans la nourriture etc …) commis par quelques gardiennes de la paix à « l’adresse des déférés d’origine étrangère ».. Il dénonce aussi des vols perpétrés par les agents de police. Il a également témoigné auprès de l'IGPN dans le cadre d'une enquête pour "mauvais traitements, propos à caractère discriminatoire et propos injurieux susceptibles d'avoir été infligés à des personnes déférées au tribunal de grande instance de Paris". Achevée en , l'enquête de l'IGPN a conclu à des faits de racisme répétés, et possiblement de maltraitance, mais n'a pas donné lieu à un signalement au procureur, d'après l'avocat du brigadier-chef Arié Alimi.
Depuis ses accusations portés envers ses collègues, Amar Benmohamed estime être la cible d'un harcèlement de la part de certains supérieurs hiérarchiques.
En janvier puis en , devant l’inaction de sa chaîne de commandement, il rédige un rapport dénonçant une fois de plus ces faits.
Alerte au grand public En , il dénonce, via un témoignage recueilli par StreetPress, le comportement de certains de ses collègues au dépôt du Tribunal de grande instance de Paris. Il évoque notamment des centaines de cas de comportements racistes, homophobes, transphobes ainsi que des maltraitances régulières et violences morales.
Le , le parquet de Paris ouvre une enquête pour violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique et pour injures publiques.
Sanctions et mesures de rétorsion Le , sa hiérarchie lui donne un « avertissement »(reportage TV sur l’émission Quotidien dans le cadre d'une procédure disciplinaire, au titre de son refus persistant de révéler les identités de ses collègues qui lui avaient rendu compte des maltraitrances quotidiennes et autres injures raciales commises par les policières mises en causeHortense de Montalivet et Geoffroy Clavel, Darmanin a-t-il réclamé des sanctions contre le lanceur d'alerte de la police?, huffingtonpost.fr, 29 juillet 2020Sanctions contre des policiers accusés de racisme et de maltraitances au tribunal de Paris, lefigaro.fr, 28 juillet 2020Cinq policiers sanctionnés pour racisme et maltraitance au tribunal de Paris, lunion.fr, 28 juillet 2020.
Il répondait que son refus de communiquer les identités respectait le principe de droit dit de la « préservation de la preuve » mais aussi que son refus était motivé par la nécessité de protéger ses collègues des pressions de la hiérarchie.
De même, il lui est reproché d’avoir rédigé un rapport avec six jours de retard, chose qu’il conteste en apportant la preuve de ses dires. Enfin, il réaffirme avoir rapporté tous les faits depuis le printemps 2017 à la suite de multiples comptes rendus oraux (attestés par plusieurs témoins directs de l’affaire) aux gradés et officiers du T.G.I, puis par écrit, à ses supérieurs ainsi qu’à l'IGPN Paris, avec des documents datés et signésLe policier lanceur d’alerte qui a révélé les maltraitances au tribunal de Paris sanctionné par sa hiérarchie, streetpress.com, 12 janvier 2021Paul Guyonnet, Amar Benmohamed, policier lanceur d'alerte sur le racisme, averti pour avoir tardé à parler, huffingtonpost.fr, 12 janvier 2021..
Avec son avocat Arié Alimi, il conteste cette sanction auprès du tribunal administratif de Paris.. Il obtient le soutien de la Maison des lanceurs d'alerte, la Ligue des droits de l'Homme et l'Acat (une pétition en ligne est lancée par ces associations https://www.ldh-france.org/soutien-a-amar-benmohamed-m-le-prefet-de-police-retirez-lavertissement-et-faites-cesser-ce-harcelement/), ainsi que de plusieurs personnalités telles que l'historien Patrick Weil, l'avocat William Bourdon, le professeur de droit public Paul Cassia et le lanceur d'alerte des Luxleaks Antoine Deltour....
Le , l’officier de nuit du Dépôt revient spécialement sur ses repos pour lui notifier l’ouverture d’une enquête administrative à son encontre pour « manquement au devoir de rendre compte » à la suite de son témoignage devant l'Assemblée nationale dans le cadre de l'évaluation de la loi Sapin 2, enquête qui se soldera par un avertissement. Sa direction et le préfet de police de Paris lui reprochent en effet de ne pas avoir signalé plus tôt l'audition devant la mission d'évaluation menée par les députés Raphaël Gauvain et Olivier Marleix à laquelle il avait été invité sur proposition de la Maison des lanceurs d'alerte pour témoigner de son vécu et de son expérience en qualité de lanceur d’alerte... Le , il était sanctionné par un avertissement pour avoir porté ce témoignage.. Le , il recevait un blâme pour avoir accusé sa hiérarchie de passivité et de complicité dans les dysfonctionnements qu’il a dénoncés au sein du Dépôt du tribunal de Paris .
Décisions de justice
En , le Défenseur des droits reconnait qu'il a fait l'objet de représailles de la part de sa hiérarchie et pointe l'impunité dont ont bénéficié les personnes mises en cause dans cette affaire.
Le , la Cour Administrative d’Appel de Paris annulait la première sanction reçue (un avertissement) et lui reconnaissait officiellement (tout comme le Défenseur des Droits l’avait déclaré fin 2022) la qualité de lanceur d’alerte.
Le , le Tribunal Administratif de Paris annulait les deux autres sanctions (un avertissement et un blâme) au motif principal « qu’aucun fonctionnaire ne peut être sanctionné pour avoir lancé une alerte ».
Le , la cour administrative d’appel de Paris condamne l'État pour l'illégalité des sanctions prises à l'encontre du brigadier-chef.
Distinctions Le , son action est saluée par l'association Anticor qui lui remet un prix éthique.
Référence
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