Le lieutenant-colonel Charles-Gilbert de la Chapelle (1914-2000) est un officier de cavalerie français qui a combattu durant la Seconde Guerre mondiale, la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie. Alors qu'il occupe les fonctions de chef de corps du 1er régiment étranger de cavalerie, il participe au putsch des généraux, à la suite duquel il est emprisonné.
Biographie
Jeunesse et famille
Charles-Gilbert de la Chapelle naît le au château de Loisy, dans une famille de militaires. Son enfance se partage entre ses grands-parents à Loisy et Marcy-l'Étoile d'une part et, d'autre part, Mayence, où son père est en garnison.
Il fait ensuite ses études au collège jésuite Notre-Dame-de-Mongré.
Le , il épouse Adalberte Vallet de Villeneuve à la mairie du 15e arrondissement de Paris. Ils auront ensemble treize enfants.
Carrière militaire
Il s'engage dans l'armée en 1934, et participe à la Seconde Guerre mondiale et à la guerre d'Indochine.
À la fin des années 1946-1950 & 1958-1960, il devient instructeur militaire à l'École de cavalerie de Saumur qu'il avait fréquentée en tant qu'élève-officier. En , il est nommé chef de corps du 1er régiment étranger de cavalerie. Ce dernier est alors affecté à Khenchela, près de Tébessa, en Algérie.
Putsch d'avril 1961 Dès le , il confie au colonel Antoine Argoud, l'un des organisateurs du putsch, sa détermination à le seconder dans le soulèvement.
Il est chargé d'effectuer les préparatifs du putsch dans la région de Constantine, où son régiment est basé. Il contacte notamment les colonels Masselot, Lecomte et Lenoir pour s'assurer du soutien de leurs régiments parachutistes. Le général Paul Ducournau, commandant de la zone Sud constantinoise à Batna, refuse de se compromettre en rencontrant La Chapelle et part en permission en métropole.
Quand Argould atterrit à Aïn El Bey, le à 13h30, La Chapelle se place sous son commandement. Le retard d'une journée du déclenchement du putsch oblige son régiment à participer une manœuvre militaire le à Youks-les-Bains pour donner le change. À 16h, le 1er REC abandonne l'opération et se dirige vers Aïn M'lila pour faire jonction avec les autres régiments rebelles, et est donc la première unité militaire à participer au putsch. Simultanément, La Chapelle conduit Argoud à Constantine dans le but d'obtenir une entrevue avec le général Marie-Michel Gouraud, commandant du corps d'armée de Constantine, dans le but de le rallier. Les deux officiers arrivent sur place à 17h30, et sur les instances de La Chapelle, Gouraud accepte de recevoir Argould dans son bureau au palais Ahmed Bey à 19h. Le colonel le met au courant du putsch imminent et lui demande son ralliement. Le général, gagné à la cause de l'Algérie française mais incertain sur la réussite du coup, refuse de choisir son camp. De retour à Ain M'lila, La Chapelle et Argould sont rejoints dans la nuit par le REC et le bataillon des harkis des Aurès du commandant Guizien, puis au matin par les 14e RCP et 18e RCP. Le colonel Lenoir ne se joint pas aux rebelles, les privant du soutien du 8e RPIMa.
Le , les quatre régiments entament leur marche vers Alger, tout d'abord sous le commandement d'Argoud, puis sous celui de La Chapelle quand Argoud sera envoyé en mission à Oran pour faire plier le général de Pouilly.
À la suite de l'échec du putsch, La Chapelle se rend aux troupes loyalistes le , en même temps que les généraux André Zeller et Maurice Challe. Il refuse à cette occasion d'abandonner l'armement de son régiment à l'Organisation de l'armée secrète du général Raoul Salan.
Il est interné en mai à la prison de la Santé en même temps que le lieutenant-colonel Masselot commandant du 18 RCP, le lieutenant-colonel Lecomte commandant du 14 RCP et le commandant Cabiro, Quatre officiers supérieurs écroués à la Santé, Le Monde, 11 mai 1961..
Prison et fin de vie Le 4 aout 1961, il est transféré à la prison de Tulle, devenant l'un des premiers détenus politiques du nouveau centre pénitentiaire. Durant sa détention à la prison de Tulle, il prend clandestinement des photos, dont certaines fuitent dans Paris Match. Le gouvernement s'en émeut et les gardiens procèdent à des fouilles généralisées de la prison pour retrouver l'appareil photo.
Le lieutenant-colonel de la Chapelle est transféré par hélicoptère du au à la prison des Baumettes en raison de la découverte de préparatifs d'évasion destinés à libérer les généraux André Zeller et Maurice Challe. Il nie par la suite avoir planifié ce projet d'évasion. Il est ensuite déplacé au centre pénitentiaire de Fresnes pour y subir une opération chirurgicale. Finalement transféré à nouveau à la prison de Tulle, il est libéré en .
Il travaille ensuite pour Berliet à Lyon, dans les travaux publics, puis dans une entreprise française de matériaux installée en Iran. Il décède le à Saint-Ythaire.
Distinctions
Décorations Charles-Gilbert de la Chapelle est titulaire des distinctions suivantes : 50px : Officier de la Légion d'honneur (1954) du fait de sa participation à la guerre d'Indochine 50px : Chevalier de la Légion d'honneur (1940) sous-lieutenant 50px : Croix de guerre 1939-1945 (3 citations) ; 50px : Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (5 citations) ; 50px : Croix de la Valeur militaire (2 citations) ; 50px : Officier de l'Ordre royal du Cambodge, décoration remise en 1949 par le roi Norodom Sihanouk ; 50px : Médaille des blessés de guerre ; 50px : Médaille de la jeunesse et des sports.
Hommage Le , la municipalité d'Orange rend hommage au lieutenant-colonel de La Chapelle en nommant un rond-point sur la Route nationale 7 à sa mémoire, en présence de sa veuve et de huit de leurs treize enfants. Un détachement de légionnaires du REC fait également le déplacement pour honorer leur ancien chef de corps.
Le maire, Jacques Bompard, souligne :
« Le colonel de La Chapelle (…), avec une famille de 14 enfants vivants, a fait le putsch sans poser de questions. (…) Alors que j’ai eu combien de camarades qui m’ont dit : ah, si on n’avait pas un enfant, si on n’avait pas d’enfants, on vous suivrait. Faites la comparaison ! » (colonel Antoine Argoud, 1987).
Notes et références
Catégorie:Famille de La Chapelle Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Élève de l'École de cavalerie de Saumur Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Catégorie:Titulaire de la médaille des blessés de guerre Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1954 Catégorie:Officier de Légion étrangère Catégorie:Prisonnier à la prison des Baumettes Catégorie:Prisonnier français Catégorie:Militaire français de la guerre d'Algérie Catégorie:Militaire français ayant participé au putsch des généraux du 21 avril 1961 Catégorie:Lieutenant-colonel français Catégorie:Naissance en août 1914 Catégorie:Décès en avril 2000 Catégorie:Noble français du XXe siècle Catégorie:Décès à 85 ans