La diaspora sikhe est constituée par l'ensemble des Sikhs vivant hors du Pendjab, leur région d'origine, soit dans le reste de l'Inde, soit dans d'autres pays. 80 % d'entre eux vivent au PendjabJoseph Yacoub, Au nom de Dieu, Paris, éditions JC Lattès, 2002 lire en ligne. En Inde, on estime que la communauté sikhe compte quelque de personnes, soit un peu moins de 2 % de la population indienne ; ils sont nombreux dans la région de Delhi. Ailleurs dans le monde, on trouve aussi d'importantes communautés sikhes: au Pakistan, au Royaume-Uni et dans les anciennes colonies britanniques — Canada, Australie, Singapour, Kenya, etc. — ou encore aux États-Unis, ainsi qu'en Indonésie.
Histoire Soldats et policiers de l'Empire britannique thumb|redresse=0.6|Policier sikh à Shanghaï en 1935. Au , l'Empire britannique est confronté à la nécessité de contrôler de vastes territoires et des populations nombreuses avec un faible effectif de troupes européennes. L'administration impériale décide d'engager des soldats sikhs, ce qui va être un facteur de la dispersion d'une diaspora sikhe.
C'est leur dure résistance à la conquête dans les guerres anglo-sikhes, de 1845 à 1849, puis leur fidélité pendant la révolte des cipayes de 1857-1859, qui ont valu aux Sikhs leur réputation de courage et de loyauté. Après la dissolution des premières unités de cipayes, le gouvernement colonial de l'Inde s'oriente donc vers le recrutement dans l'armée de l'Inde d'auxiliaires indigènes sélectionnés. Les Britanniques développent une théorie des , telles que les Sikhs du Pendjab et les Gurkhas du Népal, qui seraient . Les Sikhs sont largement répartis dans les provinces de l'Inde britannique, dans l'armée comme dans la police coloniale.
Ce système fait l'objet de nombreuses publications et ne tarde pas à se répandre dans les autres colonies britanniques. En 1866, Charles Creagh, surintendant adjoint de la police du Sind, est muté dans la colonie de Hong Kong : il convainc le gouverneur Richard Graves MacDonnell d'enrôler des policiers sikhs pour assurer l'ordre. Deux cents sont recrutés au Pendjab en 1867-1868 : ils se révèlent très efficaces pour réprimer les émeutes et bagarres, combattre les sociétés secrètes chinoises et surveiller la frontière continentale. Coopérant avec des agents européens et chinois, ils constituent l'épine dorsale de la Hongkong Constabulary. Cet exemple est vite imité dans d'autres colonies comme les Établissements des détroits dans la péninsule malaise. Une école de police est créée à Singapour, où les recrues apprennent à la fois l'anglais et le chinois. Cependant, un policier sikh ne touche que 9 à 30 dollars par mois contre 40 à 100 pour un policier européen. Un temple sikh est établi à Hong Kong dans le quartier de Wan Chai.
Inde (hors Pendjab) La majorité des Sikhs vivent dans l'État du Pendjab mais, en raison du redécoupage des États et territoires de l'Inde, des communautés rurales sikhes anciennes se trouvent dans les limites de l'Haryana et de l'Uttar Pradesh. En 1988, environ paysans sikhs vivaient dans la région montagneuse du Teraï, à la frontière du Népal.
Pendant la période coloniale, des communautés sikhes se forment dans les principales villes, Delhi, Bombay, Calcutta. Lors des indépendances en 1947, la partition des Indes entre l'Union indienne et le Pakistan entraîne une vague de violences intercommunautaires et provoque l'exode de plusieurs millions de réfugiés. La plupart des Sikhs du Pendjab occidental, devenu pakistanais, se fixent en Inde et notamment dans l'agglomération de Delhi. Beaucoup servent dans les Forces armées indiennes.
Cependant, l'apparition d'un mouvement indépendantiste sikh du Khalistan dans les années 1980 entraîne une crise parmi les Sikhs : beaucoup désertent l'armée après l'assaut de l'armée indienne contre le Temple d'or d'Amritsar en . Les menaces des militants indépendantistes et les émeutes anti-sikhes dans certaines régions amènent de nombreux Sikhs à s'exiler, soit à l'intérieur du pays, soit vers l'étranger.
Hormis cette crise violente mais relativement brève, les Sikhs hors du Pendjab sont généralement des citadins tranquilles, aisés et bien intégrés dans la société indienne. Outre l'armée et la police, ils travaillent habituellement dans le transport (chauffeur de taxi, de camion et d'autobus, commerce des pièces d'automobile) mais aussi dans les affaires, le droit, la médecine, et les sports comme le cricket. Ils sont bien représentés dans le gouvernement et l'administration.
Lors du recensement de 1981, les Sikhs représentaient 8% de la population de Delhi. En 1984, ils sont environ à Calcutta. Des communautés sikhes plus ou moins nombreuses sont attestées en Jammu-et-Cachemire, où ils sont environ en 1984, en Andhra Pradesh, Bengale occidental, Assam, Bihar, Gujarat, Himachal Pradesh, Karnataka, Kerala, Madhya Pradesh, Maharashtra, Rajasthan, Tamil Nadu et Tripura.
Afrique Afrique du Sud La communauté sikhe d'Afrique du Sud est relativement récente : elle remonte à la fin des années 1990. Elle est formée de migrants de l'Inde, du Kenya, du Botswana et d'autres pays. Les premiers lieux de culte sont fondés à Durban en 2000, à Johannesburg en 2006 et au Cap en 2010.. Le premier gurdwara de plein exercice ouvre en 2015 à Johannesburg après huit ans de procédures dues à l'opposition d'une partie de la communauté blanche du quartier.. thumb|Deux frères sikhs, vainqueurs du East African Safari au Kenya en 1965.
Kenya Au Kenya, les Sikhs sont bien implantés dans des activités comme la mécanique automobile, la construction, le textile, l'alimentation et le tourisme. À Nakuru, où leur temple a été édifié dans les années 1960, certains vivent dans le quartier le plus résidentiel de la ville. De façon assez exceptionnelle parmi les communautés religieuse de la diaspora indienne, les Sikhs du Kenya ont fait preuve de prosélytisme en traduisant en 1968 un de leurs livres en swahili, le Dini ya SikhMichel Adam (dir.), Indian Africa: Minorities of Indian-Pakistani Origin in Eastern Africa, Africae Studis, 2015, .
Amérique du Nord Canada
thumb|Migrants sikhs en Colombie-Britannique, v. 1905-1914. Les premiers Sikhs arrivent au Canada avec le contingent militaire venu de Hong Kong pour assister au jubilé de la reine Victoria en 1897, puis au couronnement d'Édouard VII en 1902. Les premiers immigrants s'établissent en Colombie britannique en 1904. Sur les premiers migrants d'Asie du Sud, 90% sont des Sikhs. Malgré une forte discrimination, qui aboutit à l'interdiction de l'immigration en 1908, ils fondent leurs premières institutions : la Vancouver Khalsa Diwan Society est ainsi créée en 1906. En 1920, des gurdwaras sont établis à New Westminster, Victoria et autres villesEncyclopédie Canadienne, Sikhisme.. thumb|Cadets sikhs de l'armée canadienne célébrant le Jour du souvenir sikh à Kitchener le 4 novembre 2012. Les quotas raciaux sont abolis dans les années 1960 et l'immigration sikhe se développe ; les nouveaux venus sont plus instruits et moins traditionalistes que les générations précédentes, la pratique étant plus souple chez les (non-initiés) que chez les keshadhari (initiés). Le courant migratoire s'accentue pendant les années 1990 : le nombre de Sikhs au Canada passe de en 1991 à en 2011. Des religieux et musiciens sikhs venus du Pendjab font fréquemment des tournées au Canada et la plupart des jeunes de la deuxième génération parlent le pendjabi. La fréquentation du culte et les repas communautaires tiennent une grande place dans la vie sociale.
Le , un jugement de la Cour suprême du Canada légalise le port du kirpan dans les écoles publiques, en se fondant sur le principe de liberté religieuse garanti par la Constitution. La Cour a jugé qu'une autorité scolaire ne pouvait interdire totalement le port du kirpan à un élève, dans la mesure où ce poignard est porté dans des conditions sûres, puisque la lame est insérée dans un étui cousu et que cet étui est de plus porté sous les vêtements.
États-Unis Les premiers migrants sikhs arrivent au , principalement en Californie. Ils travaillent d'abord comme ouvriers ; ils sont nombreux à s'engager dans l'armée à partir de la Première Guerre mondiale. Leur nombre est estimé entre et en 2012..
Selon une étude des de 2019, environ Sikhs vivant aux États-Unis travaillent comme chauffeurs de camion, une de leurs professions habituelles dans le monde entier ; en 2012, entreprises de transport routier appartiennent à des citoyens indiensWhy are most truck drivers sikh, Novalines, 28 octobre 2019..
Après les attentats du 11 septembre 2001, nombreux sont les Américains ayant confondu les signes extérieurs de croyance religieuse sikhe, tels que les turbans et les barbes, avec ceux des terroristes qui ont mené les attaques. Les Sikhs se sont vus souvent confondus avec les musulmans et maltraités. Dans les mois qui ont suivi les attentats, près de 300 incidents ont été rapportés aux États-Unis, incluant menaces, actes de violence et même un meurtre ().
Le , un homme ouvre le feu dans un temple sikh dans la banlieue de Milwaukee dans le Wisconsin. Le bilan fait état de sept morts et trois blessés graves.
Asie (hors Inde)
thumb|Temple et crèche sikhs à Hong Kong en 2007. Afghanistan La communauté sikhe était estimée à personnes avant l'invasion soviétique en 1979. Elle ne compte plus qu'un millier de membres en 2017 ; cependant, la Constitution leur garantit un siège à l'Assemblée nationale. Le , un attentat-suicide à Jalalabad fait 21 morts dont dix Sikhs, parmi lesquels un candidat au parlement. Cet attentat est revendiqué par les djihadistes de l'État islamique.
Le , le temple commun hindou et sikh de Kaboul est attaqué par des hommes armés : sur 150 fidèles présents dans le bâtiment, au moins 25 sont tués et huit blessés. Cet attentat est encore revendiqué par l'État islamique..
Après la prise de Kaboul par les talibans le , la plupart des 300 Hindous et Sikhs vivant encore dans le pays, y compris les députés de ces deux communautés, sont évacués vers l'Inde..
Indonésie La première conférence internationale sikhe s'est tenue à Jakarta en 2017, à l'occasion du centenaire de la présence sikhe en Indonésie et du anniversaire du premier gurdwara de Jakarta. Selon le département d'État des États-Unis, en 2021, entre et Sikhs vivent en Indonésie dont à Medan (Sumatra du Nord) et le reste à Jakarta.
Thaïlande Les Sikhs sont présents en Thaïlande depuis les années 1890, et ils y créent leur première organisation communautaire en 1911. Ils vivent pour la plupart dans l'agglomération de Bangkok, avec des communautés plus petites à Pattaya, Phuket, Hat Yai, Ubo, Udorn, Pattani, Chang Mi et Chiang Rai. Environ 70% d'entre eux, hommes et femmes, ont adopté des noms thaïs pour être mieux acceptés dans la société, même s'ils continuent d'utiliser les noms pendjabis entre eux : ainsi, Charanjit Singh Kalra devient Prasert Sakchiraphong Chan..
Europe Allemagne La communauté sikhe allemande est une des plus nombreuses d'Europe. On l'estime entre et personnes. En 2019, deux époux indiens de la région de Francfort sont condamnés respectivement à un an et demi de prison avec sursis et à une amende pour avoir espionné depuis 2015 l'opposition sikhe ainsi que les migrants du Cachemire pour le compte des services secrets indiens..
France Il existe plusieurs communautés sikhes en France, pour un total pouvant se monter à .. Il y a cinq gurdwaras dans la Seine-Saint-Denis, dont le plus important, le Gurdwara Singh Sabha à Bobigny, est le point de départ de la procession annuelle du Vasakhi, le .. Cependant, une grande partie de la population française ignore l'existence du sikhisme, et il arrive que des Sikhs soient pris pour des musulmans en raison de leur apparence.