Le château de Bercy est un ancien château construit au et terminé au début du situé à Bercy (dans la partie intégrée à la commune de Charenton-le-Pont en 1860) et qui fut détruit en 1861. Seuls subsistent aujourd'hui les deux pavillons destinés aux communs. Emplacement vignette|gauche|Château de Bercy et ses environs sur carte de 1858 et tracé des rues actuelles. Le château était situé, dans ce qui est au l'emprise des voies de la gare de Lyon à Charenton, à environ au sud-ouest du de la rue Marius-Delcher (à environ au sud-sud-ouest des pavillons préservés de ses communs).Carte de l'état-major 1818-1824 - environs de Paris, sur Géoportail...
Il était entouré d'un parc immense qui s'étendait, à Paris sur une partie du quartier de Bercy entre la Seine et la rue de Charenton approximativement au sud-est de l'emplacement de l'actuel immeuble Lumière et jusqu'à la rue Nicolaï, sur le territoire de la commune de Bercy de 1790 à 1860 et, dans sa partie est, sur le territoire de la commune de Charenton avant 1860, au nord de la rue de Conflans.
La propriété était limitée par la terrasse en bordure de l'actuel immeuble Lumière et de la gare de La Rapée, un tronçon de l'ancienne rue de la Grange-aux-Merciers disparu dans le domaine ferroviaire, le court tronçon subsistant au sud de cette rue (sous le nom de rue Nicolaï) jusqu'à la rue de la Grande-Pinte (actuelle rue de Charenton à Paris), cette rue approximativement jusqu'au boulevard Poniatowski, ce boulevard entre la porte de Charenton et la porte de Reuilly, une ligne dans le bois de Vincennes dans le prolongement de l'actuelle rue Claude-Decaen jusqu'à l'extrémité nord de l'avenue Jean-Jaurès à Charenton, l'emplacement actuel de l'avenue de Gravelle et de la rue de la République, la rue de Conflans, l'avenue de la Liberté, la rue de l'Arcade, la rue Necker, la rue du Port-aux-Lions et les bords de Seine de cette rue au croisement de l'actuelle avenue des Terroirs-de-France..
Le parc était bordé, au nord par la propriété des frères Pâris, le Pâté Pâris, au sud par le château de Conflans, résidence de campagne des archevêques de Paris ., au sud-ouest par une terrasse qui surplombait le chemin au bord de la Seine (actuel quai de Bercy).
Histoire Avant le château D’après un document de 1383, l’étendue des terres de la seigneurie de Bercy qui dépendait de la seigneurie de Yerres correspondait approximativement à celle du parc de Bercy du à 1861 soit le périmètre entre le chemin de la Grange aux merciers (emplacement de l’actuelle cour Saint-Émilion), la rue de Charenton et son prolongement rue de Paris à Charenton, le quartier de Carrières à Charenton (approximativement avenue de la Liberté) et la Seine. La seignerie comportait un manoir fortifié clos de murs nommé hôtel de Bercy et des annexes (granges). Ce domaine entre dans la famille Malon en 1521 par le mariage de Jacques de Malon avec Anne Robert fille du propriétaire. Jacques de Malon était petit-fils de Guillaume de Malon anobli par Louis XI en 1468 et passe à la branche cadette de cette famille en 1598..
La construction Charles-Henri de Malon de Bercy, président au Grand Conseil fait démolir l’ancien manoir avec sa tour et entreprend la construction d’un nouveau château, plus proche du chemin de Paris à Charenton à partir de 1658, par l'architecte François Le Vau, frère de Louis Le Vau, l'architecte de Vaux le Vicomte et Versailles. À la mort de Charles-Henri en 1676, seuls le logis central et l'aile orientale du château de Bercy étaient achevés. Les travaux de construction durèrent pendant tout le règne de Louis XIV.
Ils furent poursuivis par le fils de Charles Henri Malon, Anne Louis Jules Malon de Bercy, maître des requêtes, intendant d'Auvergne, puis de Bourbonnais et de Lyon, premier directeur de la Compagnie française des Indes orientales, mort en 1706, qui fit bâtir l'aile occidentale, dessiner le parc, au sud, et aménager une vaste avant cour, au nord, sur le côté regardant le château de Vincennes. vignette|droite|Château de Bercy vu côté Seine. vignette|droite|Château et parc côté Seine.
En 1690, Anne Louis Jules Malon obtient l'autorisation de dévier la route de Paris à Charenton, qui était sur le tracé de l'actuelle rue de Conflans à Charenton, de 60 toises (environ 120 mètres) plus au nord pour isoler le château. La nouvelle route construite à ses frais correspond à l'actuelle rue de Paris à Charenton..
Son fils, Charles Henri Malon de Bercy, intendant des finances, puis conseiller d'État, mort en 1742, fit achever les travaux, en particulier les aménagements intérieurs, donnant au château son aspect définitif.
L'architecture du château évolua entre le début des travaux de construction et leur achèvement, une cinquantaine d'années plus tard. Les plans initiaux, en particulier, prévoyaient de vastes espaces intérieurs de représentation, dont l'ampleur fut réduite dans les dernières années du règne de Louis XIV. C'est alors que furent aménagés les décors intérieurs qui faisaient la réputation de l'édifice.
Le site du château s'étendait au bord de la Seine, entre Paris et Conflans.. D'après Dezallier d'Argenville, l'aménagement du parc était dû à André Le Nôtre ..
À la mort de François Le Vau en 1676, le château n'était pas terminé ; c'est l'architecte Jacques de La Guépière qui se chargea de l'achever et de l'agrandir entre 1702 et 1715.
Il construisit notamment les communs et les écuries, qui ont été en partie conservés : les pavillons d'entrée des communs de l'actuelle rue du Petit-Château à Charenton-Le-Pont ; la rue suivant le tracé de l'ancienne allée transversale de l'avant-cour du château..
Les jardins thumb|Schéma de mise en évidence des proportions du parterre de Bercy.
Les jardins de Bercy n'avaient guère d'eaux. Le château, placé sur un promontoire, permettait de dominer la vue.
Le grand parterre
En contrebas, un immense et superbe parterre, orné en son centre d'un tapis vert, s'organisait de chaque côté par quatre compartiments de broderies, parmi les plus luxueuses de France à la fin du . La simplicité de la pelouse centrale contrastait volontairement avec la richesse des broderies, dit les "tapis de Turquie".
Le bassin central traditionnel dans les jardins français, ici inexistant, était remplacé par une pelouse circulaire, encaissée en son centre, de type boulingrin.
thumb|center|upright=2|Restitution du point de vue sur le parterre du château de Bercy, vers 1710.
Le parterre de broderies fut simplifié au , suivant en cela la grande campagne de simplification des jardins qui eut lieu entre 1700 et 1740, par souci d'économie d'entretien.
La terrasse sur la Seine
Au bout de la perspective, une terrasse dominait la Seine, que l'on découvrait à la fin du parcours. En effet, depuis le château, le fleuve était soigneusement caché par les frondaisons.
Les bosquets et autres allées
Le reste du jardin consistait en allées et promenades traditionnelles aux jardins réguliers.
D’une famille à l’autre À la mort de Charles-Henri Malon de Bercy en 1742, le domaine passe à son fils Nicolas-Charles Malon de Bercy (1708-1790) puis directement aux petits-enfants de celui-ci, Charles-Jean-François Malon de Bercy (1779-1809) et Alexandrine-Charlotte-Marie Malon de Bercy (1781-1808), en raison du décès prématuré de leur père en 1781. Par testament de Charles-Jean-Fançois, le marquisat et le château reviennent en 1809 au deuxième des fils qu'Alexandrine-Charlotte-Marie a eus de son mariage avec Christian de Nicolaÿ, Aymard Charles Théodore Gabriel de Nicolaÿ. Gabriel de Nicolaÿ (1808-1878). sera le dernier propriétaire du château..
En 1811, Aymar-François de Nicolaÿ reçoit à Bercy l'empereur Napoléon , dont il est le chambellan. Sous la Restauration, il est maire de Bercy de 1821 à 1830 et habite le château, où il donne des pièces de théâtre avec ses amis.
Le démantèlement Au début du XIXe siècle, l'urbanisation des abords de Paris entraine des empiètements progressifs sur le parc du château.
À partir de 1804, des entrepôts de vin, bâtis le long de la Seine à Bercy, amènent un trafic de charrois et l'encombrement des berges en bordure du parc. En 1811, les futaies du parc sont abattues.. En 1815, pour la défense de Paris, des redoutes sont établies dans le parc..
Vers 1836 le château est délaissé et le parc est utilisé par les industriels riverains comme dépôt de matériaux..
Le comte Aymar-François de Nicolaÿ meurt en 1839.
En 1841, dix hectares sont expropriés pour la construction de l'enceinte de ThiersA. de Boislisle, dans sa préface à . et Gabriel de Nicolaÿ doit batailler jusqu'en 1848 pour en obtenir l'indemnisation, au point de s'opposer encore, cette année-là, au bornage du terrain par le Génie..
La mise en service, en 1843, de la ligne de chemin de fer de Paris à Orléans puis, en 1846, de Paris à Tours met en valeur Bercy comme le premier château remarquable au long du parcours.. Cette promotion par le chemin de fer est cependant de courte durée car l'ouverture, qui suit rapidement, de la ligne de Paris à Lyon entraîne l'expropriation, en ., de six hectares du parc, sous forme d'une bande de terrain le coupant tout entier, parallèlement à la Seine avec le creusement d'une tranchée pour l'établissement de deux voies ferrées, à quelques dizaines de mètres de la façade sud-ouest du château.
Le château est alors décrit comme et le domaine ..
La partie du parc subsistant intra-muros entre l'enceinte, la rue de Charenton, la rue de la Grange aux merciers (emplacement de la Cour Saint-Émilion) et la Seine est acquise en 1852 par la Compagnie de chemin de fer pour y établir la gare de marchandises de la Rapée.
En , peu après le rattachement à Charenton, le , de la partie de l'ancienne commune de Bercy sise à l'extérieur de l'enceinte de Thiers, la Ville de Paris acquiert la plaine de Bercy au nord de la route de Charenton (actuelle rue de Paris), soit , pour agrandir le bois de Vincennes.
Quant à la partie du domaine subsistant entre la route de Charenton et la Seine, elle est vendue en . pour à une société dont Édouard Fournier écrit qu'en faisait partie, entre autres, le duc de Morny et qu'elle aurait soufflé l'affaire au Crédit mobilier des frères Pereire, qui n'avait proposé que .. Mais Lambeau relève qu'en 1863 la Compagnie anonyme des magasins généraux de Bercy, formée cette année-là pour l'exploitation des terrains achetés (et ultérieurement rebaptisée Compagnie du parc de Bercy)., décrit son capital social comme résultant principalement de l'apport de de l'ancien parc achetés au dernier marquis de Bercy par un consortium d'acquéreurs de Londres et de Paris dans lequel ne figure pas le duc de Morny.. Quoi qu'il en fût, ces acquéreurs n'eurent rien de plus pressé que de faire disparaître le château. Seules subsistèrent, pendant un peu plus d'un an, les ruines du vestibule . Cet ultime vestige fut jeté bas à son tour en ..
La Compagnie anonyme des magasins généraux construit les magasins en question après 1864 entre la Seine et la voie ferrée. Les terrains entre la voie ferrée et la rue de Paris sont lotis.. Les installations ferroviaires s'étendent à la fin du sur le territoire de l'ancien parc : gare de marchandises et actuellement technicentre Paris-Sud-Est.
Dispersion des éléments du domaine vignette|redresse|Catalogue de vente du mobilier du château de Bercy, 1860.. Avant la démolition, Gabriel de Nicolaÿ fait transférer de la chapelle du château au cimetière de Picpus les cercueils de sa sœur Aymardine Louise Georgine Christine de Nicolaÿ, décédée en 1830 à , et de son oncle Charles-Jean-Fançois Malon de Bercy, mort en 1809..
Il fait aussi relever à l'aquarelle par l'architecte Joseph-Antoine FroelicherPlans et relevés réalisés par l'architecte suisse Joseph-Antoine Froelicher (1790-1866) vers 1860, conservés au musée du Louvre En ligne. les principaux décors intérieurs de stuc et de boiseries., ainsi que les façades extérieures (archives du château de Brissac)..