L'Institut des Géosciences de l'Environnement (IGE) est une unité mixte de recherche située sur le Domaine universitaire de Grenoble à Saint-Martin-d'Hères et menant des recherches sur l’étude du climat, du cycle de l’eau, de la cryosphère et des environnements naturels et anthropisés. Il est l'un des principaux laboratoires de l'Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble.

L’Institut étudie le climat et ses principales composantes (atmosphère, cryosphère, hydrosphère et surfaces continentales) ainsi que leur composition et leurs interactions, notamment à travers les cycles biogéochimiques et le cycle de l’eau. Ses recherches portent également sur les risques associés aux changements environnementaux, qu’ils soient hydroclimatiques, gravitaires, glaciaires ou environnementaux, ainsi que sur les enjeux liés à la science de la durabilité et aux processus physiques et sociaux à l’œuvre dans la zone critique. L’Institut développe par ailleurs de nombreux outils et méthodes expérimentaux et numériques nécessaires à ses travaux de recherche. Historiquement, l’IGE mène une partie importante de ses recherches dans des régions particulièrement exposées aux enjeux environnementaux et sociétaux, notamment les régions polaires, la zone intertropicale et les régions de montagne.

Histoire Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement Le LGGE a été créé en 1958 sous l'impulsion du glaciologue Louis Lliboutry. Initialement Laboratoire de l'Aiguille du Midi, puis Laboratoire de glaciologie alpine, il est installé en 1961 dans les locaux de l'ancien évêché à Grenoble et prend en 1970 la dénomination de Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LGGE) puis s'installera en 1982 dans ses locaux du campus de Saint-Martin-d'Hères. Le glaciologue Claude Lorius en est directeur de 1983 à 1988. Initialement unité propre de recherche du CNRS (UPR 5151), le laboratoire est à partir de 2003, une unité mixte de recherche (UMR 5183) sous la tutelle du CNRS et de l'Université Grenoble-Alpes.

En , le LGGE accueille l'équipe d'océanographes du MEOM, modélisation des écoulements océaniques multi-échelles, composée de 25 personnes, élargissant ainsi son champ d'action.

Laboratoire d'étude des Transferts en Hydrologie et Environnement Le LTHE a été créé en 1992 à l'initiative d'une vingtaine de scientifiques formant l'équipe "Hydrologie" de l'Institut de Mécanique de Grenoble, membres du CNRS, de l'Institut National Polytechnique de Grenoble (INPG) et de l'Université Scientifique et Médicale de Grenoble . Son premier directeur est Michel Vauclin, directeur de recherche au CNRS, physicien des transferts dans les sols. En 1995 un petit contingents de chercheurs de l'Institut de Recherches pour le Développement rejoint le LTHE, élargissant ses zones d'intérêts géographiques vers les régions tropicales et conduisant à sa labellisation comme Unité Mixte de Recherche (UMR 5564), sous les tutelles conjointes du CNRS, de l'INPG, de l'IRD et de l'UJF (nouveau nom de l'ancien USMG). Le LTHE devient au cours des années 2000, un des laboratoires français de référence sur l'étude du cycle de l'eau en interaction avec les changements globaux (réchauffement climatique, dégradation des sols et de la qualité des milieux, anthropisation). A la veille de la fusion avec le LGGE il compte environ 70 chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens travaillant sur tous les continents et tous les compartiments du cycle de l'eau.

Création de l'IGE L'Institut des Géosciences de l'Environnement est issu de la fusion en 2017 du Laboratoire d’étude des Transferts en Hydrologie et Environnement (LTHE) et du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement lui même créé en 1978.

Le , l'unité de recherche Érosion Torrentielle Neige et Avalanche (ETNA) de l'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement (INRAE) rejoint l'IGE et apporte son expertise sur l'étude des avalanches et des événements torrentiels en montagne. INRAE devient à cette occasion tutelle de l'IGE.

L’Institut rassemble un collectif de 375 personnes, dont l’effectif peut dépasser 450 lors des périodes de stages. Il comprend des technicien·nes et ingénieur·es en appui administratif, informatique, technique ou à la recherche, ainsi que des chercheur·ses, enseignant·es-chercheur·ses, doctorant·es, stagiaires et visiteur·ses scientifiques. Ces personnels peuvent être permanents ou non permanents.

Thèmes de recherche Les activités scientifiques de l'IGE portent principalement sur le climat et ses principales composantes (atmosphère, cryosphère, hydrosphère et surfaces continentales) ainsi que sur leur composition, leurs interactions et les processus qui les relient, notamment les cycles biogéochimiques et le cycle de l'eau. Elles concernent également l'étude des risques hydroclimatiques, gravitaires, glaciaires et environnementaux, les sciences de la durabilité et les processus physiques et sociaux à l'œuvre dans la zone critique. Ces recherches s'appuient sur des développements expérimentaux et numériques dans différents domaines.

Une part importante des activités de recherche de l'IGE est consacrée à des régions particulièrement concernées par les enjeux environnementaux et sociétaux, notamment :

les régions polaires, dans l'hémisphère Nord comme dans l'hémisphère Sud ; la zone intertropicale, notamment dans le cadre de collaborations avec des partenaires de pays émergents et de régions particulièrement vulnérables aux changements environnementaux ; les régions de montagne, notamment les Alpes, les Andes et l'Himalaya.

L'IGE développe également des méthodes et des outils destinés à l'observation, à l'analyse et à la modélisation des processus étudiés. Ces développements comprennent notamment la conception de dispositifs instrumentaux et de capteurs autonomes ou embarqués, la spatialisation des mesures et le développement de méthodes d'analyses physico-chimiques. L'institut mène également des développements numériques portant sur des codes de calcul, l'exploitation de données issues de la télédétection spatiale et l'accompagnement de missions d'observation de la Terre depuis l'espace. Plus récemment, certaines recherches intègrent des approches participatives visant à associer différents acteurs à la production de connaissances scientifiques.

Orientations scientifiques 2026-2030

Pour la période 2026-2030, l'Institut a défini cinq grandes orientations scientifiques consacrées à l'étude du système climatique et de l'environnement, aux effets des activités humaines, aux risques associés aux changements globaux, aux relations entre sciences et sociétés et au développement de nouvelles approches expérimentales et numériques.

Processus dans le système climatique et l'environnement

Cette orientation porte sur l'observation et la modélisation des processus physiques et biogéochimiques des principales composantes du système climatique, notamment l'atmosphère, la cryosphère, l'hydrosphère et les surfaces continentales, ainsi que sur l'étude de leurs interactions et de leurs évolutions.

Anthropisation des milieux, impacts sanitaires et environnementaux

Cette orientation concerne les effets des activités humaines sur le système climatique et la qualité des milieux, ainsi que leurs impacts sanitaires et environnementaux. Elle comprend également des recherches sur les solutions d'atténuation et de remédiation.

Risques climatiques et environnementaux à l'ère des changements globauxCette orientation porte sur l'étude des processus physiques et sociaux associés aux risques hydroclimatiques, glaciaires et gravitaires, ainsi que sur leur évaluation et leur prévention dans le contexte des changements globaux.

Dialogue sciences-sociétés et sciences de la durabilité

Cette orientation porte sur les relations entre connaissances scientifiques et société, notamment à travers la formation, l'intermédiation entre sciences et sociétés, l'appui aux politiques publiques et la co-construction de services climatiques. Elle s'inscrit dans le champ des sciences de la durabilité et des transitions socio-environnementales.

Transitions numérique et expérimentale en sciences de l'environnementCette orientation concerne le développement de nouvelles approches en instrumentation, science des données, algorithmes, modélisation et intelligence artificielle, ainsi que les pratiques de science ouverte. Elle vise notamment à accompagner les évolutions des méthodes expérimentales et numériques en sciences de l'environnement.

L'IGE s'appuie pour ces activités sur 11 équipes de recherche, 3 services et 3 plateformes d'accompagnement à la recherche.

Équipe de direction L'équipe de direction de l'IGE est composée de : Emmanuel Cosme, directeur de l'unité ; Isabelle Ruin, directrice adjointe ; Thomas Condom, directeur adjoint ; Thierry Faug', directeur adjoint.

Équipes de recherche La recherche à l'IGE est organisée en neuf équipes:

Climat-Cryosphère-Hydrosphère (C2H) CHImie Atmosphérique, Neige, Transferts et Impacts (CHIANTI) Dynamique de la cryosphère (CryoDyn) Eau, climat, société Risques gravitaires et cryosphère en montagne (ECRINS) HydroDynamique, Réactivité et Impacts de la Matière dans la Zone critique tranSporT solide, géomoRphologIe, environneMent (HYDROSYSTEMS) Carottes-Chimie-Climat (ICE3) Impact Pensé-Empreinte Régulée (IMPER) Modélisation des écoulements océaniques multiéchelles (MEOCEAN) OPen computational Earth and climate science ReseArch (OPERA) Processus Hydrologique et Ressources en Eau Vulnérable (PHyREV)

Activités médiatisées En France, l'IGE étudie depuis 1958 l'évolution de la Mer de Glace dans les Alpes tout en fournissant le service national d’observation du climat et des glaciers afin de constituer une base de données glacio-hydro-météorologiques. L'une de ses études publiée en 2019 dans le journal Geophysical Research Letters y révèle les traces de pollution aux métaux lourds remontant à l'époque Romaine.

La réputation scientifique du LGGE s'est faite avec la reconstitution de l'évolution des climats depuis , grâce à l'analyse en 1978, par Claude Lorius et son équipe, des gaz traces issus de l'atmosphère terrestre piégée dans les glaces de l'Antarctique près de la base antarctique Concordia. Le laboratoire possède depuis 2002 une expertise dans les observations de la chimie de l'atmosphère et la surveillance des glaciers dans les Andes, en Antarctique et dans les Alpes, grâce au service d'observation GLACIOCLIM, « les GLACIers, un Observatoire du CLIMat ».

Développée depuis 2011, les chercheurs du laboratoire ont utilisé en 2015 une nouvelle technologie laser permettant de forer la glace jusqu'à la profondeur de trois kilomètres, leur permettant ainsi des enregistrements climatiques très anciens, largement au-delà d'un million d'annéesLe jdd du 29 mars 2015 (Subglacior, la sonde qui exhume l'histoire du climat)..

En , avec l'aide de la fondation de l'université Grenoble-Alpes, une équipe du laboratoire prélèvent dans le massif du Mont Blanc des carottes de glace sur une hauteur d'environ 140 mètres dans le cadre de la constitution d'une banque mondiale d'échantillons de glace. L'une de ces carottes restant dans la région grenobloisela-croix.com du 22 août 2016, Mont-Blanc, une mission pour léguer aux futures générations le secret des glaces., les deux autres doivent être transférées à l'horizon 2020 sur la base antarctique Concordia dans une cave spécialement creusée afin de pouvoir servir aux scientifiques des générations futuresfranceinter.fr du 16 août 2016, Climat : ce que nous raconte une carotte de glace..