vignette|Les cinq zones climatiques originelles, dans un manuscrit du Songe de Scipion de Macrobe du . Un climat, du lat. clima dérivé du grec κλίμα klima « inclinaison (d'un point de la Terre par rapport au Soleil) », dans l'Antiquité, correspondait à une division du globe terrestre en zones géographiques, sensiblement homogènes du point de vue météorologique, comprises entre deux parallèles ou latitudes prédéfinis.
Le climat d'un lieu était aussi l'endroit où était effectuée la mesure de la latitude ; on parle ainsi du climat de Rhodes, d'Athènes, etc.
La division de la Terre en zones climatiques - liée à l'inclinaison de celle-ci par rapport à l'écliptique - a varié en nombre suivant les époques et les auteurs.
Ainsi, Eudoxe, au a été le premier à avoir divisé rationnellement la Terre en cinq climats différents.
Plus tard, Hipparque, au définira sept climats qui lui étaient nécessaires pour établir une carte du monde habité (œcoumène).
Quant à Ptolémée, au , il divisera le monde boréal en 39 zones géographiques qu'il réduira éventuellement suivant les besoins de ses exposés.
La division de la Terre en climats tels que définis dans l'Antiquité, perdurera, employée en même temps que la latitude exprimée en degrés.
Cet usage disparaitra avec la notion actuelle des climats où la typologie accorde la priorité à la prédominance régionale.
Les climats de Parménide 80px|vignette| Parménide Au , la Terre est sphérique pour certains savants grecs.
Parmi eux, Parménide, vivant au milieu du est le premier, avant Eudoxe, à avoir esquissé une théorie divisant la Terre en cinq zones climatiques, mais en exagérant la largeur de la zone dite « torride » .
Les cinq climats d'Eudoxe 80px|vignette| Eudoxe de Cnide. Ce n'est qu'au , qu'Eudoxe (408-350 av. J.-C.), dans son système astronomique, proposera une division rationnelle de la Terre en cinq climats.
À cette époque, la latitude exprimée en degrés, telle que nous la connaissons, n'existe pas - la division du cercle en 360° n'interviendra que plus tard (avant Ératosthène, 276-195 av. J.-C.).
vignette|center|400 px|Latitude et rapport gnomonique
Eudoxe, sera le premier à exprimer le concept de latitude ou hauteur du pôle par un rapport gnomonique : rapport de la longueur du gnomon à son ombre équinoxiale. Ainsi, par exemple, la latitude de la Grèce s'exprimait-elle par le rapport gnomonique de 4/3 (d'après Hipparque).
Ce rapport gnomonique correspond aussi au rapport du jour le plus long à la nuit la plus courte, en heures équinoxiales.
Ainsi, avec le vocabulaire d'aujourd'hui, parmi les latitudes connues d'Eudoxe qui a beaucoup voyagé, on trouve celles des tropiques du Cancer et du Capricorne que les Anciens Grecs donnaient pour 24° et celle de Rhodes de 36° qui correspondait à la latitude moyenne de l'œcoumène.
À partir de ces données, Eudoxe va définir des cercles dits « arctiques » dont le cercle « arctique » boréal de latitude 90° - 36° = 54°Attention, les cercles « arctiques » antiques n'ont rien à voir avec les latitudes ± qui définissent aujourd'hui les cercles polaires. .
Fort de ces données, Eudoxe va proposer une division rationnelle de la Terre en cinq zones climatiques :
vignette|Les cinq climats d'Eudoxe.
la « zone frigide boréale », comprise entre le cercle « arctique » terrestre boréal de latitude 54° et le pôle terrestre boréal ; le climat de cette zone très froide est supposé inhabitable ; la « zone tempérée boréale » comprise entre le tropique du Cancer de latitude 24° et le cercle arctique boréal de latitude 54° ; c'est la zone de l'œcoumène qu'il divisait en trois parties : l'Europe, l'Asie, l'Afrique ; la « zone torride », centrée sur l'Équateur et comprise entre les deux tropiques ; cette zone était considérée comme infranchissable. Par symétrie et par ses constatations et réflexions la partie inférieure du globe terrestre comprenait donc : une « zone tempérée australe » inconnue et qu'Eudoxe qualifiait d'« antœcoumène » ; une « zone frigide australe » allant du cercle arctique austral au pôle austral.
Aristote (384-322 av. J.-C.), dans son ouvrage Météorologiques ; rechercher climat(s). reprendra la proposition d'Eudoxe et la divulgera.
Les sept climats d'Hipparque Hipparque (-160, -120), divisera la partie boréale de la Terre en sept climats qui seront définis par des informations quantifiées. Ces sept climats seront fréquemment utilisés et perdureront.
Pour chaque climat est précisé la localité représentative, la durée du jour solsticial d'été M en heures équinoxiales, la latitude φ, les longueurs d'ombre méridienne ou retrait d'un gnomon de 60 parties : r au solstice d'été, r aux équinoxes, r au solstice d'hiver. ; les valeurs des retraits sont ici subdivisées en sexagésimal.
+ Les sept climats d'Hipparque .Climat Localité M φ r r r Équateur 12 h 0° 26p 00p 26p I Méroë 13 07p 17p 51p II Syène (Assouan au tropique) 13 1/2 00p 26p 65p III Basse Égypte (Alexandrie) 14 06p 35p 83p IV Rhodes 14 1/2 36° 12p 43p 103p V Hellespont (Rome) 15 18p 52p 127p VI Mi-Pont-Euxin (mer Noire) 15 1/2 23p 60p 155p VII Bouches Borysthène (Dniepr) 16 27p 67p 188p
Cette division de la Terre lui permettra de tracer sa carte du monde habité, première carte géométrique connue.
Les climats de Ptolémée vignette|Ptolémée Dans l'Almageste II, Ptolémée donne les caractéristiques de 39 climats pour l'hémisphère boréal. L'élément caractéristique le plus important est M, la durée du jour au solstice d'été en heures équinoxiales ; la distribution des climats est la suivante : 25 climats donnés de 1/4 d'heure en 1/4 d'heure de M = 12 h à 18 h ; 4 climats du 26 au espacés d'une demi-heure ; 4 autres climats, du 30 au , espacés d'une heure de M = 21 h à 24 h ; 6 derniers climats du cercle arctique au pôle donnés en mois.
Ptolémée consacre un paragraphe à chaque climat ; il précise en correspondance les climats d'Hipparque puis la latitude, la durée de la lumière du jour le plus long : M et la localisation. Dans son texte il indique aussi les longueurs de l'ombre du gnomon, comme Hipparque, au solstice d'été, aux équinoxes et au solstice d'hiver, plus d'autres renseignements éventuels.
O. Neugebauer donne l'ensemble de ces valeurs . . Dans le tableau ci-dessous ne sont donnés que les éléments principaux ; les valeurs de la latitude sont celles de Ptolémée et non les valeurs modernes des lieux de localisation ; r, tel Hipparque (section supérieure) est seul précisé en complément.
+ Les climats de Ptolémée Climat N° Hipparque Latitude M Localisation r 1 0° 12 h Équateur 00p 2 12 1/4 Taprobane (Ceylan - Sri Lanka) 04p 3 12 1/2 Avalites (Zeilah, Somalie) 08p 4 12 3/4 Baie d'Adulis (Érythrée) 13p 5 I 13 Méroé 17p 6 13 1/4 Napata (Nubie) 22p 7 II 13 1/2 Syène (Assouan) 26p 8 13 3/4 Thèbes (Égypte), Louxor 30p 9 III 14 Basse-Égypte 35p 10 14 1/4 Phénicie 39p 11 IV 14 1/2 Rhodes 43p ? 12 14 3/4 Smyrne (Izmir) 47p13 V 15 Hellespont (Les Dardanelles)52p14 15 1/4 Massilia (Marseille)55p 15 VI 15 1/2 Mi-Pont-Euxin (Royaume du Pont, Mer Noire) 60p16 15 3/4 Sources de l'Ister (Danube)63p5517 VII 16 Golfe Borysthénique (embouchure du Dniepr) 67p18 16 1/4 Lac Méotide (Mer d'Azov) 71p19 16 1/2 Côte sud de la Grande-Bretagne 75p20 16 3/4 Estuaire du Rhin 79p21 17 Embouchure du Tanaïs (fleuve du Don) 82p22 55° N 17 1/4 Isurium Brigantum, (Aldborough (Yorkshire du Nord)) 85p 23 56° N 17 1/2 Le milieu de la Grande-Bretagne 88p24 57° N 17 3/4 Cataractonium:en: Cataractonium sur Catterick, North Yorkshire:en: Catterick, North Yorkshire , en Grande-Bretagne 92p25 58° N 18 Sud de l'Irlande 96p 26 59° N 18 1/2 Mi-Irlande 27 61° N 19 Nord de l'Irlande 28 62° N 19 1/2 Iles des Eboudac (Hébrides intérieures)29 63° N 20 Thulé (mythologie) en Islande30 21Région d'un peuple inconnu, désignés comme des Scythes31 2232 66° N 23 pas de coucherdu Soleil33 D'après O. Neugebauer. 24 Cercle polairesuivant les conventions actuelles ; angle calculé de l'époque de Ptolémée ? 0°34 67° ≈ ±15°35 ≈ 30°36 ≈ 45°37 ≈ 60°38 84° ≈ 75°39 90° N Pôle Nord90°
Adaptations ptolémaïques Pour les besoins de ses tableaux géographiques, Ptolémée réduit parfois cette liste à onze parallèles, divisant la zone entre l'équateur et en dix climats, à des intervalles d'une demi-heure allant de 12 heures à 17 heures. Encore plus tard dans son travail, il réduit l'intervalle à sept parallèles, passant de (13 heures) à (16 heures) Copie inspirée de la première section "Ptolémée" de la page anglaise Clime..
Prolongements L'astronomie arabo-perse a repris le système de Ptolémée des sept climats (inspiré d'Hipparque) et des auteurs tels al-Biruni, al-Idrisi, puis finalement Amīn Rāzī, géographe persan du l'ont adopté.
En Europe, les cinq climats d'Eudoxe ont perduré (voir l'illustration de Macrobe du en préambule).
Néanmoins, Hipparque et Ptolémée ont inspiré quelques cartes de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance.
On y retrouve parfois la « carte du monde » avec ses sept climats en parallèle avec les latitudes correspondantes et les lieux géographiques cités.
Parmi ces cartes, on peut citer : Une « carte du monde » employant la première projection de Ptolémée de 1490 : y sont notés les sept climats et la division en latitude allant jusqu'à 65° Nord ; Une carte de Sylvanus de 1511 où est représenté l'hémisphère Sud, avec les mêmes repérages en latitude ; une carte de Mûnster de 1544 de l'œcoumène, en projection homéotère ; une autre du même type, dans une édition vénitienne de 1561 ; un atlas de 22 « cartes du monde » de 1704, avec des indications de climats et latitudes sur la carte d'ensemble, mais sur les cartes locales, les climats ont disparu.
600px|vignette|centré|Carte du monde de 1704.
C'est l'époque où les climats sont tombés en désuétude en laissant la part belle aux latitudes.
Néanmoins, le nom de climat a perduré, mais avec le sens qu'on lui donne aujourd'hui, c'est-à-dire en suivant une localisation climatique régionale indépendante de la latitude environnante.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie .
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Articles connexes Climat ; Latitude
Liens externes
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