Le Carladès ou Carladez est un pays traditionnel de France (Carladés en carladézien..), situé au centre-ouest du Massif central. Une partie de cette région se trouve dans le département du Cantal et l'autre dans celui de l'Aveyron. Ses origines remontent à l'ancienne vicomté de Carlat, une subdivision du comté d’Auvergne, dont les dimensions étaient sensiblement plus vastes que la région naturelle actuelle. thumb|upright=1.5|Carte postale de la fin du reproduisant une gravure sur bois du début du représentant l'état du château et de ses bâtiments avant son arasement sous Louis XIII.

Géographie Situation Situé sur le versant sud des monts du Cantal, le territoire actuel du Carladès est découpé par les quatre vallées de la Cère, du Brezons, du Goul et de la Bromme. Alors qu'au nord l'altitude et le climat des deux premières vallées en font une région typiquement montagnarde et auvergnate, les deux autres vallées, orientées au sud, présentent dans leur partie aval un paysage méridional.

Le Carladès est un plateau ondulé entouré par les régions naturelles suivantes : Au nord par les monts du Cantal et la Planèze de Saint-Flour. Au sud-ouest par la Châtaigneraie (partie qui en a été détachée). Au sud-est par la Viadène. Plus au sud, sans être limitrophe, par le pays de Conques.

Communes du Carladez Le pays de Carladès n'est plus aujourd'hui qu'une simple région naturelle dont l’étendue géographique varie selon les auteurs. Dans son encyclopédie des Pays de FranceFrédéric Zégierman - Le guide des Pays de France (Sud) - Fayard 1999, Frédéric Zégierman définit l'actuel pays de Carladès comme le pays du Barrez plus les environs de Carlat, Raulhac, Brommes, Lacapelle-Barrès et Thérondels mais n’y inclut pas Vic-sur-Cère, Jou-sous-Monjou ou Saint-Jacques-des-Blats qu’il place dans le Pays des Monts du Cantal.

La proposition suivante rattache 18 communes situées sur deux cantons, et deux départements (l'Aveyron et le Cantal).

Pays de Carladès :canton de Vic-sur-Cère CantalPays de Carladez :canton de Mur-de-Barrez Aveyron Badailhac Carlat Cros-de-Ronesque Jou-sous-Monjou Pailherols Polminhac Raulhac Saint-Clément Saint-Étienne-de-Carlat Saint-Jacques-des-Blats Thiézac Vic-sur-Cère Brommat Lacroix-Barrez Mur-de-Barrez Murols Taussac Thérondels

À la fin de l'Ancien Régime (en 1789), le comté de Carladès comportait le territoire de plusieurs autres communes qui forment actuellement le pays de la Châtaigneraie (Cantal) :

Ancienne vicomté :canton de Pierrefort CantalAncienne vicomté :canton de Laroquebrou CantalAncienne vicomté :canton de Montsalvy Cantal Lacapelle-Barrès Malbo Narnhac Paulhenc Pierrefort Vigouroux Lacapelle-Viescamp Calvinet Cassaniouze Vieillevie

Toponymie Le nom de Carladès vient de la ville de Carlat qui était le siège militaire de la vicomté. La terminaison en ès est celle de l'occitan normé et celle en ez est une forme graphique historique.

L'étymologie du toponyme Carlat est discutée (). Il pourrait dériver du nom propre Caratillus suivi du suffixe locatif gaulois -ate qui peut correspondre à une notion de forteresse ou de village, Carlat étant le .. Une autre hypothèse le fait dériver de castelar, , en référence au château de Carlat situé à son sommet..

Histoire

Moyen Âge Le Carladès tient son nom de Carlat, table basaltique où se trouvait le château des vicomtes de Carlat qui en était la capitale militaire. La capitale judiciaire sera plus tard Vic. Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne, était venu en faire le siège et l'avait confisqué en 839.

Issu de l'inféodation par les abbés d'Aurillac de l'ancien domaine héréditaire de Géraud d'Aurillac, le Carladès lui avait succédé au comme l'une des cinq comtés carolingiens de l'Auvergne.

Le Carladès a d'abord été le territoire d'une vicomté mérovingienne située à cheval entre l'Auvergne et le Rouergue. À la fin de l'Ancien Régime, ces deux territoires comportaient chacun une juridiction : celle de Carladès, située à Vic et ressortissant du parlement de Paris celle de Carladez à Mur-de-Barrez ressortissant du parlement de Toulouse.

À l'époque carolingienne, Carlat était le lieu d'une viguerie.

Longtemps possédée par les vicomtes de Millau, puis par les vicomtes de Rodez, on sait que les vicomtes de Carlat rendaient hommage à l'abbé d'Aurillac.

Le vicomte de Carlat Renaud IV de Pons (1291/-1356) se serait rallié au roi d'Angleterre Édouard III, mais en 1345 on le voit combattre sous la bannière du roi de France en plusieurs lieux. En 1356 Renaud IV de Carlat et son fils meurent à la bataille de Maupertuis près de Poitiers. Quelques années plus tard le traité de Brétigny est dénoncé.

Époque moderne Lors de la rédaction en 1510 des coutumes d'Auvergne, Suzanne de Bourbon fit valoir, comme vicomtesse de Carlat, que le Carladès avait son droit et ses usages particuliers, différents de ceux de l'ancien comté d'Auvergne dont il n'avait jamais fait partie.

Après une période de paix, les Guerres de religion furent très violentes dans la région.

Comme pendant la guerre de Cent Ans, les « routiers », bandes armées tant catholiques que protestantes, attaquaient les châteaux qui leur servaient de base pour piller le pays, avant de les rendre contre rançon. Ils s'en prenaient aussi aux bourgs et aux abbayes,

La reine Marguerite, première épouse d'Henri de Navarre, futur Henri IV, prit le parti de la Ligue et, rejetée par son époux, fut contrainte de vivre en Auvergne, tant à Carlat où elle séjourna un peu plus d'un an, puis assignée à résidence au Château d'Usson où elle restera 19 ans. En 1603, Henri IV ordonnera la démolition des châteaux de Murat et de Carlat.

En 1643, Louis XIII érige la vicomté de Carlat, à laquelle il a enlevé la vicomté de Murat, en comté de Carladès qu'il donne par le traité de Péronne, avec d'autres territoires à Honoré II Grimaldi (1623-1651) afin de le remercier pour son alliance et le dédommager de la perte de ses seigneuries en Espagne.

La période révolutionnaire En 1789, quand on créa les départements, on pensa faire coïncider le pays du Carladès avec les nouveaux territoires. La logique historique voulait que le Carladès, partagé entre deux provinces, restât uni et que la partie rouergate soit rattachée au nouveau département du Cantal. Cette idée avait des partisans en Rouergue, mais l'évêque de Rodez, Villaret et Andurand, chargés de l'étude par les députés, en décidèrent autrement. Ils firent valoir notamment qu'on était plus imposé en haut pays d’Auvergne tandis que la ville d'Aurillac était trop éloignée et inaccessible. La demande des gens d’Auvergne fut donc rejetée et le Barrez devint définitivement aveyronnais..

Époque contemporaine L'actuel prince de Monaco, , est propriétaire du rocher de Carlat, lequel avait été racheté par son arrière-arrière-grand-père le prince par l'entremise de la société de la Haute-Auvergne. Le titre de comte de Carladès, désormais titre de noblesse de droit monégasque, a été attribué par son père à la princesse Gabriella de Monaco, née le , fille du prince et de la princesse Charlène, devenant à sa naissance comtesse de Carladès. La visite du prince Albert II dans le Carladès les 14 et correspond à une double logique : « D'un côté, une volonté plus ou moins stratégique de faire évoluer l'image d'une principauté fortement mondialisée par un recours à l'ancrage dans le et dans le terroir ; de l'autre, dans un contexte d'agrégation forcée, le recours à la légitimité historique pour exister : les « découpeurs d’espace » d'hier et d'aujourd’hui peuvent difficilement s'affranchir de ces cohérences territoriales ».

Le , la princesse Gabriella, comtesse de Carladès, a visité, avec ses parents et son frère Jacques, plusieurs communes du Carladès : Vic-sur-Cère, où un square va porter son nom, Mur-de-Barrez, où elle inaugure une médiathèque à son nom, et CarlatGabriella de Monaco, une comtesse de Carladès en ses terres, Point de Vue, 9 juillet 2025.La Gazette de Monaco..

Histoire de l'organisation judiciaire

thumb|360px|Bavardages sur la place d'un bourg, tapisserie, Victor Fonfreide, 1920 Le juge de Carlat, dépendait du bailli de Rodez en 1261, et en 1265 d'un .

Selon l'abbé Expilly, qui dit connaître quelqu'un (M. de Sistrières) qui a vu l'acte, . On sait qu'il existait des baillis de Carlat avant et après cette date : Hugues de Balaguier, bailli de Carlat en 1290, Guillbert de Marcenac, en 1285 Térence de Flavin Géraud de Naucaze en 1317 et 1319 Bertrand de Merinhac, en 1327 Jean de Cadilhac en 1392, demeurant à Mur-de-Barrez Raymond Guérin en 1414, bailli de Carladez Jean de Cardaillac en 1438, séant à Vic-en-Carladès Aymar de Cardaillac, en 1482 Philibert de La Platière (1451-1508), en 1489.

En 1414, le connétable d'Armagnac fit décider que les juges au bailliage de Vic-en-Carladès relèveraient nûment du Parlement de ParisAndré Imberdis, L'Auvergne depuis l'ère gallique jusqu'au , Paris, 1863..

Vers 1430 la juridiction apparaît comme divisée entre deux juges : le juge d'appeaux, dont le siège est toujours ambulatoire ; le juge ordinaire déjà installé à Vic, qui prend le nom de prévôt.

Ces deux magistrats furent conservés lors de la réunion à la couronne en 1532, et devinrent juges royaux. Avec la création du présidial d'Aurillac en 1552, la cour d'appeaux de la vicomté dut faire reconnaître son indépendance (sauf pour les « cas présidiaux ») et fut désignée comme « cour présidiale d'appeaux des vicomtés de Carlat et de Murat ».

En 1561, le siège du juge d'Appeaux s'établit lui aussi définitivement à Vic par un édit de et il reçut, par une déclaration du roi , le titre de bailliage, dont ressortissaient cinq juridictions : la justice ordinaire ou prévôté de Vic, la prévôté de Murat, la prévôté de Boisset, la justice du Mur-de-Barrez, la justice de Calvinet.

Dans la description qu'il fait de l'organisation politique et administrative de l'Auvergne, l'abbé Expilly précise que « le Carladès, quoiqu'il soit enclavé dans l'Auvergne et réuni en même temps qu'elle au Domaine de la Couronne, est un fief lige et un pays séparé et distinct, qui n'est sujet en aucune sorte ni au duché d'Auvergne, ni aux bailliages royaux de cette province. Les appellations des jugements du juge d'appeaux du Carladès ressortissent en tous cas du parlement de Paris. Ce siège d'appeaux est un bailliage de grande étendue dont le premier officier prend la qualité de juge présidial et d'appeaux de Carladès. Il est le chef de la justice de ce pays et tient dans son siège la place de bailli et de sénéchal de robe longue. Les appellations des sentences et des juges ordinaires du Carladès sont relevées devant ledit juge d'appeaux de Vic-en-Carladès, comme étant le seul vrai et naturel juge de ce pays, , juge d'appeaux de Vic, homme très instruit de l'histoire de l'Auvergne ». Sa charge est héréditaire et ses appointements, qui sont de 80 livres, sont payés sur le domaine du prince de MonacoJean-Joseph Expilly, précise que le bailli de Saint-Flour et d'Aurillac a des appointements qui ne sont que de quinze sols, payés par le receveur des Tailles d'Aurillac, et que les sénéchaux de Riom et de Clermont ont des appointements de 228 et de , celui de Montferand a 50 livres payables sur le domaine..

Le greffe du bailliage se trouvait dans la maison dite hôtel du Bailliage, place de l'Église, l'auditoire (tribunal) à l'emplacement du garage attenant, et la geôle dans la maison voisineCadastre napoléonien..