Cet article examine les impacts de la pandémie de Covid-19 sur la santé publique au Québec, en abordant les différentes facettes de la réponse du gouvernement et des autorités sanitaires à cette crise sans précédent. Il couvre les mesures prises pour lutter contre la propagation du virus, les pénuries de ressources, les défis rencontrés dans les centres d'hébergement, les efforts de dépistage, les campagnes de vaccination et les problèmes de santé mentale, parmi d'autres aspects importants de cette situation complexe et en constante évolution.

vignette|Prise de température par deux employés de la SOPFEU. vignette|Paramédic montréalais portant un équipement de protection contre la Covid-19 (juin 2020).

Chronologie Par rapport au reste de l'Occident, le Québec bénéficie d'une arrivée tardive de la maladie sur son territoire, de sorte que des mesures de santé publique ont pu rapidement être mises en place afin d'endiguer la maladie. L'état d'urgence sanitaire est déclaré le , ce qui donne des pouvoirs étendus à la ministre de la Santé et des Services sociaux.

Les autorités de la santé publique suivent les directives de l'OMS et mettent en place des cliniques de dépistage du virus afin de mieux détecter, suivre et isoler les cas. À la fin , le premier ministre du Québec affirme que la province est .

Le système de santé québécois est également adapté en prévision d'une vague de patients contagieux nécessitant des soins hospitaliers significatifs. On tente ainsi d'acquérir le plus rapidement possible de l'équipement de protection, d'établir des zones "chaudes" et "froides" dans les hôpitaux et d'augmenter le nombre de lits médicalisés. Des milliers de lits d'hôtels sont également réservés en cas de débordements des hôpitaux. Les travailleurs de la santé ont deux foix plus de chance que la population québécoise d'attraper la Covid. À la mi-, travailleurs de la santé avaient attrapés la Covid-19, dont 340 ont été hospitalisés et 11 en sont morts.

Les hôpitaux répondent relativement bien aux besoins à ce niveau, ce qui n'est cependant pas le cas des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), demeurés dans l'angle mort des autorités sanitaires et dont environ le quart des établissements a recensé au moins un cas de Covid-19 parmi les patients ou le personnel au début du mois d'avril.

Le , juste avant la suspension des travaux à l'Assemblée nationale du Québec, le gouvernement adopte le projet de loi 31 qui élargit les actes que les pharmaciens peuvent poser, comme prolonger des ordonnances, prescrire et administrer des vaccins, ainsi que le projet de loi 43 qui donne plus de pouvoirs aux infirmières praticiennes qui pourront poser des gestes jusque là réservés aux médecins, comme le suivi de certaines grossesses ou le diagnostic de maladie courante.

À la mi-, le CHU Ste-Justine est à moins de 50 % du taux d'occupation d'hospitalisation, une situation inédite pour cette période de l'année. Il y a une diminution des maladies non infectieuses, et qui ont une fréquence précise dans la population comme les maladies métaboliques, ce qui laisse croire aux médecins du CHU que les parents relativisent l'urgence des symptômes mineurs afin d'éviter d'aller à l'hôpital par crainte de la Covid-19.

Entre et , il y a un million de moins d'entrées dans les salles d'urgences du Québec, une diminution de 29 %. Plusieurs personnes ont retardé leur visite à l'urgence par crainte de contracter la Covid-19 dans les hôpitaux. Ce retardement du moment de consultation, combiné au délestage afin d'hospitaliser les malades de la Covid-19, a eu des conséquences sur l'état de santé des malades, dont les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou de cancer, ce qui mènera probablement à une surmortalité pour certaines affections.

Mortalités

Source: Fichier CSV sur le site de l'INSPQ récupéré en date du 2022-10-30.

Au début , le Québec est la province canadienne qui possède le plus grand nombre de morts liés à la Covid-19 au pays, tant en absolu qu'en relatif. Ainsi, à la mi-, la Belle province affiche un taux de par million d'habitants, alors que la province voisine, l'Ontario, arrive deuxième avec un taux de 14 par million. Montréal est parmi les villes au monde avec le plus haut taux de mortalité per capita, avec près d'un Montréalais sur décédé de la Covid-19.

Bien que les comparaisons entre les territoires soient difficiles à faire et que le bilan définitif pourrait changer fortement la donne, le Québec semble malgré tout être l'un des endroits en Amérique du Nord où la maladie frappe le plus fort. Cela pourrait s'expliquer en partie par le fait que la semaine de relâche est arrivée plus tôt dans cette province, au début mars, alors qu'aucune mesure n'avait encore été prise. Ainsi, plusieurs personnes ont profité de cette pause pour voyager à l'étranger, ramenant et diffusant malgré elles le virus à leur retour. Cependant, une analyse ultérieure de près de prélevées chez des personnes infectées lors de la première vague montre que le "mal" était déjà fait avant la semaine de relâche.. Ce serait plutôt des introductions initiales réalisées avant la détection du premier cas officiel qui auraient proliférées dans la province, selon le phénomène de l'"effet fondateur".

D'autres hypothèses sont soulevées pour expliquer l'écart, telles un taux plus élevé de personnes âgées en hébergement collectif, un âge moyen plus élevé et une plus grande proportion en milieu urbain de la population québécoise. Ces hypothèses sont en partie réfutées par d'autres, qui affirment que la principale cause est de ne pas avoir isolé correctement et suffisamment rapidement les CHSLD.

Selon une étude d' analysant la surmortalité dans les CHSLD au Québec en la comparant aux morts dans des institutions équivalentes a l'international, 75 % des décès au Québec sont survenus dans des centres de soins de longue durée, comparativement à 43 % en France et 34 % au Royaume-Uni. La cause de cette hausse de la mortalité serait due à la plus grande proportion de la population résidant dans les centres de soins de longue durée.

À la fin , une analyse des surmortalités enregistrées entre et en Europe et aux États-Unis permet de constater que, contrairement à d'autres, le Québec aurait bien évalué l'effet de la pandémie sur le nombre de morts. Selon cet indicateur, la province se retrouve ainsi dans la "moyenne" des pays comparés, faisant moins bien que la Suisse, les États-Unis et la France, mais mieux que la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne et l'Italie.

Les vagues subséquentes sont mieux gérées par la province.

Personnalités mortes de la Covid-19

Personnalités notables au Québec décédées en 2020 des suites de la pandémie de Covid-19 : Marguerite Lescop, auteure, conférencière et éditrice, morte le , Ghyslain Tremblay, comédien, mort le , Claude Beauchamp, journaliste et éditeur, mort le , Claude Lafortune, animateur de télévision, mort le , Sylvie Vincent, anthropologue, morte le , Renée Claude, chanteuse, morte le , Fernand Turcotte, médecin expert en santé publique, mort le , Marc-André Bédard, ancien ministre de la justice sous René Lévesque et Pierre-Marc Johnson.

Vaccination

Le , la santé publique de Montréal annonce que la campagne de vaccination des enfants des écoles de Montréal est remise à 2021 en raison de la pénurie d'infirmières. Parmi les vaccins qui sont reportés, il y a ceux contre l'hépatite A et l'hépatite B, le virus du papillome humain et le tétanos.

Grippe saisonnière

À la fin , plusieurs cliniques de vaccination pour administrer le vaccin contre l'influenza affichent complet, donc celles de la région de Montréal. Deux millions de doses ont été commandées pour le Québec, une augmentation de 25 % par rapport à 2019. Cette augmentation est causée partie par la pandémie de Covid-19, car les symptômes grippaux forcent l'isolement préventif et du dépistage.

Campagne de vaccination contre la Covid-19 au Québec

Pénuries

Au cours de la pandémie Covid-19, le Québec a été confronté à diverses pénuries qui ont affecté son système de santé et ses citoyens. Les pénuries de personnel, de matériel médical, d'équipements de protection individuelle et de médicaments ont été parmi les défis les plus importants auxquels les autorités ont dû faire face afin de maintenir des soins de santé adéquats et de lutter efficacement contre la propagation du virus.

Personnel

Au début de la deuxième vague en , le personnel vient à manquer pour les cliniques de dépistage et pour la vaccination contre l'influenza. Différents professionnels de la santé, comme des orthophonistes et des psychologues, qu'un arrêté ministériel datant de mai permet d'effectuer ces actes, sont appelés en renfort.

Respirateur artificiel

Bien que n'ayant pas connu de pénurie de respirateur artificiel, un protocole de priorisation des patients est rédigé par un groupe d'experts indépendants, à la demande du gouvernement du Québec. Intitulé « Le triage pour l’accès aux soins intensifs (adultes et pédiatriques) et l’allocation des ressources telles que les respirateurs en situation extrême de pandémie », il est envoyé le aux présidents-directeurs généraux des établissements publics de santé et de services sociaux.

Selon cette version du protocole, trois critères peuvent servir d'exclusion à l'accès aux respirateurs en cas de pénurie: Les personnes souffrant d'une « maladie neuromusculaire avancée et irréversible (par exemple, la maladie de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique) » ; Celles qui ont « déficience cognitive sévère due à une maladie progressive » ou; une « incapacité totale d'effectuer les activités de la vie quotidienne et domestique de manière indépendante en raison d'une déficience cognitive progressive ».

La Société québécoise de la déficience intellectuelle lance le une campagne afin que le gouvernement révise ce protocole, car selon elle, certaines personnes ayant un handicap pourraient être exclues d'emblée.

À la suite de ces pressions, le , le gouvernement du Québec révise son protocole en modifiant les critères d'exclusion. Renommé « Priorisation pour l’accès aux soins intensifs (adultes) en contexte extrême de pandémie », les critères d'exclusion ne visent plus explicitement les personnes atteintes de « Parkinson et de la sclérose latérale amyotrophique » mais plutôt ceux souffrant d'une « maladie neurodégénérative sévère et irréversible ». De même, le critère sur la « déficience cognitive » est reformulée pour viser le « trouble neurocognitif majeur dégénératif (démence) ». La Société québécoise de la déficience intellectuelle et la Fédération québécoise de l’autisme se disent satisfaites de cette mise à jour.

Médicaments

thumb|200px|Inhalateur de Ventolin (salbutamol)

Certains médicaments, comme le propofol et le fentanyl, viennent également à manquer au début de la pandémie. La chloroquine est également menacée de rupture de stock, en raison de sa supposée efficacité contre la Covid-19. Son administration est restreinte par les autorités du Québec aux patients atteints de lupus érythémateux disséminé, aux femmes enceintes et aux enfants et adolescents âgés de moins de 18 ans atteints d’arthrite juvénile idiopathique. Une ordonnance collective nationale cessant son administration aux patients, sauf exception, a été émise en .

Le salbutamol, mieux connu sous le nom de marque de commerce Ventolin, est également visé par une ordonnance nationale visant la restriction de son administration aux cas d'exception. Dans le cas de ce médicament, Santé Canada autorise l’importation et la mise en marché temporaire d’un inhalateur de salbutamol avec étiquetage en espagnol, afin de s'assurer qu'il arrive en temps opportun dans les mains des personnes en ayant besoin.