Eugénie Monrose, également connue sous le nom de Mademoiselle Monrose, est une cantatrice (soprano) américaine née le à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) et morte le à Paris .

Elle est parfois confondue à tort avec Marie-Florentine Chollet (1816-1893), fille du ténor Jean-Baptiste Chollet, qui a fait carrière principalement en Belgique et a épousé sur le tard l'oncle d'Eugénie, Eugène Monrose.

Biographie Jeunesse et études Issue d'une famille comprenant une longue lignée d'artiste, Marie Eugénie Monrose naît le à La Nouvelle-Orléans (Louisiane)Selon la déclaration faite le 2 juillet 1836 au bureau des Registres de naissances et décès de la Paroisse d'Orléans (non disponible en ligne). Cf. aussi . de Joséphine Salomon et Charles Barizain dit Monrose.. Contrairement à son père, Claude-Louis-Séraphin Barizain dit Monrose, doyen de la Comédie-Française, et ses demi-frères Louis et Eugène également acteurs, Charles Barizain choisit de partir s'installer aux États-Unis pour y ouvrir une boulangerie mécanique. Père d'une famille nombreuseLes immigrants ayant la possibilité de choisir leur patronyme à leur arrivée aux États-Unis, le nom de Monrose se substituera dès lors officiellement à celui de Barizain pour la branche américaine, contrairement à la branche française qui conservera le nom de Barizain., il est à la tête d'une entreprise florissante quand un incendie vient ruiner ses projets. Sa santé périclite dès lors et il meurt en 1848, à 44 ans.

Alors que ses frères s'orientent vers des carrières dans la médecine ou l'industrie, la jeune Eugénie, qui avait fait preuve de talents musicaux depuis son plus jeune âge, renonce à ses ambitions et épouse le 6 décembre 1853 Louis Villeneuve Porche, dont elle a une fille, Justina, trois ans plus tard. Mais le mariage ne lui apporte pas la satisfaction attendue. Elle divorce donc et décide de partir pour Paris, accompagnée de sa mère qui la confie au chanteur Gilbert Duprez. Celui-ci avait ouvert une école de chant après avoir arrêté sa carrière et quitté le Conservatoire. Parmi ses élèves on compte, outre sa propre fille, Caroline Duprez, les cantatrices Marie Marimon et Caroline Miolan-Carvalho qui s'illustreront dans le répertoire de soprano pour lequel Eugénie est prédisposée. En l'espace de deux ans, ses progrès sont tels qu'elle attire l'attention de Nestor Roqueplan, directeur de l'Opéra-Comique, lors d'un concert.

Carrière Eugénie Monrose fait ses débuts salle Favart le dans Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise ThomasÉmile Abraham, , .Henry Lyonnet, , .. En tant que « première chanteuse », elle hérite des rôles de premier plan ainsi que de nombreuses créations, la plupart face à Achille-Félix Montaubry, premier ténor de la troupe. En 1860, elle crée ainsi le rôle de la marquise de Villa-Bianca dans Le Roman d'Elvire de ThomasAlexandre Dumas et Adolphe de Leuven, , « Personnages »Nicole Wild et David Charlton, , p.394. et chante Dinorah dans une reprise du Pardon de Ploërmel de Giacomo Meyerbeer,

Une autre de ses créations est Olga dans La Circassienne de Daniel-François-Esprit Auber le Eugène Scribe, , p. 1.Nicole Wild et David Charlton, , p.192.. La revue The Musical World la trouve « parfaitement éblouissante de grâce et de beauté dans ses trois riches costumes, surtout dans le premier acte, dans lequel son entrée enchanta toute la maison The Musical World, 16 février 1861. ». Son interprétation dans le quatuor du premier acte est jugée et dans la ballade « à vocalises », le grand air et le duo d'amour du troisième acte, elle se révèle .

Elle interprète la marquise de Richmond dans la reprise par l'Opéra-Comique du Joaillier de Saint-James d'Albert Grisar le Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, , « Personnages ».Nicole Wild et David Charlton, , p.293.. Sa mère meurt en septembre 1862.. Un mois plus tard, elle fait ses débuts à La Monnaie dans Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise Thomas.. Elle y reste pour la saison mais sa reprise du rôle principal dans Le Domino noir est défavorablement accueillie au point qu’elle doit s'aliter plusieurs jours..

Elle crée également le rôle d'Héro dans Béatrice et Bénédict d'Hector Berlioz le au Theater der Stadt de Baden-BadenHector Berlioz, p.1.Nicole Wild et David Charlton, , p.160.. Berlioz la trouva mais dotée d'une voix et bien adaptée à sa partieDavid Cairns, , p.640..

D'un caractère impulsif, elle intente plusieurs procès à ses employeurs au cours de sa carrière. En 1861, elle refuse de partager sa loge à l'Opéra-Comique en tant qu'artiste de premier plan... En 1865, elle refuse de chanter le rôle de Marguerite de Navarre dans Le Pré aux clercs de Ferdinand Hérold au motif qu'il n'était « ni dans [son] emploi ni dans [son] répertoire »... Elle est les deux fois déboutée et condamnée aux dépens.

En 1869, elle est engagée par le directeur du Théâtre-Lyrique de Strasbourg, Émile Marck, comme première chanteuse au vu de son répertoire comprenant - affirme-t-elle - dix-neuf rôles sus parfaitement et huit autres nécessitant quelques répétitions.. Or une fois sur place, celle-ci refuse certaines prises de rôles, demande des délais supplémentaires et se montre fréquemment « indisposée ».... Son contrat est résilié quelques jours plus tard..

Après un dernier bref retour salle Favart, elle s'éloigne définitivement de la scène pour enseigner le chant, ouvrant notamment un cours à Bourges en 1880-1881..

Mort Eugénie Monrose meurt le 11 décembre 1913, à l'âge de 78 ans, à la Fondation Rossini, résidence pour anciens artistes installée au 29, rue Mirabeau dans le .. et est enterrée au cimetière de Montmartre ( division).

Vie privée Le au Vésinet (alors rattaché à la commune de Chatou), elle accouche d'un fils, Georges, né de père inconnu. (reconnaissance effectuée le 16 octobre 1877.). Celui-ci fera une courte carrière d'acteur, notamment au théâtre de la Renaissance et au théâtre de l'Œuvre., avant de mourir prématurément à l'âge de 29 ans..

Répertoire

1859 : Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise Thomas, Opéra-Comique (24 septembre) : Élisabeth 1860 : Le Roman d'Elvire d'Ambroise Thomas, Opéra-Comique (4 février) : la marquise de Villa-Bianca 1860 : Le Pardon de Ploërmel de Giacomo Meyerbeer, Opéra-Comique : Dinorah 1860 : La Part du diable de Daniel-François-Esprit Auber, Opéra-Comique (septembre) : Carlo Broschi 1861 : La Circassienne de Daniel-François-Esprit Auber, Opéra-Comique (2 février) : Olga 1861 : Les Deux Amours de François-Auguste Gevaert, Theater der Stadt de Baden-Baden (31 juillet) 1861 : Le Pardon de Ploërmel de Giacomo Meyerbeer, Opéra-Comique (septembre) : Dinorah 1862 : Le Joaillier de Saint-James d'Albert Grisar, Opéra-Comique (17 février) : la marquise de Richmond 1862 : Béatrice et Bénédict d'Hector Berlioz, Theater der Stadt de Baden-Baden (9 août) : Hero 1862 : Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise Thomas, La Monnaie de Bruxelles (octobre) : Élisabeth 1862 : Lalla-Roukh de Félicien David, La Monnaie (27 octobre) : Lalla-Roukh 1862 : Les Diamants de la couronne de Daniel-François-Esprit Auber, livret d'Eugène Scribe et Henri Vernoy de Saint-Georges, Opéra-Comique 1863 : Le Domino noir de Daniel-François-Esprit Auber, La Monnaie : Angèle 1863 : La Chatte merveilleuse d'Albert Grisar, La Monnaie (3 février) : Féline 1863 : Le Joaillier de Saint-James d'Albert Grisar, La Monnaie (7 avril) : la marquise de Richmond 1863 : Le Roman d'Elvire d'Ambroise Thomas, La Monnaie (23 mai) : la marquise de Villa-Bianca 1863 : Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise Thomas, Opéra-Comique (octobre) : Élisabeth 1864 : Zampa de Ferdinand Hérold, Opéra-Comique : Camille 1864 : Lalla-Roukh de Félicien David, Opéra-Comique (11 avril) : Lalla-Roukh 1864 : Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise Thomas, Opéra-Comique (avril) : Élisabeth 1864 : Lara de Louis-Aimé Maillart, livret d'Eugène Cormon et Michel Carré, Opéra-Comique (avril) : Camille 1864 : Le Trésor de Pierrot d'Eugène Gautier, Opéra-Comique (5 novembre) : Lucette 1865 : Le Pré aux clercs de Ferdinand Hérold, Opéra-Comique (4 mai) : Marguerite de Navarre 1871 : Zampa de Ferdinand Hérold, Opéra-Comique (11 juillet) : Camille

Références Notes

Références

Annexes Bibliographie

Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, 2 vol., Genève, Bibliothèque de la Revue universelle internationale illustrée, 1912, , sur Gallica. David Cairns, Berlioz, volume II : « Servitude et grandeur 1832-1869 », Penguin Press, Londres, 1999

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